Cuba 2016 -2- De La Havane à Santiago du Chili

Carnet de bord au jour le jour,
du 13 au 18 mars

 

itineraire

Dimanche 13 mars 2016

Nous y voilà ! 4 heures du matin. Nous sommes tous chez Hortense (Hortense donc, Paulette, Chantal et Jean-Jack) et nous embarquons nos bagages (heureusement que Paulette fait attention car un de ses sacs était resté sur la pelouse)… Absolument personne sur l’autoroute : nous ne sommes pas en retard ! Petit vol très tranquille jusqu’à Amsterdam puis c’est parti pour un peu plus de 10 heures de vol jusqu’à La Havane. Quelques collations et films plus tard, on nous annonce l’arrivée avec une température de 29°C. Le passage en douane est assez rapide, qui plus est dans une salle climatisée (il y a 10 ans, cela avait été très long et dans une sale surchauffée. Par contre, il faudra presque 2 heures pour récupérer enfin nos bagages. Ils arrivent au compte gouttes et les nôtres sont les derniers ! Et encore, il manque la valise de Paulette que l’on retrouve finalement un peu plus loin dans la salle. Quelqu’un avait dû la prendre par erreur et l’abandonner là.

Le passage à la boutique de change nous prendra une heure supplémentaire ; il faut dire qu’il y a un seul bureau de change avec 3 guichets mais seulement 1 ou 2 sont occupés. Le peso cubain, celui qui est dit « convertible » est pratiquement équivalent à l’euro (au change, 1euro est à 1,07 pesos).

En plus du changement de fuseau horaire (normalement 6 heures de différence avec la France) nous passons aujourd’hui à Cuba à l’heure d’été : donc jusqu’au même changement en France, nous aurons seulement 5 heures de décalage.

Le premier taxi nous demande 40 pesos pour aller à la maison que nous avons réservée depuis la France par l’intermédiaire de l’association « Cuba chez l’habitant » et le 2° seulement 25… La maison se trouve dans le centre ville dans une petite rue un peu bruyante. Pour une nuit, une chambre est disponible dans la maison d’en face que nous (JJ et Chantal) occuperons finalement pendant les 3 nuits de notre séjour à La Havane : il faut dire que cette chambre, contrairement à celle de Paulette et Hortense, ne donne pas sur la rue mais sur un petit patio avec une fontaine au centre. C’est d’ailleurs là que nous nous retrouverons pendant nos moments de « détente » pour profiter un peu de la fraîcheur. En France il est 1 h 30 lorsque nous nous couchons enfin.

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Lundi 14 mars

Petit déjeuner copieux et agréable. En regardant les guides, nous constatons que le lundi pratiquement tous les musées sont fermés. Nous décidons donc d’aller aujourd’hui vers la place de la Révolution, le cimetière Christophe Colomb, le Malecon. Longue marche à pied mais ça en vaut la peine : le long du boulevard Simon Bolivar qui devient ensuite l’Avenue Salvador Allende, nous découvrons des bâtiments avec une architecture intéressante. Certains auraient certainement besoin d’une bonne rénovation.

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Nous constatons également que l’histoire des « belles américaines » reste toujours bien vivace. Bien sûr, il y a de tout : des voitures rutilantes bien entretenues, d’autres qui n’ont plus beaucoup de carrosserie entre les points de rouille.

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Place de la Révolution, nous ne manquons pas d’évoquer, devant les grands portraits du Che ou de Cienfuegos, les grandes manifestations qui ont marqué l’histoire de ce pays depuis un peu plus d’un demi siècle, ses avancées remarquables en matière de santé ou d’éducation, le blocus imposé par les États Unis, …

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Cimetière Colomb : il nous faut un moment pour retrouver l’allée avec les grands arbres ! Petite promenade parmi les tombes, chapelles et autres monuments grandiloquents.

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Taxi pour se rendre vers le Malecon que nous suivons un moment avant de prendre un autre taxi pour rentrer « chez nous » se reposer un peu avant de repartir rechercher un restaurant.

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Finalement, notre « maison » est bien située. Nous sommes à moins d’une demi-heure à pied de la Place des Armes dans la vieille ville. Nous suivons les conseils du « Routard » pour choisir et allons au restaurant « Vuelta Abajo« . Nous sommes seuls dans un grand établissement. Pas vraiment terrible, tout est un peu fade sauf le flan qui est « relevé » au sirop de menthe et là, ce n’est vraiment pas super. Nous nous promenons un peu dans la vieille ville. Beaucoup de cubains sont assis sur le trottoir devant leur porte. Les rues sont pas ou peu éclairées mais à aucun moment nous n’avons de sentiment d’insécurité. Nous essayons de prendre un taxi mais soit parce que c’est la nuit, soit parce qu’ils nous prennent pour de riches Yankees, les prix demandés nous incitent à rentrer à pied sauf Hortense qui, pour soulager son genou déficient préfère utiliser les services d’un vélo.

Mardi 15 mars

Vers 9 heures nous nous mettons en route vers la vieille ville. Le long de l’avenue Simon Bolivar, les petits commerçants sont très nombreux : de toutes petites pièces au rez de chaussée des maisons avec souvent seulement quelques articles à vendre. Devant le boucher qui étale quelques morceaux de viande sur une table, une queue se forme. C’est vrai qu’on ne peut pas rentrer dans sa boutique qui ne fait que 2 ou 3 mètres carrés. A côté, le boulanger ne vend qu’une seule sorte de pain et sert les clients au travers d’un guichet. Un peu plus loin, il y a un supermarché relativement bien achalandé et encore, c’est souvent le même article qui q’étale sur toute la longueur du rayon. On remarque des produits « Auchan » ou « Spar« . Quand nous y retournerons dans l’après midi, il n’y a plus de bouteilles d’eau et ils ne savent pas quand ils seront livrés…

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Nous mettrons cette fois plus de 3 heures pour parvenir à la Place des Armes car nous flânons en route, nous arrêtant dans les boutiques, dégustant un jus de canne à sucre extrait des cannes sous nos yeux (toujours aussi excellent), nous connectant un peu à Internet pour envoyer un petit message à nos familles. Grâce aux guides, nous avons compris que pour avoir le wifi en vile, il faut commencer par se procurer une carte auprès des boutiques ou des kiosques de l’ETECSA. Sur celle-ci se trouvent un login et un mot de passe pour une demi heure (1 $) ou une heure de connexion (on apprendra plus tard qu’il y a aussi des cartes pour 5 heures). Pour trouver les lieux de connexion, c’est très simple, il suffit de regarder les endroits où s’entassent des personnes en train d’écrire ou de parler à leur téléphone ou à leur tablette. C’est généralement dans un parc ou devant un grand hôtel.

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Ou bien nos souvenirs se sont estompés ou les choses ont bien changé : dans la zone piétonne de l’avenue Obispo, il y a de très nombreuses boutiques de souvenirs, « d’artisanat » industriel, de n’importe quoi. Nous ne nous rappelions pas qu’il y ait eu autant de boutiques.

Le Capitole, ex siège du gouvernement cubain devenu après la révolution siège de l’Académie des Sciences cubaine est en travaux de même que la rue qui le longe. Sur une place voisine, stationnent les « belles américaines » décapotables pour la plupart. Pour 35 pesos, elles vous offrent un tour en ville passant par les principaux monuments. Ces monstres rutilants sont un véritable plaisir des yeux !

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On parle de « belles américaines » mais on pourrait bien aussi parler de « belles françaises » même si elles ne sont pas bien nombreuses. Amusant de voir une traction orange, nous sommes plutôt habitués au noir…

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Déjeuner à un restaurant sur la Place des Armes qui nous propose un menu à seulement 5 pesos. Et en plus, c’est bon ! Promenade dans la vieille ville en particulier sur la Place de la Cathédrale. Imposante bâtisse en pierres avec, c’est bizarre, 2 parties supérieures peintes en rose ! Cette place est bordée par des bâtiments en pierre également et bien rénovés.

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Nous ne manquons pas de faire une petite visite à Simon Bolivar dont la maison se trouve à proximité. Nous ne retrouvons pas la guide d’il y a 10 ans qui nous avait conté avec beaucoup de verve la vie de Bolivar mais les petites saynètes qui narrent sa vie, de la naissance à la mort, sont toujours bien présentes. S’y est rajoutée une exposition sur quelques figures illustres de la révolution cubaine ou actuelles mais ce sont de grands panneaux avec énormément de textes, en espagnol of course. Passage ensuite à la Place St François. L’entrée de l’église est payante … Gardons nos sous pour les mojitos.

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A « dos cuadras » se trouve le musée du rhum « Havana Club ». Vu la chaleur et la fatigue, nous renonçons à toute dégustation et prenons un taxi pour rentrer chez nous. Encore une vieille Lada brinquebalante qui nous amène néanmoins à bon port. Nous sommes contents d’avoir réservé le repas dans notre maison car nous sommes un peu fatigués après ces 2 jours de marche dans la ville.

Au menu ce soir, nous avons bien sûr de la langouste, grillée ou en sauce, à notre convenance. Excellent repas pour 10 pesos.

Mercredi 16 mars

Nous prenons cet après-midi l’avion pour nous rendre à Santiago de Cuba (environ 950 kilomètres à l’est de La Havane). Nous avons décidé de visiter la « Quintana de los molinos » (la maison des moulins) ancienne résidence d’un général, ancienne caserne dont le parc a été reconverti en jardin des plantes et parc zoologique. Las, il est fermé ce matin car réservé à une visite pour enfants handicapés. Si certaine d’entre nous réussit très bien à jouer les handicapés, plus difficile de se faire passer pour un enfant…

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Nous allons donc nous promener dans le quartier du Velado où les maisons bourgeoises construites dans la première moitié du XIX° siècle par les états-uniens exploitant les richesses de l’île ou quelques cubains fortunés, abondent. Comme partout, les façades en ruine alternent avec d’autres parfaitement entretenues, les murs décrépis avec des arc en ciel anarchiques de peinture. Promenade agréable car les rues sont très arborées.

Nous retournons à l’hôtel où nous attend un taxi réservé par notre logeuse. Heureusement que notre chauffeur s’était renseigné car l’avion ne part plus du terminal 1 comme prévu mais du 5 à quelques kilomètres de distance. En effet, Obama se rendant à Cuba en visite officielle, le terminal 1 fait peau neuve…

Dépôt des bagages rapide, passage en douane un peu plus délicat car une des employées fait un peu de zèle. Installation dans la « salle de la dernière attente ». Un peu lugubre comme appellation… Et là, on attend. Premier appel, beaucoup de voyageurs se mettent en ligne puis vont se rasseoir : l’avion n’est pas prêt. Le temps passe. Deuxième appel et même scénario. Finalement, nous partirons avec 2 heures de retard sans savoir pourquoi ! Vol rapide, hôtesses peu amènes, juste un verre d’eau ou un café. A Santiago, nous obtenons rapidement nos bagages et prenons un taxi qui nous conduit à notre nouvelle demeure dans la rue Heredia.

Le temps de prendre une douche et nous voici dehors, découvrant la Plaza de Marte voisine, arpentant un bout de la rue piétonne, appréciant le repas au restaurants « Jardines« . La chaleur est étouffante, plus de 30 degrés. Heureusement que nos chambres sont équipées de clim !

Jeudi 17 mars

Petit déjeuner identique mais moins raffiné. Le fromage s’apparente à du plastique, la confiture semble périmée depuis longtemps et a un drôle de goût, le café est sucré et imbuvable, …

Nous descendons la calle Marie José Heredia (un poète Cubain mais le cousin de celui que nous connaissons en France). Elle conduit au centre historique de la ville, le Parque Cespedes. Rue en pente, les maisons sont surélevées par rapport à la chaussée et souvent accessibles par des petits escaliers. Toujours ce foisonnement de belles façades colorées se mêlant aux façades décrépies. Sans oublier aussi l’enchevêtrement des fils électriques.

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Les bâtiments du Parque ne manquent pas de couleur aussi même si elles sont un peu pastel.

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Pas terrible comme résultat. L’ancienne maison de Velasquez (paraît-il) attire toute note attention. Construite entre 1516 et 1530, c’est la plus ancienne de l’île. Elle abrite aujourd’hui le Museo de Ambiente Historico Cubano. Elle a conservé dans plusieurs pièces de magnifiques plafonds de cèdre cubain. La loggia est ornée de moucharabiehs d’inspiration arabo-andalouse. Les salles meublées sont également intéressantes. Magnifiques balcons en bois.

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Nous passons ensuite par le « balcon de Velasquez » qui fut érigé en 1538-1550 pour y installer des batteries défensives. Très belle vue sur la baie et les toits des quartiers populaires.

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Non loin de là se trouve le Museo de la Lucha Clandestino. Documents d’époque, nombreuses photographies, quelques armes ou vêtements des révolutionnaires. Le tout dans un somptueux hôtel particulier de style colonial qui domine la baie.

Sur notre route, nous faisons une petite halte au Museo del Ron. Le musée lui même est peu intéressant mais il se termine par une dégustation (en fait, un seul rhum à goûter, celui qu’ils proposent à la vente).

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Nous revenons chez nous par la rue piétonne en achetant au passage pizzas et churros dans de petites échoppes (1 pesos les 4 pizzas et pareil pour les 4 gros churros). Il fait très chaud, nous avons décidé de « siester sous clim » puis de ressortir en soirée.

Ce soir, nous allons dans la zone piétonne au restaurant St Pauli repéré hier. Très bien, trop copieux, service un peu lent alors qu’au début nous sommes les seuls clients mais nous commençons à nous habituer à ces attentes, ces queues un peu partout. C’est comme ça ici ! Paulette et Hortense vont passer un moment dans une boîte à musique mais nous trouvons le son vraiment trop fort et rentrons nous coucher au frais (enfin presque frais).

Vendredi 18 mars

Un peu de mieux dans le petit déjeuner : le café n’est plus sucré, un pot de confiture tout neuf a fait son apparition ainsi que de la pâte de mangue et le fromage est un peu meilleur.

Vers 9 heures Paulette et Jean-Jack vont récupérer la voiture. Bien sûr, l’endroit indiqué n’est pas tout à fait le bon, il faut aller au bureau de l’autre côté de la rue. Ce n’est pas là non plus qu’on peut prendre possession de notre véhicule mais on nous y mène en voiture. Comme à l’ordinaire, entre formalités, paperasseries, inspection du « coche », c’est très long. Il faut dire qu’il y a beaucoup de choses à écrire vu l’état de notre Peugeot 508 automatique. Elle a près de 70 000 kilomètres au compteur et ça se voit bien ! De plus, cela doit faire un moment qu’elle n’a pas connu de vrai nettoyage, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Seul avantage c’est qu’elle est grande et contiendra facilement nos bagages.

Nous l’utilisons immédiatement pour aller visiter le « Castillo del Morre » à une dizaine de kilomètres de Santiago. Construit en 1638, ce château faisait partie d’une série de constructions réparties le long de la baie afin de protéger la ville de Santiago des attaques des pirates, fréquentes au XVI° et XVII° siècles. Il suit le relief et s’étage sur 5 niveaux reliés entre eux par des escaliers, des tours et des terrasses destinées à recevoir des canons.

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Nous allons ensuite à la plage de Siboney mais l’état du ruisseau qui se jette dans la mer au niveau de cette plage nous dissuade vite d’y plonger le moindre bout d’orteil. Nous repartons alors vers le village d’El Cobre (le cuivre) pour visiter le sanctuaire. Le seul intérêt de la « basilique de la Vierge du Cuivre » c’est qu’elle offre un intéressant point de vue sur la campagne verdoyante et les collines environnantes où l’on aperçoit la mine de cuivre à ciel ouvert fermée depuis une bonne dizaine d’années.

Retour en fin d’après midi à notre logement où nous attendons un peu de fraîcheur avant de ressortir. Aux bruits habituels de la rue, des habitants des maisons voisines qui parlent fort, mettent la télé à tue-tête, s’ajoute ce soir la musique à fond. Il est vrai que nous sommes vendredi soir et que le week-end commence.

Sur la Plaza Dolores, nous trouvons le restaurant « Boulevard Center« . Comme partout, une borne demi-heure pour se faire servir… Les pizzas sont surchargées de fromage qui n’est pas terrible (nous emporterons ce qui reste pour notre repas de demain midi) mais le « bistek de cerdo santiaguese » n’est pas trop mauvais. Fin de la soirée dans une « casa de musica« . Les amatrices de danse sont un peu déçues car personne ne danse mais l’orchestre de 7 musiciens a au moins l’avantage de ne pas être trop bruyant. De plus, cela se déroule dans un patio et l’endroit est très agréable. La voiture restera cette nuit dans la rue, un voisin de notre hôte en assurera la surveillance ainsi que celle de 2 autres véhicules pour seulement 2 pesos.

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