Pérou

Du mercredi 8 au lundi 27 octobre 2014

 

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Mercredi 8 octobre 2014

Nuit tranquille. En route vers la frontière péruvienne à peu près à 200 kilomètres de là. Petit à petit, nous perdons de l’altitude et gagnons des degrés en température. Nous retrouvons des bougainvillées, des bananiers, et, vers 300-400 mètres des rizières du côté péruvien. Spectacles de montagnes toujours aussi magnifiques avec, près de la frontière, de grands fromagers aux troncs si caractéristiques.

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A un moment, notre warning se met en marche tout seul et ne s’arrête plus même lorsque nous coupons le contact. Après réflexion, nous comprenons qu’il s’agit en fait de l’alarme ! Nous enlevons le fusible qui lui correspond et tout rentre dans l’ordre si ce n’est que celui-ci est aussi le fusible du klaxon. Bon, pas très grave, nous l’utilisions très peu à part pour les chiens qui traversent ou s’installent sur la route. C’est vrai que pour cette première partie du Pérou on en aurait eu un peu besoin vu le nombre de chiens, ânes, chèvres et vaches en liberté au bord ou sur la route !

A la frontière équatorienne, visas de sortie très rapides pour Ive et pour nous. Quelques minutes suffisent. Il nous faudra par contre plus d’une heure et quart pour les visas d’entrée au Pérou bien qu’il n’y ait personne à cette frontière : pas de camions, pratiquement pas de circulations. Le seul problème consiste à faire entrer Ive dans les cases du formulaire et les catégories indiquées par l’ordinateur. La carte grise française, déjà un peu obscure pour nous, l’est encore davantage pour des étrangers. Finalement le douanier, visiblement peu à l’aise avec un clavier, inscrit Ive dans la catégorie « furgon » (« casa rodante » ne semble pas exister et sur notre carte grise est inscrit le mot « fourgon« ). C’est aussi ce qui sera indiqué sur notre assurance SOAT pour un mois et qui nous conduira à la payer 29 $US au lieu de 8 pour une « automovile« .

La route est excellente pour nous conduire 150 kilomètres plus loin à la ville de Sullana. Par contre, le paysage social change avec l’Equateur ! Les maisons paraissent beaucoup plus misérables, il y a des déchets un peu partout et dans les villages que nous traversons, hormis la route centrale qui est goudronnée, pas de trottoirs et les rues ne sont pas asphaltées. Beaucoup de poussière en ce moment et certainement de la boue par temps de pluie. Nous croisons sur plusieurs kilomètres des groupes de « pèlerins » venant d’on ne sait où, dont certains portent des croix. Les plus grandes sont équipées d’une petite roue au pied de la croix : trop facile comme ça…

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A la frontière, il n’y avait pas de « tramites » (ceux qui aident moyennant finances à faire les formalités), ni de changeurs de monnaie. Nous franchissons un péage mais il n’y a personne dans la guérite pour nous demander les « Nouveaux Soles » du passage. Tant mieux car nous n’avions pas encore de cette monnaie péruvienne. A Sullana, dans la partir « moderne » de la ville (rues goudronnées, trottoirs, magasins, …) nous trouvons une rue avec plein de banques dont la « ScotiaBank » que nous n’avions plus vu depuis le Canada ! Nous pouvons ainsi retirer de l’argent au distributeur et faire quelques courses.

Près de 340 kilomètres aujourd’hui, ça suffit ! A la sortie de Sullana, nous nous arrêtons à une station service Primax pour passer la nuit au milieu de nombreux bus. Accueil très chaleureux des pompistes et de l’agent de sécurité.

Jeudi 9 octobre 2014

Matinée sur la route pour aller jusqu’à Lambayeque visiter le Museo Tombas Reales de Sipán (musée des tombes royales de Sipán). La route péruvienne nous change de celle de l’Equateur : elle est plane et toute droite mais … bordée d’ordures ! Nous traversons le désert de Sechura : des dunes, du sable, des arbustes.

Le Musée de Lambayeque dit du « Seigneur de Sipán » retrace des fouilles qui ont eu lieu sur le site des Mochicas (les Moches de Lambayeque) à une cinquantaine de kilomètres de là à partir de 1987. Cette année là, les pouvoirs publics et les archéologues se mobilisèrent pour chasser les « huaqueros » (pilleurs de tombes) des tumulus de Sipán qui étaient en fait des pyramides tronquées (celles-ci étaient construites en briques d’adobe qui, au fil du temps et des intempéries s’étaient dégradées, les pyramides ne ressemblant plus qu’à des collines de terre). Les fouilles permirent de mettre à jour des tombes royales, celle du Seigneur de Sipán, et celle du vieux Seigneur de Sipán, ainsi que d’autres tombes de personnages importants de cette ethnie des Mochicas qui a vécu dans la partie Nord du Pérou actuel entre +100 et +500.

Grâce à de très belles et grandes photos en couleurs, on peut suivre le déroulement des fouilles et découvrir au fur et à mesure les objets qui ont été mis à jour (dont la plupart sont en or et en argent). Des centaines de vases étaient rangés à côté des dépouilles contenant de la nourriture pour le futur voyage du défunt…(plus de 1 100 vases pour le seul Seigneur de Sipán). Une exposition absolument magnifique, super bien faite (que nous recommandons) avec photos, plans, explications (en espagnol; et anglais), la reconstitution des différentes tombes, … Les objets (en métal, en céramique, …) sont d’une finesse d’exécution assez extraordinaire. La remise en état de ces trésors vieux de 1 700 ans est remarquable. Elle a été réalisée en collaboration avec un musée allemand dans un laboratoire au Pérou. Signalons, pour la petite histoire que le Seigneur de Sipán fut enterré avec son épouse, 2 fillettes, 1 garçon, 1 chef militaire, 1 porte-étendard, 2 gardes, 2 chiens et 1 lama…. Photos interdites dans le Musée, entrée 10 Soles péruviens (nouveau soles soit 2,7 € environ) et 2 S pour le parking.

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Nous traversons ensuite la ville de Chilayo en nous arrêtant seulement à Metro pour faire des courses. On retrouve quantité de touk-touk (appelés ici « mototaxis« ), des voitures qui déboîtent sans cesse, des minibus et des taxis qui s’arrêtent sans prévenir et repartent de même, des automobilistes qui remplacent une 2 voies en 3 ou 4 voies, … mais Jean-Jack a l’air de bien s’amuser avec la conduite péruvienne en ville.

Nous allons jusqu’au site archéologique de Sipán (là où ont été trouvées ces tombes) et bivouaquons sur le parking du Musée avec l’autorisation du garde (seuls les 5 derniers kilomètres sont en mauvais état). Nuit particulièrement calme et silencieuse.

Vendredi 10 octobre 2014

Nous allons tout d’abord visiter le musée du site de Sipán . C’est bien sûr un peu une répétition du musée de la veille mais pas seulement. D’une part, l’accent est mis dans une première partie sur le développement des différentes ethnies dans cette partie Nord du Pérou avec, en parallèle, leur développement à Lambayeque . Ensuite, les objets exposés n’ont pas, pour la plupart, été remis en état. Ils sont donc tels que les archéologues les ont trouvés au cours de leurs fouilles. Enfin, dans ce musée, on peut prendre des photos…

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Nous allons ensuite voir le site lui-même. Il y a les fouilles et, à côté, une espèce de colline en terre toute ravinée dont, semble-t-il, seul le bas a été en partie exploré. C’est difficile à croire que ceci a été une pyramide (même tronquée). Les Mochicas ont dû certainement utiliser des millions de briques de terre pour arriver à construire de tels édifices.

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Aujourd’hui, la région est couverte de champs de canne à sucre. Nous repartons vers le sud et retraversons la ville de Chiclayo . Nous avons retrouvé les  » topes  » comme au Mexique (ralentisseurs). Beaucoup de coups de klaxon aussi et on regrette un peu de ne pas pouvoir leur répondre avec le nôtre, toujours déconnecté. On rencontre beaucoup de policiers et, depuis notre arrivée dans ce pays, nous avons été arrêtés plusieurs fois mais c’est très rapide pour nous. Parfois on nous demande notre autorisation temporaire d’importation du véhicule mais le plus souvent on se contente de nous souhaiter bon voyage et de nous serrer la main. En direction de la ville de Trujillo , nous continuons à traverser le désert de Sechura . Route bien droite et plane mais avec une importante circulation de camions. Les dunes de sable (et les tas d’ordure en particulier en approchant des villes et villages) cèdent souvent la place à des kilomètres de culture (d’où vient l’eau ?). On longe aussi un immense espace sur des dizaines de kilomètres qui est, dixit les pancartes, pour un « projet spécial ».

En fin d’après-midi, nous arrivons à Huanchaco et nous voyons … l’ océan Pacifique . Depuis Cartagena de las Indias (Colombie ), nous n’avions plus vu la mer ! Bivouac ce soir au camping Garden de Huanchaco où nous sommes les seuls clients.

Samedi 11 octobre 2014

Nous allons avant de partir saluer l’Océan Pacifique. On entend la rumeur des vagues jusqu’au camping situé à une dizaine de mètres de la plage.

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A une dizaine de kilomètres se trouve le site archéologique de Chan Chan. Ce site est ce qui reste d’une cité Chimú de 60 000 habitants construite vers +1 300 et qui s’étendait sur 20 kilomètres carrés environ. Elle fut construite en briques d’adobe et certains murs atteignaient 10 mètres de haut et 4 mètres de large. Elle se composait de 10 grands faubourgs appelés enclos royaux. Outre le pillage et le saccage des Espagnols, cette cité a bien souffert du temps (vent, inondations, pluies). Une seule partie a pour l’instant été restaurée. Les décorations et les frises représentant souvent des oiseaux marins et des poissons, des formes géométriques, … sont remarquables.

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Direction ensuite les temples du soleil et de la lune (huacas del sol y de la luna). Ils ont été construits par les Mochicas sur une période de 6 siècles (entre +100 et +700). La pyramide du soleil est intéressante car on voit bien l’accumulation des briques et l’empilement des étages qui se faisait petit à petit, au fil des siècles (ici, 5 constructions successives). Certainement grâce à des travaux de restauration, on voit mieux la trace de la construction originale, ça fait moins colline de terre ravinée qu’à Sipán. Les céramiques et artefacts trouvés principalement dans les tombes sont exposés dans le « Museo Huacas de Moche » non loin de ces temples. Très belle et très intéressante exposition (photos interdites).

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Ensuite Carretera Panamericana Norte 1N jusqu’à Chimbote. Toujours une alternance de zones désertiques et sablonneuses et de zones agricoles toutes vertes. Toujours énormément de champs de cannes à sucre. Beaucoup de vent qui fait voltiger le sable.

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Si la circulation reste fluide sur cette magnifique route droite malgré les nombreux camions, elle devient très chaotique dès que nous sommes dans une grande ville : la chaussée est souvent moins bonne, les véhicules nombreux (en particulier les « mototaxis« ), les coups de klaxon incessants, ça double à droite, à gauche, ça multiplie le nombre de voies de la route,… Du sport !

 

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Nous bivouaquons à la sortie de Chimbote devant l’hôtel Acor Iris après en avoir bien sûr demandé la permission.

 

Dimanche 12 octobre 2014

Nous n’avons qu’un tout petit détour de 3 kilomètres à faire pour arriver au site archéologique de Sechin près de Casma. Cette construction date de –1 600 mais on ne sait pas trop quelle ethnie en est à l’origine. Si l’on en croit les bas reliefs (guerriers et captifs qui se font éviscérer) qui ornent 3 des murs extérieurs du temple de ce sanctuaire, ce serait un peuple belliqueux. Le petit musée attenant au site dispose de 2 grandes salles bien vides et poussiéreuses. Il faut dire que ce site a été abondamment pillé par les « huaqueros » (pilleurs de tombes). (Entrée seulement 3 nouveaux soles par personne).

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Nous reprenons la Panamericana Norte puisqu’elle est au Nord de Lima et du Pérou. Dans les villages que nous traversons (et cela se retrouve dans bien des pays d’Amérique latine), les murs sont recouverts de noms et de slogans politiques pour des élections (futures ou passées). A force, ça fait plutôt moche.

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A l’entrée et à la sortie des villes, le sol est souvent recouvert de petits tas de décombres avec, bien sûr, des ordures.

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Il y a tout de même des passages bien beaux sur cette route entre Casma et Barranca lorsqu’il n’y a plus que du minéral et que le sable joue à dessiner de

jolis motifs avec les roches des collines de différentes couleurs : ocre, beige, rouille, rosé, orangé, gris, verdâtre.

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Nous nous arrêtons juste avant Barranca à la fortaleza de Paramonga. Le gardien nous demande d’abord 10 NS par personne ce qui nous semble, à juste titre, injustifié comme tarif. Finalement, il nous laisse rentrer pour seulement 10 pour les 2 (mais sans nous donner de tickets…). Cette forteresse Chimú est en briques d’adobe (les Chimús sont pourtant réputés pour être un peuple pacifique alors pourquoi une telle forteresse ?). Ça manque cruellement d’explications.

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Nous voulons bivouaquer après Barranca, à la Ciudad Sagrado de Caral, aux ruines de la plus vieille civilisation urbaine d’Amérique du Sud qui daterait de 5 000 ans environ. Nous arrivons à trouver la route qui conduit à Caral mais il nous faut demander à 3 reprises pour trouver le chemin de terre qui conduit à ce site. Là, on nous renvoie de pancarte en pancarte mais, au bout de 3 kilomètres et de quelques petits gués (nous, on ne l’est pas trop), nous arrivons enfin au site. Il est 17 h 30 mais on ne nous donne pas l’autorisation de rester là pour la nuit. Bref, on retourne sur la route goudronnée où nous avions vu un « parc campestre » pour y passer la nuit. Sûr qu’on n’ira pas demain matin visiter la ville sainte de Caral vu le chemin de terre qu’il y a…

Lundi 13 octobre 2014

Comme il s’agissait d’un « parc campestre« , nous pensions qu’on nous demanderait une participation pour la nuit passée là mais non. Pourtant, nous avons bien vu hier les personnes qui vivaient là.

Journée brumeuse et par endroits « brouillardeuse » en arrivant vers Lima. Mais la capitale du Pérou où vivent 8,5 millions de péruviens est réputée pour ses brouillards une bonne partie de l’année.

Nous prenons la direction de Lima et du garage Iveco. D’après le GPS, en entrant l’adresse de ce garage nous avons 202 kilomètres à faire et, en rentrant les coordonnées prises sur maps-google.fr, nous en avons 217. Finalement, le GPS situe Iveco 11 kilomètres avant et Google 4 kilomètres plus loin… Heureusement qu’il nous reste notre flair et notre langue pour demander… Toujours est-il que nous avons tourné pendant presque 2 heures dans les rues de la banlieue de Lima pour trouver.

Ce garage est un véritable blockhaus. Tout d’abord, il faut se garer devant avec l’autorisation du gardien du parking qui note vite votre numéro d’immatriculation, ensuite donner une carte d’identité au gardien de la porte qui est fermée de l’intérieur. Le gardien nous fait entrer dans les bureaux, on explique notre cas. Problème, ils n’ont pas la poignée de la porte mais ils peuvent la commander et cela ne prendra qu’un mois pour la recevoir ! Bien sûr, pas question d’attendre ; on leur demande toutefois de jeter un coup d’œil pour qu’on puisse au moins ouvrir la porte latérale de l’intérieur. Il nous faut donc ressortir du bâtiment après avoir récupéré nos cartes d’identité, faire le tour dudit bâtiment avec notre fourgon pour entrer dans l’atelier. Bien sûr, grande porte fermée mais il y a là aussi un gardien qui récupère nos cartes et nous fait rentrer., On nous installe dans une salle d’attente car nous ne pouvons pas rester dans la cour de l’atelier faute de casque. Rapidement le chef d’atelier et un mécano s’occupent de Ive. Bilan : il faut changer toute la serrure, impossible d’ouvrir avec la poignée intérieure mais en enlevant le cache intérieur de la portière et en tirant sur la tige du mécanisme, on peut ouvrir de l’intérieur. Nous n’avons rien à payer pour cette intervention. Nous récupérons nos cartes d’identité en sortant et prenons la route du « Touring y Automovil Club del Perú » à 25 kilomètres au sud de Lima (avec un accès direct sur la « Panamericana Sur« ). Là aussi, 2 gardiens au portail d’entrée. L’un nous conduit à la réception et enfin on peut s’installer entre le terrain de tennis et la piscine… (30 S pour camper + 8 S par personne). C’est fou le nombre de gardes armés qu’il y a de partout !

 

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Mardi 14 octobre 2014

Matinée au camping : nous démontons le cache de la porte latérale et le coupons en 2 pour laisser apparente la tringle et faciliter l’ouverture. Changement aussi du filtre pour l’eau potable. On remet le fusible du klaxon et de l’alarme. Le klaxon fonctionne mais plus l’alarme. Contrôle de la pression des pneus : la pompe montre des faiblesses, on dirait que la pression envoyée n’est pas suffisante pour « contrer » celle qui sort du pneu. Mise en marche de la génératrice. Beaucoup de fumée et elle crache un espèce de mélange huileux. Décidément ! Peut-être est-il temps qu’on rentre !

Direction Nazca. Quelques péages mais, sauf une fois, nous payons le tarif « véhicule léger » comme une automobile. A plusieurs reprises, le long de la route et près de l’océan, nous voyons de grands bâtiments-hangars qui doivent abriter du bétail. Il y en a près de la route : il s’agit en fait d’élevages de poulets en cages. Pauvres pollos !

On passe Pisco puis Ica non sans avoir fait quelques courses à Metro. Bivouac sur une station Petroperú à la sortie d’Ica. La Panamerica Sur est très empruntée. C’est un peu bruyant !

Mercredi 15 octobre 2014

La cave viticole que nous avions repérée sur notre guide est fermée depuis le tremblement de terre de 2007 ! Les infos de Lonely Planet (pourtant édition 2013) datent un peu….

Direction donc Nasca (ou Nazca en français). Quelques kilomètres avant d’arriver à la ville, nous nous arrêtons au Mirador. Pour 2 soles par personne, on peut voir 3 des fameux géoglyphes : vraiment sympa !

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Ensuite, arrêt et bivouac à l’hôtel-camping « la maison Suisse« , presque en face de l’aéroport. 30 S par personne la première nuit, 25 les suivantes. Nous y réservons 2 places pour survoler les lignes de Nasca (100$ US par personne et 25 Soles par personnes de taxes d’aéroport). Rendez-vous est pris pour demain matin 7 h 30.

Dans l’après-midi, nous recalculons notre itinéraire pour savoir si nous pouvons prendre le bateau de retour fin février. Et ça a l’air de coller ! Ce serait donc un mois avant ce qu’on pensait mais depuis quelques temps, nous ressentons un peu de lassitude. Les petits tracas (poignée porte latérale cassée, gonfleur qui ne marche plus, génératrice qui a quelques problèmes, …) nous touchent plus et nous avons envie de rentrer.

Jeudi 16 octobre 2014

Nous sommes évidemment à l’heure dans le hall de l’hôtel. Le minibus qui doit nous amener à l’aéroport arrive 5 minutes après. Enregistrement à l’arrivée auprès de la compagnie Aeronasca (on compte 8 compagnies dans le hall de l’aéroport). Le temps passe, on aurait dû embarquer 40 minutes plus tard. Une heure après, on nous propose de faire le survol du site de Nasca et de celui de Palpa (1 heure de vol au lieu d’une ½ heure) pour seulement 20 $US de plus. Nous refusons. Le temps passe, visiblement, il n’y pas d’autres passagers avec cette compagnie pour le vol sur Nasca. Vers 9 h 30, on nous repropose le vol sur les 2 sites mais cette fois sans supplément de prix (il faut dire que c’est avec un avion 5 places et qu’ils n’avaient que 3 clients d’enregistrés). OK.

Enfin, à 10 heures nous passons le contrôle pour embarquer et, à 10 h 10, notre petit avion décolle. Et tout de suite, dit Chantal, mon estomac et ma tête ne sont plus synchronisés ! Bref, une heure épouvantable de vol dans un petit coucou qui tangue fort. Il faut dire que le pilote fait un survol des figures d’abord sur une aile puis sur l’autre pour que tous les passagers puissent bien tout voir. Sglurp ! Jean-Jack n’est pas bien en forme non plus. On savait bien qu’une demi heure suffisait ! Et tout ça malgré les cachets anti-nausées que nous avions pris le matin.

Certes, on a une belle et intéressante vue d’en haut de ces figures mais difficile de se faire une idée précise de leurs grandeurs. A part le fait d’être sur le site réel, la vision de ces lignes est un peu décevante. Il faut dire aussi qu’on les a tellement vues en photos ! Et puis, se mêlent des chemins, des traces de voitures, … En plus, les résultats des photos ne sont vraiment pas terribles.

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Retour à la maison Suisse où nous allons rester jusqu’à demain histoire de remettre nos estomacs à l’endroit avant d’attaquer la Cordillère des Andes.

Vendredi 17 octobre 2014

Nous prenons la direction de Cusco ce matin. Nous savons que nous allons très rapidement grimper à plus de 4 000 mètres et nous voulons, contrairement à notre expérience malheureuse de la laguna Limpiopugo du Parc Cotopaxi en Equateur ne pas faire halte à l’altitude la plus élevée atteinte dans la journée. Pas possible de s’habituer progressivement à l’altitude car au bout de 60 kilomètres de route nous sommes déjà à 3 000 mètres et 40 kilomètres plus loin, nous atteignons les 4 000. D’après d’autres récits, nous savons que le 2° péage sur cette route se trouve à 320 kilomètres de Nasca et « seulement » à 3 500 mètres d’altitude. C’est donc notre but et nous mettrons tout de même presque 7 heures pour l’atteindre.

La route est excellente et large. Il n’y a que peu de circulation et doubler les quelques camions que nous rencontrons ne pose pas de problème. Nous sommes surpris de trouver une Cordillère des Andes aussi aride. Il n’y a, sauf à quelques endroits, que des rochers nus ou une végétation assez rase et bien jaune en cette saison.

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Pourtant, les animaux y sont nombreux : beaucoup de vaches et taureaux, quelques ânes et chevaux et de nombreux lamas (en fait, nous ne sommes pas capables de reconnaître les lamas des vigognes, des guanacos ou des alpagas ; il semblerait qu’il y ait beaucoup de vigognes dans cette région vivant dans certains cas à l’état sauvage). Nous croisons plusieurs troupeaux importants, parfois plusieurs centaines de ces camélidés, en compagnie même de moutons.

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Nous sommes aussi très surpris, à plus de 4 000 mètres d’altitude de trouver des flamands roses sur un petit lac. Ils ne doivent pas avoir très chaud !

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Vers 4 500 mètres (notre point culminant atteint aujourd’hui sera de 4 550 mètres), la température chute rapidement à 3,7° et il commence à neiger ! Ça durera un bon quart d’heure. Les terres de part et d’autre de la route se couvrent d’une mince couche de neige mais fort heureusement, ça ne tient pas sur la route.

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Nous arrivons enfin à ce péage (où on ne doit pas payer d’ailleurs), bien contents de pouvoir nous y arrêter pour la nuit. Si Jean-Jack supporte relativement bien cette altitude, il n’en est pas de même pour Chantal : violents maux de tête, envie de vomir, difficultés à dormir, c’est bien le fameux mal des montagnes. Demain soir, nous devrions être à Cusco, tout de même à 3 300 mètres… La température chutera seulement à 5° (10 dans le fourgon). Nous avions sorti la couette…

Samedi 18 octobre 2014

En route ! Pendant plus de 100 kilomètres, nous suivons au fond de la vallée le rio dont on n’arrive pas à savoir le nom. La route continue à descendre tranquillement jusqu’à 1 800 mètres. A partir de Abancay, nous remontons brutalement à 4 000 puis redescendons encore. Nous avons 2 séries de virages importants en U, en épingle à cheveu, en W ou en M (au choix). Vraiment impressionnant de voir les dessins que ça fait sur l’écran du GPS ! Sauf en altitude, tout est plus vert, plus arboré, plus cultivé et urbanisé. Nous ne verrons pas de lamas aujourd’hui mais de nombreux animaux en bord de route (chiens, chevaux, ânes, moutons, cochons, vaches).

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A certains moments, nous longeons ou apercevons non loin de la route des kilomètres de murets en pierres partageant les terrains en petites parcelles. Certains versants sont entièrement occupés par des restanques. Plus on arrive sur Cusco, plus nombreuses sont les maisons en briques d’adobe, la même technique utilisée par les Mochicas il y a une dizaine de siècles. Peu d’entre elles sont crépies et, avec le vent et la pluie, l’extérieur commence à se dégrader.

A Cusco, nous « visons » le camping Quintan Lala. Nous mettrons finalement plus d’une heure à le trouver, nous engageant dans les ruelles de la vieille ville très étroites, ayant parfois du mal à tourner. D’après Chantal, « Jean-Jack persiste, conduit notre grand Ive de main de maître (claro que si) alors que je m’effondre en voyant les rues se rétrécir et tout ça avec des pentes impressionnantes ! » On finit toutefois à voir la pancarte dudit camping mais il est fermé et personne ne nous ouvre. Nous allons nous garer sur le parking du site archéologique Sacsayhuaman guère plus loin. Mais, c’est interdit d’y rester la nuit. On revient au camping et là, en klaxonnant plusieurs fois, quelqu’un vient ouvrir et nous accueille. Ouf ! Il fait nuit mais on a une belle vue sur les lumières de la ville.

Pour Chantal, toujours de forts maux de tête, des sensations d’écœurement en fin de journée plus un temps d’insomnie. Jean-Jack se contentera d’insomnies. C’est le lot des touristes à trop haute altitude.

Dimanche 19 octobre 2014

Matinée relax. Dans le camping, des Allemands et des Suisses germanophones, un Péruvien et, le soir 2 camping-caristes du Colorado.

Nous descendons à pied jusqu’à la Plaza de Armas (2 kilomètres).

Renseignements pris à Perurail pour aller de Ollantaytambo à Aguas Calientes (maintenant appelée Machu Pichu Pueblo) en train : 142 $US par personne et encore en choisissant des horaires moins chers (le prix varie en fonction de l’heure). Puis courses au supermarché Plaza Vea et retour en taxi (15 S).

Lundi 20 octobre 2014

Pas bien chaud aujourd’hui, pas de soleil et de la pluie de temps en temps. A 17 heures, la température extérieure sera de seulement 9,2°. Nous descendons à la Plaza de Armas en taxi car nous avons 9 kilogrammes de linge à déposer dans une laverie. Ceci fait, nous achetons nos billets Ollantaytambo-Machu Pichu auprès de IncaRail car l’aller-retour ne coûte « que » 114 dollars US par personne (au lieu de 142 avec PeruRail). De plus, IncaRail dispose à Ollantaytambo d’un parking où nous pourrons laisser notre véhicule les 2 jours du voyage au Machu Pichu.

Ensuite, nous trouvons enfin un point Western Union d’où nous pouvons envoyer de l’argent en Argentine pour régler l’assurance qui nous couvrira pendant le reste de notre voyage en Bolivie, au Chili, en Argentine et en Uruguay. Nous trouvons également un cybercafé pour imprimer cette assurance que nous avions reçue par mail. Tout avance bien aujourd’hui !

Nous faisons un excellent repas au restaurant Cicciolina, près de la Plaza de Armas. Jean-Jack prend de l’alpaga, le cousin du lama. Il trouve ça excellent, c’est une viande rouge avec un goût particulier, agréable.

Nous visitons ensuite le Museo Inka : intéressant bien qu’un peu vieillot dans la présentation. Il aurait bien besoin d’un sérieux lifting. On fait ensuite un petit tour au Choco Museo où on nous fait goûter de l’infusion d’écorce de grains de cacao : bof !

On commence à bien connaître la Plaza de Armas et les ruelles avoisinantes… On se fait souvent accoster pour acheter des objets (des peintures, des calebasses, …), un tourist tour, avoir des massages, rentrer dans un restaurant, … Ce centre historique est agréable en particulier avec les balcons en bois sur de nombreux immeubles. Mais, dès qu’on s’éloigne de ce quartier, les rues sont nettement moins bien entretenues, on retrouve sur la chausse des déchets et quelques gravats, les immeubles et maisons sont moins pimpantes…

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Comme prévu, à 16 heures, nous allons prendre notre linge mais il faudra attendre encore ¾ d’heure pour l’avoir ! De plus, on nous a perdu 2 chaussettes (pas de la même paire bien sûr). C’est la première fois où c’est aussi peu soigné.

Retour au camping en taxi (6 NS à l’aller et 10 au retour, allez comprendre pourquoi ! On s’y attendait, la responsable du camping nous avait prévenus).

Mardi 21 octobre 2014

Nous disons au revoir au camping Quinta Lala et à ses camping-caristes, en particulier un couple d’allemands qui va vers le Nord et une Française et une Suisse qui vont vers le Sud et que nous aurons certainement l’occasion de recroiser.

En route vers Ollantaytambo, ville où nous prendrons le train avant de prendre le bus et avant de visiter le Machu Pichu. Nous passons par Pisac et son grand marché complètement déprimant : des dizaines de petites échoppes sur la Plaza de Armas et dans plusieurs rues environnantes, des centaines d’articles identiques (vêtements, céramiques et babioles diverses). Où se trouve l’artisanat réel dans tout ça ?

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La route traverse beaucoup de zones peuplées. L’adobe semble y régner en maître. Certaines de ces maisons sont recouvertes d’un crépi alors que de nombreuses autres sont laissées nues (ainsi que les murs d’enceintes d’ailleurs). Et, bien sûr, comme d’habitude, les murs servent de panneaux électoraux.

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Beaucoup de cultures aussi, principalement du maïs. Belles vues sur les sommets (certains enneigés) et sur les flancs des montagnes avec ce qui nous semble être les vestiges de terrasses pour les cultures.

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Nous visitons aussi « las salineras« , les marais salants de Maras. Ça, c’est un sacré site ! Des marais salants à 3 000 mètres d’altitude avec des bassins de différentes couleurs selon le degré de salinité de l’eau bien sûr, alimentés par un cours d’eau très salé provenant d’une source d’eau chaude au sommet de la vallée. Ce site est exploité depuis l’époque inca, bien avant les Espagnols, of course.

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Nous aurions ensuite aimé voir les terrasses de Moray mais nous ne trouvons qu’une indication à un moment puis plus rien. On laisse béton et on prend la direction de Ollantaytambo où nous bivouaquons sur un grand parking, face au site archéologique, à « seulement » 2 700 mètres d’altitude.

Mercredi 22 octobre 2014

Excellente nuit sur ce grand parking. Nous faisons un repérage à pied dans la ville pour voir le parking proposé par IncaRail, juste à côté de la gare. C’est gardé jour et nuit, c’est parfait. Nous n’avons pas pris le « boleto turistico » pour voir certains sites (trop cher avons-nous estimé) et donc, nous nous contentons de regarder de loin les ruines de la forteresse d’Ollantaytambo.

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Petit tour en passant au marché « artisanal » puis nous attendons le train qui ne part qu’à 16 h 30. Nous aurons alors un peu moins de 2 heures de train, passerons la nuit à Aguas Calientes (appelée aujourd’hui Machu Pichu Pueblo) et prendrons le bus demain matin pour aller visiter la cité mythique.

Nous laissons donc petit Ive sur le parking d’IncaRail aux bons soins des gardiens. Le train est plein (7 wagons soit environ 300 voyageurs). Il part bien à l’heure. On longe le Rio Urubamba. On aperçoit quelques sommets (rarement de la neige). On nous sert quelques biscuits (bons) et une boisson au choix : peut-être pour nous faire oublier le prix exorbitant des billets ? Le train est bruyant et assez chaotique.

On arrive vers 18 h 15 et, en sortant de la gare, on tombe immédiatement sur le marché toujours aussi « artisanal ». Difficile de savoir où se trouve la sortie mais, par chance, nous trouvons la bonne sortie vers le pont qui traverse le rio Urubamba puis vers la rue où se trouve le siège du site pour acheter nos billets. Touristes, vaches à lait ! L’entrée du site est de 126 soles soit environ 35 euros (réglables uniquement par cash et en soles) ! Nous trouvons ensuite rapidement le local des bus : 52 soles l’aller-retour en bus pour le site (19 $ ou 14 €). Puis, ça continue à bien se goupiller pour nous : l’hôtel « los Caminandos » est à moins de 500 mètres des bus et il reste encore une chambre pour seulement 70 soles (environ 20 €). Après avoir un peu traîné sur la place principale pour trouver un restaurant, nous choisissons finalement l’Indio Feliz (décor très particulier genre repaire de pirates). Chef cuisinier français, nous nous régalons et en laissons beaucoup : c’est excellent, bien préparé, très bien présenté et particulièrement abondant. Retour à l’hôtel et dodo.

Jeudi 23 octobre 2014

Lever à 5 h 30 car le premier bus démarre à 5 h 30 et nous voulons éviter l’afflux des touristes en milieu de matinée (le site ouvre à 6 heures du matin !). Nous sommes à l’arrêt des bus peu après 6 heures, faisons la queue mais nous n’attendrons pratiquement pas : dès qu’un bus est plein (petits bus de 30 places), il part. Trajet en bus de 20 minutes environ sur une piste où les virages en épingle à cheveu se succèdent (d’où l’emploi de petits bus). La végétation devient touffue. Et ça y est, à 6 h 30, nous pénétrons dans ce fameux Machu Pichu avec pratiquement pas de queue pour y entrer. Construite au cours du XV° siècle, on ne sait pas trop quel était le rôle de cette cité : domaine royal pour les uns, centre administratif, politique et religieux pour les autres. On ne sait pas trop non plus pourquoi elle aurait été abandonnée (les Espagnols n’en connaissaient pas l’existence).

Par contre, il y a une petite pluie qui tombe et un brouillard dense qui bouche la vue, se lève un peu, revient… ça fait tout de même de belles photos des sommets environnants.

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En cours de matinée, le brouillard disparaît enfin complètement et nous avons un ciel bien dégagé et un soleil qui cogne fort. En attendant, nous nous promenons autour de la « hutte du gardien du rocher funéraire » car c’est de là qu’on a une vue d’ensemble de la cité et observons les lamas (ou leurs cousins) brouter tranquillement en regardant passer les nuages et les touristes.

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Ce que nous avons trouvé de remarquable dans ce site :

    • sa situation : c’est environné de montagnes et c’est plutôt loin de tout. Pas de routes pour les voitures, seulement cette piste utilisée par les bus.

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    • la grandeur du site qui, pourtant, n’abritait parait-il que 500 personnes environ (mais sûr que dans ce nombre, on ne devait pas compter les serviteurs, gardes subalternes, …)

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    • le nombre de terrasses dont la plupart étaient utilisées pour la culture des plantes vivrières, le travail pour établir ces terrasses, manipuler les pierres, les pierres saillantes des murs qui servaient d’escaliers, …

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    • l’assemblage des pierres : ça fait penser à un énorme jeu de construction, un casse tête où il faut bien mettre la petite pierre qui calera toutes les autres. Au niveau de certains bâtiments, en particulier ceux qui avaient une importance religieuse, les pierres sont polies, taillées soigneusement pour s’emboîter à la perfection. Les pierres sont plus grossières, moins taillées lorsqu’il s’agit de construire les habitations ou les murets de soutènement des terrasses.

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    • travail remarquable aussi au niveau de la construction des toitures : des pierres arrondies où seront fixées les cordes servant à maintenir la toiture, des pierres trouées dans lesquelles viendront se loger les bois de la charpente, …

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    • le fait que cette ville n’ait pas été « découverte » par les Espagnols a laissé les constructions beaucoup plus intactes que dans d’autres sites qui ont été « dépierrés » pour servir aux constructions espagnoles. On voit ainsi beaucoup mieux la structure des bâtiments auxquels bien souvent il ne manque que la toiture. Il reste aussi les « canalisations » qui conduisaient l’eau dans la cité (et qui fonctionnent toujours).

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    • au passage, nous avons aussi découvert les chinchillas qui se promènent dans les ruines : sortes de lapins avec une longue queue

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  • le nombre de visiteurs est incroyable (et encore, il serait limité à 2 500 par jour et il est un peu régulé grâce au service des bus). Il vaut mieux arriver tôt car ensuite, après 10 heures c’est un peu l’affluence (en particulier les groupes).

Après plus de 4 heures et demi à arpenter les ruines de cette cité, nous reprenons un bus pour rejoindre Machu Pichu Pueblo. Le blème, c’est que notre train vers Ollantaytambo ne repart qu’à 19 heures. Pas moyen de changer d’horaire car celui de 14 heures est plein. Il nous faut donc patienter. Quand il commence à faire nuit, on se rend compte que cette gare n’a pas d’éclairage (une panne de courant ?). Heureusement que nous avons nos liseuses avec l’éclairage intégré ! C’est aussi sans éclairage que nous irons sur les quais pour embarquer. Départ à l’heure pile et de nouveau un petit encas inca. Nous retrouvons notre fourgon sur le parking d’IncaRail mais nous allons passer la nuit au grand parking de la veille où nous pouvons enfin dormir (un peu crevant cette journée).

Prix de revient de la visite : 140 euros par personne train, bus, entrée du site sans compter l’hôtel et le restaurant). Certes, on aurait pu économiser le train et le bus en faisant plus de route et de piste et en faisant la dernière partie à pied (environ 3 heures) mais il faut aussi savoir s’économiser soi même…

Vendredi 24 octobre 2014

Départ d’Ollantaytambo en direction de Puno et du lac Titicaca. La route continue à être bonne. Un peu de circulation, surtout des bus et des camions. On remonte à plus de 3 000 mètres (le Machu Pichu n’est qu’à 2 700 mètres). Un péage sur la route : un employé grognon refuse nos pièces de 5 centavos en disant qu’elles sont fausses ; il veut nous faire payer le tarif « véhicule lourd ». En lui montrant notre carte grise et nos 3 500 kilogrammes, ça s’arrange (pas pour son caractère).

Tiens, le témoin « problème dans les freins » s’allume. On ne pense pas que ce soit l’usure des plaquettes car nous les avons fait changer au Costa Rica, il y a moins de 7 500 kilomètres. On s’arrête pour manger puis Jean-Jack contrôle le niveau du liquide des freins. Ça va. Il a ensuite l’idée de regarder les branchements électriques des témoins derrière les roues et il découvre qu’un des fils est sectionné. Un petit sucre d’électricien, un peu de chatterton pour consolider le tout et le témoin au tableau de bord ne s’allume plus ! Nous pouvons enfin repartir.

Mais non, pas moyen : on met le contact, les voyants s’allument. On lance le démarreur, tout s’éteint et le démarreur ne tourne pas. On pense bien sûr tout de suite aux charbons puis on constate que tout s’éteint au tableau de bord dès qu’on essaye d’actionner une commande (lève vitre, essuie glace, …). Ce doit donc être un problème électrique. Jean-Jack contrôle la batterie avec son voltmètre (elle est bien chargée), il démonte et nettoie les cosses, rien à faire. Heureusement, nous ne sommes qu’à quelques centaines de mètres d’un petit village. Comme les vitres des portières sont ouvertes et qu’on ne peut plus les remonter, Chantal reste dans le fourgon pendant que Jean-Jack va chercher de l’aide. Il revient peu après avec le restaurateur qui appelle le propriétaire de la grosse ferme près de l’endroit où nous sommes garés. Après d’autres essais qui confirment le problème électrique, Jean-Jack part en voiture avec le « fermier » pour aller chercher un mécano au premier garage (à environ 30 kilomètres de là). Ils reviennent ¾ d’heure plus tard avec ledit mécano. Celui-ci redémonte les cosses, les nettoie soigneusement avec notre papier de verre français, les remonte et … ça marche ! Certainement que Jean-Jack ne les avait pas suffisamment bien nettoyées. On s’en sortira avec 100 Soles (27 euros) : 60 pour le « taxi » et 40 pour le garagiste. Comme il se fait tard, nous bivouaquons devant la ferme et nous allons manger d’excellentes truites au restaurant du village. On y va à pied et en repartant, le restaurateur nous raccompagne toujours à pied pour nous « protéger » des nombreux chiens qui traînent plus ou moins. Sympa !

Samedi 25 octobre 2014

A 8 heures, le fermier vient nous inviter à déjeuner. Du bon lait de ses vaches, du pain et du maïs grillé de ses champs. Nous passons un petit moment à discuter avec lui et son épouse puis nous reprenons la route. Quand on tourne la clef de contact, ça marche, youpi ! Direction la ville de Puno et le lac Titicaca à un peu plus de 300 kilomètres de là.

De 3 700 mètres, on monte à 4 300 puis on reste sur plus de 250 kilomètres à environ 3 800. Nous sommes sur l’altiplano. La route est plus ou moins plate, plus ou moins droite. Cet altiplano nous fait penser à la Mongolie : herbe assez rase, troupeaux éparpillés jusqu’au bord de la route, des sommets en fond de paysage, de gros cumulus dans le ciel mais la comparaison s’arrête là. Nous traversons plusieurs petits villages, non loin de la route, nous voyons de nombreuses fermes en adobe. Beaucoup de ces fermes, beaucoup de maisons de village sont abandonnées. C’est le résultat de l’exode rural : dans les années 1960 plus de la moitié de la population habitait dans les campagnes, ils sont moins de 25% actuellement.

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Aujourd’hui a été la journée des touristes à vélo. Nous en avons doublé 9. D’abord, peu de temps après notre départ, nous avons retrouvé un couple de jeunes français, Romain et Anne-Claire, que nous avions rapidement rencontré hier. Nous avons pris un café ensemble ainsi qu’avec Maggy et Brian, 2 jeunes canadiens de Vancouver. Dans l’après-midi, nous avons échangé quelques mots avec un allemand et plus tard, nous sommes restés un moment au bord de la route pour discuter avec un couple français de la région grenobloise.

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Arrivée dans Puno. Forte circulation avec de nombreux mototaxis. Ça y est, nous apercevons enfin le lac Titicaca ! On tourne un peu pour trouver un parking pour la nuit. Celui dont nous avions le point GPS ferme à 18 heures et on ne peut pas entrer dans le deuxième car le seuil est trop haut (ça touche en dessous). Bref, nous nous garons finalement au bord d’une avenue face au lac qui de ce côté est tout verdâtre d’algues …

Remarque : nous n’avons pas trouvé au Pérou comme au Mexique ou en pire au Québec des dizaines, des centaines de villages s’appelant «  San quelque chose« . Les curetons n’ont pas détrôné les noms des lieux incas.

Dimanche 26 octobre 2014

Nuit assez calme, musique seulement à partir de 8 heures du matin. Nous réussissons à trouver la Plaza de Armas où se trouve le syndicat d’initiative. Bien sûr, il et fermé le dimanche hors saison touristique ! Tant pis, nous allons nous débrouiller tout seuls.

D’abord quelques courses au supermarché Plaza Vea et non dans les dizaines de stands qui encombrent les rues. Ensuite, direction le port lacustre. Nous avons décidé de n’aller que sur les îles Uros, celles qui sont construites vraiment en roseau (d’autres « vrais » îles existent également sur le lac et peuvent se visiter). C’est, par personne, 10 S plus 5 S de droit d’entrée sur les îles. Au moment d’embarquer, nous retrouvons Mette et Claude les 2 cyclistes grenoblois. C’est donc avec eux que nous découvrirons ces îles flottantes.

Depuis qu’on en rêvait de ce lac Titicaca (qui signifie le puma de pierre ou le rocher du puma) et de ses îles en roseau, nous y voilà enfin ! Il est tout d’abord le plus haut lac navigable du monde à plus de 3 800 mètres d’altitude et, de plus, depuis l’époque précolombienne jusqu’à nos jours (du moins du côté bolivien), le peuple des Uros construit, entretien ces îles et y habite.

Nous quittons rapidement cette zone d’algues vertes puis passons par une sorte de chenal à travers les roseaux ( totoras) qui servent à la construction des îles ainsi que des maisons et des bateaux.

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Les Islas Uros sont en fait 87 îles « flottantes » (elles sont tout de même fixées au sol pour ne pas dériver sans cesse), fabriquées par entassement de roseaux. Au fur et à mesure que les couches de roseau inférieures pourrissent, elles sont remplacées en surface par de nouvelles.

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Nous abordons sur l’une d’elles : c’est tout souple quand on marche dessus. Petit temps d’explication par un membre d’une des familles Uros qui vivent sur cette île, puis visite des stands artisanaux de ces familles. Bien sûr, tout ceci est maintenant « marchandisé », commercialisé, « touristiqué » mais il n’empêche que c’est un véritable plaisir que de se trouver sur une de ces îles flottantes.

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Nous refusons de payer 10 S supplémentaire pour aller sur une autre île où se trouve un restaurant sur un de leurs bateaux doubles. Le bateau à moteur nous y conduira quelques instants plus tard puis retour à Puno. Nous disons au revoir à Mette et Claude après une journée bien agréable.

Nous reprenons la route en direction de la Bolivie. Nous ne trouvons pas la route qui aurait pu nous conduire à Cutimbo pour voir des Chullpas (tombes verticales). Tant pis ! En route, nous retrouvons le cycliste allemand d’hier. Nous restons un moment au bord de la route à discuter avec lui. Nous longeons souvent le lac et voyons de nombreux parcs pour la pisciculture.

Nous nous arrêtons en bas du village de Pomata, juste à côté un magnifique puma en pierre, hommage au lac..

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Lundi 27 octobre 2014

Nous longeons encore un peu le lac Titicaca. Vues de loin, les eaux paraissent plus bleues par rapport au verdâtre du port de Puno et quand nous avons fait la traversée en bateau. Nous disons au revoir au Pérou où nous sommes restés près de 3 semaines. Nous ne regretterons pas ses conducteurs qui klaxonnent sans arrêt, se faufilent de partout et ne disent jamais merci quand on laisse passer. Nous ne regretterons pas non plus ses «  gibas« , ses «  rompemuelles » et autres «  reductores de velocidad« .

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