Nova Scotia (1) – (Nouvelle Ecosse)

Du 2 au 22 mai 2012

 

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Mercredi 2 mai 2012

Le jour des retrouvailles ! Beau temps, nous prenons un taxi avec Audrey, Gaël et Jules. En arrivant vers les quais, nous apercevons nos véhicules, super ! Le plus long est d’attendre que les employés du port se rendent compte qu’ils ont, sur leurs fiches, inversé les numéros des châssis des camping-cars de Jean-Noël et de Gaël ! Sinon, tout est très rapide : on fait le tour du véhicule pour voir s’il n’a pas subi de dommages pendant la traversée et on nous donne le bon de sortie ! Contrairement à ce que nous avait dit le transitaire, il n’y a rien à payer.

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Un tour de clé et ça y est, à 10 heures 10, nous franchissons les grilles du port. Nous nous donnons rendez-vous au WalMart à la sortie d’ Halifax (pour de futurs voyageurs, voir les détails et coordonnées dans la partie «  Page pratique« ). Achat et installation d’une bouteille de gaz, d’un détendeur, courses, repas au McDo du WalMart sans oublier un petit apéro avec une boisson bien de chez nous… et on se dit au revoir et bon voyage. Nos itinéraires sont bien différents et il est peu probable que nous nous croisions à nouveau sur les routes canadiennes. Par contre, nous n’avons pas réussi à trouver de l’eau aux stations-services ou ailleurs. On verra plus tard.

Nous avons l’intention de faire le tour de la Nouvelle Ecosse ( Nova Scotia). Première direction : Peggy’s Cove (la petite baie de Peggy). Un peu avant d’y arriver, nous sortons de la route vers un petit village. Là, un vieux monsieur nous indique un chemin qui conduit à un coin superbe surplombant l’océan. Et c’est vraiment bien chouette pour notre première « vraie » nuit canadienne qui sera super tranquille !

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Jeudi 3 mai 2012

Ciel bleu mais il ne fait que 1° ce matin (seulement 7 dans le camion). Nous prenons le temps et profitons pleinement du paysage qui s’offre à nous. Quelques petits bateaux de pêche mettent en place de nombreuses bouées avec, suppose-t-on, des nasses à homards. Nous allons visiter le village de Peggy’s Cove qui nous rappelle un peu Smogen en Norvège avec ses maisons colorées sur pilotis, ses blocs de granit et tout son matériel de pêche. Nous flânons autour du phare et dans les rues de ce village à l’habitat très dispersé, allons jusqu’à la fresque sculptée dans le roc par William deGarthez puis nous continuons la route.

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Une dizaine de kilomètres plus loin, nous trouvons un camping ouvert à Glenn Margaret avec de l’eau, le WiFi et une « laundromat ». Bonne aubaine ! La lessive sèche rapidement au soleil et au vent de la Nouvelle Ecosse ! Nous faisons aussi connaissance avec les monstres canadiens : «  véhicules récréatifs » et «  roulottes » se disputent la palme de la plus grande longueur…

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Vendredi 4 mai 2012

Gris le matin, bleu en soirée. Nous faisons un petit trajet sur la route qui longe la côte à partir d’ Halifax en allant vers l’ouest. Nous nous arrêtons au petit village de Chester avec ses agréables maisons colorées (le musée local est fermé en cette saison) puis nous prenons la route de New Ross pour visiter demain matin le Ross FarmMuseum. Nous bivouaquons sur le parking du musée.

Samedi 5 mai 2012

Seulement 0,6° ce matin mais 17 en soirée. Ciel avec des nuages.

Nous visitons le Musée de la Ferme Ross, petit écomusée intéressant car il y a des personnes qui travaillent « comme dans le temps » (100, 150 ans en arrière) et qui expliquent ce qu’ils font. On voit en particulier la fin de la fabrication d’un tonnelet (sans un clou) ainsi que la fabrication d’un manche de marteau. Le maréchal-ferrant et ferronnier était en train de préparer quelques morceaux de fer pour un travail ultérieur.

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Nous prenons ensuite la route de Lunenburg. On est toujours dans un paysage de résineux avec des feuillus qui n’ont que quelques bourgeons. Nous ne voyons ni culture ni bétail…

Lunenburg est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Il doit sa fortune et sa renommée à la pêche et, surtout, à la construction navale. De nombreuses maisons sont plus que centenaires, très bien entretenues et, là aussi, très colorées. Le Fisheries Museum est fermé le week-end en cette saison ! Très touristique, Lunenburg possède un grand nombre de restaurants.

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Nous bivouaquons au bout du village sur le parking d’un ensemble médicalisé. Nous devons regonfler une roue arrière dont le prolongateur de valve s’est cassé. Nous ne nous sommes rendus compte qu’elle était à plat qu’en vérifiant les pneus : c’est l’avantage des roues jumelées !

Dimanche 6 mai 2012

A 4 heures du matin, une gendarmette nous réveille pour savoir qui on est. Dans ces cas, comme dans tous les pays, Jean-Jack oublie qu’il possède quelques mots d’Anglais… Elle s’est finalement contentée de noter notre adresse sur son carnet, de regarder la police d’assurance et elle est partie. A part ça, la nuit a été très tranquille !

On continue la route côtière («  route des phares » – photo de gauche) où se succèdent les maisons : pelouses impeccables, rien ne traine autour (pour une majorité d’entre elles au moins). On s’arrête d’abord au village de Port Medway : le petit port est totalement désert, juste quelques mouettes perchées sur les lampadaires (photo du centre).

Nous passons par West Berlin, laissons de côté East Berlin et arrivons à Liverpool. La plupart des musées et autres lieux à visiter n’ouvrent que le 1° juin. Nous allons jusqu’au phare et nous installons sur le parking pour la nuit en espérant ne pas être dérangés encore une fois (photo de drote). Pas de connexion WiFi, nous sommes dans l’expectative : mais qui donc est le président de la République Française ?

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Lundi 7 mai 2012

Ciel bleu avec des trains de cumulus se dégageant dans l’après-midi. 6° ce matin et 14° à 15 heures. Pas de « grand dérangement » pendant la nuit bien que nous nous rapprochions de plus en plus des ex-territoires acadiens. Toujours par notre petite route des phares, nous allons, pépères jusqu’à Lockerport pour voir … le phare. En fait, il est sur un petit îlot en pleine mer et nous ne pourrons que l’entrapercevoir au loin. Nous nous posons à midi sur le parking de l’office de tourisme « closed for the season », face à l’océan. Et nous y sommes si bien que nous décidons d’y rester l’après-midi et la nuit.

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Nos occupations dans nos 12 m² ? Repas, sieste, lecture, mots croisés, sudoku, grande promenade sur la plage quasi déserte, un peu de rangement, préparation du récit et des photos pour le site, un repas supplémentaire, petite série sur l’ordi (en ce moment, nous alternons « Kaboul kitchen » et « Lie to me ») et coucher avec les mouettes et les pluviers siffleurs à 21 h 30…

Mardi 8 mai 2012

Le seul bruit de la nuit fut celui des vagues et il nous berça si longuement que nous ne prîmes le départ que vers 11 heures ! Arrêt tout d’abord à Shelburne où, malheureusement le musée consacré aux doris et à leur fabrication est encore fermé. La rue le long de l’océan a gardé intactes et bien entretenues ses maisons du XVIII° et XIX°.

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Quelques courses au supermarché du coin puis direction Barrington pour voir le phare : il n’en reste qu’une reconstitution au bord de la route. Transformé en musée, il est aussi fermé en ce moment.

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Encore un peu de route et nous arrivons à Lower West Pubnico où nous nous arrêtons sur le parking de la Poste pour passer la nuit. C’est la deuxième fois que nous constatons que la Poste offre une excellente connexion Wifi, même en dehors des heures d’ouverture. Est-ce général ?

Mercredi 9 mai 2012

Ce matin, notre « voisin » est venu nous rendre visite. C’est un Acadien qui parle français mais avec son accent et le fait qu’il utilise aussi des mots anglais, ce n’est pas toujours facile à comprendre. Par exemple, il nous demande si nous sommes « retirés »… : to be retired = être à la retraite.

Ciel gris, quelques gouttes de pluie pendant la nuit, ça augmente un peu pendant la matinée. L’après-midi, la pluie et le vent deviennent forts et incessants. On passe par Yarmouth où Chantal repère un salon de coiffure : 31 $ la coupe. Excellente occupation par temps de pluie ! Toujours pas d’eau à la station-service ou ailleurs. Demain ou après-demain, il nous faudra aller dans un camping pour faire le plein mais le problème est que tous les campings que nous voyons sont actuellement fermés ; ils n’ouvrent qu’au mieux vers la mi-mai. On va jusqu’à Cape Forchu voir le phare mais on attend qu’il ne pleuve plus pour sortir. Force est donc de rester là pour la nuit en espérant que demain nous aurons une accalmie !

Jeudi 10 mai 2012

Hier dans la soirée, de tout le temps où nous sommes restés sur le parking du phare, des voitures sont venues, ont fait demi-tour quelques mètres plus loin en bout de route (c’est un « cul-de-sac » en English dans le texte). On a vu ainsi entre 30 et 40 voitures : certaines restent quelques minutes arrêtées face à la mer, d’autres repartent aussitôt. Lorsque nous étions sur le parking du phare de Liverpool, c’était le même manège avec une vingtaine de véhicules. Pourquoi ? Sinon, la nuit fut très tranquille bercée par le bruit du vent qui a considérablement forci et la pluie qui est tombée par intermittence.

Au matin, nous avons un moment d’accalmie et en profitons vite pour aller jusqu’au phare (que l’on n’a pas vu éclairé d’ailleurs pendant la nuit). Près du phare mais également à de nombreux autres lieux, nous voyons de grands fauteuils, le plus souvent peints en jaune. Nous en ignorons la signification. Si quelqu’un sait, merci de nous envoyer un mail…

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Nous reprenons ensuite la route vers Digby. Il recommence à pleuvoir et ça n’arrête pas de la journée parfois avec beaucoup de violence. Difficile de mettre le nez dehors tant le vent est violent. Nous décidons donc de rouler un peu. Nous trouvons un camping à Digby : personne au bureau ni sur le site. Tant pis, nous voyons qu’il y a un camping ouvert à partir du 1° mai à Annapolis Royal. Fermé ! Nous nous installons devant le bureau et dans la soirée on vient nous ouvrir… Nous serons finalement 2 camping-caristes dans cet immense camping !

A midi, nous avons mangé du homard à la crème au restaurant. Dans la journée, malgré le mauvais temps, la température a bien augmenté pour atteindre les 20°. Depuis Digby, les arbres ont beaucoup plus de feuilles et certains sont en fleurs (dont des cerisiers).

Vendredi 11 mai 2012

Nous commençons par une promenade dans Annapolis Royal. Cette ville s’appelait à l’origine Port Royal, du temps bien sûr de la domination française. Conquise par les Britanniques, elle changea de nom et fut la capitale de la Nouvelle Écosse jusqu’en 1749. Nous visitons ainsi «  l’Historic Gardens » avec quelques magnolias en fleurs.

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La ville conserve quelques maisons des XVIII° et XIX° siècles, jolies maisons bien conservées. Certaines habitations ont des fenêtres dans des arrondis que nous aimons bien. Le fort Anne, lieu historique canadien, ne conserve plus qu’un grand bâtiment autrefois maison des officiers. Ce fort a connu 13 ou 14 batailles entre les Français et les Britanniques (le nombre varie selon les guides…).

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Pas de connexion à la poste, tant pis nous chercherons ailleurs. Quelques 30 kilomètres plus loin, nous nous arrêtons au port d’ Hampton où se trouve un petit phare qui s’allumera, fixe, pendant la nuit. A l’entrée du port, la bouée bâbord clignote. Une fois les rares pêcheurs partis, nous serons très au calme. Nous avons eu une belle journée, toujours un peu de vent mais du soleil !

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Nous sommes dans un des endroits où il y a une très grande amplitude entre les marées haute et basse. En se promenant vers 17 heures, on a vu une petite rivière se jeter dans la mer. Quelques heures plus tard, son lit s’est allongé de quelques mètres, en fait de toute la longueur du petit port déserté par la mer. Il y a un peu d’activité dans ce port : un bateau est arrivé avec 3 personnes à bord qui ont déchargé leur pêche. Nous avons eu quelques visites d’automobilistes mais certains sont restés en fin de soirée : nous avons compris qu’en fait ils attendaient le coucher du soleil. C’est vrai que nous sommes sur le «  sunset trail« , le chemin du coucher de soleil. Ce soir, à l’ouest, le Nouveau Brunswick est recouvert d’une épaisse couche de nuages nous empêchant de voir un joli coucher de soleil. Dommage !

Samedi 12 mai 2012

Nous faisons route vers Bridgetown. En ce moment, le petit musée n’est ouvert que « by chance or by appointment ». Or, nous n’avions pas de rendez-vous et, bien que nous y soyons passés 3 fois devant, nous n’avions visiblement pas de chance ! Pareil à Middleton où le musée est fermé le samedi ! Nous continuons la route jusqu’à Look Off, où, sur une petite hauteur, nous avons une très belle vue sur la vallée de l’Annapolis.

Nous sommes dans une région un peu agricole : champs cultivés ou labourés fraichement, quelques champs de pommiers en fleurs, de rares structures pour le bétail. Nous n’avons vu aucune vigne alors que, d’après les guides, nous sommes dans une région vinicole. Nous poursuivons jusqu’à Cape Split. Au bout de la route, il y a beaucoup de voitures garées : ce ne sont que des randonneurs et, lorsqu’ils sont partis, nous avons une place sympa de bivouac surplombant l’océan.

Journée ensoleillée se couvrant dans l’après-midi.13° à 18 heures.

Dimanche 13 mai 2012

Seulement 1,5° ce matin et 7 dans le camion.

Les randonneurs sont donc partis les uns après les autres : aucun n’avait été dévoré par les coyotes ou alors, ils avaient bien appliqué les consignes des affiches ! Bonne nuit bercée par les marées.

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Route jusqu’à Wolfville pour y voir principalement un beau jardin qui est en fait celui d’une auberge : il est plutôt petit (4 acres mais ça fait combien de mètres carrés ?). Par contre, pour une fois, nous trouvons un robinet d’eau près de l’office de tourisme (45° 05′ 27 » – 64° 21′ 23 ») !

A Grand Pré, Jean-Jack fait son pèlerinage jusqu’à la statue d’ Evangeline. Il faut dire qu’il a eu le courage de lire le long poème de Henry Wadsworth Longfellow («  Evangeline : un conte d’Acadie ») Il en parle ci-dessous, en fin de journée. Bizarrement, sur le parking, les armes à feu ne sont pas autorisées…

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Près de Grand Pré, nous nous arrêtons à une cave pour goûter un peu le vin canadien. Les 2 vins blancs sont acides et ont peu de goût et même Jean-Jack qui goûte un rouge fait non de la tête. Ça coûte tout de même entre 17 et 20 $ la bouteille de 750 ml ! Heureusement qu’il nous reste dans nos réserves un peu de rosé de la cave de Beaumes de Venise !

Nous allons bivouaquer vers l’ Evangeline Beach qui, décidément, a été mise à toutes les sauces !

Voici donc le récit de Jean-Jack :

Il faut rappeler d’abord que ce territoire de Nouvelle Ecosse, bien avant que les colonisateurs français puis britanniques n’arrivent, était habité depuis des milliers d’années par les Micmacs. En 1603, Henri IV cède à Pierre du Gua de Monts l’ Acadie, un territoire compris entre le 40° et le 46° parallèle, de Philadelphie à mi-hauteur du Cap Breton pour y installer une colonie. Mais en 1606, Jacques 1°, roi d’ Angleterre, concède un territoire compris entre le 34° et le 45° degré de latitude nord à 2 compagnies. Forcément, il y avait quelque chose qui clochait là-dedans ! Inutile de dire que les Micmacs en furent les premières victimes, dépossédés de leur territoire au fil des siècles, convertis bien sûr aux religions des dominants, plus ou moins exterminés. Quelques batailles plus loin, le traité d’ Utrecht cède la Nouvelle Ecosse à l’ Angleterre, la France ne conservant que St-Pierre-et-Miquelon. Les Acadiens ont alors le choix, soit rester sur place et devenir sujet britannique, soit s’installer sur un territoire resté français comme l’île du Cap Breton. Or les Acadiens voulaient bien devenir britanniques mais à condition qu’ils soient exemptés du service militaire. Les choses traînèrent jusqu’à ce que, en 1755, les Anglais décidèrent d’exiler tous les Français de Nouvelle Ecosse : ce fut « le Grand Dérangement » au cours duquel, sans ménagement, les Français furent emprisonnés, embarqués sur des bateaux, conduits à droite et à gauche (d’où une importante communauté acadienne en Louisiane), les familles séparées, des fermes et des églises brûlées, …

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On en arrive donc à Grand Pré, région agricole que les colons français avaient conquise en partie sur les marais grâce à un système de digues et d’aboiteaux, à l’exemple des Pays-Bas. Près de 1 000 personnes furent exilées, les hommes furent réunis dans l’église, informés de cet exil forcé et immédiatement emprisonnés dans cette église pendant plusieurs jours, le temps que les femmes et les enfants, juste avec leurs effets personnels (donc les habits qu’ils portaient) furent rassemblés sur le rivage, près des bateaux, que les fermes furent brûlées (la sculpture -photo ci-dessous- représente une famille de Grand Pré en route pour l’exil).

Le poème «  Evangeline : poème d’Acadie » écrit par l’étatsunien Henry Wadsworth Longfellow fut publié en 1847. Il conte l’histoire d’ Evangeline surnommée «  la vierge de Grand Pré », fiancée à Gabriel la veille de la proclamation de l’exil et qui va passer sa vie à attendre son fiancé. Bien sûr, vers la fin de sa vie, elle le retrouvera, malade et mourant et n’aura que le temps de l’embrasser avant de lui fermer les yeux pour toujours. Qu’on se rassure, ils seront enterrés côte à côte pour l’éternité… Quand j’ai eu fini de lire ce long poème, si je n’avais pas été un horrible mécréant, je me serais certainement écrié « oh my god ! » à la mode british. Le ton en est donné par ces 2 vers :
«  Laisse faire le ciel,
Et le ciel à la fin entendra ta prière
. »
Il faut dire que tout est parfait dans ce village de Grand Pré :
«  Ainsi vivaient alors ces laboureurs chrétiens.
Ils servaient le Seigneur et leur vie était sainte
« .
(…) «  Là, le riche était pauvre en son honnêteté
Et le pauvre ignorait ce qu’est la pauvreté
« .

Le seul à vouloir se rebeller un peu est le forgeron Basile, père de Gabriel qui n’est pas un propriétaire foncier. Il pense que :
«  L’injustice est partout, et personne n’a tort ;
Tout le droit maintenant appartient au plus fort
. »
Et lorsque, dans l’église, il s’insurgera contre l’exil forcé, il n’aura droit qu’aux coups de crosse des soldats anglais et au prêche du pasteur :
«  Mes enfants, disons donc, nous que la peine accable
Nous qui sommes l’objet d’une haine implacable :
« Père, pardonnez-leur
« .

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Pas étonnant que le mouvement acadien, dominé par l’église (les églises ?) ait fait de ce poème le symbole de l’Acadie. Pas étonnant non plus que le drapeau acadien soit le drapeau tricolore avec une étoile dans le bleu. Ce drapeau, adopté en 1884 a été proposé par l’abbé Richard qui proposait que «  le drapeau tricolore soit le drapeau national des Acadiens-français. Comme marque distinctive de la nationalité acadienne, on placera une étoile, figure de Marie, dans la partie bleue, qui est la couleur symbolique des personnages consacrés à la sainte Vierge. Cette étoile, Stella Maris, qui doit guider la petite colonie acadienne à travers les orages et les écueils, sera aux couleurs papales pour montrer notre inviolable attachement à la sainte Église, notre mère.” Comme on le voit, les créateurs du drapeau européen n’ont vraiment rien inventé !

Lundi 14 mai 2012

Nuit tranquille, il n’y a que la marée qui bouge. Nous profitons d’une connexion WiFi au centre historique de Grand Pré pour mettre à jour le site, envoyer des mails, jeter un coup d’œil à l’actualité. Une fois encore, nous admirons les pelouses bien vertes envahies par les fleurs jaunes des pissenlits.

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A Windsor, nous nous arrêtons au lieu national historique du Canada de Fort Edwards. Comme pour d’autres lieux historiques visités, il n’en reste pas grand-chose : un espace recouvert de pelouse avec un bâtiment, des souvenirs… Ici, c’est un blockhaus (en bois évidemment) et des monticules des terrassements d’autrefois. Même les panneaux explicatifs ont été enlevés en attendant l’ouverture officielle de ce lieu (en fait, c’est le petit blockhaus qui sera ouvert au public – photo ci-dessous, à gauche).

Le phare de Walton quant à lui est ouvert. Enfin ! On peut monter jusqu’en haut (mais il n’est pas très haut, seulement 3 petits niveaux) et voir le bassin de Minas et la marée montante. Ensuite, direction le phare de Noel (eh oui ! ). Mais, comme son précédent, il est « no overnight parking ». Juste à côté, il y a la location de quelques cottages. Nous demandons l’autorisation de rester pour la nuit et une dame charmante nous y autorise. Nous voilà installés près d’un de ces petits cottages vides, surplombant l’océan (photo de droite).

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Malheureusement, la présence de nombreux nuages nous empêche encore une fois d’assister à un beau coucher de soleil. Nous avons eu jusqu’à 24° dans la journée avec une alternance de soleil et de nuages.

Mardi 15 mai 2012

Nous allons jusqu’à South Maitland où, d’après le guide, il y aurait un bâtiment avec des explications sur le mascaret et les marées. Bien que l’ouverture soit prévue pour le 15 mais, tout est fermé. Les horaires des marées affichés datent de 2011… Petite balade sur une digue sous un soleil chaud.

Route ensuite jusqu’à Truro au Glooscap Heritage Store. Surprise, dans le hall d’entrée une table avec café, thé et un excellent gâteau à la crème et visite gratuite car c’est aujourd’hui un jour spécial mais nous n’avons pas compris pourquoi. Ce musée est consacré aux indiens Mi’kmaws ( Micmacs), les premiers habitants de la Nouvelle Ecosse (et oui, ce n’étaient ni les Français ni les Britanniques, les Micmacs y étaient établis depuis des milliers d’années,). Petite vidéo sur l’histoire de ce peuple, de nombreux objets exposés, beaucoup de panneaux explicatifs tous en anglais (et en micmac aussi). A l’extérieur, une statue géante et, sur le parking, une excellente connexion WiFi qui nous permet de passer quelques coups de fil.

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Notre prochain objectif est l’ île du Cap Breton, au Nord-Est de Nova Scotia, à environ 250 km d’ici. Nous décidons de prendre l’autoroute pour nous y rendre. Nous nous arrêtons à Stellarton, à côté de New Glasgow sur le grand parking du centre ville.

Journée bien chaude, ensoleillée malgré quelques nuages. Il a fait jusqu’à 30° !

Mercredi 16 mai 2012

Ce matin, à 6 heures il fait 14°. Dire que dimanche, à la même heure, nous n’avions que 1,5° !

Journée plutôt grise, il ne fait plus que 15° au thermomètre. Nous roulons pour rejoindre l’île du Cap Breton, plus particulièrement la ville de Baddeck où se trouve un musée consacré à Alexandre Graham Bell. Nous trouvons un bivouac tranquille dans cette ville vers le port.

Jeudi 17 mai 2012

Pluie toute la nuit et presque toute la journée. Nous visitons donc le «  lieu historique national Alexandre Graham Bell« . Bell s’était installé une petite maison secondaire à Baddeck (de 37 pièces…). Surtout connu pour son invention du téléphone, il poursuivit là ses recherches et ses expériences sur les engins volants, les hydrofoils, l’hérédité (en particulier sur les moutons en cherchant vainement à ne faire naître que des jumeaux), … Ce lieu est considéré comme le berceau de l’aviation canadienne. Le musée est très bien agencé, présentations agréables aux supports variés (tableaux d’explications, nombreuses photos, films, objets exposés, …). Tout est en anglais et en français.

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Nous reprenons ensuite la direction de Chéticamp par la «  Cabot trail » ( Jean Cabot, navigateur ita lien à la solde du roi d’ Angleterre débarqua en 1497 sur l’île de Terre-Neuve qu’il revendiqua au nom d’ Henri VII). Tout au long de la route, nous voyons de très beaux paysages : d’abord des collines avec des résineux (vert foncé) puis des feuillus tout juste … feuillus (vert clair) et des arbres en fleurs (blanc). Viennent ensuite des paysages côtiers magnifiques malheureusement sous un ciel gris.

Nous sommes accueillis au camping de Chéticamp en français.

Vendredi 18 mai 2012

Nous passons la matinée au camping entre le laundromat et Internet. Nous devons en effet décider de la suite du voyage concernant Terre-Neuve et St-Pierre-et-Miquelon que nous n’avons pas pu visiter en début de notre séjour canadien. 2 possibilités s’offrent à nous : rejoindre l’île de Terre-Neuve à partir de North Sydney dans quelques jours puis revenir dans cette ville et poursuivre la découverte de la Nouvelle Ecosse, ou bien la rejoindre par le Nord-Ouest lorsque nous serons au Labrador. Après avoir lu des récits de voyage, comparés les distances, l’état des routes, nous décidons de choisir la première solution. Nous faisons aussitôt la réservation du voyage aller par ferry pour le mardi 22 mai. Autre question : notre assurance nord-américaine sera-t-elle valable pour St-Pierre-et-Miquelon ? La réponse est négative mais finalement, cela n’a pas grande importance car il est impossible de faire traverser un véhicule de Terre-Neuve vers St-Pierre-et-Miquelon ! Nous irons donc sans notre Ive.

Nous allons dans l’après-midi au bureau du « National Park Cape Breton Highlands » pour avoir des renseignements sur la visite de ce parc. Nous choisirons la « carte découverte » qui donne accès à 200 lieux historiques et parcs du Canada pendant un an. De plus, en prenant cette carte, on nous rembourse la visite du Musée de Baddeck. Nous faisons des courses à la Co-op de Chéticamp où on entend parler français (comme au Parc d’ailleurs). Il faut dire qu’il y a une très forte communauté acadienne dans cette partie du Cap Breton. Nous allons bivouaquer à Chéticamp entre le golf et « l’arena » (patinoire), juste derrière les « Trois Pignons » consacré aux  » tapis hookés » (tapis crochetés avec un « hook« , sorte de crochet).

Samedi 19 mai 2012

Nous poursuivons le « Cabot Trail » qui traverse le Parc. Nous ferons aujourd’hui la partie qui va de Chéticamp à Cape North . Nous traversons de très beaux paysages tantôt en longeant la côte du Golfe du Saint Laurent, tantôt vers l’intérieur des terres où le mont French culmine à 445 mètres. Tout est bien organisé : nombreux parkings aux meilleurs points de vue, sentiers pour petites (et plus longues) balades, pancartes explicatives, aires de pique-nique, … Nous nous régalons de la variété des différents verts des différentes espèces d’arbres. Nous ne comprenons pas pourquoi, à certains endroits, il y a autant d’arbres morts.

De nombreux panneaux parlent des orignaux mais nous n’en verrons pas. Le seul animal sauvage aperçu en route se trouve sur la photo ci-dessous. Par contre, nous avons fait connaissance avec les premiers moucherons et moustiques canadiens ! Nous bivouaquons sur le parking du « Community Museum » de Cape North avec en plus une connexion WiFi !

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Dimanche 20 mai 2012

Nous reprenons la route du Parc. Balade des « pins gris » d’abord dans la forêt puis au bord de la côte, cette fois du côté de l’Atlantique. Nous traversons des forêts de résineux, des pins, des épinettes et des mélèzes. Quand on descend un peu en altitude, on trouve bouleaux, érables, frênes et hêtres.

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Nous nous arrêtons pour la nuit sur le parking de la plage d’Ingonish. Belle journée comme hier mais il fait frisquet : de 4,5 à 15° dans la journée.

Lundi 21 mai 2012

Aujourd’hui est un jour férié au Canada, c’est la fête de la reine (en fait c’est le 24 mai cependant le jour férié tombe le lundi le plus proche) ; « Dog save the queen » et H. B. to Elisabeth (la nôtre cette fois car c’est son anniversaire). Seulement 2,5° à 6 heures mais on aura 28° dans l’après-midi !

Nous n’avions pas vu hier soir que nous étions revenus dans les limites du Parc (et pour cause, il n’y avait pas de panneau l’annonçant). Bien que ce ne soit marqué nulle part, il est interdit de camper hors des campings (il y en a plusieurs dans le Parc) Un garde nous a vus… Il nous a demandé d’aller payer une nuit de camping au bureau de sortie du Parc sans nous mettre d’amende et en payant seulement pour une tente. C’est-y-pas gentil ça pour la fête de la reine ?

Nous faisons la balade 23 sur la presqu’île qui sépare la baie d‘Ingonish en 2. Super ! 2 heures de marche à travers la forêt puis au bord des falaises. Waouh ! La mer est belle, pleine de petites bouées qui doivent certainement indiquer l’emplacement des pièges à homards.

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Après une petite sieste à l’ombre (28° dehors), nous faisons route vers North Sydney où nous devons prendre le bateau demain matin pour Terre-Neuve (pour Port-aux-Basques). Quelques courses au Super Store et nous voilà au terminal. Une charmante dame en appelle une autre qui parle un peu français. Bien qu’on soit en train d’accueillir les véhicules qui partiront ce soir, on peut s’installer pour la nuit sur le parking de pré-embarquement et rester dans notre véhicule. On peut même utiliser les toilettes et les douches de la gare d’embarquement. Jusqu’à minuit environ, beaucoup de remue-ménage pour l’embarquement de nuit puis c’est plus calme mais la nuit reste un peu bruyante (moteurs et frigorifiques). On nous propose même de partir tout de suite mais nous préférons faire la traversée de jour.

Mardi 22 mai 2012

12° ce matin. Nous voilà prêts à embarquer et, bien qu’il y ait beaucoup moins de véhicules qu’hier soir, nous ne sommes pas seuls : beaucoup de camions, de gros camping-cars avec des remorques et des bateaux, des voitures, … Et ce n’est pas la pleine saison !

Traversée pépère, mer très calme, on se croirait sur la mer Noire (voir sur « Mongolie », la traversée de Poti en Géorgie à Odessa en Ukraine). 6 heures plus tard, nous voilà prêts à débarquer. Façon de dire car il y a 4 ou 5 rangées de camions qui doivent sortir avant nous mais ça va tout de même assez vite. Nous allons au centre d’informations touristiques de Port-aux-Basques. Il est fermé et nous nous installons sur son parking. Les premières vues que nous avons de Terre-Neuve, depuis le bateau puis de notre parking, sont celles d’une île « nue », sans arbres, « pelée ». Peut-être est-ce pour cela aussi qu’on la surnomme « le Rocher » (The rock) ?

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