Côte-Nord  (Québec)

Côte-Nord  (Québec) :
Manicouagan et Duplessis
Du 22 juillet au 1er août 2012

 

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Dimanche 22 juillet 2012

Nous disons au revoir aux Africacy-Exploracy et prenons le ferry Matane-Baie-Comeau. Environ 60 km de traversée pour 2 h 20 de voyage. Le bureau de tourisme, à Baie-Comeau est à côté de l’arrivée du traversier, nous nous y dirigeons pour prendre un peu de documentation. Nous voici donc maintenant dans la région Côte-Nord du Québec, plus précisément dans le Manicouagan.

Nous allons marcher sur les sentiers boisés de la Pointe Saint-Gilles. Ça démarre d’une rue dans un quartier pavillonnaire et nous sommes tout de suite en pleine nature. De très jolis sentiers qui bordent un étang, traversent des bois épais où nous entendons et apercevons de nombreux écureuils puis nous arrivons au bord du Saint-Laurent.

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Cette ville de Baie-Comeau est accueillante pour les camping-cars : aire de service avec vidange, eau potable et parking mais ce n’est pas loin d’une immense usine de produits forestiers : très bonne odeur de bois mais un incessant ronronnement. Nous nous installons néanmoins sur ce parking et, au bout d’un moment, 2 personnes viennent nous signaler que ce parking est très bruyant (au bord de la route, véhicules allant prendre ou revenant du traversier, jeunes qui viennent là écouter de la musique ou s’amuser à faire déraper leurs pneus, …) et ils nous indiquent un autre parking guère plus loin. Effectivement, ce nouveau parking semble plus agréable et il y a déjà quelques camping-cars d’installés. Nous aurons toujours le bruit de l’usine mais ce sera très calme.

Lundi 23 juillet 2012

Baie Comeau, bécomo, sur l’air de la chanson de Nougaro (« locolo, locomo »). Nous allons ensuite jusqu’au «  jardin des glaciers » mais, devant les prix (plus de 50 $ par personne pour un spectacle et une excursion), nous faisons demi-tour. C’est d’ailleurs révoltant que les autorités laissent faire de l’argent avec des sites (ici géologiques) naturels sur ce continent comme en Europe également.

Direction Franquelin (salut Spirou) où nous visitons le centre d’interprétation de la vie en forêt. Sur ce site a été reconstitué un camp de bucherons des années 1920-1960. Les cabanes sont faites de futs d’arbres mis les uns sur les autres. De nombreux outils (scies « à main » puis tronçonneuses) sont exposés.

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Direction ensuite Godbout pour le musée amérindien et inuit. En fait, c’est une collection privée mais quelle collection ! J’aurais volontiers emmené presque toutes les sculptures en stéatite et les dessins inuits ! A l’accueil, la dame nous propose de passer la nuit sur le parking. Quelle différence avec la Gaspésie où tout était « no overnight » ! Cependant, il est encore un peu tôt et nous préférons continuer jusqu’à Pointe-des-Monts. Sur le parking du phare, toujours pas de pancarte interdisant d’y rester la nuit. Super ! Nous sommes en bordure du Saint-Laurent.

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Nous nous promenons vers le phare et apercevons à de nombreuses reprises le dos de mammifères marins : ce sont vraisemblablement des rorquals. A Godbout, nous en avions déjà vu plusieurs. Nous prenons bien sûr quelques photos mais ils sont un peu loin de la côte. Alors que nous avions eu une journée ensoleillée, très chaude, nous avons droit à de violents orages pendant la nuit puis, au matin, la pluie se met à tomber.

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Mardi 24 juillet 2012

Il pleut tout le matin avec beaucoup de brume. Pas de visibilité, nous ne faisons donc pas l’ascension du phare qui offrait, du haut de ses 7 étages, une belle vue sur le Saint-Laurent d’après le guide. Nous continuons direction est sur la route 138 pour en voir un peu plus de la côte nord du Saint-Laurent. Nous y avons retrouvé les grandes étendues de forêts parsemées de lacs. On y verrait bien une petite cabane au bord d’une de ces étendues d’eau… Et c’est, parfois, une maison que nous y apercevons mais point de petit chemin libre, de petite cabane pour des touristes comme nous !

Le soleil revient dans l’après-midi et nous nous arrêtons à Port-Cartier pour nous promener dans le «  Parc Taïga, jardin indigèneLe sentier longe des « fosses » pour les saumons mais nous n’en verrons aucun Il y a une petite chute d’eau

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Quelques courses au «  Provigo » du coin : une nouvelle enseigne pour nous mais nous y retrouvons les mêmes produits que dans notre Super Store habituel avec, en particulier les produits de la marque «  Sans Nom » («  No name« ). Retour sur la 138 pour atteindre Sept-Iles. Nous nous arrêtons quelques kilomètres avant, à Clarke City et bivouaquons devant le centre d’interprétation de la ville. Celle-ci doit son origine aux 4 frères Clarke qui y fondèrent au tout début du XX° siècle une usine de pâte à papier. Une voie ferrée d’une quinzaine de kilomètres de long permettait d’acheminer la pâte de l’usine jusqu’au port. La production atteignit 150 tonnes par jour ! Toute la pâte était envoyée en Angleterre où les frères Clarke éditaient, en particulier, l’encyclopédie Britannica. Tout appartenait à l’entreprise : les maisons, l’église, l’hôpital, l’école, le magasin général, … Jusqu’à la fin des années 1920, les ouvriers étaient payés en monnaie locale et en coupons échangeables au magasin général ! L’usine ferma ses portes en 1967.

Nous avons décidé de poursuivre cette route 138 jusqu’à Sept-Iles puis de retourner ensuite à Baie-Comeau pour aller vers le nord en direction de Labrador City. La 138 s’arrête à Natashquan, à 400 kilomètres de Sept-Iles. Si on veut ensuite poursuivre sur cette côte jusqu’au Labrador, il faut prendre le bateau ou l’avion.

Mercredi 25 juillet 2012

Nous profitons de panneaux d’interprétation dans le bâtiment mais également dans le village. Les derniers panneaux traitent de l’organisation de la papèterie et de la vie du village régie et organisée par l’entreprise. Le monument à la mémoire de cette époque représente un bras d’ouvrier tenant une boite à lunch (Le commentaire du panneau précise : «  symbole d’une communauté laborieuse, la boite à lunch est soutenue par le bras du bâtisseur« ) !

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Direction Sept-Iles à une trentaine de kilomètres de là. Promenade tout d’abord dans le «  jardin communautaire du ruisseau Bois-Joli » à l’entrée de la ville. Nous allons ensuite à la maison de transmission de la culture innue mais le musée est actuellement en réfection et restera fermé pendant toute la saison. La personne à l’accueil nous donne un livret «  Mythes et réalités sur les peuples autochtones » qui est intéressant et passionnant. Connexion internet à MacDo, quelques courses à «  Maxi » (encore une enseigne que nous ne connaissions pas), passage à la station de vidange à côté de l’office de tourisme puis nous reprenons la route de Clarke City pour y passer la nuit. Ce matin, en nous promenant dans le village, nous avions remarqué un endroit encore plus tranquille que celui de la veille. Effectivement, la nuit sera très calme.

Jeudi 26 juillet 2012

Nous voilà de retour ce soir à notre parking de Baie-Comeau, là où nous avons débarqué dimanche dernier. Un petit aller-retour sur la côte nord de 550 kilomètres environ à travers des paysages verdoyants émaillés de lacs bleus. Dommage, la boulangerie de Godbout où nous avions trouvé de l’excellent pain en montant était fermée. Mais, toujours à Godbout, en prenant notre repas de midi près de la plage, nous avons une nouvelle fois vu plusieurs mammifères marins.

Toujours du beau temps, chaud dans la journée et frais la nuit

Vendredi 27 juillet 2012

Vidanges et plein d’eau faits, nous prenons la route du Nord sur la 389. Premier arrêt à la centrale hydro-électrique Manic 2 sur la rivière Manicouagan. Il s’agit d’un barrage « à joints évidés » (le barrage n’est pas un immense bloc de bétons, entre les différents éléments de celui-ci, il y a des cavités parfois importantes). Le Québec produit 98% de son électricité grâce aux centrales hydro-électriques. Visite guidée (et gratuite) de celle-ci. On nous commente sa construction et on nous explique le fonctionnement des turbines. On va ensuite faire un petit tour dans la centrale et dans le barrage. Bigre, impressionnant et intéressant ! Les photos sont interdites…

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Nous continuons ensuite la route en longeant la Manicouagan pour aller, 200 kilomètres plus haut, visiter Manic 5. La route n’est vraiment pas en très bon état. Nous nous arrêtons dans un chemin qui part dans la forêt vers une rivière. Nuit très fraiche puisque vers 6 heures du matin, la température extérieure sera de seulement 5°, intérieure 10.

Samedi 28 juillet 2012

En repartant ce matin, nous trouvons 50 kilomètres de bonne route puis, de nouveau, des trous, des bosses, des fissures… Toujours des bois à l’infini. Feuillus et résineux mais aussi de grands pylônes électriques ! Quelques coins roses d’épilobes. Des rivières et le miroir des lacs. Nous passons le 50° parallèle et arrivons à Manic 5 pour une visite guidée de 2 heures, toujours gratuite. Nous devons prendre un bus scolaire pour aller d’un point à l’autre de la centrale, traverser la crête du barrage. Ce barrage, construit comme Manic 2 au début des années 1960, en est différent de par sa structure. C’est en effet un barrage à voutes multiples et contreforts, de 214 mètres de haut et 1 313 mètres de long. Son réservoir fait 200 kilomètres de long. Jean-Jack retrouve ses souvenirs d’enfance (ou presque) en achetant le livre d’ Henri Vernes des aventures de Bob Morane «  Terreur à la Manicouagan » dont l’action se déroule précisément à Manic 5.

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Nous n’irons finalement pas plus loin sur cette route en direction du Labrador. L’état de la route nous a bien rafraîchis. Il aurait fallu faire 750 kilomètres pour aller à Red Bay plus le retour et ça nous parait un peu long avec, certainement, le même paysage. Tant pis, nous mettons le Labrador de côté pour cette fois… et retournons directement à Baie Comeau.

Encore une belle journée très chaude au soleil mais fraîche à l’ombre.

Dimanche 29 juillet 2012

Nos dos ont besoin de se reposer des 450 kilomètres faits en 2 jours sur des routes très cahoteuses. Nous restons donc à Baie Comeau et passons une grande partie de la journée sur le parking de MacDo’ afin de profiter de la connexion Internet.

Dimanche 29 juillet 2012

Nos dos ont besoin de se reposer des 450 kilomètres faits en 2 jours sur des routes très cahoteuses. Nous restons donc à Baie Comeau et passons une grande partie de la journée sur le parking de MacDo’ afin de profiter de la connexion Internet.

Lundi 30 juillet 2012

Adieu Baie-Comeau, à nous la route 138 ouest !

Premier arrêt à Ragueneau pour se promener sur le sentier des Fascines. Joli paysage d’une rivière qui se jette dans le Saint-Laurent, plusieurs panneaux d’interprétation sur les oiseaux du littoral. Site un peu défiguré à notre goût par un immense obélisque et 2 dinosaures (que diable venaient-ils donc faire dans cette galère ?).

Deuxième arrêt à Forestville où nous visitons tout d’abord le musée de la Petite Anglicane installé dans une ancienne église… anglicane. Nous perfectionnons nos connaissances sur les centrales hydro-électriques du Québec car une grande partie de l’exposition traite des barrages Bersimis I et Bersimis II, voisins de la ville : les travaux effectués à la fin des années 1950 nous semblent pharaoniques avec des galeries immenses creusées dans la roche. Nous observons ensuite ce qui reste de l’ arboriduc qui servait, sur plusieurs kilomètres, à transporter les grumes de bois de la rivière jusqu’au bateau sur le Saint-Laurent.

    

Bivouac sur une aire de pique-nique en bordure du fleuve (lieu indiqué par l’office de tourisme). Soleil et très beau temps mais il fait vite frais le soir. Nous passons une partie de la soirée sur la plage autour d’un feu de camp avec Eric, habitant à Forestville.

Mardi 31 juillet 2012

Journée très chaude, la plus chaude de la semaine d’après la météo. Heureusement qu’il y a un peu de vent pour rafraîchir. Hier, nous avions pris rendez-vous auprès de l’office de tourisme pour visiter le centre sylvicole de Forestville. Il existe au Québec 13 centres comme celui-ci dont le but est de cultiver des plants d’arbres pour reboiser les espaces dévastés par les compagnies forestières. Il y a beaucoup de serres (en fait, des tunnels non chauffés), beaucoup de godets : sur ce centre, il y a 8 millions de jeunes pousses de 1, 2 ou 3 ans. La première année, les godets contenant les graines sont placés dans les tunnels et arrosés avec des compléments d’engrais et des pesticides. La deuxième année, ils sont sortis des tunnels et ils sont plantés la troisième année. La sélection est rigoureuse, nous avons vu une employée mesurer chaque pousse, l’une après l’autre. Celles qui ne font pas la bonne hauteur sont éliminées. C’est vraiment mimi tous ces petits arbres en train de pousser (environ 90% sont des épinettes noires, le reste des épinettes blanches et du pin). Visite guidée intéressante.

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Nous reprenons ensuite la 138 ouest. Arrêt à Portneuf-sur-Mer pour une petite balade sur un banc de sable. On n’y voit pas grand-chose à part des quads particulièrement bruyants. Le centre d’interprétation des marais salés à Longue Rive est nul. Aux Escoumins, nous allons visiter le centre de découverte du milieu marin. Exposition et film principalement sur la faune du Saint-Laurent. Intéressant.

Bivouac sur le parking de l’Aréna qu’on nous avait indiqué au bureau d’info touristique. Un peu plus loin se trouve également une station de vidange.

Mercredi 1er août 2012

La nuit a été longue à rafraichir mais c’est quand même venu.

Nous commençons par le centre d’interprétation et d’observation de Cap-de-Bon-Désir. Exposition intéressante sur les différents rorquals ainsi que d’autres mammifères marins. Sur les rochers au bord du Saint-Laurent en compagnie de nombreux touristes, nous attendons le passage des mammifères et nous ne sommes pas déçus : en peu de temps, nous voyons plusieurs petits rorquals (des minkes comme on en avait déjà aperçu à Terre-Neuve) et quelques dizaines de marsouins.

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Route ensuite jusqu’à Tadoussac : que de monde ! C’est vrai que cette localité est réputée pour les baleines, les croisières permettant de les voir de près, … Nous nous contenterons de visiter le poste de traite Chauvin, réplique du véritable poste de traite qui existait au même emplacement au début du XVII° siècle. Qu’elles sont douces ces fourrures ! C’est le lynx que je préfère…

Sur la route du hameau Anse-de-Roche, nous nous arrêtons pour faire provision de miel chez un apiculteur dont la petite entreprise s’appelle Herbamiel. Nous bivouaquons à Anse-de-Roche, sur la « marina » au bord du fjord du Saguenay, rive nord. Nous voici désormais dans une nouvelle région du Québec, la région «  Saguenay-Lac Saint-Jean« .

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