Russie 2017 -5- Moscou

Du jeudi 1er au lundi 5 juin 2017

 

Jeudi 1° juin

Enfin, le voilà, le premier grand jour de notre visa russe ! Nous sommes à 9 h 15 à la frontière et en ressortons à 13 h 10. Près de 4 heures plus tard ! Douane lettone pour sortir, pas de problème, très rapide (surtout quand on ne fait les choses qu’à moitié…). Nous sommes contents car il n’y a qu’une vingtaine de voitures devant nous mais on ne les fait avancer que par paquets de 5 ou 6. Premier poste d’immigration, nous donnons le papier de sortie letton. Catastrophe, il manque le tampon de la douane ! Jean-Jack y retourne à pied (heureusement les 2 « frontières » ne sont séparées que de 300 mètres environ). Par chance, il tombe sur un douanier letton sympa qui accepte de mettre le tampon sans voir le véhicule !

On attend dans notre véhicule, on attend, … En fait, le « blocage » est au niveau de la douane russe. On y passe près de ¾ d’heure. D’abord, il faut re-remplir les documents qu’on nous avait remis à l’immigration car bien sûr on n’avait pas coché les bonnes cases. Ensuite, le douanier, au demeurant très sympathique, remplit des formulaires-papiers, recopie tout dans son ordinateur (des renseignements qu’on avait déjà fournis à l’ambassade de Russie à Paris et qui donc doivent déjà se trouver dans un serveur quelque art), fait des photocopies et enfin vient avec un policier jeter un coup d’œil rapide dans notre véhicule et prendre des photographies. Et en plus, il fait un froid presque sibérien à ce poste frontière ! Mais enfin, il nous rend tous nos papiers et nous pouvons prendre la route en direction de Moscou à 600 kilomètres de là.

Nous parcourons 320 kilomètres sur une route (la M9) plutôt bonne avec parfois des passages mauvais et parfois des dizaines de kilomètres en travaux. Circulation très modérée. La route est pratiquement droite et ne traverse pas de villages. Nous nous arrêtons à la première station-service (il y a un très grand nombre tout au long de cette route) pour mettre un peu de carburant (sympa, le litre de diesel à moins de 65 centimes d’euros !) puis à une ville un peu importante pour retirer à un DAB quelques roubles et nous nous arrêtons comme prévu sur le grand parking d’une station-service (100 roubles pour la nuit soit 1,60 euro). Nous sommes passés par une région très boisée (bouleux et résineux). On n’a plus vu qu’une seule cigogne. Notre GPS nous dit d’avancer encore nos montres d’une heure mais nous avons des doutes. Il faut dire que nous l’avions acheté aux USA, peut-être que …

Vendredi 2 juin

Glurp ! Ce matin 4° dehors et 7° dans le camion ! C’est vrai qu’un douanier hier nous a dit que c’était l’été russe…

320 kilomètres à parcourir et ce sera enfin Moscou, ! La route est bonne. A une centaine de kilomètres avant d’arriver, elle devient autoroute avec 2 fois 2 voies. Evidemment, la circulation s’est bien intensifiée. Ça double par la gauche, ça double par la droite, ça se rabat brusquement mais ça passe ! Partis à 8 heures, nous sommes à 11 h 30 à une trentaine de kilomètres de la capitale et maintenant sur une 2 fois 4 voies mais nous ne serons garés au camping (dans le parc Sokolniski [СОКОЛНИСКИ],) qu’à 15 h 30 !

Nous avions indiqué le point GPS trouvé sur Park4Night, (le même que celui que nous avait indiqué un adhérent de CCRSM il y a 2 ans) dans notre GPS (au passage, notre gentil GPS acheté aux USA, se trompait pour l’heure, il ne faut pas ajouter encore une heure à celle que nous avions déjà ajoutée en Estonie,). Mais on arrive dans un quartier d’immeuble et pas dans un parc ; on a beau tourner et retourner, on a beau demander, pas la moindre trace de camping par là ! Nous essayons d’introduire l’adresse du camping (et non plus les coordonnées) dans ce GPS ou dans celui de notre téléphone, ni l’in ni l’autre ne la connaissent. Finalement, nous ressortons notre vieux Tomtom (acheté en France, celui-là) et il la connait. C’est 15 kilomètres plus loin. Et nous arrivons enfin au seul camping de Moscou, qui existe mais il est donc 15 h 30. Entre temps, nous avons eu une averse de grêle et quelques flocons de neige. Oui, oui, ce n’est pas une blague !

Le camping est confortable : 27 euros la nuit tout de même avec électricité. Le soir, nous allons juste repérer l’arrêt du tram pour demain, c’est à 250 mètres du camping. Apparemment, il faut prendre le tram 25, jusqu’à son terminus puis le métro de la ligne 1, à la station Sokolniski, et, direct, 6 stations plus loin nous sommes au centre. A voir demain !

Samedi 3 juin

A 9 heures, nous voilà sur le trottoir à attendre le tram 25. A cet endroit, le tram roule au milieu de la chaussée. C’est impressionnant de voir comment les voitures stoppent net dès que le tram s’arrête afin de laisser monter ou descendre les voyageurs ! Tout se passe comme prévu : nous allons jusqu’au terminal du tram. A quelques dizaines de mètres se trouve la station Sokolniski de la ligne 1 du métro. 6 stations plus loin, nous prenons la sortir 6/7 de la station Okhotni Ryad [ОХОТНЫ РЯД]. Une seule chose qui n’avait pas été prévue : Jean-Jack a oublié son appareil photo au camping ! Certes, il reste le téléphone…

En sortant, nous voyons le grand bâtiment rouge du « Musée Lénine » dans lequel se trouve le Musée d’histoire que nous visiterons plus tard. Nous sommes donc tout près de la Place Rouge et du Kremlin. De longues queues se sont formées à droite et à gauche de ce bâtiment mais non, ce n’est pas pour la visite du Kremlin, c’est simplement pour passer les portiques de sécurité permettant de pénétrer sur la Place Rouge. Là, pendant 3 jours, il y a les journées du livre, des dizaines d’exposants dont beaucoup proposent des livres pour enfants ou jeunes. On ne sait pas si ces portiques de sécurité sont là pour ces 3 jours ou s’ils y sont en permanence.

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Nous traversons le jardin Alexandrovsky, passons devant le Monument du soldat inconnu et, enfin, près de la Tour de la Trinité, se trouve le kiosque pour prendre les billets pour la visite du Kremlin, facilement reconnaissable à la file qui s’est formée devant. Après une heure de queue, nous arrivons enfin au guichet pour s’entendre dire qu’on ne délivre plus que des billets pour la salle des armures (qui ne nous intéresse pas) et que la vente des tickets pour la visite du Kremlin reprendra seulement après 12 heures (on avait lu en effet sur le guide qu’un certain nombre de visiteurs seulement était autorisé et, ce nombre atteint, ils suspendaient la vente des tickets). Que de temps perdu !

Tant pis, nous commencerons par la Place Rouge. Par chance, lorsque nous y allons, il n’y a plus personne qui fait la queue, pas d’attente donc. La place est envahie par les stands des libraires et des éditeurs ce qui est bien dommage pour nous car ça nous empêche d’avoir vraiment une vue d’ensemble de la place et de tous les bâtiments qui l’entourent. Nous passons devant le Mausolée de Lénine mais ne le visitons pas. C’est Staline qui, contrairement aux volontés de Lénine, avait décidé de cet embaumement qui participait ainsi au culte de la personnalité, principalement la sienne.

Au fond de la Place Rouge se dresse la Cathédrale Basile le Bienheureux, merveille architecturale avec tous ses dômes différents et toutes ses couleurs. L’intérieur (qui, au fil du temps est devenu un musée) est surprenant : que des coins et des recoins, des petites pièces (enfin, des chapelles) par-ci, par-là), des escaliers et, aux endroits encore conservés, beaucoup de couleurs. L’ensemble reste cependant très sombre. Il parait que si nous avions une vue d’ensemble, on se rendrait compte qu’en fait, il y a une chapelle centrale très haute entourée de 4 chapelles de forme octogonale entre lesquelles s’insèrent 4 chapelles plus petites.

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Nous passons quelques minutes dans le Goum immense magasin de, parait-il, 1 000 boutiques mais uniquement des boutiques de luxe…

A l’opposé de la Cathédrale se trouve le Musée d’Histoire qui retrace l’histoire de l’empire russe depuis l’âge de la pierre. Beaucoup de collections d’objets mais c’est un peu décevant car, hormis dans une salle, il n’y a que des textes en russe dans les vitrines, pas de traduction même en anglais. Ce qui est remarquable néanmoins, ce sont surtout les salles qui sont toutes dans des styles différents représentant chacune une période ou une région différentes.

Nous essayons ensuite mais sans succès de trouver le pont Infotouristes puis repartons clopin-clopant rejoindre notre station de métro et notre « maison ». Il a fait assez froid tout le jour et, dans l’après-midi, nous avons même eu une petite chute de neige.

Dimanche 4 juin

Une visite quasi incontournable de Moscou est celle de ses stations de métro. Comme c’est dimanche, nous nous disons qu’il y aura certainement moins de monde à l’emprunter et nous nous laçons donc dans cette visite. En plus, aujourd’hui, Jean-Jack a pensé à prendre son appareil photo donc il n’a pas hésité à s’en servir. Certaines stations ont donc été décorées avec beaucoup de soin à l’époque soviétique à la fois pour offrir au peuple un accès aux belles choses, à l’art, à la culture et pour en faire un outil de propagande. On ne s’étonnera donc pas d’y trouver des scènes retraçant les révolutions de 1905 et 1917, des ouvriers et des paysans heureux, … Alors, de l’art ? De la propagande ? Chantal note : « Je suis partagée : il y a des décors esthétiques mais qui sont présentés trop pompeusement (du doré, des marbres) Ce qui m’a plu, ce sont les luminaires (appliques et lustres) qui sont différents d’une station à l’autre. Et puis les êtres parfaits qui sont peints ou en bas-relief sont vraiment trop parfaits« . Pour Jean-Jack, « l’aspect propagande à outrance tend à gâcher un peu le résultat artistique. J’apprécie le fait qu’on puisse avoir des stations de métro décorées artistiquement, c’est bien agréable« .

Il y a une dizaine de stations qui sont ainsi célèbres principalement sur la ligne 5, une ligne qui forme un cercle autour du centre-ville.

Station Konomolskaya : beaucoup de stuc et, au plafond, des mosaïques représentant des héros militaires du passé.

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Station Prospekt Mira : porcelaine blanche soulignée d’or, des paysans cueillant des fruits, des enfants heureux, …

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Station Novoslobodskaya : des vitraux illuminés avec beaucoup de fleurs.

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Station Bielorouskaya : des mosaïques avec des travailleurs, des paysans portant des chemises biélorusses traditionnelles.

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Station Barrikadnaya : marbre rouge et blanc, les bas-reliefs décrivent les révolutions de 1905 et 1917

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Impressionnants aussi les escaliers roulants de certaines stations ! Il faut dire que le métro plonge parfois à 80 mètres sous terre. Autant dire qu’on apprécie ces escaliers roulants !

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Après cet art mitonné de propagande ou cette propagande sous prétexte d’art, nous allons à la Galerie d’art européen et américain (quoique, les Américains, on ne les a pas trop vus…). On se régale des toiles des peintres essentiellement français : Cézanne, Renoir, Monet, Degas, Gauguin, Van Gogh, Matisse, Picasso, Pissarro, Derain, Courbet, Léger, Chagall, Rousseau, Toulouse-Lautrec… Beaucoup de ces œuvres avaient été confisquées à des particuliers après la révolution et pour chacun de ces peintres, elles sont nombreuses. Une salle entière est d’ailleurs consacrée à Gauguin, une autre à Monnet. Un vrai plaisir des yeux.

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De nombreuses sculptures sont également exposées dont plusieurs de Rodin.

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Le bâtiment voisin est le musée des Beaux-Arts Pouchkine. Une partie est consacrée à l’Antiquité, le reste propose une collection d’œuvres européennes, de l’école hollandaise et flamande en particulier dont quelques Rembrandt. Le guide parlait de « l’impressionnant Trésor de Troie » mais en fait, cela se résume à quelques bijoux et autres petits objets. C’est une visite que l’on aurait pu éviter d’autant plus que l’on ne sait pas si les œuvres exposées (sculptures et bas-reliefs antiques) sont authentiques ou seulement des copies. Peu de photos car l’appareil photo est tombé en panne (batterie déchargée).

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Nous traversons la Moskova pour trouver un petit supermarché mais il ‘n’y a pas grand-chose qui nous intéresse. Vue sur le fleuve et quelques églises aux bulbes dorés.

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Retour au camping où nous passons la soirée avec Manon et Baptiste, 2 jeunes français qui vont aller jusqu’en Mongolie à vélo et Nicole et Fabian, 2 jeunes allemands qui reviennent de St Pétersbourg. Agréable moment d’échanges.

Lundi 5 juin

Un mois pile après être partis de chez nous, nous partons visiter le Kremlin. Nous vérifions que Jean-Jack prenne bien l’appareil photo et sa batterie de rechange.

Nous sommes devenus des pros du métro et du tram. Toujours aussi impressionnant de voir les personnes traverser la chaussée pour prendre le tram sans regarder alors qu’il y a une circulation importante !

Nous arrivons au kiosque de vente des billets pour la visite du kremlin : pas de queue, personne ! De même pour pénétrer dans le Kremlin, pas de queue ce matin. Quelle différence avec samedi ! On coche sur le plan les bâtiments qui nous semblent intéressants à voir ou à visiter (d’après les indications du guide). Le Kremlin, (autrement dit, la « ville fortifiée« ) est depuis longtemps l’incarnation du pouvoir politique en Russie. Les bâtiments officiels ne se visitent pas et le reste, ce sont des cathédrales et des églises à foison surmontées de leurs nombreux bulbes dorés. Même en dehors du Kremlin d’ailleurs, les édifices religieux et leurs bulbes dorés ne manquent pas. Staline avait bien fait détruire la Cathédrale du Christ-Sauveur qui fut remplacée par une gigantesque piscine mais en 1995, elle fut reconstruite à l’identique. Finalement, à part l’architecture des bâtiments et leurs jolis bulbes dorés, pour notre part, pas grand-chose à retenir de cette visite sinon le poids énorme de la religion dans le système tsariste et son prolongement dans l’actuel.

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Nous ressortons donc assez rapidement du Kremlin par la tour du Sauveur qui donne sur la Place Rouge. Cette tour porte une gigantesque horloge des années 1850 avec des aiguilles de 3mètres de long ! A noter aussi, bien qu’anecdotique, la présence du « canon-roi » fabriqué en 1586 avec l’effigie du souverain Fiodor 1°. D’un diamètre de 89 centimètres, il n’a jamais tiré un seul boulet et certainement pas ceux qui sont devant lui d’après le guide.

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Toujours dans le domaine de l’anecdote, (quoique…) en 1812 les troupes françaises de Napoléon 1° récupérèrent dans la Cathédrale de l’Assomption 295 kilogrammes d’or et 5 tonnes d’argent. Les pauvres ! Rassurons-nous, une grande partie de ce trésor fut rendu par la suite.

Cette fois, avec un appareil photo et une batterie bien chargée, Jean-Jack peut prendre des photos de la Cathédrale Basile le Bienheureux. Joli bâtiment, jolies couleurs.

La pluie qui n’arrête pas de tomber depuis le matin nous amène à abréger notre programme de visites prévues (toutes en extérieur) et à revenir un peu plus tôt au camping. Dernier trajet métro-tram à Moscou d’où nous repartirons demain matin. . Petite éclaircie en fin d’après-midi : la rencontre avec Bernadette et Bernard. Ils habitent Le Thor (Vaucluse) et partent pour la Mongolie. Nous partageons un moment agréable avec eux dans leur gros Unimog de 9 tonnes.

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