Cuba 2016 -3- De Santiago du Chili à La Havane

Le voyage au jour le jour, du 19 au 30 mars

 

Samedi 19 mars

Branle bas de combat ce matin : nous prenons la route pour Baracoa au nord-est de l’île, à environ 250 kilomètres de Santiago. Nous allons passer par Guantanamo, la ville, pas la tristement renommée prison des USA qui se trouve un peu plus loin sur un espace Cubain loué aux Etats-Unis jusqu’en 2033. Il paraît que Fidel Castro s’est toujours fait un point d’honneur à ne pas encaisser le chèque du loyer mais on a peine à croire que le règlement s’effectue simplement par un petit chèque envoyé par la poste… Arrêt au marché local pour acheter quelques tomates que le marchand nous offrira finalement.

 

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Une trentaine de kilomètres après Guantanamo, nous longeons la côte essentiellement rocheuse sauf une ou deux plages de sable par-ci, par-là et complètement déserte. À partir de Cajobabo, nous quittons la côte et traversons vers le nord la Sierra del Purial. Nous mettrons 5 heures pour effectuer ce trajet. Tout au long de la journée, les paysages s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. Des étendues désertiques parsemées de cactus laissent subitement place à des espaces boisées occupés par quelques maisons, par un village. Les forêts de conifères font leur apparition dans la Sierra.

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Par l’intermédiaire de Julio, note hôte de Santiago, nous avions réserve pour 2 nuits une « casa particular » à Baracoa. Finalement, ce n’est pas à cette maison que nous logerons mais un kilomètre plus loin environ. Les chambres sont agréables et, fort heureusement, pourvues de ventilateur et clim. Toute la journée, les températures ont oscillées entre 29 et 33.

Baracoa est la première ville coloniale fondée à Cuba par Diego Velasquez, « l’administrateur » de l’île. De 1512 à 1515, elle fut même la capitale de Cuba. De plus, c’est dans sa baie que Christophe Colomb aurait accosté pour la première fois à Cuba (bien que les habitants de la ville d’Holguin affirment que c’est dans leur baie…). Quoi qu’il en soit, cette localité fut un peu isolée du reste de l’île jusqu’à la construction de la route de la Farola en 1965, route que nous avons empruntée pour arriver ici.

En soirée, nous nous promenons dans le centre historique découvrant ainsi de magnifiques demeures coloniales où les maisons en pierre alternent avec celles en bois. Comme toujours, les façades multicolores plus ou moins récemment repeintes côtoient celles décrépies ou même en ruines. Nous allons prendre un mojito dans une « casa de musica » où se produit un orchestre. Nous demandons au Cubain qui s’occupe de l’entrée l’adresse d’un bon restaurant et il nous conduit au « El buen sabor« . Langouste grillée ou cuite au lait de coco avec ses accompagnements, flan aux œufs ou glace au chocolat en dessert (Baracoa se définit comme la « capitale du chocolat« ) : tout est vraiment excellent. On s’est rendu compte que les portions servies étaient particulièrement copieuses et nous avons décidé de ne prendre plus qu’un menu pour deux. Même en agissant ainsi, nous n’arrivons pas à tout finir. Comme la table que nous voulions était déjà réservée, le serveur nous offre les mojitos et le dessert ! Nous avions été surpris, à l’aéroport de La Havane, de constater que tout le personnel des douanes portait des bas résilles. Finalement, il n’y a pas que les douanières mais elles, nous n’avions pas osé les photographier…

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Dimanche 20 mars

Nuit un peu rude : un jeune fêtait son anniversaire dans la maison en face de la nôtre. Jusqu’à 2 heures du matin, nous avons eu droit à la musique à fond, aux éclats de vois, … Ensuite, ce fut bien calme et la nuit assez fraîche.

 

Très bon petit déjeuner avec, comme d’habitude, des fruits frais, des œufs (au choix brouillés, en omelette ou à la poêle), ce la confiture, du miel, du pain, du café et aujourd’hui du chocolat chaud délicieux.

Nous retournons dans le centre historique pour admirer en plein jour toutes ces maisons. Baracoa est une ville de 40 000 habitants environ avec donc une circulation peu importante.

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Beaucoup de « bicitaxis » ou de voiturettes tirées par des chevaux pouvant transporter de 4 à 8 passagers.

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C’est le dimanche des rameaux, l’église fait salle comble. Même aujourd’hui, les bureaux d’ETECSA sont ouverts et nous pouvons utiliser les ordinateurs à disposition du public dans une salle bien climatisée. Nous ne manquons pas de nous arrêter au Musée du Chocolat (en fait, une cinquantaine de photos montrant la récolte et la fabrication du chocolat et une machine qui ne fonctionne pas). L’hôtesse nous propose de passer à la « tienda » (le magasin) : surprise, son magasin se trouve dans une petite armoire avec quelques tablettes de chocolat au lait et d’autres sans lait, plusieurs petits chocolats dans du papier alu de couleur. Nous achetons et goûtons cependant le chocolat au lait et prenons une tasse de chocolat froid (simplement du cacao, du sucre et de l’eau).

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Sur la route de Moa, nous allons au ranch Tao pour une petite promenade en barque. Bien sympathique car il y a un peu de fraîcheur et le guide nous commente le paysage et les arbres au bord du Rio Tao mais sans plus. Par contre, autour du ranch, il y a de nombreux cacaoyers avec des cabosses de différentes couleurs en fonction de leur maturité. Nous goûtons même les fèves encore enveloppées de pulpe blanchâtre un peu gluante sous le doigt mais très agréable en bouche. Par contre, si on croque la fève, c’est très amer.

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Petite perfusion de clim pour laisser passer le gros de la chaleur.

En fin de journée, nous retournons faire un tour en ville. Nous retrouvons Alberto, le rabatteur de la « casa de Trova » qui nous avait conduit au restaurant et nous restons un moment à discuter avec lui tout en buvant un mojito. Il travaille en fait pour la ville, organisant les activités culturelles de la cité pour un salaire mensuel de 14 pesos (soit environ 14 €) ! D’autres personnes nous avaient déjà indiqué de tels salaires. Par exemple, selon plusieurs sources, un médecin, employé par l’Etat gagne 40 pesos. Un enseignant, 25. Son métier de « rabatteur » lui permet de percevoir des pourboires. En plus, il donne également des cours de mathématique ayant été autrefois prof de math.

Nous mangeons à notre « casa particular » un excellent « poisson santa barbara » que nous a préparé Josefina. Fin de la soirée sur la terrasse où il y a un peu d’air frais. De nombreuses maisons disposent d’une terrasse au-dessus de l’habitation, le plus souvent recouverte d’une sorte de pergola pour assurer un peu d’ombre.

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Lundi 21 mars

Contrastant avec le calme d’hier dimanche, une grande agitation règne dans les rues dès 7 heures. Le nombre de bicitaxis, de carrioles tirées par un ou deux chevaux, de bus, de camions-bus, de taxis divers, de piétons est impressionnant ! C’est l’heure de partir au travail, d’aller à l’école, d’ouvrir son commerce…

 

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Pour notre part, après avoir fait le plein, nous prenons la route vers Holguin. Josefina nous y a réservé nos chambres.

Nous savons que la route est particulièrement mauvaise sur les 70 premiers kilomètres entre Baracoa et Moa. Effectivement, on ne nous a pas menti. De rares sections goudronnées et sinon, de la piste avec quelques passages catastrophiques. Nous mettrons presque 3 heures pour cette portion de route puis autant pour les 200 kilomètres restants. Encore une fois, les paysages sont admirables et changeants. Quelques rares champs de canne à sucre, quelques villages aux maisons individuelles peu rutilantes mais aux cours ou jardinets bien entretenus. Beaucoup de petites charrettes tirées par des chevaux ou des bœufs. Peu de petits marchands sur le bord des routes, nous aurons du mal d’ailleurs à trouver des tomates. Circulation peu dense ce qui est bien agréable. Heureusement que nous avons la clim dans la voiture car la température atteint allègrement les 35 °.

A Holguin, notre GPS nous conduit à l’adresse de notre maison. Encore une fois, ce n’est pas là que nous dormirons car une seule chambre est libre ce soir. La logeuse, Beatriz nous conduit dans la rue voisine où se trouvent bien 2 chambres. Elle s’occupe de nous réserver des places à un très bon restaurant (d’après elle), ainsi que d’une chambre pour demain soir à Camagüey. Elle se propose également de nous conduire ce soir à la colline Loma Del Cruz où nous aurons une très belle vue sur la ville et la campagne environnante. C’est chez elle que demain matin nous irons prendre notre petit déjeuner.

En effet, la vue du sommet de la « Loma de la Cruz » est remarquable, une vue à 360° sur la ville et les environs. Comme beaucoup de villes du « Nouveau Monde« , les rues sont à angle droit ce qui aide beaucoup pour s’y retrouver. La nuit tombe, les lumières commencent à s’allumer : spectacle intéressant que ces lignes éclairées le long des avenues et des rues.

Nous allons ensuite au restaurant « Delicias cubanas » non loin de notre logement. Établissement très « sélect » mais rien de bien extraordinaire. Il est plus de 22 heures lorsque nous en sortons, un peu tard pour aller en ville. Finalement, il aurait mieux valu choisir un restaurant dans le centre ville, tant pis !

Nos discussions avec Béatrix confirment ce que d’autres logeurs nous avaient expliqué concernant la part prise par l’état dans la location des chambres. Pour 2 chambres, les logeurs paient une part fixe de 120 CUC (peso convertible soit environ 120 euros) par mois quel que soit le nombre de nuits d’occupation. S’ajoutent 10% des sommes perçues et, en fin d’année, un « impôt sur les revenus ». Les propriétaires de « casas particulares » sont tenus à respecter un cahier de charges très rigoureux (clim, frigo, eau chaude, …) et sont soumis à un contrôle régulier (pas terrible la photo…)…

Mardi 22 mars

Nuit très chaude, bruyante par moment, nous n’avons pas trop apprécié ces chambres-là. Nous allons prendre notre petit déjeuner chez Beatriz : excellent. Quel dommage qu’hier elle n’ait pas eu ses 2 chambres de libres !

 

Des Cubains nous avaient déjà parlé du carnet d’alimentation, le « libreta« . Nous la questionnons à ce sujet et elle nous montre ce fameux carnet. Il s’agit en fait, nous explique-t-elle de fournir à chaque Cubain un minimum d’alimentation à un prix très faible, bien en dessous du prix normal du commerce. Bien sûr, les quantités disponibles dépendent du nombre de personnes à charge. Quand nous lui demandons si les magasins spéciaux qui fournissent ces produits sont suffisamment approvisionnés pour que chaque Cubain ait sa part, elle nous affirme que oui, qu’il n’y a aucun problème. Ce n’est pas tout à fait ce que nous avait dit un Cubain hier dans un petit village. Il nous avait parlé de ce carnet et nous avait dit qu’en février il n’avait pratiquement rien eu car les rayons du magasin étaient vides et que ce serait certainement pareil en mars. Mais, avait-il rajouté, « ce n’est pas grave, Cuba est un pays où il fait bon vivre car ici au moins, nous sommes libres ».

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Par la télévision, nous apprenons que 3 attentats viennent d’être commis en Belgique dont un à l’aéroport de Bruxelles faisant une trentaine de morts.

C’est sous la pluie que nous prenons ce matin la route de Camagüey. Environ 210 kilomètres que nous ferons en un peu plus de 3 heures. La route est relativement en bon état de partout, seuls quelques passages un peu « rudes ». Peu de champs de canne à sucre mais beaucoup d’élevages de chevaux et quelques troupeaux de bœufs et de vaches. Il cesse de pleuvoir vers 11 heures puis le ciel restera très nuageux toute la journée. Du coup, les températures seront de 22 à 25 degrés seulement. On respire mieux. Sur le bord de la route, nous achetons quelques fruits puis Hortense et Paulette s’équipent en chapeaux de paille.

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Un peu de difficultés pour trouver notre nouvelle casa mais heureusement que Carmen, notre GPS, est là. Pour une fois, nous logeons bien à l’endroit prévu, chez Angela et Loïs. Accueil très agréable, logements bien. De plus, nous pouvons garer la voiture dans un garage fermé. En 10 minutes, nous sommes au centre-ville. Camagüey est la troisième ville du pays avec plus de 300 000 habitants. Nous sommes déçus : au centre, le réaménagement de la ville a laissé la place à des immeubles modernes colorés, la zone piétonne ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Certes, quelques petites places sympathiques mais le restaurant que nous avait conseillé Angela ne nous séduit pas non plus. A peine passable.

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Mercredi 23 mars

Il pleut encore ce matin et nous ferons une bonne partie de la route sous la pluie. Nous partons pour Trinidad après un excellent petit déjeuner. Il y a trop à manger si bien que nous récupérons des bananes et des biscuits pour notre repas de midi. En route, nous complétons par l’achat de quelques bananes et, à Sancti Spiritus, des pizzas au jambon.

 

Environ 260 kilomètres entre les deux villes. Circulation calme nonobstant quelques camions, des bicitaxis et des petites calèches de transport de passagers tirées par des chevaux. Paysage le plus souvent de grandes étendues avec des champs de canne à sucre, des troupeaux de vaches. Carmen nous conduit directement à l’adresse où nos chambres ont été réservées mais bien sûr, lorsque nous y arrivons, on nous apprend que ce n’est pas là que nous logerons mais un peu plus loin ! Vraiment fatigant ces petits arrangements entre amis. Notre nouveau logement est « moyen », il a au moins l’avantage d’être tout près du centre ville. En plus, il faut discuter les tarifs car la chambre serait à 35 CUC et le petit déjeuner à 5. Finalement, on négocie à 30 et 3.

Trinidad a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1988 ainsi que la « Valle de los Ingenios » où nous irons demain. Cela a permis de préserver le centre ville et d’en financer la rénovation. Les rues du centre sont pavées, les maisons coloniales sont agréables dans l’ensemble mais portes et fenêtres sont très souvent munies de grilles métalliques (c’est beaucoup plus sympa lorsqu’elles sont en bois). Certes, cela permet de laisser tout ouvert afin d’aérer un peu la maison avec les grosses chaleurs mais en même temps, cela pourrait donner une impression d’insécurité, de volonté de se prémunir d’éventuels vols.

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Comme dans beaucoup d’autres villes, de nombreuses petites échoppes vendant seulement quelques produits : la viande est présentée sur l’étal ou pendue en plein air, il ne semble pas y avoir de banques réfrigérées. Non loin de notre maison, nous trouvons un petit supermarché. Les rayons sont bien garnis mais il y a peu de produits. En fait, le même produit est présent en un assez grand nombre d’exemplaires sur un même rayonnage.

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Nous trouvons aussi en nous promenant un magasin réservé aux Cubains dans lequel ils peuvent utiliser leur « libreta« . Peu de produits, des rayons un peu vides.

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Nous mangeons ce soir sur la Plaza Mayor à « l’Esquarro » que nous a conseillé notre logeur. C’est bon mais que c’est long ! Il nous faut attendre plus de 3/4 d’heure avant d’être servis et, à la fin, 10 minutes avant d’avoir l’addition ! Et ce n’est pas propre à ce restaurant, c’est ainsi à Cuba, il faut savoir patienter. Il y a d’ailleurs des files d’attente un peu partout, devant les banques, les magasins, aux arrêts de bus, … Et cela se passe bien d’ailleurs, question d’habitude peut-être.

Jeudi 24 mars

On craignait ce matin d’avoir un petit déjeuner au rabais comme nous avions négocié le prix mais non, c’est correct. Du coup nous décidons de commander des langoustes pour ce soir.

 

Direction la gare de Trinidad à 10 minutes à pied de note maison. Nous allons en effet prendre le petit train touristique qui parcourt la « Valle de los Ingenios » ou « vallée des moulins à sucre« . L’industrie sucrière était très florissante au cours de la seconde moitié du XVIII° siècle et de la première moitié du XIX°. Ensuite, elle a périclité passant de 80 000 hectares cultivés à seulement 4 000 pour plusieurs raisons : concurrence de centrales plus « modernes », développement du sucre de betterave en Europe, révoltes des esclaves puis fin de l’esclavage, plus de bois à brûler dans la région, … On voit encore dans cette promenade en train quelques restes de ces moulins mais nous sommes déçus de ne rien pouvoir visiter. Arrêt d’une heure à la « Torre de Manaca Iznaga« , immense tour de 53 mètres qui permettait aux contremaîtres de surveiller le travail des esclaves. La rue qui permet d’atteindre cette tour est bordée de marchandes de broderies (vêtements et surtout nappes).

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Ensuite, nouvel arrêt d’une heure trente à la Casa Guachinango, très belle maison de maître qui accueille désormais un restaurant. On n’a d’ailleurs pas pu y manger car toutes les tables étaient réservées pour des groupes. Dommage car le porcelet rôti avait l’air bien bon…

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En fait, ce petit train touristique est particulièrement décevant, on dirait que c’est un attrape touriste pour rester poli (en Provence, on a un autre terme plus imagé).

Retour « at home » pour un peu de repos. Deux tentatives pour essayer de se procurer une carte internet mais un problème informatique empêche l’édition de celles-ci. Certes, on pourrait s’en procurer auprès des petits vendeurs de rue mais 50% plus chères… Repas à la maison, de la langouste bien sûr. Très bonne.

Vendredi 25 mars

Nous allons ce matin à Cienfuegos. On voudrait ensuite rouler jusqu’à La Havane mais nos tentatives pour y trouver une casa particular n’ont pas abouti. Beaucoup sont prises à cause du grand concert gratuit que donnent les Rolling Stones ce soir.

 

En mettant le moteur en marche, une alerte nous indique que « Defecto motor. Llege a reparar el vehiculo« . Cependant, à part ce message qui s’éteint rapidement et une icône de moteur qui reste allumée, tout paraît normal, le moteur ne chauffe pas. Nous prenons donc la route.

Sur plusieurs kilomètres, entre Trinidad et Cienfuegos, sur la route côtière, nous voyons des centaines de crabes écrasés et des centaines qui essaient de traverser. Impressionnant ! Comme beaucoup de touristes, nous nous arrêtons pour photographier. Il s’agit de crabes de terre qui rejoignent la plage pour y déposer leurs œufs

A Cienfuegos, nous achetons une carte téléphonique et essayons d’appeler l’agence de location d’une cabine publique. Un peu compliqué avec tous les numéros qu’il faut faire, les « # » à intercaler, … Une passante nous aide en composant elle même les numéros sans plus de résultat. Nous allons à l’office de tourisme « Infotur » (ouf, il y en a un dans cette ville) et la personne à l’accueil se charge de contacter l’agence de location de Santiago qui nous fournit un numéro à Cienfuegos et une adresse. Nous allons à cette adresse. Hélas, c’est vendredi dit saint et les bureaux ferment à midi. Bien sûr, il est midi 30. Le gardien à l’entrée du bâtiment appelle un mécano de l’agence. Celui-ci arrive rapidement et nous dit de ne pas nous inquiéter. C’est simplement un problème d’essence : certains mettent de l’ordinaire moins cher que la 94 qui nous a été indiquée. On peut continuer à rouler sans crainte. Il en profite pour contrôler les niveaux d’huile et d’eau. Il refuse tout paiement. Effectivement, par la suite, le voyant disparaitra puis reviendra mais nous n’aurons aucun problème mécanique.

Nous voilà repartis, soulagés, pour visiter la ville. Cienfuegos avec ses 150 000 habitants est surnommée la « perla Del Sur » (la perle du sud). L’ancienne Plaza de Armas est entourée de grands édifices coloniaux et néoclassiques. Les rues environnantes, moins bien restaurées souvent, possèdent néanmoins de magnifiques demeures.

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Sur l’avenue qui mène à la mer, les édifices à colonnades sont également très nombreux. Au fond de cette avenue, le « Palacio del Valle » qui appartint un temps au frère du dictateur Batista mélange les styles gothiques, maures, coloniaux. C’est aujourd’hui un hôtel restaurant.

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En un mot, une très belle ville, calme (au moins lorsque nous y étions). A Infotur, on nous a affirmé que dans la ville de Jaguey Grande à une centaine de kilomètres de Cienfuegos, nous trouverions des « casas particulares ». C’était un petit point sur la carte, un peu à l’écart de l’autoroute, et nous doutions un peu de ce renseignement. Pourtant, nous trouvons là une petite ville avec plusieurs « casas« . Nous en choisissons une au hasard et ne sommes vraiment pas déçus. Chambres propres, spacieuses, confortables. Nous demandons à la logeuse de nous préparer un repas pour le soir. Pour changer un peu de la langouste, nous demandons du poisson.

Nous faisons un repas excellent avec, pour une fois, pas seulement du riz en accompagnement. Il y a aussi des tomates avec une bonne vinaigrette, des pommes de terre à l’huile d’olive et à l’ail, des côtes de blette avec du chou. Une salade mixte traditionnelle et, au dessert, de la glace pour couronner le tout.

Samedi 26 mars

Le petit déjeuner est aussi remarquable. Jolie présentation des fruits, du saucisson et du fromage, une tortilla pour chacun et une crêpe à la confiture de mangue. Les 10% supplémentaires que nous demande la logeuse gâchent un peu la bonne impression générale que nous avons de cet endroit. Dommage aussi que la nuit fut si bruyante…

 

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Route ce matin vers Viñales. 325 kilomètres à parcourir mais pratiquement que de l’autoroute. Les 2 fois 3 voies jusqu’à La Havane deviennent ensuite des 2 fois 2 voies. Pratiquement pas de circulation mais il faut tout de même rester bien vigilant pour éviter quelques trous. Plusieurs grands champs de canne à sucre le long de la route et, à 2 reprises, nous voyons également des rizières. Nous étions étonnés de ne pas en voir plus souvent car il nous semble qu’ils font une grosse consommation de riz.

Lorsque nous quittons l’autoroute, nous nous arrêtons près d’un hangar utilisé pour sécher le tabac. Les habitants de la maison voisine nous invitent à y pénétrer et nous donnent quelques explications sur les 4 qualités de tabac, fonction de la qualité et de la couleur des feuilles. Ils vendent toute leur production à l’Etat qui l’a leur paye 1 500 pesos cubains (soit environ 60 CUC) le quintal. Ils peuvent garder quelques feuilles pour leur usage personnel. Ils nous offrent un cigare.

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Arrivée à Viñales en début d’après-midi. Nous allons à l’adresse que nous avait donnée Beatriz bien que nous sachions cette fois que nous ne dormirons pas là mais à proximité. Nous sommes un peu à l’extérieur de la ville mais pas trop loin. Les chambres sont agréables, fraîches. Nous sommes accueillis avec un verre de papaye bien fraîche. Nous prenons contact avec un guide pour une balade demain matin afin de découvrir les plantations de tabac et les mogotes.

Nous qui espérions une petite visite tranquille de la ville, c’est raté ! A Viñales, la fête bat son plein, c’est un peu comme une fête votive de chez nous, avec des manèges et des attractions foraines dont certaines semblent sortir tout droit des décors apocalyptiques de Mad Max.

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En plus, il y a énormément de petits marchands de tout et de n’importe quoi, principalement des jouets en plastique certainement « made in China » à quoi s’ajoutent d’innombrables stands de boissons diverses et variées et de choses à manger (beaucoup de « chicharones« , de sandwichs peu engageants, de poulets et poissons rôtis, …).

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Bien sûr, il y a le bruit, en particulier les musiques à fond, les odeurs, la foule, … Migdalia, notre logeuse, nous avait indiqué quelques bons restaurants dans la ville. Celui que nous convoitions est fermé ce week-end, nous nous rabattons sur La Cuenca. Bon mais pour une fois, les portions sont minimes.

Dimanche 27 mars

A 9 heures, notre guide vient nous chercher à la Casa. Chantal a décidé de rester se reposer. Nous partons donc tous les trois avec un guide qui, dit-il, s’est couché à 5 h 30 après avoir ingurgité forces bières. Mais, ça va, il a l’air de tenir debout.

 

En sortant du village, nous ne manquons pas de regarder les maisons : beaucoup ont été plus ou moins récemment repeintes. On suppose qu’il y a dû y avoir une promotion sur le rose car elles sont nombreuses aux couleurs de Barbie. Comme toujours, il arrive que seule la façade principale soit repeinte, le reste….

Viñales est bien connue pour ses plantations de tabac et , bien sûr, les fameux cigares cubains. Mais, ce qui attire autant les touristes, c’est certainement son paysage caractéristique de « mogotes« , fruit d’une lente érosion. A l’origine, il y a des grottes immenses dans un calcaire friable. En s’effondrant, elles donnent naissance à des buttes aux formes étranges, les mogotes. Ces promontoires arrondis ont 140 à 400 mètres d’altitude

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Les mogotes encadrent de petits vallons à la terre rouge et fertile où poussent des tubercules (yucca ou manioc, bonite ou patate douce, malaga), des fruits (mangue, papaye, agrumes) et, bien sûr, du tabac. C’est tout cela que nous allons voir au cours d’une promenade de quelques kilomètres et de 4 heures.

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Nous ne manquerons pas aussi de visiter un des séchoirs à tabac où Hortense et Paulette n’hésiteront pas à goûter le fameux cigare cubain légèrement « mielleux ». Ici, on a laissé les plants de tabac fleurir pour récolter les graines pour l’année suivante.

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Notre guide nous laisse devant chez lui, nous disant de continuer sur la route et que, dans 10 minutes, nous arriverons à la Casa. Une demi-heure plus tard, nous nous décidons enfin de prendre un taxi pour terminer… En arrivant, Migdalia nous prépare un petit en-cas qui est le bienvenu.

Dans la soirée, nous retournons dans la fête appelée ici « carnaval ». Beaucoup moins de monde qu’hier mais les cadavres de bouteilles de bière, de canettes sont nombreux au sol malgré la présence de plusieurs personnes qui doivent les récupérer pour en tirer un petit profit. Toujours des manèges divers et de la nourriture…

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Repas ce soir chez Migdalia avec, en particulier, de la soupe de haricots noirs, des frites de patate douce et de la langouste à la sauce tomate (la 6°pour nous alors que Paulette et Hortense se glorifient de 7 langoustes pendant leur séjour). Tout cela est vraiment délicieux et particulièrement abondant à tel point que nous laissons de la langouste dans le plat ! Vraiment, chaque fois que nous avons mangé dans notre « casa particular », ce fut un véritable régal ( sauf peut-être à Trinidad).

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Lundi 28 mars

Malheureusement, nous ne pouvons pas passer la dernière nuit chez Migdalia, ses chambres étant retenues depuis longtemps. Nous allons visiter la casa de Andres et Mary à quelques mètres : une seule chambre disponible mais avec 3 lits séparés par une cloison. Cela nous convient d’autant plus que nous savons que malgré les 110 casas de Viñales, il n’y a plus de chambres disponibles.

 

Aujourd’hui, plage ! Nous prenons la route du Cayo Jutìas à une soixantaine de kilomètres de Viñales. Nous y étions allés il y a 10 ans et avions conservé un excellent souvenir de cette plage quasiment déserte. Nous avions pu faire un petit tour en bateau dans la mangrove, nous arrêter une bonne heure sur une île déserte et voir de magnifiques étoiles de mer orangées. Las, les touristes y sont nombreux maintenant, 2 grands bâtiments abritent buvettes, sandwicherie, restaurant et le bateau ne propose qu’un petit tour vers une autre plage. Nous y passons tout de même une partie de la journée à nous baigner et à nous prélasser sur la plage.

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Retour à la casa où nous nous installons dans la dernière chambre de note séjour cubain, douche puis direction la ville pour quelques achats. Lorsqu’on arrive au magasin pour acheter nos dernières bouteilles de rhum, celui-ci vient juste de fermer. On essaie de se connecter mais notre carte Internet ne fonctionne plus. On veut en acheter une autre mais il n’y en a plus que des 5 heures. Décidément ! Heureusement, un couple de Français nous prête leur mot de passe et nous pouvons relever nos mails.

Repas ce soir chez André et Mary. Heureusement qu’il y a une grande table car les plats sont nombreux : soupe de haricots noirs, chips de patate douce et de banane, chou cuisiné, tomates et concombre, riz blanc, bœuf en sauce pour certain et un peu de poulet pour d’autres (le premier du séjour). Sans oublier la salade de fruits et le flan. Et, en plus, c’est vraiment délicieux.

Mardi 29 et mercredi 30 mars

Ce matin, le magasin est bien ouvert. Derniers achats puis après le bouclage des valises nous prenons la route de l’aéroport José Marti à La Havane. Chemin faisant, nous nous arrêtons à Pinar del Sol pour visiter le musée du tabac. Nous voyons seulement la fabrication des cigares. Les rouleurs en font 150 en 8 heures pour 40 CUC par mois… Intéressant de voir avec quelle maestria ils arrivent à rouler les feuilles ! Contrairement à ce qu’on nous avait affirmé à Viñales, ici on nous explique que la feuille est totalement naturelle, qu’elle ne subit aucune préparation avec des produits chimiques ou même naturels comme le miel, le citron, …

 

Ensuite, nouvel arrêt à Socoa pour le jardin des Orchidées. Très jolies fleurs de 1 millimètre à 10 centimètres de diamètre dont quelques-unes dégagent un parfum subtil ! Étonnantes aussi les différentes sortes de bégonias et assez fantastiques les arbres surchargés de plantes épiphytes.

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A l’aéroport, mauvaise surprise de devoir payer une journée supplémentaire pour la location de la voiture ce qui nous oblige à changer encore un peu d’euros. Puis c’est l’attente. Vol sans histoire jusqu’à Paris puis un dernier avion jusqu’à Marseille.

Avec le décalage horaire, nous sommes le mercredi 30 mars en fin d’après-midi lorsque nous arrivons à Marignane. En 5 minutes, les bagages sont récupérés. La voiture sortie du « chèque-parking », nous voilà sur l’autoroute. Nous nous séparons à Caumont vers 19 heures…

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