Nord de Mexico (2)

Du  2 au 12 décembre 2013

 

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Mardi 3 décembre 2013

C’est quand l’hiver ici ? 33° dans la journée ! Nous partons visiter 3 des 4 « misiones » qui sont autour de Jalpan. Autour, façon de parler ! 3 d’entre elles sont à l’est de la ville, à partir de la route 120. La première, Landa de Matamoros est à 18 kilomètres de Jalpan, la deuxième, Tilaco à 45 kilomètres et la 3°, Rancoyol, à 60. La route tourne un petit peu moins et monte-descend moins qu’hier. Toujours autant de végétation semi-tropicale.

Ces missions sont en fait des églises avec un couvent à côté à l’origine. Il reste celui de Tilaco mais il est fermé. Elles sont de couleur jaune-orangé avec de grandes décorations sur la façade et le clocher alors que l’intérieur reste plutôt dépouillé. L’histoire de ces missions commence en 1750 lorsqu’une dizaine de de moines franciscains se mettent dans l’idée d’évangéliser les indiens Chichimèques qui se sont réfugiés dans les montagnes depuis l’arrivée de Cortez. Cette rencontre allait produire ces 5 églises : Jalpan, Conca, Landa, Tilaco et Tancoyol classées au patrimoine mondial de l’Unesco en 2003. L’habileté artistique des Chichimèques allait produire de merveilleuses sculptures peintes sur ces façades, les franciscains faisant bien évidemment remplacer les idoles païennes des indiens par des représentations religieuses. Magnifique travail qui ne peut faire oublier que, pour y parvenir, il a fallu certainement détruire la vie morale, intellectuelle et souvent physique des indiens Chichimèques.

Landa de Matamoros (« généreux » en langage chichimèque) avec sa façade rose et ocre est la plus ornementée des missions.

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Tilaco est la plus complète des 5 missions, restaurée en 1963. Sa façade est ocre et rose offre aussi un grand spectacle d’anges, de plumes, de fruits exotiques et d’animaux fantastiques.

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Tancoyol (« lieu de la datte sauvage ») a une façade ocre et rouge.

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Santiago de Jalpan est donc la 4° et dernière mission que nous visiterons (Conca est plus à l’ouest de la ville). Jalpan est le principal village de la Sierra Gorda avec ses 5 000 habitants. L’église se dresse au milieu du village avec une façade rose et jaune. Comme elle est juste à côté de l’hôtel, nous pourrons la voir de jour et de nuit.

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Dans tous ces édifices religieux mais également dans tous ceux que nous avons visités jusqu’à présent, il y a des statues de christ très sanguinolentes sur la croix ou sans la croix.

Retour dans notre chambre bien fraîche avec, en plus, un vrai jus d’oranges.

Mercredi 4 décembre 2013

Journée de route en direction de Morelia et Patzcuaro. Heureusement que nous avons amélioré notre vitesse moyenne par la suite parce que dans les 2 premières heures nous n’avons fait que 70 kilomètres. C’est, en partie, la même route par laquelle nous sommes arrivés à Jalpan donc, virages et tournants, montées et descentes.

Nous passons d’une végétation semi-tropicale à une semi-désertique. Nous traversons ensuite une zone d’élevage et d’usines (vers Tequisquiapan). Les odeurs sont différentes mais ça ne sent bon nulle part (essentiellement à cause des élevages). Nous laissons la grande route qui va vers Mexico et prenons par les petites routes de campagne. C’est plus tranquille et plus agréable d’autant plus que le réseau routier que nous avons rencontré jusqu’à présent est en bon état.

Avant d’arriver à Acambaro, nous nous arrêtons au village de Chupicuaro et trouvons un bivouac tranquille dans une petite rue.

Jeudi 5 décembre 2013

Nous roulons jusqu’à Tupataro situé quelques kilomètres avant Patzcuaro. Cette ville compte quelques centaines d’habitants et dispose de 7 petites épiceries, sans compter 2 ou 3 commerçants sur le marché lors de notre passage. On a l’impression que l’activité principale des Mexicains est la vente d’objets divers, alimentation et autres. C’est incroyable le nombre de petits commerçants, ambulants ou non que l’on peut voir. C’est à se demander comment ils peuvent arriver à vivre en vendant juste quelques bricoles. Sans oublier les laveurs de voitures omni présents, les laveurs de pare-brises aux carrefours ou ceux qui font la manche aux « semaforos » après avoir effectué quelques acrobaties ou jongleries devant les véhicules arrêtés !

L’intérêt de Tupataro réside principalement dans son église et, plus précisément dans le plafond de celle-ci. Il est en bois, constitué de 33 panneaux peints en 1761 et qui représentent 33 anges portant chacun un symbole de la passion. A part d’avoir été un peu dépoussiéré et nettoyé, il n’a jamais été vraiment restauré et c’est bien dommage car ces peintures sont bien sombres et peu lisibles.

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Village en outre très agréable aux maisons rouges et blanches et aux toits recouverts de tuile. D’ordinaire, soit les maisons ne sont pas terminées et laissent dépasser des fers à béton, soit il n’y a pas de toit !

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Nous faisons ensuite halte à Patzcuaro. La place de Quiroga est certes très grande mais pas très jolie car un peu dépouillée et peu arborée. Certes les arcades qui l’entourent sont sympathiques mais nous avons vu d’autres places bien plus agréables et accueillantes, ne serait-ce que la petite place de Tupataro juste avant. La bibliothèque de la ville est installée dans une ancienne église mais elle semble un peu vide. Une grande fresque au fond raconte un peu l’histoire des indiens, dénonçant à juste titre les tortures, l’esclavage et le travail dans les mines et glorifiant les moines qui leur donnaient à manger, leur apprenaient des métiers artisanaux et les baptisaient… Oh, my god !

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A la Basilique Nuestra Señora de la Salud, il y a une messe et nous ne visiterons donc pas l’intérieur pour découvrir les, parait-il, milliers d’ex-voto. Le Museo des Artes Populares semble avoir disparu et le marché des artisans n’est pas à l’emplacement indiqué sur la carte du guide. Bref, un peu raté aujourd’hui ! Heureusement qu’il reste la promenade dans les rues aux maisons rouges et blanches et, là aussi, aux toits recouverts de tuiles !

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Bivouac au RV Park Villa Patzcuaro où il y a des moustiques ! Il y a des jours comme ça !

Vendredi 6 décembre 2013

A une quinzaine de kilomètres de Patzcuaro il y a un site archéologique, vestiges d’une capitale purépecha. C’est à Tzintzuntzan. Et bien, là non plus, on ne visite pas aujourd’hui : c’est fermé en raison d’une réunion syndicale ! Franchement, il FO le faire exprès ! Tant pis, nous verrons d’autres restes de civilisations préhispaniques ailleurs.

Au passage, nous nous arrêtons dans la ville de Tzintzuntzan pour voir les décorations de noël proposées à la vente faites avec des éléments naturels. C’est sympa mais vu le nombre de magasins qui en proposent, on suppose qu’il s’agit d’une production industrielle. On en ramènerait bien un peu en France mais c’est volumineux et trop fragile pour le transport. Tant pis.

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Petit arrêt aussi à Quiroga, au marché où on devrait voir des produits artisanaux. Là aussi, hormis quelques vêtements pour bébés en laine, tout nous semble avoir été produit en série… Direction finalement Morelia grande ville de plusieurs centaines de milliers de personnes avec quelques Walmart et donc, bivouacmart ! Nous ne serons pas bercés par les grillons comme hier et avant-hier mais pas les sifflets des placiers. En effet, sur ces Walmart, il y a des personnes qui aident les clients à se garer et à sortir de leur emplacement. Employés du magasin ou simplement des gens qui essaient d’obtenir quelques pesos de pourboire ? Ceux d’ici en tout cas sont tous en « costume » : pantalons noirs et chemises blanches.

Samedi 7 décembre 2013

Nous allons jusqu’à Tula, à 280 kilomètres de Morelia. Il nous faut tout de même 5 heures 30 pour y parvenir et c’est une conduite avec une attention soutenue où il nous faut faire prendre garde aux chiens, aux poules et aux dindons qui traversent la route, aux trous dans la chaussée à certains endroits, aux nombreux « topes » ou « reductor de velocidad » dans les villages, à tous ceux qui dépassent sans jamais tenir compte des lignes (ou des doubles lignes) continues au milieu de la route, aux panneaux de limitation de vitesse (on en a eu même un qui limitait à 10 km/h !), aux virages… Nous grimpons jusqu’à près de 2 800 mètres d’altitude pour arriver finalement en soirée à « seulement » 2 000 environ. Nous traversons une zone plutôt agricole : beaucoup de champs de maïs (sec en ce moment) et des animaux qui broutent au bord de la route.

Bivouac sur la rue qui conduit au site archéologique que nous visiterons demain matin. Rue très passagère, des coups de klaxon et surtout, beaucoup de bruits de pétards ! Il parait que c’est en raison d’une fête religieuse mais il faut croire que les fêtards ont décidé de s’exprimer précisément dans la rue où nous sommes : quel boucan ! Heureusement, ils s’arrêtent de minuit à 6 heures environ.

Dimanche 8 décembre 2013

Après avoir tourné un peu pour une entrée ouverte du site archéologique de Tula, une personne s’offre à nous y conduire puisque elle-même y va. Nous la suivons en voiture.

Nous visitons les restes de ce qu’on suppose être Tollan, la capitale des Toltèques : temple en pyramide tronquée, palais et jeux de pelote, … Bref, c’est un peu comme dans les villes et villages d’aujourd’hui où on ne visite que les églises, les châteaux, hôtels particuliers, tout ce qui ayant été solidement construit a pu résister aux ravages du temps. Cette cité aurait été construite vers 800 et détruite après un conflit au XII° siècle.

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Direction ensuite Teotihuacan où se trouve le Trailer Park où nous allons mettre Ive en pension le temps de notre séjour en France. Et nous mettrons 2 h 30 pour faire 50 kilomètres. Topes, rues des villages encombrées par les marchés, travaux qui nous envoient dans des petites rues, troues dans la chaussée, animaux, … Bref, c’est épuisant mais nous finissons par arriver au Teotihuacan Trailer Park où se trouvent 3 autres équipages français.

Lundi 9 décembre 2013

Lessives et début de rangement. Agréable soirée avec les autres Français.

Mardi 10 et mercredi 11 décembre 2013

Suite des préparatifs pour notre retour. Ouf, nous arrivons à tout mettre dans nos sacs. Dernières lessives, rangements, nettoyage. Repas sympa en compagnie de Marc (son site : http://parez.fr/ ) et de Luis, un cycliste mexicain. Travaux pratiques sur Garmin et ordinateur avec l’aide de Marc : nous installons ainsi toutes les cartes de l’Amérique centrale et du sud ainsi que de nombreux points d’intérêts.

Jeudi 12 décembre 2013

Karina et Mina sont pile à l’heure (6 heures du matin). Finalement, c’est Karina qui nous emmène à l’aéroport.

Mexico-Washington. A Washington, on passe l’enregistrement à la douane puis on récupère nos bagages et on repasse la douane : ouah, super les USA. Il ne nous reste plus qu’un petit vol Washington-Paris pour se retrouver vendredi 13 (tiens !) en France. Température glaciale dans le hall de la gare TGV où nous attendons le train pour Aix-en-Provence. Arrivée à Aix où Boris nous attend et voilà, c’est parti pour 2 mois de vacances !

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