Le Caire – Croisière sur le Nil

Jeudi 10 mai 2018 – Voyage aller

C’est décidé : nous irons cette année en Égypte. Nous voulons faire un voyage dit « combiné » avec une visite du Caire puis une croisière sur le Nil. Nous aurions voulu partir en mars ou en avril pour échapper à la grande chaleur mais ce n’est pas possible. Delphine, de l’agence Jancarthier d’Aix-en-Provence à qui nous avons confié le soin de répondre à nos attentes ne peut trouver qu’un voyage en mai (http://www.jancarthier.fr/). Bien sûr, il s’agit d’un voyage « clé en mains » qui va trancher avec nos façons habituelles de voyager.

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Après une bonne nuit à Mimet (Bouches du Rhône), nous partons pour l’aéroport de Marignane pour un premier vol Marseille-Paris. A Paris, il nous faut changer de terminal et faisons notre séance de marche dans les couloirs de l’aéroport de Roissy. Évidemment, queue à la douane, queue pour embarquer 4 heures plus tard (le vol a quand même une heure de retard au décollage). Nous avons certainement un aperçu de la vie en Égypte quant à la façon de ranger les bagages par certains dans les compartiments au-dessus des sièges : d’abord, plusieurs personnes ont 2 ou 3 sacs ou valisettes au lieu du seul bagage autorisé. Ensuite, certaines valises débordent du compartiment et c’est le steward qui doit se débrouiller pour tout faire rentrer. Il y a enfin quelques mots échangés mais cela semble faire partie d’un processus…

Nous voilà finalement au Caire vers 21 heures. Bonne nouvelle : il n’y a pas de décalage horaire. On scrute l’envolée des températures extérieures au fur et à mesure que l’avion descend et on arrive à 32º ! Nous repérons rapidement la pancarte FRAM et un petit groupe de Français qui l’entoure. Nous serons 10 et nous resterons avec ce petit nombre jusqu’à la fin de notre séjour. Super ! De longues queues pour le contrôle des passeports puis pour celui des bagages et enfin il nous faut attendre le contrôle de la police pour sortir de l’aéroport. D’après Raymond, le représentant de FRAM au Caire, il faut absolument un policier pour sortir de l’aéroport dès qu’il y a un groupe d’au moins 10 personnes. Il est maintenant 22 h 30.

En 10 minutes le bus nous conduit à notre hôtel. Là, on attend pour se faire inscrire, on attend pour avoir les clés de nos chambres, on attend une petite collation dans nos chambres et on attend nos valises. Il est minuit passé lorsqu’on peut enfin s’endormir malgré une clim bien bruyante.

Vendredi 11 mai 2018 – Le Caire

Notre guide pour ces 2 jours au Caire s’appelle aussi Raymond. Pas difficile de comprendre avec de tels prénoms à quelle religion ces 2 Egyptiens appartiennent. Tous les 2 sont très agréables.

Nous avons rendez-vous à 8 h 30 après un bon petit déjeuner au buffet très bien garni de l’hôtel.

Pour commencer cette journée, direction les pyramides et le sphinx. Nous sommes vendredi, jour de repos dans ce pays à majorité musulmane. Donc très peu de circulation dans cette mégapole de 22 millions d’habitants ! Nous traversons le Nil et arrivons à Gizeh. Évidemment, on a tellement vu ces 3 pyramides en photos qu’on a l’impression de les connaître déjà, de les avoir déjà vues. Mais, quand on les voit en vrai, c’est quand même impressionnant : des tonnes de pierre, des années de travail, leur âge, … D’après le guide, 100 000 hommes ont travaillé pendant 20 ans pour en construire une ! Il y a ici 3 pyramides.

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La plus grande et la plus ancienne est celle de Kheops. C’est elle qui figure dans la liste des 7 merveilles du monde. Elle fut construite vers l’année -2540 et mesure 137 mètres de haut. Il aurait fallu 2,5 millions de mètres cubes de pierres pour construire le tombeau du 2º pharaon de la IVº dynastie. À côté se trouve la pyramide de son fils, Khephren qui ne mesure « que » 136,5 mètres. Le « chapeau » de calcaire blanc et lisse qui coiffe son sommet rappelle le revêtement qui l’entourait autrefois entièrement. Enfin, on trouve la pyramide de Mykérinos, fils de Khephren et donc petit-fils de Kheops. Presque toute petite car son sommet n’est qu’à 64 mètres.

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En avant du tombeau de Khephren se trouve le célèbre sphinx. Ce sont les Grecs qui donnèrent à cette statue en forme de lion et à tête humaine le nom de sphinx par analogie avec le lion ailé à tête de femme qui dévorait les voyageurs n’ayant pu résoudre son énigme. La vue de cette statue avec en arrière-plan la pyramide est assez magique.

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A Gizeh, nous commençons à faire connaissance avec les « petits » marchands et toutes leurs boutiques de souvenirs, les propositions de balades en calèche, à dos de dromadaires, …

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Nous allons ensuite manger dans un restaurant où nous avons encore une vue sur ces pyramides. Après, le bus nous emmène à Memphis, première capitale du monde pharaonique dont le seul intérêt nous semble être la magnifique statue de Ramsès II bien qu’il ne s’agisse là que d’une réplique de la statue originelle.

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L’arrêt suivant est à Saqqarah. C’est assez fabuleux de voir toute la végétation de la palmeraie dans laquelle se trouve le village actuel de Saqqarah brusquement interrompue, sans transition, pour laisser place au désert ! C’est dans ce désert que se trouve la pyramide à degrés de Djoser. Construite vers -2600, c’est le plus ancien monument du pays. On la doit à l’architecte Imhotep. Il s’agissait à l’origine d’un mastaba auquel Imhotep décida finalement d’en superposer 4 puis 6, de taille décroissante qui forment ainsi les gradins de la pyramide actuelle.

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Petit tour dans le complexe funéraire d’où nous pouvons voir un peu plus loin les pyramides de Dahchour dont une rhomboïdale (modification de son inclinaison à mi pente – la pyramide à gauche sur la photo ci-dessous).

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La dernière visite pour la journée, toujours dans ce site de Saqqarah sera pour le mastaba du vizir Kagemni avec de magnifiques bas-reliefs avec des détails infimes très soignés (photos non autorisées). Il n’y a pas plus de femmes sur les nombreux bas-reliefs de ce mastaba que dans les rues de la ville. Les quelques rares que nous voyons sont voilées et souvent intégralement.

La ville du Caire nous laisse une impression de très grande saleté (sauf peut-être le quartier plus riche et très chic de Héliopolis où nous prendrons notre repas de demain soir). Bien sûr on trouve également cet état dans de nombreuses grandes villes mais ici, les services de voirie ont l’air quasiment inexistants contrairement aux policiers et militaires que l’on voit de partout. Ils sont armés le plus souvent de kalachnikov, accompagnés de véhicules parfois blindés, installés dans des sortes de miradors ou sur des toitures ou simplement dans la rue.

Lorsque nous sommes à Memphis, nous sommes bien sûr dans la campagne avec des champs cultivés, des traversées de troupeaux dans les rues au milieu de la circulation. Les chevaux, les chiens, le seul chat qu’on a vu jusqu’à présent (et les nombreux qu’on verra dans les jours suivants), les vaches, tous sont plutôt maigres. Lles moutons, on ne sait pas trop car ils ont encore une abondante toison.

Le sort des chevaux est très poignant, fouettés pour qu’ils trottent ou galopent avec leur charrette ou leur calèche, qu’il y ait une montée ou pas. Le sort des ânes n’est pas plus enviable de même que celui des dromadaires promeneurs de touristes présents en particulier près des pyramides.

Et le sort de nombreux humains semble aussi en accord avec cette misère animale. Les marchands d’objets divers (vêtements, faux papyrus en fibres de bananier, statuettes en pur plastique, colifichets, livres touristiques, …) nous assaillent aux abords des sites. Un simple refus de notre part ne suffit pas à les décourager et leur « agressivité commerciale » est parfois difficile à supporter.

Nous avons changé un peu d’argent mais cela s’avère inutile. L’Euro est accepté par tout le monde. Nous sommes sans arrêt sollicités pour changer leurs pièces européennes en euros par des billets, les banques égyptiennes n’acceptant pas les pièces. Un euro vaut environ 22 livres égyptiennes en ce moment.

Retour à l’hôtel un peu fatigués. Journée assez chaude, environ 35º mais avec souvent un peu de vent.

Surprise à l’hôtel : une fête de mariage. Musique traditionnelle et danses des mariés. Pratiquement toutes les femmes portent des vêtements occidentaux. Bien sûr, comme le mariage a lieu dans l’hôtel et bien que nous soyons au 7º étage, nous bénéficierons de la musique de fiesta bien forte jusqu’à….

Samedi 12 mai 2018 – Le Caire

Ce matin, visite du grand musée égyptien. Le nouveau musée, sur le plateau de Gizeh, près des pyramides, qui doit accueillir en particulier toutes les pièces (des milliers) trouvées dans le tombeau de Toutankhamon, est encore en plein chantier et ne semble pas prêt à ouvrir. Ce « vieux » musée manque vraiment d’entretien tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Poussières, toiles d’araignées, vitres sales, … dommage ! Notre guide, Raymond 2, nous emmène à travers les âges pharaoniques (ancien, moyen et nouvel empire). Évidemment, il s’arrête devant certaines œuvres et passe beaucoup de temps à parler des croyances des anciensEgyptiens. Chantal en profite pour aller à droite et à gauche voir les salles et les œuvres recommandées plus particulièrement dans notre guide-papier (Géoguide). Une partie des objets trouvés dans la tombe de Toutankhamon se trouve au premier étage, attendant sagement leur transfert dans le nouveau musée. . (Pas de photos à l’intérieur du musée sauf à prendre un ticket supplémentaire – photo ci-dessous du site Facebook du Musée : https://fr-fr.facebook.com/museeducaire/).

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Beaucoup de sarcophages, de statues colossales, mais aussi une statuaire plus petite… de beaux visages, des corps idéalisés (jeunes, musclés, fins, …). Les représentations d’Akhénaton se différencient car elles le montrent avec de larges hanches, un visage émacié. D’après Raymond 2, cela ouvre une ère un peu différente avec un style « rococo » qui perdurera ensuite.

Beaucoup de monde dans le musée et nous en ressortons un peu sur les rotules. Après le repas, nous allons à la citadelle de Salah-el-Din et entrons dans la mosquée de Mohamed Ali. Construite en 1830, elle n’est, dit notre guide-papier « malgré son prodigieux dôme brillant, qu’une pâle imitation de la grande mosquée Sainte Sophie d’Istanbul« . Chantal propose bien à notre guide-en-chair-et-en-os de se rendre à la mosquée voisine de el-Nasser Mohammed qui « offre pourtant l’un des plus beaux exemples de mosquée à arcades du Caire« , rien à faire. Il nous faudra subir de très longues minutes de parlotes : résumé de l’histoire de l’Egypte vue au travers des idées de notre guide suivi d’un résumé de l’histoire de l’islam et de l’islamisation du pays. Bref, pompant ! Le seul truc bien ici, c’est la vue sur une partie du Caire que l’on a à partir de l’esplanade de la mosquée.

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Les rues sont aujourd’hui envahies par les voitures bien que nous soyons encore en « week-end ». D’après Raymond 2, c’est parce que les Cairotes vont faire de nombreux achats avant que ne commence, en milieu de semaine le ramadan. Toute la journée, notre car a roulé dans une circulation pléthorique où ça avance avec force coups de klaxons. À plusieurs reprises, nous avons cru qu’il allait y avoir du froissement de tôles mais non, celui qui klaxonne le plus arrive à passer… Les conducteurs sont vraiment incroyables, ils faufilent leur véhicule de partout. Les piétons doivent faire très attention, ils n’ont ici aucune priorité.

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Pour finir la journée, nous allons au bazar Khan-el-Khalili. Rien d’attirant, les vendeurs nous hèlent mais arrêtent quand on dit non et restent polis, peu envahissants.

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Nous disons au revoir à notre guide que nous avons bien apprécié pendant ces 2 jours au Caire. Nous retrouvons le représentant de FRAM au Caire, Raymond 1 pour un dernier repas cairote. Direction ensuite l’aéroport pour rejoindre Louxor et le bateau « Lady Carol » pour notre croisière sur le Nil. Il nous faut à 2 reprises quitter nos chaussures et subir une fouille au corps des douaniers ce qui finalement occasionne de grands éclats de rire. Il nous reste 2 h 30 d’attente pour prendre l’avion de 22 h 45. Une heure plus tard nous sommes à Louxor où nous attend le représentant local de FRAM. Il s’appelle … Raymond, ce sera donc notre Raymond 3. On va finir par croire que tous les Egyptiens s’appellent ainsi…

Nous sommes bien sûr enchantés par ce que nous avons découvert au Caire et, en même temps, bouleversés par la misère qui y règne. Sauf dans ce quartier luxueux d’Héliopolis où nous avons pris notre dernier repas les maisons et immeubles offrent un spectacle peu engageant : pas de finitions, les toits en terrasse sont très souvent des dépôts d’ordures, des fers de coffrage dépassent de partout, les rues sont sales, les ordures s’amoncellent, les trottoirs sont peu entretenus ou inexistants, …

Une très grande majorité de femmes portent foulards et grandes robes, quelques unes ont un simple foulard et une tunique à manches longues, d’autres le voile intégral.

Dimanche 13 mai 2018 – Le temple de Karnak

La nuit fut bien courte. Un petit bus nous a conduit sur le bateau puis distribution des chambres et rapide installation, il est près de 2 heures du matin lorsque nous éteignons enfin nos cabines. Fort heureusement, Raymond 3 a modifié l’emploi du temps pour que nous puissions nous reposer dans l’après-midi. Réveil à 7 heures, départ à 8 pour visiter le temple de Karnak. Finalement, le groupe FRAM ne s’est pas agrandi et nous resterons seulement 10 jusqu’au bout. Outre nous 3, il y a Catherine et son fils Vincent, Annie et Yannick et leur fils Yoann, Raymonde et Serge. Amusant : Serge habite à Villars (Vaucluse) où Jean-Jack a enseigné pendant un an au début de sa carrière. Le courant est vite passé entre nous et nous formons un groupe agréable et sympathique.

Si Raymond 3 est le responsable administratif de FRAM sur le bateau, notre guide pour le reste du voyage s’appelle Djilal (surnommée Jiji). Une demi-heure de route à travers la campagne nous mène au temple de Karnak. Même misère qu’en ville, même absence évidente de services de voirie, présence importante des services de polices et des forces militaire. Par contre, pratiquement pas de circulation, ce que nous apprécions bien après les embouteillages monstrueux du Caire.

Dans Louxor, nous croisons « l’allée des Sphinx« , une route bordée de part et d’autre de sphinxs et qui reliait le temple de Karnak et celui de Louxor sur près de 3 kilomètres. Le projet « Louxor 2030 » devrait permettre de redonner à cette artère son aspect originel tel que Aménophix III (-1391 / -1353) l’avait commandée.

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Nous voici donc au temple de Karnak. Au centre de ce site se trouve le temple d’Amon-Ré. Au nord, une enceinte renferme le temple de Montou, le dieu guerrier primitif de Thèbes puis au sud celle du temple de Mout, l’épouse d’Amon. Notre guide nous y fait pénétrer par étapes : arrêt dans la chapelle machin, dans la salle bidule, … et y décrit les croyances et rites associés à la religion de l’ancienne Egypte.

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Evidemment, le gigantisme du site est impressionnant ! La salle hypostyle avec ses 134 colonnes monumentales est assez incroyable. Elle fut commencée sous le règne d’Aménophis III et complétée sous celui de Horemheb, Ramsès I°, Séti I° et jusqu’à Ramsès V. Entre la première rangée de colonnes et la seconde, de part et d’autre de l’allée centrale, on voit les vestiges des claustras des fenêtres qui diffusaient la lumière au centre.

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Tous les murs, les colonnes, les obélisques étaient entièrement couverts de hauts et de bas-reliefs (personnages et hiéroglyphes). A certains endroits, trop rares, subsistent encore les couleurs d’origine. Difficile d’imaginer ces monuments entièrement recouverts de sculptures colorées !

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Nous déambulons dans les restes des temples, allons jusqu’au lac sacré, regardons plus loin le logement des prêtres (près de 80 000), …

Pas un mot dans le discours de la guide sur le travail titanesque que ce complexe religieux a dû coûter, sur les conditions de vie (et de mort) des véritables constructeurs. Elle se contente de parler des pharaons, des dieux, de la momification, des offrandes faites aux dieux (et dont finalement les prêtres profitaient, …).

Il fait très chaud. Au thermomètre de Chantal, on arrive à 37° 7 !

Retour au bateau en fin de matinée. Repas puis sieste. Dans l’après-midi, réunion FRAM très, trop longue avec Raymond 3, inscriptions aux excursions facultatives et payables en supplément. Musique disco en soirée sur un bateau voisin mais ça se calme vers 23 heures (le plus souvent, les bateaux sont collés l’un à l’autre car ils sont très nombreux sur le Nil et les places à quai ne sont pas suffisantes. Pour regagner notre « Lady Carol » quand nous ne sommes pas contre le quai, il faut traverser un ou deux autres bâtiments.

Lundi 14 mai 2018 – La vallée des Rois, les colosses de Memnon

Ce matin, réveil à 5 heures et départ à 6 pour aller dans la vallée des Rois où sont situés une soixantaine de tombeaux découverts et fouillés dont une vingtaine de tombes royales. Notre billet d’entrée nous donne droit à visiter 3 tombes parmi une douzaine ouvertes en permanence. Notre guide choisit celles de Ramsès IV, de Méremptah et de Ramsès III. La tombe de Séti I°, bien notée dans notre GéoGuide a un extra-billet de 1 000 livres égyptiennes soit environ 50 €… Bien que cela nous ait obligé à nous lever de bonne heure, nous apprécions le fait de pouvoir visiter avec encore peu de touristes et une température presque acceptable dans cet endroit complètement désertique (photos non autorisées sur le site).

Les tombes sont creusées dans le roc et les parois sont couvertes de dessins et d’hiéroglyphes. On ne peut pas aller jusqu’au fond des tombeaux mais c’est déjà suffisant de descendre dans les couloirs. Quelle habileté des artistes qui ont gravé tout ça ! A certains endroits, les couleurs résistent depuis plus de 3 500 ans. Admirable ! Dommage qu’avec des visites nombreuses certaines tombes commencent à se dégrader. Dommage aussi que nous ne soyons pas autorisés à prendre des photos…

Visite ensuite du temple de Médinet Habou sur la rive ouest du Nil. Le monument majeur de ce site est le temple funéraire dédié à Ramsès III. Le site est sacré depuis le début de l’ère thébaine et c’est sans doute là qu’on commença à vénérer le dieu Amon. Le site est aujourd’hui envahi par les pigeons qui y nichent. Les couleurs des décorations vont y être bien vite dégradées.

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Comme au site de Karnak, il y a ici un nilomètre chargé de donner la hauteur de la crue du Nil (dont dépendait semble-t-il le montant des impôts) mais lorsque nous arrivons à l’endroit où il est supposé être, nous ne savons pas le situer exactement car notre guide, après ses explications préliminaires, nous abandonne pour aller nous attendre à l’ombre pendant que nous prenons des photos.

Nous nous arrêtons à une fabrique d’objets en albâtre. Aucun intérêt sauf peut-être pour ceux qui ont envie d’acheter quelque chose.

Passage rapide aux colosses de Memnon, très dégradés en particulier à la suite d’un tremblement de terre. Memnon est le nom que donnèrent les Grecs à Aménophis III 10 siècles après son règne. Ils étaient, à l’origine, sculptés dans un seul bloc de quartzite rose et représentent le roi divinisé, coiffé du « némès » (coiffe emblématique des pharaons), assis les mains sur les genoux. De chaque côté de ses jambes se dresse la petite statue d’une femme, Moumouia la mère du roi et Tiyi sa femme (photo à gauche ci-dessous).

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A la demande de notre groupe, on fait un tout petit détour pour aller voir 2 grandes statues en bordure de route devant lesquelles nous étions déjà passés 3 fois (photo à droite ci-dessus).

Vers 14 heures, nous larguons les amarres et commençons à remonter le Nil. Nous longeons de nombreux champs de palmiers et de bananiers. Ce qui est impressionnant, c’est la petite largeur de verdure de part et d’autre du Nil. Au delà de cet espace vert, c’est le désert sans transition.

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A Esna, nous passons une écluse. Quelques marchands en barque hèlent les passagers pour essayer de vendre des textiles (vêtements, serviettes, nappes, …). Ils envoient des objets jusqu’au pont supérieur, quitte aux touristes de les leur renvoyer ou de leur faire passer l’argent correspondant.

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Encore une journée très chaude avec plus de 37°.

Mardi 15 mai 2018 – Edfou – Kom Ombo

Journée qui commence « raisonnablement » : réveil à 7 heures, départ à 8 pour le temple d’Horus à Edfou, un des temples pharaoniques les mieux conservés. Le temple n’est pas très loin du débarcadère et le trajet s’effectuera en calèche. Des dizaines et des dizaines de ces véhicules nous attendent le long du trottoir. En plus ou moins bon état, les chevaux qui les tirent paraissent bien souvent peu en forme. Même si ça amène un peu d’argent aux conducteurs, ce sont bien les chevaux qui souffrent. Nous incitons notre « chauffeur » à aller lentement, ce qu’il fait et ce qui nous amènera à lui donner un pourboire bien supérieur à ce que nous avait indiqué Raymond 3.

A l’entrée du site, et à la sortie, nous sommes littéralement agressés par quantité de marchands qui, bien sûr vendent tous la même chose.

Visite du temple : encore un bâtiment gigantesque tout décoré de hauts et bas-reliefs. L’actuel temple d’Edfou fut construit entre -237 et -57 sous le règne en particulier de Ptolémée XII. Un immense pylône de 36 mètres de haut nous accueille. Ptolémée XII y figure sacrifiant ses captifs devant Horus et Hathor, la déesse vache, femme d’Horus. De chaque côté de l’entrée se dressent deux faucons de granite noir représentant le dieu Horus.

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Ce qui est bien intéressant ici, c’est qu’il y a encore la toiture sur les dalles. On voit aussi très bien les détails des choses gravées : animaux, visages, aliments, …

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Intéressant aussi le magasin des onguents avec les formules inscrites sur les murs ainsi que les hiéroglyphes qui entourent Seshat, la déesse de l’écriture.

Ici aussi, des murs immenses recouverts de dessins, d’hiéroglyphes, … A noter que de nombreux personnages ont été martelés : tête, bras, jambes disparaissent ainsi, seuls la forme et les vêtements sont intacts. Une des explications possibles de ces dégradations serait la volonté des chrétiens d’effacer les représentations de tous ces dieux.

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Quand nous ressortons, les marchands essaient encore de nous vendre quelque chose et continuent même quand notre calèche commence à avancer. Quelques enfants mendient.

Après-midi de navigation jusqu’à 17 heures. On arrive à Kom Ombo pour visiter le temple double du dieu faucon Horus et du dieu crocodile Sobek. Bâtiment plutôt endommagé. Un mur intéressant avec un calendrier jour par jour et un autre avec des instruments chirurgicaux (mais la guide parle d’instruments servant à la momification, peut-être pour retirer cerveau, viscères, …)

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On voit enfin de près un nilomètre : sorte du puits gradué relié au Nil, qui servait à mesurer la hauteur de la crue du Nil, donc la quantité de limon amené par celle-ci, donc la quantité de récoltes possibles et donc le taux de l’impôt à payer (au temple bien sûr) (photo ci-dessus, à droite).

Un petit musée près de la sortie est consacré aux crocodiles avec quelques momies de ces bêtes.

Sur le quai pour rejoindre le bateau, on se fait interpeler, harponner, … par des boutiquiers. On leur achète quelques babioles mais nous sommes pressés par le temps car le bateau doit repartir à 18 h 30. En fait, il ne repart qu’une heure après. Ce soir, le repas est servi sur le pont supérieur pendant que le bateau navigue. Très agréable. Moins agréable fut la soirée dansante juste au dessus de notre cabine… Arrêt à Assouan (Aswan), dernière étape de notre remontée du Nil.

Mercredi 16 mai 2018 – Assouan

Ce matin, réveil à 6 heures et départ à 7 pour aller jusqu’au barrage d’Assouan. Nous pensions pouvoir visiter ce barrage mais, en fait, nous avons simplement la possibilité de photographier les turbines (« de fabrication française » annonce Jiji) et le lac Nasser. Quelques panneaux commentent le barrage. Ce n’était vraiment pas la peine de se lever si tôt pour cette simili-visite. Décevant !

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Décevante aussi la visite de la parfumerie aux essences de fleurs et huiles essentielles. On nous fait sentir de bonnes choses (le papyrus par exemple ou le lotus que Jean-Jack aime bien), on nous met aussi sur la peau des huiles d’orange ou de citron qui sentent super bon mais, au bout de quelques minutes, ça ne sent plus rien. Le « démonstrateur » raconte un peu n’importe quoi à propos des huiles essentielles affirmant qu’elles contenaient de l’huile de paraffine. A part le magasin des papyrus où nous avons appris comment se fabriquait ce « papier » à partir de la plante, les autres visites commerciales sont vraiment très … commerciales. Aucun intérêt !

Ensuite, promenade en felouque sur le Nil autour de l’île Eléphantine. Quel calme, quelle tranquillité et quelle adresse du barreur qui fait tout à la voile même l’accostage !

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Retour au bateau. Rien n’est prévu pour cet après-midi sauf, à 18 heures, un spectacle son et lumière pour ceux (en fait tout notre petit groupe) qui ont bien voulu se délester de 30 euros supplémentaires pour cette soirée « facultative ». Nous demandons à notre guide de nous amener à un magasin d’épices, Assouan étant réputée pour ce produit. Visiblement le magasin où nous allons fait partie de ceux « sélectionnés » par les guides ou le voyagiste. L’hibiscus que l’on voulait par exemple était bien sec et plein de poussière. Le poivre ne sentait rien (contrairement à la rue aux odeurs bien présentes…). Nous constaterons demain en allant au souk que certains produits sont 10 fois (oui, dix fois) plus chers qu’ailleurs. Touristes pigeons, vaches à lait, …

A 18 heures, nous allons au spectacle son et lumière au temple de Philae. Ce temple se trouve sur une petite île, il fait partie de la vingtaine de monuments qui ont dû être démontés et reconstruits ailleurs pour la création du barrage. Nous y allons sur une barque en moteur conduite par un petit jeune d’une dizaine d’années. Inutile de dire que cette barque ne doit pas être d’une première jeunesse, qu’il n’y a pas de gilets de sauvetage ou de bouées et bien sûr pas d’éclairage pour le retour de nuit. Un peu de fraicheur lorsque nous sommes au milieu du fleuve mais dès que nous approchons de l’ile ou de la ville au retour, l’air est très chaud. Ce qui est bien dans ce spectacle, c’est que nous avançons dans le temple au fur et à mesure du déroulement de « l’histoire » (en français) jusqu’à un endroit final où il y a des sièges.

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Retour au bateau ; il y a 2 autres bateaux entre le quai et le nôtre. Marrant de traverser ainsi ces bâtiments, ils sont tous bâtis apparemment sur le même modèle mais la déco change de l’un à l’autre. Après le repas, soirée « folklorique » (musiciens et danseurs nubiens) : certaines du groupe s’éclatent !

Jeudi 17 mai 2018 – Assouan

Ce matin, certains se sont levés vers 3 heures pour la visite facultative d’Abu Simbel. Seuls 4 d’entre nous y sont allés. En ce qui nous concerne, presque 4 heures de bus pur y aller et bien sûr autant pour revenir nous a découragés. Pour ceux qui ne font pas ce facultatif, rien n’est prévu : débrouillez-vous !

Nous en profitons pour aller au souk d’Assouan à peu de distance de notre bateau. La chaleur est suffocante et pourtant, il n’est que 10 h 30. On nous promet 42° dans la journée… Le souk est en fait une grande rue commerçante et ce ne sont pas que des boutiques pour touristes. De plus, c’est aujourd’hui le premier jour du ramadan et il n’y a pas grand monde dans les rues. A noter qu’il y a de nombreux hommes en « robe » traditionnelle et ceci dans tous les endroits où nous sommes allés.

Nous achetons des épices entre 3 et 10 fois moins cher que dans le magasin où la guide nous a conduits hier. Et les produits sont dans des bacs protégés par des vitres. Le marchand vend des noix muscades sans leur enveloppe extérieure. Les cacahuètes sont délicieuses, … Dans une boutique on présente des robes longues et des voiles à l’extérieur et des nuisettes à l’intérieur, Elisabeth achète quelques tee-shirts. Notre négociateur en chef finit par en obtenir un prix correct à moins que le charme de la vendeuse ne le lui laisse croire…

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Vers 13 heures au cours de notre apéritif traditionnel accompagné cette fois de cacahuètes égyptiennes, nous retrouvons les visiteurs d’Abou Simbel, enchantés de leur périple malgré les heures passées en bus.

Après-midi de repos et de navigation, nous avons repris la navigation vers Esna. Toujours ces bandes de végétation luxuriantes le long du Nil. Toujours aussi les marchands en barque au passage de l’écluse.

Le soir, agréable soirée costumée sur le pont. Notre groupe se distingue en remportant le prix de la momification. Dommage que personne n’ait pris son appareil photo pour immortaliser Jean-Jack momifié par Chantal avec des rouleaux de PQ…

Vendredi 18 mai 2018 – Temple de Louxor

Dernière matinée de navigation pour atteindre Louxor. Encore de beaux paysages verdoyants : palmiers, champs de bananiers et beaucoup de minarets. On voit aussi quelques églises dont les clochers ressemblent fort à des minarets.

Les personnes (des hommes, il n’y a aucun personnel féminin employé sur ce bateau) qui font les cabines « fabriquent des « personnages » avec les serviettes de bain et quelques accessoires trouvés dans la chambre (éléphant, cygne, crocodile, singe, …). Pour les remercier, nous leur laissons un petit billet avec 2 personnages dans le lit (la dernière photo).

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En fin d’après-midi et dans une grande chaleur (37° et la restitution de la chaleur emmagasinée dans les pierres) nous allons dans le dernier magasin touristique prévu au programme : bijouterie et souvenirs divers. Sans commentaire ! Plus intéressante est notre dernière visite, celle du temple de Louxor qui était autrefois reliée au temple de Karnak par l’allée des sphinx. Ce temple (commencé sous le règne d’Aménophis III et achevé sous celui de Ramsès II) fut conçu par Amenhotep. Au XIII° siècle, une mosquée est construite dans l’enceinte du temple et elle y est toujours. L’obélisque en granite rose, auprès d’un grand pylône de 24 mètres de haut, est la sœur jumelle de celle qui se dresse à Paris place de la Concorde. Site intéressant pour ses successions de colonnes et les colosses de Ramsès II en position assise qui rappellent les statues d’Abou Simbel.

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Devant le temple commence l’allée des sphinx (le « dromos » devrait-on dire – le dromos (chemin, en grec) est une allée, généralement bordée de sphinx, prolongeant, vers l’extérieur, l’axe d’un temple pour le relier à un autre édifice ou à un embarcadère du Nil).

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Dernière soirée sur le bateau. On a prévu de fêter l’anniversaire d’Elisabeth avec 2 jours d’avance. Raymond 3 à qui nous en avions parlé, a fait préparer un gâteau pour notre groupe avec écrit dessus « Elisabeth ». A la fin du repas, un petit groupe de cuisiniers-musiciens-chanteurs l’amène à notre table. De plus sa chambre avait été décorée avec plein de guirlandes et une grosse bougie faite avec les draps de bain. Vraiment super !

Samedi 19 mai 2018 – Voyage de retour

Réveil à … 2 h 15 pour prendre le café à 2 h 30 et partir en bus vers l’aéroport à 3 heures. Nous devons prendre l’avion Louxor-Le Caire à 5 h 20. Alors qu’à l’aller, aux multiples postes de douanes, il n’y avait pas eu de problème, cette fois notre produit anti-moustique (car aérosol) doit être jeté mais on peut passer les bouteilles d’eau ! Va comprendre, Alexandre !

Ensuite, deuxième vol Le Caire-Paris à 9 h 45. Et il est à l’heure ! A Roissy, nous devons nous séparer de nos amis de voyage et prenons un dernier avion pour rejoindre Marseille. Puis trajet en voiture et nous voilà … au frais vers 22 heures. Seulement 8° dehors et 13 dans la maison. Vite, on allume le chauffage !

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