Equateur

Du mardi 23 septembre au

mercredi 8 Octobre 2014

 

equateur-trajet

Mardi 23 septembre 2014

Dès 7 heures, sous un joli soleil, nous nous retrouvons devant nos véhicules. Très agréable moment avec tous ces voyageurs mais un peu trop court à notre gré. Echange d’infos, de guides, de documents et prises de rendez-vous pour se revoir en France et en Suisse. On se dit donc au revoir…

Nous faisons une dernière visite colombienne à Ipiales histoire de prendre un petit déjeuner (1 café, 1 chocolat et 2 viennoiseries chacun pour moins de 2 euros…) et de dépenser nos derniers pesos. Quant à la ville, bof…

2 kilomètres plus loin, c’est la frontière. Passage presque agréable. Visa de sortie de Colombie pour nous et Ive. Visa d’entrée en Equateur avec seulement 3 photocopies. Les bureaux sont regroupés et bien indiqués, le passage prend à peine une heure. Nous voilà donc dans notre 11° pays de ce continent sur les 16 que nous devons traverser.

En Equateur, l’assurance n’est pas obligatoire mais nous préférons en prendre une. Nous nous arrêtons donc à Tulcan mais les petits bureaux de la SOAT ne délivrent pas des assurances temporaires (seulement pour un an) et le bureau principal au terminal des transports est fermé. On verra plus tard ! Par contre, à Tulcan, le cimetière est bien ouvert et ça vaut le détour ! Quelles magnifiques sculptures végétales ! C’est vraiment époustouflant !

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Ensuite, direction Ibarra : nous avons les coordonnées GPS d’un camping au bord de la laguna Yahuarcocha à l’entrée d’Ibarra. Beau paysage de montagne : la route n’arrête pas de monter et de descendre. D’abord beaucoup de cultures et d’élevage. Quand on descend en altitude, ça devient plus aride puis on remonte à 2 800 mètres. Grande déviation pour cause de travaux mais sur des routes en bon état. Notre GPS essaie de nous faire passer par une route qui n’existe pas … Nous trouvons finalement la laguna et même le camping où se trouve déjà un camping-car français, celui d’Anne-Marie et Gabriel qui remontent aussi vers le nord (ils ont fêté hier leur première année de voyage en Amérique du sud : http://lestrotteurs.eklablog.com/ ). Nous passons une très agréable soirée en leur compagnie autour d’une tarte au fromage cuite à la poêle et une excellente soupe de légumes, confectionnées par Anne-Marie).

Le camping est le camping Sommerwind, sur l’Autopista Yahuarcocha (00°22’51,0″ – 78°05’22,1′) : http://finca-sommerwind.com/

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Mercredi 24 septembre 2014

Journée repos sur le camping. On fignole notre itinéraire en Equateur, on fait une machine (les propriétaires du camping – Hans et Patricia -, d’origine allemande, mettent leur machine à laver à la disposition des campeurs), on a également la possibilité de faire remplir notre bouteille de gaz et ça, c’est super car on n’a pas à chercher une usine qui veuille bien s’en occuper ! Notre dernier achat de gaz était à Tok en Alaska, le 10 août 2013 !

Seul désagrément : l’herbe du camping est infestée de petites insectes piqueurs minuscules qui font d’énormes boutons, certainement les fameux sand-flies !

Jeudi 25 septembre 2014

Nous disons au revoir à Anne-Marie et Gabriel après avoir discuté ensemble encore un bon moment. Dommage que nos routes ne se croisent qu’un moment, du moins en Equateur.

Quelques courses à Ibarra au Supermarché « Supermaxi » où nous trouvons des prix plus chers qu’en Colombie. Par contre, quel plaisir de faire le plein pour moins de 15 euros ! Le litre de diesel est à seulement 0,22 euros ! Ensuite, nous nous arrêtons un moment à Cotacachi, la « cité du cuir » (où nous ne trouvons pas notre bonheur) puis direction la laguna de Cuichoca chère à Ligia et Jean-Michel. Effectivement, elle est très jolie mais ce soir (17 h 30), les nuages arrivent et la brume recouvre rapidement tout. Nous y verrons plus clair demain.

Impossible de bivouaquer vers l’hôtel qui se trouve dans le Parc en fin de route. Un espace dégagé à 200 mètres avant l’entrée du Parc est à la disposition des camping-caristes. Nous nous y installons pour la nuit à 3 050 mètres d’altitude.

Vendredi 26 septembre 2014

Les abords de la laguna Cuicocha sont une réserve biologique. C’est la raison pour laquelle il est désormais interdit d’y camper. Il y a tout de même un restaurant et un hôtel et nous avons vu au moins un bateau à moteur sur la laguna. Au milieu de la nuit, la brume s’est levée, le ciel s’est éclairci. Nous voyons bien les lumières d’une usine en face de nous, de l’autre côté de la vallée. Ce matin, seulement 5° dehors et 10 dans le fourgon mais un grand ciel bleu et du soleil réchauffent vite l’atmosphère.

Un sentier permet, sur une dizaine de kilomètres, de faire le tour de la laguna (« laguna » = petit lac). Nous le parcourons pendant une bonne heure et nous arrêtons en bas de la dernière grande montée : nous ne voulons pas renouveler les péripéties de Las Lajas ! Nous avons un temps splendide. Que linda, que buena esta laguna ! C’est le fond d’un cratère qui s’est rempli d’eau laissant émerger 2 îlots. L’eau est d’un beau bleu profond, d’un bleu plus transparent sur les bords. La végétation sur les pentes alentours offre un écrin vert au lac. C’est vraiment magnifique ! On s’y verrait bien au bord dans une petite cabane (comme au bord des lacs canadiens…). On voit bien le sommet légèrement enneigé du volcan Cotacachi .

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Nous prenons ensuite la route vers Otavalo et bivouaquons sur le parking (du bas) de la cascade de Peguche (au village Peguche), un bivouac que nous avaient indiqué Anne-Marie et Gabriel. Nous sommes descendus à environ 2500 mètres d’altitude. Petite promenade dans le village qui est bien désert. Quelques boutiques de souvenirs-glaces-boissons sont encore ouvertes mais le marché artisanal ne fonctionne pas : nous ne verrons pas les artistes de ce « minuscule village de tisserands » vantés par le Lonely Planet.

Samedi 27 septembre 2014

Bivouac très tranquille. Nous y croisons en soirée un couple de jeunes touristes français, sac à dos, un mois en Equateur.

Ce matin, nous allons au célèbre marché d’Otavalo. Le samedi, il déborde la place centrale où il se trouve quotidiennement pour envahir les rues voisines. Enormément d’articles tissés : hamacs, sacs, vêtements, pantalons, écharpes, bonnets, … Il y en a des milliers qui se ressemblent beaucoup. Ajoutez à cela des bibelots divers, des petits tableaux, des chapeaux, … Il y a de jolis articles, de belles couleurs. Mais ça vient d’où tout ça ? Nous nous intéressons aux hamacs, ils sont étiquetés « hacha en Ecuador ». Et toujours l’éternelle question : comment les 50 ou 100 commerçants qui vendent à peu près les mêmes articles peuvent-ils gagner leur vie ? D’autant plus qu’il n’y a pas une foule de touristes et peu de « locaux ». Finalement, nous repartirons avec 2 grands hamacs et un petit pour 60 dollars.

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Plus intéressants, les marchands de nourriture : différentes farines, différents maïs, petits pois et fèves écossés, les inévitables tas de poulets. Egalement les petits stands pour consommer sur place ou emporter sa nourriture avec, en particulier, le cochon grillé… C’est à un de ces stands que nous nous attablons pour une assiette de maïs, beignets de pomme de terre et cochon grillé pour seulement 2 dollars. Très bon en plus !

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La majorité des femmes sont en costume traditionnel : jupe tenue par une ceinture, chemisier, rangs de petites perles autour du cou. Souvent, les hommes ne conservent de la tradition que les cheveux longs nattés.

Nous allons ensuite à la sortie d’Otavalo, au camping Rincon del Viajero donné par Exploracy (00° 13.110 – 78° 16.576 ).. Nous y rencontrons Anette et Klaus, 2 camping-caristes allemands à qui nous rachetons 2 000 pesos argentins (236 $). La température qui a monté à 40° au soleil est passée à 27 sous les nuages. A 17 heures, toujours sous les nuages, il ne fait plus que 19°.

Dimanche 28 septembre 2014

Après une matinée pépère au camping, nous allons à San Vincente de Guayllabamba dire bonjour à Gloria et Alicia, la mère et la sœur de Ligia (Ligia est la compagne de Jean-Michel, notre ami de Montréal).

Grâce aux explications de Jean-Michel, nous trouvons la maison facilement. Nous sommes accueillis très chaleureusement. Nous visitons le beau jardin (Gloria préfère parler de « finca pequeña« , petite ferme) : arbres fruitiers que nous ne connaissons pas en France, figuiers, caféiers, avocatiers, une grande partie avec des plantes pour nourrir les cochons d’inde (que l’on élève ici comme chez nous les lapins et, d’après Gloria, c’est bien meilleur que les lapins, plus savoureux), …

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Elles nous servent ensuite un copieux thé avec du pain fait maison. Une chambre est à notre disposition mais nous préférons dormir dans notre petite maison roulante, d’une part pour ne pas abuser de leur gentillesse et d’autre part pour ne pas laisser Ive tout seul… Après avoir pris rendez-vous pour le petit déjeuner et le repas de midi, nous allons nous installer près de leur maison sur un terrain de sport. Nous sommes à 2 600 mètres d’altitude.

Lundi 29 septembre 2014

Nous commençons la journée par un bon petit déjeuner préparé par Mamie Glorita dont un café savoureux fait avec les grains des caféiers du jardin. Nous allons ensuite jusqu’à la maison de son fils à 1 kilomètre de là environ d’où l’on a une très belle vue sur les montagnes environnantes. Après avoir flâné un peu dans le jardin et profité de la connexion Internet, nous voilà de nouveau à table pour un excellent repas équatorien : choclo (maïs frais) avec du fromage, soupe de pommes de terre, poulet rôti, riz et petits légumes et, pour finir, une mousse à la mûre (du jardin bien sûr). Nous nous régalons.

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Nous papotons encore un peu puis nous leur disons un grand merci pour cet accueil si chaleureux et au revoir. Direction Quito où nous voulons arriver avant 17 heures afin d’avoir un premier contact avec le garage Iveco.

Nous avons relevé les coordonnées GPS du garage sur Google et nous avons certainement fait une erreur car notre GPS Carmen nous mène dans un drôle de quartier excentré avec des descentes impressionnantes et, comme elles ne mènent nulle part, il nous faut tout remonter en première, doucement, avec de fortes odeurs d’embrayage ! Nous en revenons à la bonne vieille méthode de demander aux passants notre adresse et, après 3 questionnements, nous avons le plaisir de voir un grand panneau « IVECO« .

Un technicien vient immédiatement jeter un coup d’œil au véhicule, nous lui montrons la liste de tout ce que nous attendons du garage (contrôles divers, vérification de l’embrayage, vidange, ….) et nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin 8 h 30. Nous demandons où il est possible de stationner pour la nuit et il nous propose le parking dans le garage même… Apparemment, Iveco ne faillira pas à sa bonne réputation !

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Mardi 30 septembre 2014

Nous avons laissé notre fourgon entre de bonnes mains, du moins nous l’espérons. Nous allons à pied rejoindre une station du «  trole » (trolley – 1/2 heure de trajet à pied) pour rejoindre le centre historique de Quito (la vieille ville). Egalement ½ heure de trajet mais dans des wagons surchargés (merci aux voyageurs qui disent que prendre les transports publics locaux est intéressant !). Et c’est dans cette cohue que Jean-Jack se fait voler son porte-monnaie qui était dans une poche basse de son pantalon, fermée par un scratch ! 80 dollars dedans mais, heureusement rien d’autre (pas de papiers). Tant pis ! Il ne s’est vraiment rendu compte de rien.

Petit tour à l’office de tourisme et sur la Plazza Grande où se trouve le Palais du Gouverneur (une file pour y entrer, nous y renonçons), la Cathédrale (fermée de ces heures-ci).

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Nous passons par la place San Francisco et son immense monastère et arrivons à la Casa del Albado, musée présentant des œuvres précolombiennes. Muséographie moderne, les œuvres sont remarquablement exposées dans un cadre très aéré et très bien éclairé. La majorité de ce qu’on voit est époustouflant. : sculptures datant de -5 000 à -1 500 d’un modernisme incroyable, des pièces en argile plus récentes avec des détails très réalistes, des expressions sur les visages. Ça manque peut-être un peu d’explications.

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Depuis l’entrée (visite payante), nous regardons les dorures de l’église de la Compagnie de Jésus : de l’or à profusion… Nous gardons les dollars qui nous restent pour visiter le Museo de la Ciudad qui retrace l’évolution de la ville. Bien sûr, ici, l’existence de Quito débute avec la conquête espagnole alors que se dressait à cet emplacement une grande cité Inca (que les Incas avaient rasé afin d’éviter qu’elle ne tombe entre les mains des Conquistadors). D’une façon générale, nous n’avons pas trouvé le centre historique de Quito super, nous préférons largement les villes coloniales du Mexique.

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Nous reprenons, malgré notre expérience malheureuse du matin, le «  trole » (qui est en fait un bus à 2 wagons reliés par un accordéon et électrifié sur certains parties du parcours). Là encore, énormément de monde, très étouffant : au bout de 2 stations, nous en descendons et prenons un taxi pour aller au « Consejo Nacional de Transito« , adresse donnée par l’office de tourisme afin d’acheter une assurance pour Ive. Hélas, le « Consejo » a déménagé depuis quelques temps… Nouveau taxi pour rejoindre le garage Iveco. Ive n’est pas encore prêt, il nous faut attendre 2 heures. Facture de 267 dollars : après contrôle, la réparation colombienne de l’embrayage est correcte. Cependant au moment de partir, le témoin disant « allez au garage Iveco le plus proche s’allume ». Ça tombe bien, on y est encore ! Un technicien branche la valise électronique pour détecter les pannes : le relais qui met en marche le ventilateur lorsque le moteur chauffe un peu trop ne marche plus. Ils n’en ont pas ici mais ils vont essayer de le réparer demain. Nous revoilà donc sur le parking du garage pour une nouvelle nuit.

Mercredi 1° octobre 2014

Nous laissons donc encore notre petit Ive aux bons soins des docteurs Iveco et reprenons notre marche à pied pour trouver une assurance SOAT qui, finalement, semble obligatoire. Il y a des points de vente SOAT dans les supermarchés SuperMaxi (ou MegaMaxi). Il y en a un à 1/4 d’heure de marche mais nous arrivons trop tôt car il n’ouvre qu’à 10 heures. Nous attendons l’ouverture sur les marches de l’entrée. Apparemment, ici, ils ne délivrent pas d’assurance pour un mois seulement (que pour un an pour environ 55 dollars) mais on nous donne l’adresse de « Seguros Liberty – Seguros Panamericana » à moins de 10 minutes à pied (Av. Portugal E1272 y Av Aloy Alfaro). Là, en quelques petites minutes, nous avons notre véhicule assuré pour un mois et pour seulement 4,38 dollars (on ne demande pas ce que comprend cette assurance…).

Un taxi (2,50 $) nous conduit à la « casa de la Cultura » où se trouve le « Museo Nacional« . Entrée gratuite mais interdiction de prendre des photos. Nous y passons près de 3 heures. L’immense première salle est consacrée aux céramiques et sculptures précolombiennes allant des premières pointes de flèches de -12 000 aux réalisations incas aux environs de +1 500. Les œuvres sont classées par ethnies mais chacune n’est pas datée. Ainsi, par exemple pour une ethnie ayant existé entre -300 et +1 500, ce qui fait une large tranche de temps, on ne sait pas trop si l’objet a été fabriqué au début ou à la fin. Quoi qu’il en soit, nous admirons la finesse des détails, l’esthétique des formes, l’originalité et l’inventivité des objets (par exemple, un vase en forme de pied humain). Dommage que l’éclairage ne soit pas au top (quelques ampoules grillées, quelques lampes mal orientées).

Il y a également une « sala del oro » où sont exposés des objets en or, argent, cuivre ou platine. Ce sont des pectoraux, diadèmes, boucles d’oreilles, boucles de nez, colliers toujours avec la même belle réalisation.

Enfin, la « sala del arte colonial » renferme quelques œuvres religieuses de l’école de Quito et, en plusieurs tableaux de textes, retrace l’indépendance de l’Equateur.

Retour en taxi au garage où nous récupérons enfin notre Ive. Le relais incriminé était le même que celui qui équipe leurs propres Daily, l’échange a donc pu se faire sans problème (92 $ supplémentaires). Nous allons à quelques kilomètres du garage au Parc du Bicentenaire (ancien aéroport) pour y passer la nuit (0,50 $ l’heure – 00° 08′ 52.9″ – 78° 29′ 19.9″ )

Jeudi 2 octobre 2014

A partit de 5 heures avec un pic à 6, beaucoup de personnes viennent se garer sur ce parking et vont courir dans le Parc ou faire du vélo. A voir les voitures, ce n’est pas n’importe quelle catégorie sociale qui s’adonne ainsi aux sports matinaux ! Ajoutons de la musique bien forte entre 7 et 8 : finalement, ce parking n’était pas aussi tranquille que ça et, en plus, il est relativement cher avec ses 0,50 $ l »heure.

Nous allons jusqu’à l’endroit appelé « la mitad del mundo » (le milieu du monde) où passe l’équateur (en fait, ce n’est pas tout à fait exact car il passe à 240 mètres de là). C’est le lieu où le Français Charles Marie de la Condamine, en 1736, avec une équipe de savants français, 2 officiers espagnols et 2 savants équatoriens, effectua les relevés permettant de situer l’équateur. Les mesures prises lors de l’expédition devaient donner naissance au système métrique et permirent d’établir que la terre n’est pas parfaitement ronde. Aujourd’hui, beaucoup de gens se font photographier avec un pied dans chaque hémisphère… Autour du monument célébrant cet évènement, a été installé tout un village de magasins, restaurants, jeux pour enfants, musées ou salle d’exposition. Outre quelques magasins de souvenirs et des restaurants, la seule salle d’exposition ouverte en ce moment est le pavillon français où se trouve une très intéressante exposition relatant l’expédition de La Condamine (dont les mesures ont été refaites au début du XX° siècle) avec les textes en espagnol, anglais et français.

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Nous repassons ensuite par Quito pour continuer vers le Sud, vers le Parc Cotopaxi. Les derniers 25 kilomètres ne sont que des routes empierrées ou des pistes. Encore beaucoup de poussière dans le fourgon ! A 3 500 mètres d’altitude, on trouve encore des champs cultivés et beaucoup d’élevages de bovins. Quand nous parvenons au Parc, il est presque 17 heures et il ferme à 15 heures ! Le garde nous laisse tout de même entrer après avoir relevé nos numéros de passeport dans son ordinateur car nous voulons camper au bord de la laguna Limpiopugo à 3 866 mètres (petite tentative pour voir comment ça sera dans les Andes péruviennes avec des altitudes frôlant ou dépassant les 4 000 mètres).

Par moment, lorsque les nuages se poussent un peu, nous apercevons le sommet enneigé du volcan Cotopaxi qui culmine à près de 6 000 mètres. Nous bivouaquons sur le parking de la lagune. Beaucoup d’oiseaux autour ou sur la lagune. Dès que le soleil se couche, la température chute à 10°. A 20 heures, il fera seulement 3,3 degrés et ça descendra encore à 1,5 au plus froid de la nuit.

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Vendredi 3 octobre 2014

Mauvaise nuit. Est-ce dû à l’altitude ? Au repas pris dans un restaurant à midi ? Nous avons mal à la tête, parfois des difficultés à prendre son souffle, des envies de vomir : ces symptômes sont en fait bien caractéristiques du « mal des montagnes« . Il est vrai que nous sommes à un peu plus de 3 800 mètres d’altitude. Grand moment d’insomnie entre 1 h et 3 heures du matin…

Paysages merveilleux, assez désertiques, avec sa piste en tôle ondulée, ça nous rappelle un peu la Mongolie. Nous regrettons de ne pas pouvoir nous y promener davantage. Bref, après avoir décoincé une pierre prise entre les roues jumelles (il nous faut mettre sur cric et débloquer une roue), nous mettons le cap vers plus bas. Nous quittons les oiseaux de la laguna et retrouvons le long des routes quelques petits rapaces, des taureaux et des lamas.

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Les 25 kilomètres de piste et de route empierrée, la difficulté à séjourner un peu en altitude nous font prendre la décision de ne pas faire la « boucle de Quilotoa« . Pour la suite du voyage, nous essaierons de ne faire que traverser les zones hautes sans, si possible, y effectuer des bivouacs à plus de 3 000 mètres.

Nous voulons faire une étape à Ambato et visiter la ville (210 000 habitants, 2 800 m). Une circulation dense en ville et, surtout, pas de «  parqueadero » où nous aurions pu passer la nuit tranquillement. Tant pis, nous quittons la ville et reprenons la Transamericana 35 vers Riobamba. A la sortie de Ambato, nous trouvons une Place où nous pouvons stationner. Très bruyant avec la 35 à côté mais il est tard et nous ne voulons pas circuler de nuit.

Samedi 4 octobre 2014

Le début de nuit fut un peu bruyant (musique boum, boum) mais ça n’a duré qu’une heure, ouf ! Ensuite le matin, c’est l’alarme d’une voiture qui retentit pendant aussi presque une heure.

Nous allons jusqu’à Riobamba (2750 mètres d’altitude). Très jolis paysages sur les flancs des montagnes : des patchworks dessinés par les champs apparemment cultivés où se mêlent les nuances de brun et de vert. Peu de circulation sauf dans les grandes villes et réseau routier toujours en très bon état. Nous faisons le plein du réservoir de gasoil : ça fait drôle de mettre 65 litres et de payer moins de 15 euros. Le carburant est au même prix de partout : 1,037 dollars pour le galon de diesel soit 0,22 … le litre ! Le rêve de tout automobiliste !

Nous allons au parking de l’hôtel Whymper (bivouac Exploracy), toujours le même prix de 10 $ la nuit. Il faut en ajouter 15 pour bénéficier d’une salle de bain dans une petite chambre. Une grande chambre avec le parking ne coûte que 35 dollars. C’est cette solution que nous choisissons. Nous trouvons aussi une « lavanderia » pas très loin de l’hôtel qui nous lave et sèche nos 16 livres de linge pour 9 dollars. Un peu de ménage pour enlever toute la poussière des pistes de la cabine en particulier puis on écoute les cloches de l’église voisine qui sonnent tous les ¼ d’heure…

Dimanche 5 octobre 2014

Quelle nuit ! D’abord les cloches, ensuite de la musique forte jusqu’à 3 heures du matin provenant certainement de la place située devant l’hôtel, et des petits coups de sirène de police ou d’ambulance jusqu’à 1 heure. Ajoutez à cela les voisins de chambre : un qui téléphone dans le couloir ou l’escalier à une heure et d’autres qui font grincer le lit pendant un moment à 3 heures ! Il ne manquait plus que le chien qui aboyait dans la cour de l’hôtel et les cloches qui reprirent leur folle sarabande dès 5 heures ! Néanmoins, nous apprécions la douche de l’hôtel et le wifi.

Nous partons en direction d’Ingapirca à environ 200 kilomètres de Riobamba. C’est le site archéologique de l’Equateur le mieux préservé. Toujours des paysages de montagnes grandioses tantôt cultivés, tantôt moins. A quelques dizaines de kilomètres d’Ingapirca, nous retrouvons des paysages verdoyants avec beaucoup plus d’élevage et de culture, beaucoup plus arborés également. On se régale avec les couleurs différentes des champs, la vue de ces villages accrochés aux flancs des montagnes où nous voyons encore beaucoup d’indiennes en costumes traditionnels, de jolies jupes et souvent des chapeaux sur la tête.

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Régulièrement, nous voyons de grands panneaux publicitaires vantant les mérites de la « patria« . Dommage que de temps en temps les bords des routes soient pollués par des déchets malgré les nombreux panneaux demandant de prendre soin des arbres, de la nature, de l’environnement, de l’eau, …

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La route, en général en très bon état et large, monte et descend sans cesse, passant de 2 500 mètres à 3 300, avec bien sûr des tournants. Nous rencontrons 2 jeunes cyclistes français : nous sommes admiratifs quand on voit cette route. Ils nous disent que parfois ils vont à 85 km/h dans les descentes mais arrivent difficilement à dépasser les 4 ou 5 km/h dans les montées. Et ils arrivent néanmoins à faire une centaine de kilomètres par jour. Chapeau !

Nous arrivons à Ingapirca en fin d’après-midi. Nous visiterons le site demain matin. Nous pouvons sans problème bivouaquer sur le parking du site. Nous sommes à un peu plus de 3 100 mètres d’altitude, nous allons bien voir si le mal des montagnes est aussi présent…

Lundi 6 octobre 2014

A part une personne qui tape 2 ou 3 fois sur le fourgon en début de nuit, tout se passe bien et dans le calme. Malgré les 3 150 mètres, nous passons une bonne nuit et ne sommes pas incommodés par l’altitude.

Nous visitons donc ce site inca (auparavant, il existait là des constructions cañaris ). Les Espagnols, au moment de la conquête, ont abondamment pillé les pierres du site pour construire les villages alentours. Il ne reste aujourd’hui que les fondations et quelques pierres des murs en hauteur ce qui donne néanmoins une bonne idée du tracé de cette cité. Le « castillo  » est l’élément architectural le mieux préservé. De plus, ses pierres ont une jolie couleur verdâtre et jaune-orangée mais on a l’impression qu’elles devaient à l’origine être recouvertes d’un crépi. Nous voyons les restes d’une large route entièrement pavée ainsi que des éléments du système hydraulique.

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Après cette visite, nous allons à Cuenca avec toujours des routes qui montent et qui descendent. Nous admirons encore le paysage de plus en plus verdoyant bien que, à 3 600 mètres, nous nous retrouvons dans un épais brouillard. A Cuenca (2 100 m seulement), nous trouvons facilement le parqueadero au 17-28 calle Mariscal Lamar (4 $ la nuit et 4 $ la journée). Nous ne sommes qu’à ¼ d’heure à pied du centre ville (el Parque Calderon ). Cette partie de la vieille ville offre quelques jolies maisons et bâtiments et de nombreuses églises aussi grandes qu’inutiles. En particulier, la cathédrale de la « Immaculada concepcion » avec ses immenses dômes en céramique tchèque bleu pâle est gigantesque. Et encore, ses clochers ont dû être tronqués en raison d’une erreur de conception !

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Nous visitons le sombre Museo del sombrero de paja toquilla (paille de palmier). 2 petites pièces mal éclairées font office de musée ainsi que quelques machines puis il y a par contre une grande salle d’exposition-vente de chapeaux. Comme tout le monde le sait, c’est en Equateur et particulièrement dans cette ville de Cuenca que se fabrique le fameux chapeau  » Panama« . En fait, la seule chose intéressante dans ce « musée » était la photo du palmier qui donne les fibres permettant la fabrication de ces chapeaux.

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Dans certaines rues, on trouve encore des bâtiments coloniaux avec leurs balcons en bois et, le long du Rio Tomebamba , de jolies maisons du XIII°-XIX°

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Nous visitons enfin le Museo de las Culturas Aborigenes qui expose, dans un lieu malheureusement trop petit, des milliers et des milliers d’objets et de céramiques représentant une vingtaine de cultures précolombiennes équatoriennes allant de -15 000 à +1 550 (La Tolita, Valdivia, Chorrera, Jama-Coaque, Cañaris, Puruha , … et pour finir, les Incas ).

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De la pluie ce matin et en fin d ‘après-midi. Petits problèmes « mécaniques » : ce matin, impossible d’ouvrir la porte latérale de l’intérieur. En voulant le faire de l’extérieur, la poignée nous reste dans les mains ! Nous allons en ville en mettant l’alarme. En revenant, impossible de l’arrêter avec la télécommande. Bien sûr, en ouvrant une porte, elle se met en marche. Pour l’arrêter une seule solution : débrancher la sirène. C’est certainement en relation avec ce problème de porte. Et le prochain garage Iveco est à Lima, à 1 650 kilomètres d’ici… De plus, voilà que le robinet alimenté par le filtre ne laisse pratiquement plus passer d’eau. Ce filtre doit être bouché. Pour le changer, il faut avoir accès au compartiment sous l’évier accessible par une porte lorsqu’on ouvre la porte latérale du fourgon… Donc, il faudra pendant une quinzaine de jours acheter des bouteilles d’eau. Pas trop grave tout ça, simplement ennuyeux.

Mardi 7 octobre 2014

Voilà un mois que nous avons repris notre voyage. Un peu lentement, à peine une moyenne de 80 kilomètres par jour et il nous reste encore beaucoup à faire… Nous décidons d’accélérer un peu le rythme et d’aller un peu plus à l’essentiel. Voyager, c’est aussi choisir, n’est-ce pas ?

Ce matin, petite marche de ¾ d’heure pour aller au Museo del Banco Central « Pumapungo » (entrée gratuite mais interdiction de photographier). La première partie de ce musée est consacrée à l’ archéologie . Belle exposition « moderne » mais que ça manque d’éclairage et les objets nous paraissent insuffisamment datés ! De plus, les textes sont difficiles à lire à la fois pour ce problème d’éclairage puis parce qu’ils sont le plus souvent écrits sur les façades en verre des vitrines et, pour peu que le fond soit clair, c’est illisible. La partie ethnographique est très aérée et agréable à visiter. On ne sait pas toutefois si les reconstitutions montrent ce qui se passe maintenant ou il y a de nombreuses années. Une exposition temporaire consacrée à l’érotisme vu par des peintres équatoriens termine notre visite. Plusieurs statuettes préhispaniques y figurent et offrent un aspect plus « osé » de l’érotisme que bien des peintres actuels. Nous laisserons de côté plusieurs salles (dont la numismatique). Retour au Parqueadero en taxi (2 $).

Nous prenons la route en direction de la ville de Loja et du Pérou . 200 kilomètres de routes de montagne avec un peu de pluie et, dès que nous dépassons les 3 000 mètres, des nuages et du brouillard. A 2 000 mètres, on retrouve des cactées. Nous nous arrêtons à Loja sur le parking de la piscine incluse dans un grand parc récréatif (2 100 m d’altitude).

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