Bolivie

Du lundi 27 octobre
au samedi 8 novembre 2014

 

bolivie-trajet

Lundi 27 octobre 2014

Bolivie : le 13° pays où nous entrons depuis le début de notre voyage dans les Amériques. Le passage de la frontière est très rapide, tant pour sortir du Pérou que pour entrer en Bolivie. Pour chacun de ces pays, il suffit de se rendre à 2 bureaux (immigration et douane pour le véhicule). Ils sont proches ou dans le même bâtiment. De plus, il n’y a pratiquement personne à cette frontière de la ville de Desaguadero au Pérou. On paie seulement 5 Soles à la municipalité de Desaguadero pour un  » uso de via« . Côté bolivien, il y a un bureau de change à des taux qui nous paraissent corrects. On change nos derniers 20 Soles et 50 dollars US de façon à avoir un peu d’argent bolivien et nous voilà en à peine une demi-heure sur les routes de la Bolivie. Jusqu’en 1987, la monnaie nationale était le Peso. Depuis, c’est le boliviano dont l’abréviation est : $B. Peu de changement avec le Pérou, nous sommes toujours dans l’altiplano, la route est bonne (moins qu’au Pérou tout de même) et il y a toujours autant d’ordures en bordure des routes…

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Nous roulons une cinquantaine de kilomètres jusqu’au site archéologique de Tiwanaku. On sait peu de choses sur le peuple qui éleva ce centre cérémonial entre +700 et +1 200 et encore moins sur sa disparition soudaine vers 1 200. Ce site a été abondamment pillé au cours des siècles, ses trésors éparpillés aux 4 coins du monde, ses pierres utilisées pour d’autres constructions. Autant dire qu’il ne reste pas grand-chose à voir sur le site ainsi que dans les 2 musées (céramiques pour l’un et l’énorme monolito Bennett Pachammama de 7,30 m de haut pour l’autre). Quelques parties du site ont été reconstruites, il y reste quelques rares statues. Tout ça ne casse pas des barres d’autant plus que le prix d’entrée est élevé : 80 $B pour les étrangers (environ 9 €).

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Petit avantage : nous pouvons bivouaquer sur le parking du site.

Mardi 28 octobre 2014

La nuit a été bonne, un peu frais le matin comme depuis quelques jours (3° dehors, 9 dedans).

Direction Mallasa au sud de La Paz pour s’installer au camping-hôtel Oberland d’où l’on peut aller ensuite en taxi dans la capitale la lus haute du monde (3 660 mètres). Le trajet pour atteindre La Paz se passe bien mais dès qu’on est dans la ville, notre GPS n’est pas suffisamment bien programmé pour nous assurer un parcours tranquille, il ne connaît pas tous les sens interdits, nous mène parfois dans des rues en impasse, ne connaît pas, bien sûr, les travaux en cours qui bloquent des rues, … Nous passons dans des petites rues où se tiennent des marchés dont les marchandises débordent allègrement des trottoirs, nous passons dans une ruelle où flambent de petits feux de bois odorants devant les portes de personnes qui proposent des affaires ésotériques ou des produits « spirituels », nous descendons une pente pas possible qui débouche sur des travaux et qu’il nous faut bien remonter, … Nous n’y serions jamais passés sans notre brave Carmen ! En bref quand on cesse de l’écouter et qu’on se sert plutôt de notre sens de l’orientation en empruntant des rues plus larges, ça va beaucoup mieux ! Il nous faudra finalement 2 heures et demi pour traverser La Paz !

En espérant la trouver (la paix) dans le parking réservé aux camping-cars de l’hôtel Oberland… C’est bien mais ce soir, la connexion Internet est quasi impossible ! Puis arrivent Jacques et Martine que nous avions déjà rencontré en France en 2011 lors d’une réunion préparatoire à la Mongolie. Il fait bon et pour la première fois depuis très longtemps, nous pouvons nous installer dehors pour l’apéritif. Agréable soirée à s’échanger de bonnes adresses, des points GPS, à bavarder ensemble. Jean-Jack a la bonne surprise de se faire offrir du … pastis !

Mercredi octobre 2014

Nous comptions aller à La Paz pour visiter 4 musées situés dans la même rue mais Martine et Jacques qui ont fait le voyage hier nous ont dit que 3 de ces musées étaient fermés pour cause de rénovation. Du coup, nous décidons de prendre une journée de repos ici d’autant plus que les grandes villes ne nous attirent pas particulièrement. En plus, il fait très beau. Grâce à une connexion très lente, nous parvenons à envoyer quelques mails (mais pas à mettre à jour le site). Du rangement, du ménage, de la cuisine et du repos. Nous discutons encore un grand moment avec Martine et Jacques avant qu’ils ne continuent leur route vers le nord. Dans l’après-midi, les 2 Xénias que nous avions rencontrées au camping de Cusco arrivent. Ce sera certainement la dernière fois que nous les verrons car elles prennent ensuite des itinéraires vraiment différents du nôtre.

Jeudi 30 octobre 2014

Avant de partir, nous allons faire un petit tour à la « Valle de la Luna » dont l’entrée est à moins de 500 mètres du camping. Il s’agit en fait d’une promenade à travers des gorges et des pitons érodés à flanc de collines que les géologues appellent « badlands« . Surprenant et intéressant.

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Puis, départ en direction de Sucre en passant par Oruro puis Potosi. Mais, d’abord, il faut rejoindre la route numéro 1 et donc retourner vers La Paz (il devrait bien y avoir une piste qui le permette directement mais où est-elle, dans quel état ?). Evidemment, notre GPS n’en ayant certainement pas eu assez avant-hier nous fait passer par le marché … aux fleurs ! Franchement, ceux qui ont acheté les cartes Garmin pour l’Amérique du Sud sont à plaindre : ces cartes ne sont vraiment pas bien travaillées. Nous clouons le bec à Carmen et, après avoir demandé à un policier, nous trouvons rapidement « l’autopista n° 1« . Nous longeons à plusieurs reprises ce que nous pensons être le Rio Choqueyapu étant donné la couleur marronnasse de ses eaux et l’écume blanchâtre au-dessus. C’est le Rio le plus pollué de Bolivie en raison des nombreux rejets industriels et humains. Les récents décrets de protection écologiques ont été, semble-t-il, sans aucun effet jusqu’à présent.

Cette autoroute 1 est une 2 fois 2 voies mais voilà, sur presque 200 kilomètres, il y a travaux sur travaux. Une des 2 chaussées est en permanence bouchée et on passe de l’une à l’autre bien des fois. On a l’impression que cette autoroute a été commencée à des dizaines d’endroits différents et que rien n’est achevé. Il y a tout au long de nombreux endroits où des ouvriers travaillent mais ils nous paraissent bien peu nombreux et semblent disposer de bien peu de machines.

Néanmoins, ça roule assez bien, l’asphalte est, en général, assez bon. Nous sommes toujours dans l’altiplano, entre 3 800 et 4 000 mètres (Mallasa n’était « qu’à » 3 300). Le paysage est semi-désertique, peu d’herbe et pas d’arbres. Les bords des routes et les abords des villages sont autant pleins d’ordures qu’au Pérou.

Bivouac devant le commissariat de police de Caracollo, à une quarantaine de kilomètres de Oruro.

Vendredi 31 octobre 2014

Beaucoup de bruit de circulation. Si nous n’avons pas vu beaucoup de poids lourds au Pérou, il y en a un peu plus en Bolivie . Nous reprenons la route vers Potosi en passant par Oruro. Jusqu’à cette ville, toujours autant de chantiers sur une des 2 chaussées. La végétation est toujours rare et clairsemée. Sur les bords de la route, à certains endroits, il y a de petites constructions rondes comme de petites cheminées. Elles sont en adobe, en pierre ou en briquettes ou encore constituées de 4 petits piquets entourés de toile. Si c’est pour protéger d’éventuelles plantations du vent ou des animaux, c’est un peu raté car on ne voit que très rarement un végétal y pousser. Le sol semble très sableux et il y a parfois des plaques blanches : du sel ? Jusqu’où s’étendait la mer qui a laissé les salars du sud de la Bolivie ?

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Après Oruro, nous avons encore environ 200 kilomètres dans l’altiplano en ligne presque droite puis nous recommençons une route de montagne qui nous mènera jusqu’à presque 4 400 mètres d’altitude. La route devient plus sinueuse, monte et descend. Nous retrouvons un paysage de pics et de sommets avec de très jolies couleurs de terre (ocre, vert, rouge, argent). A un moment, nous longeons comme un mini grand canyon. Paysage très agréable.

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Nous retrouvons aussi en milieu de parcours les lamas et leurs cousins. Ils sont des centaines, des milliers de part et d’autre de la route, laissés en toute liberté. Il faut faire attention car ils traversent la route à tout moment. Des panneaux sont d’ailleurs là pour nous le signaler.

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Les traces de l’activité humaine, souvent passées, sont bien présentes : ce sont ces kilomètres de petits murets en pierre qui couturent, balafrent le paysage.

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Les petites maisons, le plus souvent en adobe sont également bien présentes de partout. Isolées ou groupées en hameau ou villages, elles paraissent bien misérables. Beaucoup sont d’ailleurs abandonnées, leurs toits de chaume écroulés.

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Il y a quelques péages sur le parcours. A certains, on paye 4 ou 8 bolivianos après avoir indiqué notre destination, à d’autres, on se contente de montrer le ticket précédent que l’on nous tamponne ou que l’on nous poinçonne. Au dernier péage, plusieurs enfants font la manche. Nous aurons droit à 2 contrôles policiers où on nous demandera seulement notre permis de conduire.

A une vingtaine de kilomètres de Potosi, nous faisons le plein. Ici, les étrangers paient plus cher que les Boliviens (9,10 $B le litre de diesel au lieu de 3,7 – soit 1,01 euro au lieu de 0,41). Mais comme partout dans le monde, il y a moyen de … Cette fois, nous ne paierons que 7 $B (« sin factura » bien sûr). Nous sommes alors descendus à 3 300 mètres et comme Potosi est à un peu plus de 4 000, nous préférons passer la nuit ici, dans le petit village de Tarapaya, près d’une salle des fêtes. Nuit particulièrement calme. Seulement 8° le matin (15 dans le fourgon).

Samedi 1er novembre 2014

Nous allons à Potosi. Très pénible d’y circuler, comme dans toutes les villes un peu importantes (145 000 habitants). L’avenue principale est en travaux. Bref, petites rues en pente, très étroites souvent, pas d’indication, rarement le nom des rues, etc., etc. On trouve finalement à se garer au centre, non loin de la Place du 10 novembre. Place en travaux aussi, entourée de palissages métalliques.

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On se promène un peu dans les rues alentour, agréables d’ailleurs bien qu’avec une grande circulation automobile. Quelques maisons de style colonial avec de jolis balcons en bois et de nombreux fils électriques qui partent dans tous les sens.

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Nous allons jusqu’à la Casa de la Moneda (la Maison de la Monnaie). Nous ne visiterons pas, Chantal n’en a pas du tout envie et Jean-Jack hésite car la visite dure environ 2 heures et doit être obligatoirement guidée. Nous nous contenterons de l’extérieur.

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Potosi fut créée en 1545 après que les Espagnols aient apprisla présence, dans le Cerro Rico (le Mont Riche), d’importants gisements d’argent. Pour les exploiter, ils réduisirent en esclavage les Indiens et, comme cela ne suffisait pas pour renflouer le trésor d’Espagne (compte tenu aussi des pertes considérables de ces esclaves), ils y ajoutèrent des esclaves noirs. En 1572, par exemple, ils instituèrent la « loi du mitad » qui obligeait les Indiens et les Noirs de plus de 18 ans à travailler dans les mines 12 heures par jour. De 1545 à 1825 (indépendance de la Bolivie), on estime que 8 millions d’esclaves périrent dans les mines. Pendant cette même période, plus de 80 églises furent construites. Le paradis pour les uns, l’enfer pour les autres mais, que l’on se rassure, dieu reconnaîtra certainement les siens. Aujourd’hui, ces mines ne sont plus suffisamment rentables et elles ne sont plus exploitées que par des coopératives de mineurs. Certains disent qu’ils arrivent à extraire, dans des conditions toujours aussi pénibles, juste de quoi satisfaire à leurs besoins alors que d’autres disent qu’ils obtiennent ainsi des salaires bien supérieurs aux autres ouvriers et fuyant Potosi à la mauvaise réputation, s’installent dans des villes comme Sucre, achetant des terrains, construisant. Allez savoir. Ce qui est sûr, c’est qu’il leur reste de nombreuses églises…

Repas dans un café Internet : soupe au quinoa excellente, steak de lama pas terrible du tout. Et en route pour Sucre à environ 150 kilomètres de là. Toujours autant d’ordures à l’approche des villages. A une cinquantaine de kilomètres de Potosi, on retrouve de la végétation verte (arbres et arbustes). Finalement, c’est bien agréable aussi le vert végétal… Tout au long de la route, des chiens sot installés : ils regardent passer les voitures et attendent, parait-il, qu’on leur donne de la nourriture. Pas du tout agressif, ils attendent… Les cyclistes que nous avons rencontrés, et qui avaient tous un bâton en travers de leur guidon pour se protéger au cas où, nous disaient que ce ne sont pas ceux-là les plus dangereux. Ce sont ceux des villages, des fermes qui ont tendance à les agresser, à leur courir après, d’où le bâton. En ville, il y en toujours un en train d’aboyer et 1 000 autres (ou presque) qui lui répondent. Très pénible !

A Sucre, pour une fois, notre GPS nous conduit directement chez Audrey, Gaël et Jules. Nous les avions rencontrés à Anvers et Halifax en 2012 (nos véhicules avaient fait le voyage ensemble) puis à nouveau à Québec quelques mois après. Après plus de 2 ans de voyage, ils se sont installés à Sucre pour ouvrir un camping. Pour l’instant, ils ont trouvé le terrain et devraient prochainement commencer la construction du camping. Nous sommes vraiment très heureux de les retrouver 2 ans plus tard : que de choses à se raconter ! Leur petit Jules a maintenant presque 4 ans ; son petit frère devrait arriver dans une quinzaine de jours…

Dimanche 2 novembre 2014

Nous allons faire un tour en ville mais tout ce que nous voulions visiter est fermé aujourd’hui car c’est le jour des défunts et demain ce sera fermé également car ce jour des morts tombant un dimanche, le lundi est férié en Bolivie.

Nous allons jusqu’au cimetière où il y a beaucoup de monde venu fleurir les tombes et mettre des offrandes dans les niches des colombariums (verres pleins d’eau ou d’alcool, petites bouteilles d’alcool et/ou de coca cola, pains, biscuits, feuilles de coca, cigarettes, …). Ça fait penser aux offrandes retrouvées dans les tombes des peuples préhispaniques.

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Nous visitons le marché central proche de la Plaza 25 de mayo puis nous nous faisons conduire en taxi au marché Campesino, plus important (le taxi ne coûte que 4 bolivianos par personne pour l’intérieur de la ville, 5 vers ou depuis l’extérieur). Les halles sont fermées (jour de fête) ainsi que de nombreuses boutiques. Ce marché couvre tout un quartier avec des centaines de petites échoppes le long des rues, regroupées par catégories.

En fin d’après-midi, nous retournons chez Audrey et Gaël et, avec eux, nous allons manger (et très bien) à la Taverne, le restaurant de l’Alliance Française de Sucre.

Lundi 3 novembre 2014

Dans la nuit, nous avons droit aux aboiements des chiens, aux cris répétitifs d’un coq et, à un moment, aux hurlements de quelques personnes saoules. Sinon, le quartier est calme.

Près de la Plaza 25 de mayo, nous allons au café Florin pour pouvoir bénéficier du WiFi et nous y mangeons à midi. Retour au fourgon pour se reposer. Journée complètement ensoleillée (34° dehors, 32 dedans) alors qu’hier avait été très ennuagé.

En fin d’après-midi, nous allons visiter le futur terrain de camping d’Audrey et de Gaël après avoir visionné en 3D sur leur ordinateur les plans de l’aménagement prévu. Voilà un projet très sympathique et nous leur souhaitons une pleine réussite. Ils nous ont invité à manger chez eux et nous passons une très agréable soirée en leur compagnie.

Mardi 4 novembre 2014

Pour pouvoir prendre le bateau pour revenir en Europe, il faut que nous soyons vaccinés contre la fièvre jaune (« Le vaccin international fièvre jaune est exigé par les autorités portuaires du Brésil et du Sénégal où vous faites escale, même si vous ne descendez pas à terre » nous écrit Mme Catalina Da Silva de la compagnie Grimaldi). Nous en parlons à Gaël et Audrey qui téléphonent tout de suite à leur ami belge Catherine « les bons tuyaux ». D’après elle, il nous faut tout d’abord aller dans une centre SDS (Servicio Departamental de Salud) pour obtenir les documents nécessaires. Ce matin, Gaël nous y conduit et nous sert d’interprète. Au SDS, on nous indique qu’il faut commencer par le centre de vaccination situé à environ 1 kilomètre de là. Mais, au centre, les vaccinations n’ont lieu que le vendredi ! Cela ne semble pas poser de problème : immédiatement, 2 secrétaires et une infirmière (ou un médecin) nous conduisent dans un bureau et en 2 minutes, nous sommes tous les 2 vaccinés. Ensuite, il nous faut retourner au SDS pour régler les vaccins (100 $B soit environ 11€ par personne) et obtenir le Carnet de Vaccination International. Et pour finir, il faut revenir au centre de vaccination pour que soit apposé un tampon sur le carnet. C’est sûr que tout aurait été plus simple si tout avait été dans le même bâtiment ! Un grand merci à Gaël qui nous a conduit de partout et nous a bien facilité les choses !

Nous nous retrouvons ensuite sur la Plaza 25 de Mayo. Jolie place bien arborée (la grandeur du caoutchouc est impressionnante) et où de nombreux employés s’occupent à planter des fleurs dans les parterres. Plusieurs bâtiments l’entourent dont, bien sûr, la cathédrale, la « casa de la libertad« , la « prefectura del departamento » avec sa devise « la union es la fuerza« , …

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Nous visitons la « casa de la libertad » : cette maison, transformée aujourd’hui en musée, est chargée d’histoire puisque c’est là que fut signé la déclaration d’indépendance de la Bolivie (« alto Perú » à l’époque) le 6 août 1825 et c’est là également que se tint le premier congrès de la nation bolivienne dans le Salon de l’Indépendance, une ancienne chapelle jésuite.

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Visite également, à côte de cette place, du MUSEF (museo de etnografia y folklore). Il se situe dans le magnifique bâtiment de l’ancienne banque nationale. Très intéressante collection de masques de carnaval du XX° et XXI° siècle. Le reste, malgré les commentaires dithyrambiques de guide, nous laisse un peu sur notre faim.

Nous allons enfin au quartier de la Recoleta qui domine la ville et où se trouve maintenant le « Museo de arte indigena« . Celui-ci est consacré aux tissages. Magnifiques techniques, magnifiques réalisations, de véritables chefs-d’œuvre. Les motifs tissés sont vraiment incroyables, géométriques ou représentatifs.

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Nous redescendons au centre ville à pied. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de monde et surtout beaucoup plus de véhicules qui puent : c’était bien plus agréable dimanche et lundi sans toute cette circulation. Sucre est néanmoins une très agréable ville. Quelques courses au supermarché SAS car nous partirons demain matin pour Uyuni et son salar et nous prenons un taxi pour rentrer. Nous ne demandons même plus le prix au chauffeur afin d’éviter des tarifs « spécial touriste étranger » : en arrivant, nous lui donnons 10 $B soit 1,10 € et ça a l’air de lui convenir parfaitement (et à nous aussi).

Mercredi 5novembre 2014

Nous disons un grand merci et au revoir à Audrey, Gaël et Jules. Nous avons eu beaucoup de plaisir à les revoir et avons beaucoup apprécié leur accueil si chaleureux. Nous reverrons-nous au Mexique (c’est dans leur projet d’y aller et, pour nous, c’est un pays où nous retournerons très volontiers) ou en France ?

En route donc pour Uyuni à 360 kilomètres. Il nous faut repasser par Potosi et notre GPS nous refait la blague des petites ruelles mais nous ne marchons pas cette fois-ci…. Ensuite, Potosi-Uyuni, environ 200 kilomètres par une belle route sinueuse. Le paysage varie de couleurs, de degrés d’aridité (dès qu’il y a un peu d’eau, quelques arbres poussent et des champs se couvrent de vert). Nous voyons encore beaucoup de lamas et quelques rares vigognes.

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A 2 reprises, nous verrons un panneau « attention autruches » mais nous n’apercevrons aucun de ces volatiles. En approchant de Uyuni, au loin, on aperçoit le salar, immense étendue blanche. Bivouac dans la ville au bord de parc de jeux pour enfants. La voie ferrée n’est pas loin et de nombreux trains l’emprunteront pendant la nuit : un simple coup de sifflet et pas trop de bruit.

Jeudi 6 novembre 2014

Malgré donc quelques coups de sifflet et une certaine insomnie (toujours des problèmes liés à l’altitude), nous prenons la route pour le salar. Petite halte d’abord au marché pour acheter du pain et des fruits. En sortant de Uyuni, en traversant une voie ferrée, on accroche le support du réservoir d’eau usée qui est placé sous le véhicule. Il est tordu et arraché d’un côté. Le réservoir, en PVC, est fendu ! Christian, si tu voyais ça ! Bref, Jean-Jack déboulonne l’autre côté et rattache le réservoir avec du fil électrique. Pour tester si ça tient (mais aussi parce qu’on n’a pas le choix), nous prenons la piste qui va à l’entrée du salar en passant par Colchani. Une horrible piste pour notre véhicule et nous avec beaucoup de tôle ondulée et tous les 3, nous n’aimons pas bien ça ! Ce qui est ralant c’est qu’en parallèle une route goudronnée est en construction et qu’elle est finie sur de très longues portions.

Petit tour au musée du sel et du lama dont le principal intérêt est le bâtiment construit avec des briques de sel. De même d’ailleurs que plusieurs hôtels à l’entrée du salar.

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Et puis, il faut bien se lancer sur une piste. Ça nous rappelle un peu la Mongolie avec cet espace nu et des pistes qui partent à droite et à gauche. Quelques 4×4 de tours opérateurs sont arrêtés, un couple de jeunes français remarque notre fourgon, on discute un peu puis nous suivons leur véhicule au départ (après, c’est facile, il suffit de suivre la piste laissée par les autres véhicules). 70 kilomètres pour atteindre l’Isla Incahuasi. La piste est bonne, on peut rouler en 5°.

La salar, résultat de l’assèchement successif de 2 immenses lacs dont les eaux ont été salées par les sels lessivés des montagnes voisines, a une surface de plus de 1 200 000 kilomètres carrés. La couche de sel mesure plusieurs mètres d’épaisseur. En dehors des traces des véhicules, la surface du salar offre un paysage de plaques entourées de sel plus blanc.

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Ce qui est rigolo, ce sont les illusions d’optique : au loin, les voitures paraissent toutes maigres et les montagnes semblent ne reposer que sur leur centre. Au bout d’un moment, nous voyons l’Isla Incahuasi, nous avons l’impression qu’elle est toute proche de nous mais il nous faudra faire encore plusieurs kilomètres avant d’y parvenir. Le soleil est difficile à supporter, il brûle rapidement.

Les 4×4 des tours opérateurs sont nombreux à « accoster » sur l’île. Nous y croiserons et discuterons avec plusieurs couples de Français. Ils sont là, sac à dos, pour des voyages longs, de 3 mois à 1 an et demi pour Florence et Denis. L’île est rocheuse, parsemée de cactus dont certains mesurent plus de 2 mètres de haut. Les tables et bancs à l’extérieur pour recevoir les touristes sont en briques de sel alors que les bâtiments sont en pierre. Il faut payer 30 bolivianos par personne pour parcourir l’île mais, de son sommet, on a une vue superbe sur le salar.

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Nous pouvons rester là pour la nuit, ce que nous faisons bien qu’on nous ait parlé de températures négatives extrêmes. Finalement, le thermomètre ne descendra pas en dessous de +4 (11 à l’intérieur), bien plus qu’à de nombreux endroits. A partir de 18 heures, il n’y a plus personne et nous avons droit à un magnifique coucher de soleil.

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Vendredi 7 novembre 2014

Pas de bruit, pas de réverbère. A partir de 6 heures du matin, c’est la valse des 4×4. A 6 h 30, ils sont déjà une vingtaine. C’est vrai que le spectacle de cette immense étendue de sel au soleil levant est magnifique.

Nous repartons : tout d’abord la traversée du salar sur une bonne piste puis celle horrible pour rejoindre Colchani et enfin Uyuni, 28 kilomètres de tôle ondulée et de poussière. A la sortie d’Uyuni, nous faisons faire un grand lavage d’Ive afin de la débarrasser de tout le sel qui s’est accumulé aux passages des roues, sous le châssis, sur la carrosserie. Nous prenons ensuite la piste qui doit, sur 200 kilomètres environ, nous conduire à la frontière chilienne (Avaroa en Bolivie et Ollague au Chili). Par rapport à ce matin, c’est une « bonne » piste : très peu de tôle ondulée, une piste « roulante » (nous sommes fréquemment entre 60 et 80 km/h). Par contre, comme toute piste qui se respecte, qu’est-ce qu’on mange comme poussière ! Toutes les surfaces à l’intérieur du fourgon en sont rapidement couvertes, beurk ! Pauvre Ive qui était reparti tout propre d’Uyuni !

Nous nous arrêtons pour la nuit à 150 kilomètres d’Uyuni, sur la petite place de l’église de Villa Alota. Tout semble mort dans cette ville, nous voyons juste quelques enfants, une voiture et 2 ou 3 motos puis la nuit venue, seules quelques fenêtres sont éclairées, plus personne, le silence… Sûr que nous ne sommes pas dérangés par le bruit ! Mais, dès que le soleil se couche, les températures baissent très rapidement. Au petit matin, il fera -2,4° et seulement +6,1 à l’intérieur (nous smmes à 3 700 mètres d’altitude). Ce sont ces matins-là qu’on regrette le plus l’absence de chauffage…

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Samedi 8 novembre 2014

On va essayer de trouver le poste frontière. Le seul problème, c’est que la piste qui y conduit à partir de Villa Alota ne figure sur aucune des cartes que nous avons consultées mais Jacques et Martine rencontrés récemment nous ont affirmé qu’elle existait bien de même qu’une personne à l’office de tourisme d’Uyuni. On verra bien …

Finalement, c’est bien simple : il suffit de suivre la piste principale d’hier et nous arrivons, 125 kilomètres plus loin à Avaroa, le dernier petit village bolivien à la frontière avec le Chili. La piste est toujours aussi bonne sauf dans les derniers kilomètres où il y a plusieurs passages avec de la tôle ondulée et des trous remplis d’une poudre blanchâtre comme du plâtre. Nous traversons la « valle del rocas« , résultat d’une éruption volcanique passée.

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Nous nous approchons du volcan Ollague d’où s’élève un petit panache de fumée. Dans la journée, nous en ferons d’ailleurs presque le tour.

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Un peu plus loin, nous apercevons le salar de Ollague : vu de loin, c’est tout blanc, une mer de sel. Quand on s’en approche, la couleur change et devient plus marron. Ces paysages quoique désertiques sont absolument merveilleux. Dommage qu’il y ait autant de poussière !

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En fin de matinée, nous voilà à Avaroa : quelques maisons autour du poste frontière. En 4 minutes, nous réglons les formalités : tampon de sortie sur nos passeports, délestage de 30 bolivianos (sans facture ou billet, mais nous n’insistons pas….), remise du document d’importation du véhicule à un autre bâtiment et un douanier nous ouvre la barrière. Nous apercevons, 5 kilomètres plus loin un petit village : c’est Ollague au Chili.

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