Colombie (2)

Du lundi 8 au mardi 23 septembre 2014

 

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Lundi 8 septembre 2014

5 h 30 : départ de Mimet ( Bouches-du-Rhône) pour l’aéroport de Marignane. Comme promis, Doerthe nous y emmène en moins d’une demi-heure. Aujourd’hui, nous allons voler sur Air France : d’abord Marseille-Paris puis Paris-Bogota pour un trajet total de 14 h 30. Finalement, nous avons pris un billet aller-retour sur cette compagnie car c’était la solution la moins chère. En prenant un aller simple sur n’importe quelle autre compagnie, nous aurions payé 130 euros de plus par personne ! Impressionnant, non ? Vols tranquilles. Les sièges auraient bien besoin d’être changés ainsi que les écrans individuels, petits et de mauvaise qualité mais le service est excellent.

A Bogota, on passe très simplement le poste de douane après avoir tout de même fait la queue pendant plus d’une demi heure. Jean-Jack se rend compte qu’il a oublié sa liseuse électronique dans l’avion ! Pas d’affolement, nous allons d’abord réserver un vol Bogota-Arménia puis nous dirigeons vers les bureaux d’Air France. Ouf, ils ont bien trouvé la liseuse mais il faudra attendre que le personnel revienne de l’avion pour pouvoir la récupérer. Heureusement que l’avion pour Arménia ne part que 4 heures plus tard ! La récupération effectuée, nous prenons un taxi pour joindre l’aéroport voisin pour les lignes intérieures. Bien sûr, il faut négocier le prix : nous voilà bien revenus en Amérique latine !

Vol rapide pour parcourir les 200 kilomètres qui séparent les 2 villes, nouveau taxi et nous voilà à l’entrée du Parqueadero Haitamara. Ive est bien au rendez-vous, très poussiéreux mais intact. Branchement des batteries, rapide déballage de quelques affaires et vite au lit : il n’est que 21 heures (4 heures du matin en France) mais cela fait 23 heures que nous sommes debout !

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Mardi 9 septembre 2014

Bien sûr, à 5 heures, nous sommes debout. Nous commençons à défaire nos valises, enlever les grilles de protection avant-arrière, donner un coup de brosse sur la carrosserie (quelle poussière !) et laver le pare-brise. Il nous faut aujourd’hui régler les problèmes administratifs : assurance et importation temporaire du véhicule (la nôtre se terminait le 29 juillet et nous n’avions pas pu, malgré nos démarches, la faire proroger avant de partir).

A quelques mètres du parking se trouve un garage affichant le panonceau «  SOAT » (Assurance). Malheureusement, ils ne délivrent pas d’assurance pour un mois mais seulement pour une année. Ça commence bien ! Le gérant du garage donne quelques coups de fil et nous donne l’adresse d’un assureur SOAT qui pourra régler notre problème puis il demande à Julie, une de ses employées, de nous y conduire en voiture. Là, l’agent technique et le responsable de l’agence donnent de nombreux coups de fil, semblent ne pas vouloir nous assurer car l’importation temporaire de Ive est dépassée puis nous demandent le document de cette importation que, bien sûr, nous avons laissé au parking. Ce qui est bizarre, c’est que ces 2 personnes ne s’adressent pas à nous mais à Julie et c’est elle qui résume et « traduit » (mais toujours en espagnol) leurs propos. Julie nous ramène au parking puis de nouveau à l’agence. Encore quelques coups de fil et, enfin, on peut être assuré pour un mois mais il nous faut retirer le certificat d’assurance et régler celle-ci (environ 22 euros) dans une autre agence où Julie nous conduit avant de nous ramener au parking. Et tout ça nous aura pris un peu plus de 2 heures. Inutile de dire que nous avons grandement apprécié le geste du gérant du garage de mettre son employée à notre disposition sans aucune contrepartie. Voilà encore un exemple de l’accueil chaleureux de nombreux colombiens.

Maintenant, nous pouvons rouler en toute quiétude. Premier coup de démarreur et Ive démarre. Super ! En route pour la DIAN, le service qui s’occupe des importations temporaires des véhicules. C’est à l’extérieur de la ville, dans la « zona franca » mais nous nous rappelons du chemin que nous avions parcouru le 23 mai, la veille de notre départ précipité pour la France. L’employée qui est à l’accueil se souvient très bien de notre visite et explique à sa chef notre problème. Celle-ci commence par sortir les textes : la demande de prorogation aurait dû se faire le 29 juillet et maintenant, on ne peut plus rien faire sinon payer une amende d’environ 200 euros par mois de retard (donc dans notre cas 2 mois car tout mois commencé est dû). On recommence nos explications, disant que nous sommes venus à la DIAN le 23 mai, montrant également la lettre que nous avions reçue de l ambassade de Colombie en France à qui nous nous étions adressés, l’attestation de l’IMA concernant notre rapatriement sanitaire. Nombreux conciliabules et coups de téléphone et enfin, 3 heures plus tard et de nombreuses photocopies, une lettre expliquant toute notre démarche (qu’une secrétaire écrira pour nous en espagnol), quelques photos de Ive et des plaques de ses numéros de châssis et de moteur, nous apprenons que nous allons obtenir enfin cette prorogation sans avoir à payer d’amendes. Il nous faudra simplement attendre une heure de plus que le grand chef de cette agence de la DIAN revienne pour signer le document.

Nous faisons quelques courses sur le trajet qui nous mène à notre camping favori, le camping Monteroca à Boquia, juste avant Salento ( http://www.campingmonteroca.com ). Nous y arrivons de nuit mais il est vrai qu’il commence à faire nuit à 18 h 30. Pas encore habitués au décalage horaire, nous nous couchons vers 20 heures.

Il a fait chaud dans la journée (35°) mais dans la nuit la température tombe à 15.

Mercredi 10 septembre 2014

Nous attaquons de nouveau la journée vers 6 heures. Au programme rangement complet et nettoyage (beaucoup de dépoussiérage à faire), plein d’eau, pression des pneus, … Bref, la routine qui nous prendra tout de même la matinée. Entre temps, le propriétaire du camping Jorge vient à plusieurs reprises discuter avec nous.

En début d’après-midi, nous allons à Salento dont nous avions bien apprécié les maisons colorées lors de notre dernier passage et où nous avions fait une petite visite à l’hôpital local. La rue commerçante semble bien tristounette, désertée en partie par les touristes. Nous ne sommes pas hélés à chaque boutique par les vendeurs et c’est tant mieux !

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En repartant, nous voyons un camping-car français, un Defender avec une cellule à toit relevable immatriculé en Ardèche. Nous les accostons et nous retrouvons sur la place du village. Il s’agit de Marie-Claude et Georges qui effectuent actuellement leur 3° voyage en Amérique du Sud (leur site : http://comulysse2.jimdo.com ). Nous avions échangé il y a quelques temps sur Internet et ils nous connaissent bien via notre site. Cmme ils avaient prévu de rester à Salento pour la nuit, nous changeons nos plans et y restons également pour profiter de leur agréable compagnie et de leurs expériences de pays que nous allons visiter et qu’ils connaissent bien. Très agréable soirée que nous finissons ensemble au restaurant. Bivouac dans une rue tranquille près de la place.

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Jeudi 11 septembre 2014

Nous allons au Centre d’Aide aux Usagers pour une connexion Wifi (le même où nous avions bivouaqué plusieurs fois en mai dernier). Nous y retrouvons Marie-Claude et Georges qui vont vers le Nord (et nous vers le Sud).

Matinée orageuse avec quelques gouttes de pluie. Courses au supermarché d’ Arménia puis direction Cordoba et son «  Centro Nacional para el estudio del Bambu guadua« . Ce bambou appelé ici guadua est utilisé dans la construction en particulier des maisons. Appelé «  acier vert » ou «  acier environnemental« , il est réputé pour ses qualités antisismiques. Nous savons qu’il est désormais fermé faute de moyens financiers mais Marie-Claude et Georges y sont allés hier et un vigile le leur a néanmoins fait visiter. Nous nous installons non loin de l’entrée pour manger et une personne vient nous voir : c’est celle qui le leur a fait visiter. Nous prenons rendez-vous pour 14 heures. Nous attendons une demi-heure mais personne ne vient, nous nous contenterons de quelques photos de l’extérieur.

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Direction ensuite la ville de Buga par les petites routes. Nous sommes dans la région de Quindio de la Cordillère Centrale, région montagneuse très cultivée : beaucoup de bananiers, de caféiers, un peu de café et des orangers. Quelques vaches par-ci, par-là. Pas d’agriculture vivrière. La petite route finit par se transformer en piste avec quelques passages pas très agréables pour Ive mais le paysage est bien beau avec ses champs sur les pans des collines, ses fincas (fermes) disséminées dans la végétation. Nous retrouvons cependant avec plaisir la grande route asphaltée mais avec déplaisir ses péages.

En revenant à une altitude de 1 000 mètres environ, nous retrouvons de grands champs de cannes à sucre. Nous doublons un camion avec 4 grandes remorques pour le transport de la canne à sucre. Wahou ! Ça tangue sur la route !

Nous nous arrêtons enfin à Buga mais difficile de trouver un endroit pour bivouaquer dans les rues : finalement, nous trouvons un terrain vague près d’une voie ferrée (nous ne verrons pas de train passer) utilisé pour le stationnement des camions.

Pluie dans l’après-midi et une grande partie de la nuit.

Vendredi 12 septembre 2014

La soirée a été bruyante (beaucoup de circulation et de nombreux camions) mais la nuit a été plus calme. Nous allons nous promener dans Buga. Quelques bâtiments bien entretenus autour de la place principale, beaucoup de petits commerces dans les rues avoisinantes et c’est tout. Ah si, mais ce n’est pas particulier à cette ville, un enchevêtrement remarquable de fils électriques !

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Route jusqu’à Popayán en évitant Cali, grande ville sans intérêt pour nous. De 1 000 mètres on passe à un peu plus de 1 700. La route est bonne, souvent à 2 voies mais avec des passages en montagne : montées, descentes, virages et camions (mais rien à voir avec la route ou les camions entre Medellin et La Pintada). Des péages aussi : 3 sur ces 200 kilomètres de route pour un total de 10 euros. Et toujours, sur des hectares et des hectares, des champs de canne à sucre. Nous croisons et dépassons de nombreux « tren cañero » avec 4 ou 5 remorques vides ou remplies de cannes à sucre tirées par un tracteur ou un camion.

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Arrivés à Popayán, nous disposons d’un pont GPS de exploracy.fr en centre ville. Notre GPS nous y conduit bien, nonobstant quelques rues en sens unique mais il faut attendre 2 heures avant de pouvoir s’y installer pour la nuit (N02° 26′ 666″ – W76° 36′ 414″). Dans la rue où nous patientons, Carlos, un Colombien, vient nous parler. Il a déjà croisé des Français il y a un an ainsi que des camping-caristes allemands. Il nous invite à venir nous installer chez lui à l’extérieur de la ville. Nous irons demain soir car nous sommes bien placés ici, à 2 pas du centre-ville que nous irons visiter dans la journée.

Samedi 13 septembre 2014

Nous avons bien dormi dans notre petit «  parqueadero » calme (portail fermé pendant la nuit, le gardien et sa famille vivent sur place).

Visite donc de Popayan que le guide Michelin décrit comme une belle ville coloniale : « Popayan est l’incarnation même du charme colonial avec ses ruelles désuètes, ses places pavées. » On l’appelle la «  ciudad blanca » à cause de ses façades blanchies à la chaux. C’est vrai qu’elle mérite bien son nom de ville blanche et que ses ruelles avec pratiquement pas de magasins, de restaurants, de bars, … sont bien « désuètes ».

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Pour le reste, il n’y a guère que des églises à visiter (et quelques musées) qui ont été régulièrement détruites par des tremblements de terre puis reconstruites : nous nous arrêterons à celles de San Fransisco façade de style baroque mais elle est fermée), San José, Santo Dolmingo, la cathedral Basilica Nuestra Segnora de la Asuncion.

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Comme nous n’avons pas assez vu de vierges et autres christs sanguinolents, nous allons visiter le Museo Arquidiocesana de arte religioso. C’est finalement surtout le bâtiment qui est intéressant avec en particulier des planchers en bois magnifiques. Petit tour aussi à la Casa Museo Negret, peintre et sculpteur colombien. Il faut avouer que nous n’avons pas trop accroché à son art et même pas du tout ; on vous laisse juge :

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En fait, on y avait surtout été attiré par la présence d’une maquette réalisée par Edgar Negret pour la statue de Bolivar qui devait être installée dans le Parc Simon Bolivar de Bogota pour le 150° anniversaire de sa mort. Vivement critiqué par les historiens et les universitaires, le projet fut abandonné. Ouf ! On comprend pourquoi !

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En fin d’après-midi, direction le centre commercial Jumbo (ex-Carrefour). Nous y faisons quelques courses (on ne trouve pas d’ailleurs de produits Carrefour) puis nous nous rendons chez Carlos non loin de ce centre.

Nous sommes accueillis par son épouse Nora Lucia, Carlos Arturo n’arrivera qu’un peu plus tard. Leur maison nous est grand ouverte et nous y ferons une lessive. Dans la soirée arriveront leur fille Maria Alexandra (Tata) et Julian avec leur bébé de 3 mois Jeronimo. Ils ont aussi un fils qui habite Medellin et qui s’appelle Oscar. N’oublions pas aussi leurs 4 chiens, 2 maltais Matteo et Camila et 2 Yorkshire Milou et Mariana.

Pour terminer la soirée, ils nous invitent au restaurant puis nous allons faire un tour en voiture en ville et au «  Pueblito parajo » où ont été reproduits en plus petit 2 monuments de la ville et une ruelle. Nous y prendrons une boisson chaude à base de mûres et d’aguardiente (hum…). Jusqu’à 1 heure du matin, nous continuerons à «  praticar » notre espagnol. Notre Ive est installé sur le gazon devant leur maison en toute sécurité puisque jour et nuit il y a un vigile qui patrouille dans la rue sans compter les rondes de police !

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Dimanche 14 septembre 2014

Pas question de reprendre la route ce matin, nous nous octroyons donc une bien agréable journée de repos. L’accueil formidable de Carlos et de Nora continue : petit déjeuner colombien, douche, discussion politico-économique sur la situation en Colombie.

Vers 16 heures, nous allons prendre un « almuerzo » (repas de midi mais il faut dire que nous avions pris le petit déjeuner vers 11 heures !) dans un restaurant à la cuisine typiquement colombienne avec, entre autres, « empanadas« , « chicharons« , « canratanta » (sorte de chips faites avec de la farine de maïs) et, pour boisson, un « champur » (jus de lulo, d’ananas et du maïs). Nous faisons une petite promenade à pied jusqu’à l’église de Belem et nous rentrons continuer nos discussions.

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Couchés de bonne heure !

Lundi 15 septembre 2014

De nouveau douche et petit déjeuner puis Nora et Carlos nous accompagnent jusqu’à Coconuco qui est sur la route de San Augustin, un site archéologique précolombien que nous voulons visiter. Il s’agit tout à la fois de nous montrer la route pour sortir de Popayan et de nous faire visiter Coconuco. Dans ce village, nous laissons Ive sur le parking d’un hôtel restaurant et c’est dans leur voiture que nous ferons les quelques kilomètres de piste pour rejoindre la station thermale. Grande odeur de soufre, le volcan Purace n’est pas loin et c’est lui qui fournit ces eaux chaudes et soufrées aux stations thermales. Au retour, nous passons quelques minutes au calme devant une cascade puis il est l’heure de manger (encore !). Ce sera au restaurant où nous avions laissé Ive.

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Comme il n’est pas possible, malgré tous les efforts de Carlos, de rester sur le parking de cet hôtel-restaurant pour la nuit, nous prenons la route de San Augustin après avoir dit un grand, grand merci et au revoir à Nora et Carlos (mais, nous allons nous revoir dans 2 jours).

Nous mettrons 3 heures et demi pour parcourir 88 kilomètres : 45 kilomètres de pistes dont les 5 derniers catastrophiques (mais notre Ive passe partout) et le reste, par tronçons, en béton ou asphalte. Nous montons jusqu’à plus de 3 100 mètres à travers un paysage de végétation très dense. On a quelques rares vues sur les montagnes environnantes avec des filets de nuages accrochés par-ci, par-là. Très joli ! Une petite pluie nous accompagne presque tout le temps rendant la piste boueuse : l’état du fourgon en arrivant ! Vers San Augustin, nous retrouvons des cultures : cannes à sucre, mûriers et plantes à lulo (ce fruit n’existe pas chez nous). Nous bivouaquons devant un des trois sites principaux, celui de Alto de los Idolos. Ouf, ça fait du bien de s’arrêter. Accueil très chaleureux du gardien qui nous donne aussi la « clave » pour accéder à Internet.

Mardi 16 septembre 2014

Nuit tranquille.

Visite aujourd’hui du site de Los Idolos puis, à 30 kilomètres de là, du site archéologique de San Agustin. Il s’agit de sites funéraires comportant des dizaines de tombes entourées et fermées par d’imposantes pierres plates. Il a fallu araser des collines pour édifier les tombeaux des « grands » personnages, les gravats ayant été utilisés pour réunir entre elles 2 collines arasées. En quelque sorte, nous visitons le panthéon de la civilisation agustirienne. Parfois, des sortes de corridor en pierres levées et également surmontées de pierres plates précèdent ces tombes. A l’entrée de ces tombes ou de ces corridors, on trouve souvent des statues pouvant atteindre 4 mètres de haut et pesant plusieurs tonnes. Ils représentent des personnages le plus souvent masculins et qui sont parfois surmontés d’animaux. Dans certaines tombes, des sarcophages subsistent. Ces sites funéraires ont été réalisés entre 100 et 900 de notre ère.

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Nous allons à la « fuente del lavapatas » : canaux et bassins étagés ont été taillés à même le roc du lit de la rivière. On y voit également une trentaine de sculptures représentant des serpents, des lézards, des crapauds, … L’eau coule dans ces bassins et ces canaux labyrinthiques, symbolisant parait-il le cycle de la vie. Un magnifique pont en bambou permet de surplomber cet ensemble.

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Montée ensuite jusqu’au « alto del lavapatas » : ça grimpe fort mais ça vaut vraiment le coup d’œil ! De là-haut, on a une excellente vue sur les montagnes environnantes : beaucoup d’habitations, beaucoup de cultures dont certaines sur des pentes incroyables (caféiers, bananiers, cannes à sucre, tomates, lulos, maïs). Nous y croisons David, un cyclise français de la région de Toulouse qui va jusqu’en Argentine.

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Nous retournons pour la nuit au parking de Los Idolos.

Mercredi 17 septembre 2014

Ce matin, nous allons visiter « el alto de les piedras » Nous y voyons en particulier une statue un peu différente de celles des autres sites : elle est sculptée sur les 4 faces (alors que les autres statues sont en général des pierres plates sculptées uniquement sur la face avant) et représente un humain et 2 animaux tous plus ou moins enchevêtrés. On y trouve également la statue d’une femme enceinte, une pierre avec des pétroglyphes (c’est la seule que nous verrons sur ces sites). A l’origine, ces statues et l’intérieur des tombeaux étaient peints : rouge, jaune, noir, mauve, gris, marron. Sur ce site, dans une tombe, les couleurs restent encore très visibles.

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Après cette visite, nous reprenons la route vers Poapayan et sa piste. Elle est toujours aussi mauvaise et pénible. La circulation reste néanmoins importante : nous croisons 12 cars ou mini-bus, une vingtaine de camions et camionnettes, quelques voitures et motos. La Colombie semble être le paradis des 2 roues, principalement des motos. Impressionnant le nombre qu’il y en a ! Le long de la route, quand la végétation s’éclaircit, beaux paysages des montagnes couvertes de … végétations.

Après une petite halte à Coconuco, nous rejoignons le havre de la maison de Nora et de Carlos. Une nouvelle agréable soirée en leur compagnie et celle d’Alexandra, Julian et Jeronimo. Nous goûtons en particulier du chocolat au « queso » (fromage). Pas mal !

Jeudi 18 septembre 2014

Petit déjeuner avec, entre autres, de « l’agua de Panela » au « queso » (la « panela » est du sirop de canne à sucre séché). Le pouvoir sucrant est peut-être moins important qu’avec du sucre ordinaire mais le goût est extraordinaire.

A Popayan débute aujourd’hui le « congreso gastronomico« . Il faut savoir que Popayan est l’une des 4 villes nommée par l’UNESCO « ville de la gastronomie » (avec Jeonju (Corée du Sud), Chengdu (Chine) et Östersund (Suède). Cette distinction lui a été accordée en 2005. L’UNESCO explique que : « Le rôle de la Corporation de la gastronomie de Popayán dans les progrès de l’industrie gastronomique en collaboration avec la ville a ouvert une voie remarquable et la richesse de l’offre gastronomique et des événements apportent beaucoup au réseau. Les riches plats et ingrédients traditionnels de Popayan sont pour la ville un acquis et une ressource unique dans le domaine de la gastronomie et lui ont permis d’attirer des festivals de premier ordre dans ce domaine depuis 2003. La Corporation de la gastronomie a non seulement entraîné le secteur public dans ses initiatives de promotion du grand potentiel de la ville en termes de gastronomie mais elle a également mobilisé le secteur privé et la société civile, combinant les ressources et les savoir-faire à grande échelle. » (La « Corporation de la gastronomie » est une association chargée de promouvoir la cuisine colombienne et payanese -de Popayan-)

Nous laissons Ive sur le parking du centre commercial Jumbo et prenons un taxi pour nous rendre au centre ville. Hélas, ils sont tout juste en train d’installer les stands et donc rien ne fonctionne. Au bout d’un moment, nouveau taxi et retour au point de départ.

Nous passons le reste de l’après-midi à confectionner un petit repas français pour nos hôtes : foie gars et chutney aux oignons et raisins secs, tomates garnies, salade composée, crème anglaise et biscuits (bon, c’est vrai qu’il y a un peu de dénomination anglaise dans tout ça…). Délicieuse soirée en compagnie de Carlos et Nora.

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Vendredi 19 septembre 2014

Nora est partie de bonne heure pour Medellin. Nous passons la journée avec Carlos en commençant bien sûr par un bon petit déjeuner. Carlos nous conduit ensuite jusqu’à son garage habituel où nous faisons laver Ive qui en a bien besoin après notre promenade sur les pistes menant à San Agustin. Il est savonné plusieurs fois, rincé, passé au karcher, les plastiques des bas de carrosserie sont nettoyés puis passés à un produit lustrant de même que les pneus. On nous nettoie même le panneau solaire. Bref, Ive change de couleur !

Carlos nous emmène ensuite au centre ville. Cette fois les stands sont bien en place ! Nous n’irons pas bien sûr aux différentes conférences ou démonstrations culinaires. Sur la grand place, des dizaines de stands de restaurants proposent des plats typiques de la Colombie. Nous nous contenterons de porc grillé avec du riz et des pois chiches et goûterons la soupe avec de la queue de vache (c’est un peu comme notre pot au feu). Nous sommes un peu déçus de ne trouver que quelques stands avec des produits colombiens que l’on peut goûter et acheter. Nous repartirons néanmoins avec quelques pains de panela et de la confiture de goyave que l’on n’arrive plus à trouver ici dans le commerce.

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Fin de soirée avec Carlos qui cuisine très bien : tomates, oignons et œufs, « platanos » (bananes) frites. C’est décidé cette fois, demain nous reprenons la route.

Samedi 20 septembre 2014

Dernier  » desayuno » avec Carlos, dernières photos, dernières embrassades émues. Peut-être viendront-ils en Europe en 2015.

250 kilomètres pour aller jusqu’à la ville de Pasto, direction le sud et l’ Equateur. Le point GPS que nous avons est à un degré de latitude (demain, il sera à 0°). Nous descendons jusqu’à 600 mètres d’altitude et remonterons finalement à 2 500 mais en jouant un peu aux montagnes russes. Nous allons d’un flanc de montagne à l’autre, enjambons quelques petites vallées. Dans l’ensemble, la route est bonne sauf dans les derniers 100 kilomètres avant Pasto. Bien sûr, route de montagne sinueuse avec quelques camions et des portions de routes parfois effondrées donc des travaux. Nous mettrons presque 6 heures pour atteindre cette ville ! En descendant (de la montagne à cheval vapeur), la végétation change rapidement : presque plus d’arbres, les monts alentour sont dénudés et recouverts d’une herbe jaunâtre. Nous ne retrouverons la forêt qui couvre toutes les pentes que quelques dizaines de kilomètres avant Pasto.

Il fait nuit et il pleut à verse lorsque nous nous arrêtons 9 kilomètres avant Pasto dans une grande station service Taxaco. Beaucoup de camions citernes stationnent là et il y a aussi une forte présence militaire sur la station : est-ce à cause de tous ces camions citernes ? En tout cas, la nuit est très calme. Au matin, seulement 9° dehors ! Demain, nous remettons une couverture à notre lit.

Dimanche 21 septembre 2014

Il y a des jours finalement où on ferait mieux de rester couchés ! Et pourtant tout commence bien ce matin. Nous n’avons que 90 kilomètres à faire pour rejoindre le sanctuaire de Las Lajas et la ville d’ Ipiales, dernières étapes avant la frontière. Bonne route qui monte et qui descend nous emmenant parfois à plus de 3 000 mètres d’altitude. Notre petit Ive est un peu mal en point depuis quelques jours. Quand on accélère, le moteur semble s’emballer et le véhicule met un peu de temps à réagir. Nous pensons à un problème d’embrayage ou de combustion mais nous savons qu’à Quito (capitale de l’ Equateur) nous trouverons un garage Iveco pour le soigner et Quito n’est qu’à 300 kilomètres de là.

A l’entrée d’ Ipiales, nous prenons la route qui mène à Las Lajas et son sanctuaire bâti en travers d’un canyon. Nous laissons Ive sur un petit «  parqueadero » et descendons à pied jusqu’à la basilique. Forte descente. C’est dimanche aujourd’hui et il y a beaucoup de monde. Au passage, nous observons la cuisson des «  cuyes » (au singulier  » cui « , cochon d’Inde, un de ces jours, Jean-Jack en mangera un) ainsi que les lamas déguisés pour les touristes.

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Du XVIII° siècle à nos jours, cette basiliques, sur un lieu supposé de miracles, a vu de nombreuses transformations et évolutions. Son aspect actuel au style néogothique est l’œuvre de l’ architecte équatorien Mariano Aulestia. Les travaux ont été terminés en 1949.

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Pour remonter et rejoindre notre Ive, nous prenons un autre chemin encore plus pentu que la descente. Au bout d’un moment Jean-Jack a des éblouissements et nous offre un petit malaise à la limité de l’évanouissement (mais peut-être que grâce à … pas de vision miraculeuse …). Nous nous arrêtons à une petite échoppe : jus de fruit, un peu d’eau, quelques biscuits. Le tenancier nous propose des chaises. Jean-Jack a du mal à se remettre et nous nous installons sous le patio de la maison. La propriétaire vient nous voir et nous prépare des infusions. Jean-Jack retrouve peu à peu son souffle et ses couleurs (un miracle ?). La «  señora de Las Lajas » nous fait visiter son salon plein d’images pieuses et de photos de famille. Elle n’arrête pas de dire que notre présence dans sa maison est une bénédiction de dieu mais elle est d’une gentillesse extrême. Elle nous accompagne même jusqu’à notre parking. Nous la remercions vivement.

En voulant sortir du parking, nous avançons sur la route pour faire demi-tour, passons la marche arrière et … rien ne se passe : Ive ne peut pas reculer ! Nous bloquons une grande partie de la route. Les 2 gardiens du parking font la circulation puis ils viennent nous pousser pour qu’on rejoigne le parking. Ça y est, Ive recule … dans un fourgon-taxi qui s’est arrêté, allez savoir pourquoi, juste derrière nous ! Petit choc et léger enfoncement de sa carrosserie. Evidemment, le chauffeur veut de l’argent. Nous refusons et voulons faire agir l’assurance. Il appelle la police de transit qui nous explique que l’assurance (la SOAT) ne prend en charge les accidents qu’à partir de 1 000 000 de pesos (400 euros). Finalement, grâce à l’intervention du vieux gardien et des 2 policiers, au bout d’un long moment, de guerre lasse, nous donnons au chauffeur 20 dollars US et il s’en va (au début, il en voulait 100).

Nous essayons de repartir mais toujours le même problème, on peut bien passer les vitesses mais Ive reste sur place : problème d’embrayage ou de transmission diagnostique Frédéric, notre mécano préféré. Aujourd’hui dimanche, les mécanos sont à la messe donc on attendra demain et nous passerons la nuit au fond du parking (mais l’endroit n’est pas désagréable). Le vieux gardien va s’occuper de trouver soit un mécano soit une dépanneuse pour aller à un garage. Vérification faite, il y a bien un garage Iveco en Colombie, à Bogota. Au moins, s’il faut changer des pièces, ce sera plus facile.

Fin des émotions et problèmes de la journée, allons nous coucher !

Lundi 22 septembre 2014

Au petit matin, nous téléphonons à Frédéric. Il nous fait faire quelques petits tests et confirme qu’il s’agit très certainement de l’embrayage. Comme il nous l’avait promis, le gardien du parking vient un peu avant 9 heures avec un mécano qui, au prétexte d’un problème de dos, nous dit qu’il ne peut pas travailler. Il va donc à Ipiales en chercher un autre et ne fera que ça toute la journée ; transport des mécanos.

Le mécano d’Ipiales arrive avec son aide et un petit sac contenant quelques clés. On se met d’accord sur le prix : 150 000 pesos pour changer l’embrayage (environ 80 dollars, 60 euros). Au passage, il confirme le diagnostic de Frédéric : c’est bien un problème d’embrayage. Voilà Ive sur cale et sur cric. 3 heures plus tard, l’embrayage est démonté. Entre temps, il a fallu qu’ils retournent à Ipiales pour chercher une clé de 18. Il fallait voir l’allure du disque : plus de garniture, les rivets avaient déjà commencé à sillonner le support ! Et tout ça effectué sur ce parking boueux !

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A midi, heure du repas. Il semblerait que la tradition aurait voulu qu’on leur fasse à manger, mais tout le monde rentre chez soi pour manger. Le mécano emporte l’embrayage pour le faire (ou faire faire) rectifier. Ils nous demandent alors 100 dollars que nous leur donnons.

A 14 h 30, les voilà de retour avec un embrayage remis à neuf et ils nous rendent la monnaie des 100 dollars et une facture de 150 000 pesos. En moins de 2 heures, ils remontent tout. Il faut avouer que vu les conditions de travail, nous étions un peu inquiets mais non, aucune pièce ne reste au sol, aucun boulon non plus. Jean-Jack part rouler une dizaine de minutes et tout marche parfaitement !

Et là, ils nous demandent encore 150 000 pesos ! Colère, discussion hargneuse mais nous comprenons vite que les 150 000 pesos de midi, c’était simplement pour la réparation des pièces et qu’il s’agit maintenant de régler leur travail. Nous leur donnons donc encore 100 dollars en expliquant que ce qui reste (soit environ 30 000 pesos) sera pour les frais d’essence. Mais le chauffeur qui n’a rien fait d’autre que de regarder et de faire les voyages à Ipiales veut plus. Finalement, pour s’en débarrasser, on lui donne encore 20 000 pesos (8 euros). La discussion fut houleuse : c’est là qu’on se rend compte que ce n’est pas toujours facile quand on ne parle pas la même langue ! Mais, bref, le fourgon marche !

Quelques instants après s’être bien garés sur le parking, passent un véhicule immatriculé dans le 84 (Vaucluse) et un autre en Suisse. Ce sont Pascaline et Angello de Cadenet et Jocelyne et Renaud, un couple franco-suisse. Petite discussion mais la nuit, le froid et la pluie qui commence à tomber nous forcent à rentrer dans nos véhicules. Aucun d’eux ne peut contenir 6 personnes (ils ont des 4×4 Toyota avec des petites cellules au toit relevable. On se reverra demain matin bien que nous voulions partir de bonne heure car le gardien du parking veut à tout pris venir en Equateur avec nous et il doit revenir vers 10 heures !

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Mardi 23 septembre 2014

Dès 7 heures, sous un joli soleil, nous nous retrouvons devant nos véhicules. Très agréable moment avec tous ces voyageurs mais un peu trop court à notre gré. Echange d’infos, de guides, de documents et prises de rendez-vous pour se revoir en France et en Suisse. On se dit donc au revoir.

Nous faisons une dernière visite colombienne à Ipiales histoire de prendre un petit déjeuner (1 café, 1 chocolat et 2 viennoiseries chacun pour moins de 2 euros…) et de dépenser nos derniers pesos. Quant à la ville, bof…

2 kilomètres plus loin, c’est la frontière. Passage presque agréable. Visa de sortie de Colombie pour nous et Ive. Visa d’entrée en Equateur avec seulement 3 photocopies. Les bureaux sont regroupés et bien indiqués, le passage prend à peine une heure. Nous voilà donc dans notre 11° pays de ce continent sur les 16 que nous devons traverser.

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