Nouveau Brunswick

Du vendredi 29 juin
au mardi 10 juillet 2012

nouveau-brunswick

Vendredi 29 juin 2012

En route pour une nouvelle province maritime du Canada !

Nous commençons par la visite du Fort Beauséjour près de Sackville. Encore un fort construit par les Français et que les Anglais ont piqué en 1755 avant de l’occuper puis de l’abandonner. Il reste seulement quelques casemates restaurées. Le centre d’accueil propose de nombreux panneaux « d’interprétation ». C’est la première fois qu’on y voit la narration d’une résistance armée des Acadiens. Certes, à de nombreux endroits, les Acadiens avaient fui ou s’étaient cachés comme dans l‘île du Prince Edouard afin d’échapper au Grand Dérangement mais on apprend ici que certains avaient essayé de constituer des bandes armées pour lutter contre l’envahisseur. Voici ce qu’on peut lire sur un de ces panneaux :

 » Dès le départ, les Acadiens résistèrent activement aux tentatives de déportation. Certains Acadiens quittèrent la région pour trouver refuge le long de la rivière Miramichi, au Canada ou sur l’île Saint Jean. D’autres demeurèrent sur place pour défendre leurs terres. Des groupes de maraudeurs et de pillards britanniques furent attaqués par des Acadiens et des Indiens dirigés par Charles Deschamps de Boishébert. En septembre 1755, les Britanniques rapportèrent que 300 hommes sous la direction de Boishébert avaient chassé leurs troupes qui tentaient de brûler une église à Petitcodiac. Joseph Brossard, dit Petit Soleil, équipa un bâtiment corsaire qui navigua sur la baie de Fundy et gêné la navigation commerciale britannique. Les Britanniques continuèrent à capturer et à déporter par petits groupes les habitants qui restaient. « 

site-2012-06-29-fort-beausejour026    site-2012-06-29-fort-beausejour027

Nous rejoignons ensuite Moncton. Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas vu une telle circulation ! Moncton est une grande ville avec des immeubles à plusieurs étages en son centre-ville. Nous sommes loin des petites maisons entourées de leurs pelouses ! Nous faisons une promenade en centre-ville et trouvons des banques, des bars, des immeubles, … En fait, nous sommes surtout venus à Moncton pour voir le mascaret qui remonte la rivière Petitcodiac. Couleur des rives et de l’eau ; chocolat au lait ! Impressionnant ce mascaret ! La rivière Petitcodiac se jette dans la mer et, au moment de la marée haute, une vague remonte la rivière, l’écoulement de l’eau change de sens. Une heure après environ, l’eau de la rivière recommence à couler vers l’aval sur les bords alors que celle de la marée, au centre, continue vers l’amont.

Nous bivouaquons sur un parking près de la rivière mais aussi près de l’avenue… (voir les coordonnées dans la « page pratique »).

Samedi 30 juin 2012

Nous ne sommes qu’à quelques mètres du marché de Moncton. On y trouve un peu de tout : quelques marchands de fruits et légumes (très bonnes fraises bien mures !), un ou 2 bouchers, des vignerons, des articles souvenirs et surtout beaucoup de petits snacks, quelques boulangers dont un qui propose du « vrai » pain et des gâteaux absolument délicieux (hum, ce mille-feuilles et cette tarte aux framboises !).

Direction Hopewell Cape. Là, il est possible de descendre sur l’estran (à marée basse, of course, sinon c’est en kayak) et de voir des morceaux de falaise détachés de la côte par l’érosion et qui ont gardé leur végétation. Ils sont appelés des « pots de fleurs« . Ça fait une drôle d’impression de marcher là en bas, de faire le tour de ces pots de fleurs et de voir de près la composition géologique des falaises. A partir de certains « points de vue », on peut voir l’étendue de l’estran : tout est marron clair, la plage, l’eau de la mer…

site-2012-06-30-1-hopewell-rocks010    site-2012-06-30-1-hopewell-rocks014

site-2012-06-30-1-hopewell-rocks016site-2012-06-30-1-hopewell-rocks016    site-2012-06-30-1-hopewell-rocks022site-2012-06-30-1-hopewell-rocks022site-2012-06-30-1-hopewell-rocks022

Nous nous arrêtons un peu plus loin, à Hopewell Hill près d’un pont couvert de 1905. Ces ponts couverts sont nombreux dans cette région, nous aurons certainement l’occasion d’en voir d’autres.

site-2012-06-30-2-hopewell-hill024    site-2012-06-30-2-hopewell-hill026

Dimanche 1° juillet 2012

Journée Parc national Fundy. Ce Parc, bercé par les eaux de la baie de Fundy, occupe plusieurs collines boisées, entrecoupées de nombreuses rivières et ruisseaux. Dans cette baie où se trouvent la ville de Moncton ainsi que Hopewell Rocks que nous avons visités ces jours-ci, les marées connaissent des amplitudes moyennes de 9 mètres ; on y a même enregistré des records de 20 mètres ! C’est l’importance de ces marées qui explique l’ampleur du phénomène du mascaret. Nous commençons le matin par une petite promenade le long du littoral. Nous retrouvons, sous le soleil, un océan d’un bleu habituel ce qui est tout de même plus agréable que la couleur chocolat au lait des derniers jours !

site-2012-07-01-parc-fundy005    site-2012-07-01-parc-fundy009

L’après-midi, nous parcourons le « sentier des caribous« , agréable promenade dans la forêt, le long de marais ou de lac. Un panneau à l’entrée nous prévient : inutile de chercher des caribous, il n’y en a plus depuis 1907 mais le sentier en a gardé le nom car il y en avait de grandes bandes avant… Encore une fois, les seuls animaux sauvages que nous verrons seront de charmants petits écureuils. Nous les entendrons aussi crier : bizarre, on dirait le cri d’un oiseau ! Les grenouilles également nous salueront au passage. Quant aux arbres, suivant les endroits, nous verrons des épinettes rouges, des sapins baumiers, des aulnes, des bouleaux et des érables.

site-2012-07-01-parc-fundy011    site-2012-07-01-parc-fundy021site-2012-07-01-parc-fundy021

Nous reprenons ensuite la « route de la baie de Fundy » qui nous conduira à Saint John. Nous prenons une route non goudronnée pour s’arrêter pour la nuit. Toujours difficile de trouver un lieu de bivouac. Nous demandons à un monsieur si nous pouvons stationner pour la nuit près de chez lui et il nous indique, à quelques dizaines de mètres de là, un endroit super. Il nous propose même, si nous en avions besoin, de l’eau. Il fait chaud, pratiquement pas de moustiques mais beaucoup de petits moucherons un peu trop collants à notre goût. L’endroit est tranquille : pour la première fois, nous pouvons sortir notre réchaud extérieur et nous faisons un peu de cuisine dehors.

lundi 2 juillet 2012

 

Jour férié car ce week-end était celui de la fête nationale du Canada.

Nous allons jusqu’à Saint Martins, toujours dans la baie de Fundy pour voir des cavernes creusées par les marées. Bien sûr, comme pour les « pots de fleur », nous ne pouvons y accéder qu’à marée basse. Très jolie plage de galets multicolores.

site-2012-07-02-a-st-martins024    site-2012-07-02-a-st-martins027

Nous nous dirigeons ensuite vers Saint John qui est la ville la plus importante du Nouveau Brunswick. On a retrouvé, dans cette province, les grands espaces boisés avec encore tout de même quelques fermes d’élevage bovin essentiellement, quelques champs cultivés (céréales et pommes de terre). Bivouac sur le parking près des «  chutes réversibles » mais il nous faudra attendre demain, à la marée haute de midi pour voir le « spectacle ».

Mardi 3 juillet 2012

Nous profitons de notre matinée « libre » pour étudier un peu la suite de notre parcours au Nouveau Brunswick. Nous décidons finalement de ne pas continuer vers l’ouest en suivant la route de la baie de Fundy mais de prendre vers le nord, Fredericton, vallée de St John, route de la chaine des Appalaches puis bifurquer vers le Nord-Est afin de visiter le village acadien près de Caraquet et regagner ensuite la Gaspésie.

Vers 11 h 30, nous montons sur le toit de l’office du tourisme où se trouve le lieu idéal d’observation des « chutes réversibles ». Déception : le mouvement de réversion est déjà terminé ! Et nous avons attendu toute la matinée en vain ! Renseignements pris, le cours de la rivière commence à changer de sens environ 2 h 15 avant la haute marée ! Qu’à cela n’y tienne, nous allons donc rester ce soir encore à Saint John et en profiter pour aller faire un tour en ville.

Première étape, la tour Mortello de Carleton qui domine la ville. Elle fut construite entre 1812 et 1815 au moment de la guerre contre les Etats-Unis. Elle fut terminée après la fin de la guerre… L’armée britannique l’occupa de nouveau vers les années 1860 au moment où une « armée » irlandaise voulait attaquer le Nouveau-Brunswick pour faire pression pour que la Grande-Bretagne accorde son indépendance à l’ Irlande. Cette « armée » ne put combattre car les Etats-Unis arraisonnèrent le navire chargé d’armes qui leur étaient destinées ! C’est l’armée du Canada qui l’occupa finalement au cours de la 1° guerre mondiale puis au cours de la seconde en rajoutant 2 étages bétonnés pour servir de poste d’observation et de commandement pour les canons protégeant St John. Au final, bien qu’occupée à plusieurs reprises, cette tour ne servit jamais mais fut entretenue ce qui explique son excellent état de conservation. Au début du XIX° siècle, les Britanniques avaient attaqué une tour semblable à Mortella en Corse. Celle-ci avait vaillamment résisté à leurs assauts et à leurs coups de canon. Ils s’en servirent de modèle pour en construire près de 200 un peu partout en Amérique du Nord, en Irlande , en Ecosse , sur les côtes de l’ Angleterre , en Sicile , … gardant le nom de «  tour Mortello » à ce type de construction. En se rendant compte de la vue que l’on a sur la ville, le port, la baie, on comprend bien le choix de l’emplacement de la tour !

site-2012-07-04-st-john007    site-2012-07-04-st-john010

Nous allons ensuite en ville. Au parking du centre, le gardien nous indique que nous pouvons y passer la nuit. Voilà maintenant qu’on nous offre des lieux de bivouac ! Mais nous préfèrerons revenir à notre parking des chutes pour ne pas rater cette fois le moment clé ! Promenade dans le Market Square Aera où se trouvent boutiques, Musée du Nouveau Brunswick et Bibliothèque (nous en profitons pour aller lire nos mails). Visite du Barbour’s General Store, maison de 1867 dans laquelle ont exposées de nombreuses marchandises de l’époque. Nous allons ensuite jusqu’à la Loyalist House de 1817 mais il est trop tard pour la visiter. Les Loyalistes sont les Britanniques qui ont fui les Etats-Unis lors de leur indépendance et qui ont préféré rester loyaux envers la couronne d’Angleterre. Nombre d’entre eux ont donc émigré vers les provinces maritimes. Quelques courses au marché de Saint John puis en grande surface et nous voilà revenus à notre parking de l’office de tourisme.

Mercredi 4 juillet 2012

Cette fois-ci, nous avons pris nos précautions et, en arrivant avant l’heure prévue, nous avons pu tout voir ! L’écoulement normal du fleuve Saint-John crée à cet endroit une chute et de grands tourbillons. L’eau de la marée remonte tranquillement dans le fleuve, d’abord sur les bords puis l’ensemble semble stationnaire, on a l’impression que plus rien ne bouge, il n’y a plus de chute, plus de courant, les forces doivent s’équilibrer. Finalement, c’est la force de la marée qui l’emporte et qui fait s’écouler les rapides et le fleuve vers l’aval !

site-2012-07-04-st-john002    site-2012-07-02-b-st-john029

Nous avons décidé pour joindre Fredericton, de prendre la route panoramique de la Vallée, plus longue d’une cinquantaine de kilomètres que la transcanadienne. En suivant les panneaux, nous nous dirigeons vers le camping de Hardings Point. Nous arrivons brusquement à la fin de la route, le camping se trouve de l’autre côté du fleuve. Il y a cependant un traversier gratuit qui assure la navette entre les 2 rives. Il démarre dès qu’il y a quelques voitures. Nous nous installons sous les arbres au bord d’un étang : même pas de moustiques !

Jeudi 5 juillet 2012

La pluie commence à tomber dans la nuit et continuera, parfois avec force, jusqu’au matin. Le reste de la journée restera gris et brumeux avec un peu de crachin. Toujours sur la route panoramique, nous longeons le fleuve Saint-John fort large avec souvent des marais sur le bord. La route est vraiment très, très moyenne mais le paysage est agréable : grands arbres sur le bord de la route, des prés, des vaches, quelques champs cultivés; Vers Gagetown, nous devons utiliser un nouveau traversier (toujours gratuit) pour repasser de l’autre côté du fleuve.

Arrivés à Fredericton, nous passons à l’office de tourisme à l’Hôtel de Ville, pour récupérer un «  parking pass » qui offre 3 jours de stationnement gratuit en ville pour les véhicules non immatriculés au Nouveau Brunswick. Fredericton, la capitale, est une ville de 85 000 habitants. Nous nous promenons dans les rues de la ville. Beaucoup de boutiques, encore plus de banques mais pas de primeurs ou de magasins d’alimentation. La relève de la garde n’a pas lieu aujourd’hui (pourtant nous y sommes bien à l’heure et d’ailleurs, il n’y a même pas de gardes aux endroits habituels), le musée de l’école est fermé (là, c’est parce qu’il est trop tard), nous avons un peu de mal à trouver un DAB acceptant la MasterCard, sinon, tout va bien : peu de monde dans les rues, circulation tranquille. Malheureusement, le parking près de l’hôtel de ville est « no overnight » (comme tous les parkings de la ville nous dit-on). Nous partons donc pour le WallMart le plus proche et devenons des « WallMartiens » pour la 1° fois. Nous sommes seuls sur un grand parking et la nuit sera très calme.

Vendredi 6 juillet 2012

Une quarantaine de kilomètres et nous voilà au village historique de Kings Landing, près de Prince William. Il s’agit d’un village reconstitué dont les bâtiments datent de 1820 à 1880 environ; Ils appartenaient à des Loyalistes venus des Etats-Unis avec leur fortune pour certains, des familles parfois aisées, ce qui se reflète bien dans les maisons que nous voyons là, tant par leur ameublement, que par la grandeur des maisons, le nombre des pièces, … Dans chaque maison, il y a une ou deux personnes, habillées en rapport avec l’année de la maison et qui nous parlent des loyalistes qui y ont habité, de leur vie, leur famille, .. Dans les ateliers, ces explications sont complétées par des démonstrations des différents outils et techniques utilisées (menuisier, imprimeur, tonnelier, forgeron, meunier). Malheureusement, nous ne pourrons pas voir la scierie fonctionner car depuis 2010, un problème au barrage en a interrompu le fonctionnement normal, de même que pour le moulin à eau. C’est très agréable de voir comment fonctionnaient (et fonctionnent) ces outils, de voir aussi comment on cuisait les gâteaux (et d’y goûter !). Notre visite durera de 11 à 16 heures et nous prendrons notre repas à l’auberge du village. Bonne journée au cours de laquelle le soleil a fini par sortir.

site-2012-07-06-kings-landing044    site-2012-07-06-kings-landing034

site-2012-07-06-kings-landing005    site-2012-07-06-kings-landing026

site-2012-07-06-kings-landing002    site-2012-07-06-kings-landing003

site-2012-07-06-kings-landing014    site-2012-07-06-kings-landing009

Un peu plus loin, à Meductic, nous nous arrêtons devant ce qui semble être une vieille usine, le parc municipal étant « no overnight ». Toujours un peu difficile de trouver un endroit pour la nuit ! Vers 21 h 30, on viendra nous dire très gentiment qu’on ne peut pas rester là car c’est un endroit privé. On nous indique la possibilité du parking d’une station-service un peu plus loin. En nous y rendant, nous avisons le parking de la mairie sans le panneau fatidique. Une dame et ses 2 fillettes sortent de la mairie, nous lui demandons si nous pouvons rester là. Elle ne sait pas mais son mari pourra nous répondre car c’est le maire de la commune. Celui-ci, non seulement nous autorise à aller passer la nuit au parking du parc mais en plus, prend sa voiture pour nous y accompagner et nous montrer où nous mettre !

Samedi 7 juillet 2012

Nous commençons par visiter le plus long pont couvert du monde situé à Hartland : il mesure 390 mètres et est doublé par une voie piétonne elle-même couverte. Il a été construit en 1901. Au Canada, les premiers ponts étaient en bois et on les couvrait, prolongeant ainsi leur vie d’une cinquantaine d’années.

site-2012-07-07-pont-couvert-hartland003    site-2012-07-07-pont-couvert-hartland006

Ce samedi sera notre «  journée pommes de terre » ! Nous nous arrêtons d’abord à Warterville, près de Hartland, pour visiter une usine de «  chips à la marmite » (en fait, l’appellation francophone des chips est «  croustilles« ). On nous offre un paquet de chips encore tièdes pendant la visite que l’on peut assaisonner selon son choix. Cela va du chocolat au vinaigre en passant par l’orange ou même le goût « pâtes » ! Il s’agit d’une fabrique encore très artisanale où l’on peut bien voir toutes les étapes de la fabrication. Délicieuses chips qui nous rappellent celles des fêtes foraines de notre enfance. Ensuite, direction Florenceville qui serait, d’après les dépliants publicitaires, la «  capitale mondiale de la frite« . C’est de cette ville que Mc Kain est parti à la conquête du monde des frites. Nous ne visiterons pas le musée consacré à la pomme de terre car nous en avons déjà visité un il y a quelques jours mais nous ne reculerons pas devant un plat de frites. Aïe, l’estomac : des chips, des frites…. Tant pis, nous devrons refuser le dessert : des frites au caramel !

Nous abandonnons la route panoramique de la Vallée pour prendre la route de la chaîne des Appalaches. Dans les premiers kilomètres, beaucoup d’habitations le long de la route et, encore une fois, difficile de trouver un lieu tranquille de bivouac. Finalement, on y arrive, un bout de chemin pas entretenu au milieu des résineux, des pâquerettes et des fraises des bois (délicieuses !).

Dimanche 8 juillet 2012

Notre petit coin de forêt est si bien que nous y restons toute la matinée : de l’ombre, pas d’insecte Dans l’après-midi, nous faisons route vers Grande-Anse. Nous avons d’abord 150 km de routes pourtant touristiques dans un état catastrophique. Au niveau du parc du Mont Carleton, il y a même quelques kilomètres de piste. Heureusement qu’ensuite, après ce parc, en abandonnant la route des Appalaches pour prendre la 180 vers Bathrust, nous trouvons de meilleures conditions de circulation. A partir de cette ville, nous sommes de nouveau sur la route du littoral acadien. A Grande-Anse, tout est écrit en Français. Nous allons passer la soirée près du port en bordure de l’océan mais il y a énormément de vent et nous préférons passer la nuit sur le parking de l’Arena (patinoire).

Lundi 9 juillet 2012

Nous ne sommes qu’à une dizaine de kilomètres du Village historique acadien situé sur la commune de Caraquet et nous y sommes dès l’ouverture de 10 heures. Dans ce village ont été réimplantés ou reconstruits des maisons, ateliers ou magasins ayant appartenu à des Acadiens. Sur un parcours de 3,5 kilomètres, on se promène dans 3 quartiers différents regroupant les immeubles du XVIII°, XIX° ou XX° siècle. Les « habitants » du village, en costume traditionnel, expliquent les techniques anciennes ou la vie des habitants. Constituées parfois d’une seule pièce, les maisons vont ensuite « évoluer » en fonction surtout de l’aisance de leurs propriétaires. Peu à peu également, au fil des siècles, de simple grenier pour les grains, l’étage va abriter les chambres. Il faut dire qu’au XVIII° siècle, dans le grenier, il faisait beaucoup trop chaud en été et beaucoup trop froid en hiver. Aucune isolation, il n’y avait que les tuiles en bois au « plafond » empêchant donc toute utilisation humaine.

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet014    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet045

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet051    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet076

Dans les maisons, de bonnes odeurs de cuisine nous accueillent. Des camps d’été pour enfants sont organisés dans le village et les repas sont assurés par les « habitants » en respectant bien sûr la cuisine et les aliments utilisés à cette époque. Nous prendrons notre repas au restaurant du village et pourrons déguster soupe de pois et «  mioche de naveau » (pommes de terre et navets). Le pain est cuit soit dans des fours extérieurs à la maison, soit dans les fours des poêles à bois. On note d’ailleurs au fil des siècles l’ évolution des moyens de cuisson : aux « simples » cheminées qui chauffaient difficilement la grande pièce vont bientôt s’ajouter des poêles puis des cuisinières.

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet085    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet013

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet018    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet060

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet113    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet107

De même, on notera l’ évolution de l’eau dans la maison : simple puits extérieur, rarement intégré dans la maison, l’eau courante va apparaître peu à peu avec même, parfois, de l’eau chaude.

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet028    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet074

Nous assisterons bien sûr au travail des habitants : filage de la laine, travail de meunerie avec un moulin hydraulique, fabrication de balais à partir de branches de bouleau, fabrication de cordes ou de filets pour la pêche, travail du bois ou du fer, …

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet021    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet038

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet065    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet068

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet099    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet114

Passée la rivière sur le petit pont couvert où une pancarte annonçait les amendes si on dépassait l’allure d’un marcheur, nous arrivons au XX° siècle. Le moulin à bois avec une grosse scie circulaire des années 1930 dispose encore de sa machine à vapeur mais est actionné désormais par un moteur à essence. Le garage et sa pompe à essence abrite encore une vieille Ford T, voiture toujours utilisée pour amener les clients du parking jusqu’à l’hôtel «  Château Albert« . Celui-ci a été reconstruit à partir des plans de l’hôtel qui se trouvait à Caraquet en 1907 et qui avait été détruit dans un incendie On peut aussi visiter la gare, la Caisse Populaire de 1947, la cordonnerie ainsi que d’autres maisons. Les marchandises proposées à la vente dans le magasin ont également changées : on y trouve par exemple de la vaisselle émaillée. Le ferblantier propose des poêles mais aussi tout un assortiment d’ustensiles faits en fer blanc.

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet094    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet095

site-2012-07-09-village-acadien-caraquet103    site-2012-07-09-village-acadien-caraquet096

Nous sommes restés finalement plus de 6 heures dans le village. Bien sûr, pas moyen de rester sur le parking pour la nuit : l’agent de sécurité auprès de qui nous nous sommes renseignés nous explique que c’était bien possible il y a encore 2 ans mais que les campings avaient protesté… Non loin de là, à Maisonnette, nous trouvons un endroit tranquille au bout d’une impasse.

Mardi 10 juillet 2012

Quelques courses au Super Store de Bathrust et nous reprenons la route des Acadiens qui longe la côte en direction de la Gaspésie. Nous allons ainsi quitter le Nouveau Brunswick et les provinces anglophones pour le Québec.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *