Île du Prince Edouard – Île de la Madeleine

Prince Edward Island
Madeleine Islands

Du dimanche 17
au mercredi 27 juin 2012 

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1 – Ile du Prince Edouard (1)
De Gateway Village à Souris

Dimanche 17 juin 2012

Ce matin, seulement 6° mais ensuite journée chaude et ensoleillée. Nous faisons nos derniers kilomètres en Nouvelle Ecosse. Nous y voyons un paysage très différent : les forêts ont quasiment disparu, il y a des champs avec des vaches ou de l’herbe fraichement coupée. On voit même un champ de fraisiers, un autre de pommes de terre. Un tout petit trajet dans le Nouveau Brunswick pour prendre le Pont de la Confédération et nous voici sur l ‘Ile-du-Prince-Edouard. Ce Pont, long de 13 kilomètres, existe depuis 1997. Auparavant, il n’y avait que le ferry pour se rendre sur l’île. Nous voici donc sur Prince Edward Island ( PEI), la plus petite province du Canada qui s’enorgueillit d’être le berceau de la Confédération. C’est en effet dans sa capitale Charlottetown qu’eut lieu en 1864 une conférence pour discuter de l’union des provinces maritimes.

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Le premier village que nous rencontrons après le pont est un village de magasins… Nous prenons la  » route côtière des Sables Rouges« . Et effectivement, le sable est bien ocre !

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Nous continuons dans un paysage de cultures (champs labourés). La forêt a disparu, il ne reste que quelques grands arbres aux abords des maisons ou pour séparer les champs. Nous bivouaquons à Victoria-by-the-sea sur le petit port, à côté du phare. Cette fois, c’est à 5 heures du matin que tous les pêcheurs commencent à quitter leur havre…

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Lundi 18 juin 2012

A l’info touristes de Gateway Village, nous avions pris une petite pub sur la production de lavande à Kelly’s Cross. Comme c’est tout près et presque sur notre route, nous y allons. Nous découvrons quelques petits « champs » de lavande dont quelques plants ont souffert de l’hiver (pas assez de neige apprendrons-nous). Nous sommes reçus par 3 des 5 «  sixters of Lavender Lane« . Nous leur expliquons que nous venons de la Provence et que nous habitons dans la région où on produit énormément de lavande. Elles sont allées en France, à Cassis, à Sault, … Elles nous font visiter leurs « champs » puis nous accompagnent sur leur « fairy trail », petit sentier à travers un bois où elles se sont amusées à mettre des petites maisons avec de figurines de fées… On achète du miel à la lavande, de l’huile essentielle qu’elles disent distiller mais nous avons vu peu de pieds de lavandes. Nous goûtons aussi leur limonade à la lavande mais n’apprécions pas trop. Leur accueil a été très chaleureux. Nous échangeons des sachets de lavandin des Meyniers contre de la lavande anglaise de Kelly’s Cross. Il y a une grande différence de parfum entre les fleurs séchées mais presque plus entre les huiles.

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Nous reprenons ensuite la «  route côtière des sables rouges« . Direction Port La Joye- Fort Amherst. C’est ici que les Français établirent en 1720 la première implantation européenne de l’île : Port La Joye. C’est ici aussi que les Anglais les en chassèrent quelques années plus tard et établirent leur Fort Amherst. De cette époque, de ces constructions, il ne reste rien hormis des monticules de terre. De nombreux panneaux d’interprétation retracent l’histoire de ce site ainsi que des acadiens qui furent expulsés de l’île lors du «  Grand Dérangement« . Le centre d’accueil était fermé, apparemment pour la saison. On a une jolie vue sur Charlottetown, ses cheminées d’usines, son dépôt de carburant, ses immeubles, ses clochers…

Nous trouvons un lieu ravissant de bivouac à côté, près du phare de la Pointe de Blockhouse, en face de Charlottetown. Temps radieux et, pour la première fois de ce voyage, nous pouvons sortir les fauteuils pour lire un peu dehors.

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Mardi 19 juin 2012

Belle journée ensoleillée. Nous ne sommes qu’à une trentaine de kilomètres de Charlottetown, capitale de la Province de l ‘île du Prince Edouard. Quelques immeubles de 3, 4 étages et, dès que l’on quitte le centre de la ville, on retrouve des maisons espacées, le plus souvent en bois, avec un peu de pelouse autour, des grands arbres, … Une ville agréable pour s’y promener, une circulation peu dense, des parkings pour stationner près du rivage, à moins de 5 minutes du centre historique de la ville. Bref, une petite ville bien agréable !

Notre première visite est pour Province House, construite en 1847 siècle par l’architecte Isaac Smith pour les réunions du gouvernement de l’île. C’est d’ailleurs toujours dans ce bâtiment que les 25 députés de l’assemblée législative se réunissent encore de nos jours. Il doit cependant sa renommée à la réunion du 1° septembre 1864 où des représentants des provinces de la Nouvelle Ecosse, du Nouveau Brunswick et de l’ île du Prince Edouard s’y réunirent pour discuter de l’union des provinces maritimes. Des délégués du Bas Canada ( Québec) et du Haut Canada ( Ontario) s’y invitèrent pour proposer l’union de toutes les colonies britanniques d’ Amérique du Nord. De cette réunion allait naître 3 ans plus tard le Canada (que l’île ne rejoignit qu’en 1873). Ce bâtiment et sa « salle de la Confédération » sont depuis devenus «  lieu historique national du Canada« .

Juste à côté se trouve le «  Confederation Centre of the Arts » dont nous visiterons la Galerie. Elle présente en particulier une exposition appelée « Volte-Face » présentant, à l’aide de photos, tableaux, … des personnages de l’histoire du Canada (poètes, hommes politiques, sportifs, …). De courts textes présentant ces personnes. Très intéressant. Petit tour ensuite juste à côté dans la basilique St Dunstan de 1917 aux vitraux contemporains certes originaux mais qui ne nous ont pas pour autant séduits.

Assez de visites ! Il est plus de 14 heures lorsque nous nous attablons au «  Lobster on the warf » pour déguster un homard ou des coquilles St Jacques… Pour le dessert, nous nous offrons une petite glace de chez «  Cows » consacrée par le magazine Reader’s Digest comme une des meilleures du Canada ! Justifié !

Direction enfin de Orwell pour visiter le «  Orwell Corner Historic Village« , écomusée du XIX° siècle. Trop tard pour ce soir, nous nous installons devant le centre d’accueil pour la nuit. 

 
Mercredi 20 juin 2012

Dès l’ouverture, nous allons visiter ce «  village historique » de la première moitié du XX° siècle : cimetière, église, école, épicerie (avec beaucoup d’objets exposés et la maison de l’épicier entièrement meublée), les bâtiments de la ferme, l’atelier du forgeron et du menuisier, … A l’intérieur du centre d’accueil, se trouvent exposés de nombreux objets relatifs à l’agriculture auxquels sont associés des commentaires-souvenirs de personnes qui les ont utilisés : très intéressante façon « d’animer » des faux, des charrues, … Grâce aux tableaux comparatifs affichés, on se rend compte qu’en un siècle, la proportion de terres cultivées et de fermiers est tombée de façon drastique.

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Direction ensuite Souris pour embarquer vers les îles Madeleine. 5 heures de traversée sur une mer d’huile, tant mieux ! Nous arrivons aux îles vers 19 h 30. Sur le bateau, nous avons vu un panneau indiquant que tous les parkings publics étaient interdits de 22 heures à 7 heures… Donc, pas de camping dit sauvage ! Vive le tourisme ! Nous débarquons sur l’ île du Cap-aux-Meules et faisons une dizaine de kilomètres pour rejoindre un camping à Fatima.

2 – Iles de la Madeleine

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Jeudi 21 juin 2012

Nous visitons le nord de l’ île du Cap-aux-Meules sous un ciel gris puis nous allons à l ‘île du Havre-aux-Maisons. Nous faisons d’abord un petit tour dans une fromagerie : mmm ! C’est bien meilleur que le cheddar des grandes surfaces. Nous nous laissons tenter bien sûr et ressortons avec notre fromage de la semaine. Ensuite, direction la boucanerie « le Fumoir d’Antan ». Cette activité, en grande partie consacrée aux harengs a quasiment disparu depuis quelques dizaines d’années en liaison avec le déclin de la pêche et la raréfaction du poisson. Dans le grand bâtiment qui sert de fumoir, on utilise du bouleau et de l’érable pour fumer le poisson : ça sent drôlement bon ! Le hareng, après une courte période dans un bain de saumure, est fumé pendant 3 mois avant qu’on ne coupe la tête et la queue et qu’on ne garde que le dos. Après dégustation, nous nous laissons aussi tenter par quelques maquereaux fumés, du hareng fumé mariné dans de l’huile aromatisée et des coquilles St Jacques fumées…

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Nous allons ensuite vers le Cap Alright toujours sur l’île du Havre-aux-Maisons. Nous nous promenons sur la plage où dominent les falaises ocre qui laissent parfois la place à des falaises grises.

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Nous traversons des vallonnements verts, peu d’arbres, avec quelques grandes maisons colorées. Nous passons alors à l’ île de la Pointe-aux-Loups (les loups de mer sont des phoques). Sur le port, nous décidons de bivouaquer sur le parking où il n’y a pas de panneau interdisant le stationnement nocturne… Plusieurs bateaux reposent sur un quai en bois en attendant de retourner à leur élément naturel. Le ciel est resté gris toute la journée, c’est bien dommage !

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Vendredi 22 juin 2012

Beaucoup de trafic dans ce petit port à partir de 2 h 30 du matin. Finalement, tous les bateaux présents, y compris ceux qui étaient sur le quai en bois, partent en mer.

Nous continuons le tour de l’île toujours sous un ciel gris. C’est d’abord Grosse Ile puis celle de la Grande Entrée. Toujours de jolies maisons en bois très colorées entourées de pelouses bien entretenues. Sur la plage d’Old Harry, il y a un rorqual échoué. Nous ne nous y attardons pas trop car le vent souffle fort et il fait très frais.

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Au passage, nous ne manquons pas de visiter le Musée consacré aux loups de mer (les phoques) : intéressant. Nous arrivons au bout de la route, au port de la Pointe de la Grande Entrée. C’est le port le plus important de l’île avec une centaine de bateaux de pêche. Pour rejoindre l’ île du Havre-Aubert qui se trouve le plus au sud, il nous faut reprendre la même route en sens inverse. Successions des couleurs : vert et blanc du sable des dunes, vert et ocre des falaises alors que le ciel reste uniformément gris.

A l ‘île du Havre-Aubert, nous nous arrêtons d’abord à la boulangerie traditionnelle où nous avons la surprise de voir une affiche de la lavande du Pays de Sault : le boulanger était allé passer des vacances à Flassan, non loin de chez nous ! Halte ensuite aux «  Artisans du sable » : le sable est aggloméré avec une colle spéciale et devient dur. Très jolis objets sculptés ou moulés. De retour à l’ île du Cap-aux-Meules, nous faisons un petit tour à la boucherie «  Côte-à-côte » pour acheter de la terrine et du pâté de … phoque. Bivouac sur le parking de l’embarcadère.
 
 

3 – Ile du Prince Edouard (2)
De Souris au Pont de la Confédération

Samedi 23 juin 2012

Bien sûr, toujours beaucoup de bruits de moteurs pendant la nuit. Traversée encore tranquille.

Une fois arrivés à Souris, nous reprenons la route des côtes de l’est. Petit détour par la route 303 qui est en fait une piste de couleur ocre avec des bords très arborés et toujours beaucoup de lupins en fleur. Les arbres font parfois comme un tunnel de verdure.

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Nous allons écouter les «  sables chantants » : sur la plage, avec du sable sec, si on fait trainer un peu ses chaussures, ça produit des petits crissements comme si le sable chantait. Direction East Point et son phare : du haut du phare érigé en 1867, on a un très joli panorama. On retrouve des plages de sable blanc et des falaises orangées comme aux îles de la Madeleine. Bivouac sur le parking du phare.

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Dimanche 24 juin 2012

Vive les Jean ! Encore une journée sans soleil, ciel gris mais pas de pluie si ce n’est le matin de bonne heure.

Nous allons jusqu’au centre d’accueil du Parc National de l’île du Prince Edouard à Greenwich. Comme d’habitude dans ces centres d’accueil, petite expo très bien faite et agréable vidéo sur la formation des dunes, la faune et la flore littorale du parc. Nous allons ensuite parcourir le sentier qui mène à une grande dune parabolique : promenade agréable et intéressante où la présence du vent nous épargne en grande partie celle des moustiques. Une partie de ce sentier est boisée (beaucoup d’épinettes et des bouleaux) puis une passerelle de plusieurs centaines de mètres permet de traverser un étang avant d’arriver à la plage. Nous avons là une vue sur la dune façonnée en forme de parabole par le vent. Toute le long du parcours, des panneaux explicatifs complètent l’exposition du centre Nous avons même la visite d’un petit carouge à épaulettes nullement effarouché par notre présence.

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Nous continuons par la route des côtes de l’est jusqu’à Mount Stewart devant le centre d’interprétation de la rivière Hillsborough qui débouche à Port la Joye, de l’autre côté de l’île. Bivouac calme sur le parking.

Lundi 25 juin 2012

Nous commençons la journée par la visite du centre d’interprétation. Petit à petit, on en apprend un peu plus sur les Micmacs qui habitaient l’île depuis au moins 11 000 ans d’après les résultats de fouilles archéologiques. Une partie des panneaux d’exposition leur est consacrée. Dans ses récits, Jacques Cartier à propos de cette île (appelée du temps des Français l’ île St Jean) parle de champs cultivés avec des « céréales sauvages ». D’après les explications glanées ici et là, il semble que les échanges étaient « cordiaux » du temps des Français mais que, dans leur souci d’une colonisation importante de l’île, les Anglais ont peu à peu chassé les Micmacs de leurs terres traditionnelles (d’autant plus qu’ils étaient, « militairement », les alliés des Français).

Nous prenons ensuite la direction d’une autre partie du Parc National de l’Ile : Green Gables près de Cavendish où se trouve une maison célèbre car elle a servi de modèle à Lucy Maud Montgomery qui a écrit des romans au début du XX° siècle (le premier s’appelle «  Anne of Green Gables » : «  Anne de la maison aux pignons verts« ). La maison a été restaurée et meublée d’après les descriptions du livre. Nous visitons la maison et nous promenons sur le sentier de la «  forêt hantée« . Nous achetons d’ailleurs ce premier livre (en français) et nous rendons compte finalement que Clark Gable s’appelle donc… Clark Pignon (ouf, pas François Pignon !).

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Nous avions repéré un camping à New Annan et c’est là que nous allons. Après 4 journées très grises, beau temps tout le jour, soleil et chaleur : pour la première fois depuis le début du séjour, nous pouvons même souper dehors !

Mardi 26 juin 2012

Journée de repos, nous ne roulons pas et restons au camping. Travaux habituels de rangement, nettoyage, bricolage, ménage, … Nous en profitons pour enlever la couette et mettre une « simple » couverture. Le soleil aura été de courte durée, nous avons de la pluie presque toute la journée. Pas question de manger dehors aujourd’hui !

Mercredi 27 juin 2012

On the road again ! Quelques passages nuageux dans la journée mais beaucoup de soleil.

Petit tour à Mistouche pour voir le petit musée acadien : c’était sur notre route… Rien de bien nouveau au soleil sinon qu’il insiste un peu plus sur l’aspect île du Prince Edouard des acadiens. On note encore une fois l’importance de l’église catholique dans le mouvement acadien, hier et aujourd’hui. On a déjà parlé des racines chrétiennes du drapeau (voir Grand-Pré en Nouvelle Ecosse et « Evangeline« ). La fête nat

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