Italie

Du 14 au 22 mars 2010

 

Après le tunnel de Tende, nous avons traversé notre première frontière : seuls un panneau marqué « Italie » et un autre donnant les vitesses autorisées nous indiquent le changement. Même pas le temps de prendre une photo ! On trace ensuite jusqu’à Torino (Turin) : les Italiens (enfin, certains) ne respectent ni les lignes blanches continues, ni les limitations de vitesse et grillent allègrement les feux rouges. Il va falloir redoubler d’attention !

Paysage plat, route droite ! On commence à se familiariser à la langue italienne en lisant les grands panneaux publicitaires : « Auchan, Darty, Leroy-Merlin, Bricoman, Décathlon, … » Arrêt sur une immense aire de camping-car à côté du stade olympique qui semble être le parking de ce stade. Pour notre chance, il n’y a pas de match ce soir ! Le point d’eau se situe à l’extérieur du parking, juste devant le bâtiment des « carabinieri ».

Au matin, nous prenons la direction des grands lacs dont le premier est celui d’Orta. On traverse différents quartiers de Turin aux architectures variées, des quartiers bourgeois aux immeubles majestueux ornés de colonnades aux quartiers de barres d’immeubles. La circulation est peu dense en ce dimanche matin pourtant les conducteurs utilisent sans arrêt leur klaxon ! Les routes sont droites, le paysage est plat, les champs fraichement labourés ou sans végétation si ce n’est le chaume des céréales. Peu d’arbres mais quelques arbustes commencent à laisser poindre le bout de leurs feuilles, de grands bâtiments agricoles.

Nous arrivons tranquillement au lac d’Orta en début d’après-midi et allons directement au parking d’Orta San Giulio où nous savons qu’il y a un emplacement pour CC. Nous visitons le « Sacro Monte« , colline peuplée d’églises et de chapelles dédiées à la vie de Saint François d’Assise. Mais que l’on se rassure, un « ristorante », certainement béni des dieux, a également été installé sur ce mont, des fois que de pieux visiteurs aient quelques euros à dépenser… Du haut de la colline, la vue est magnifique sur le lac malgré le temps brumeux.

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Après une nuit tranquille sur notre parking solitaire, nous partons en direction du Lac Majeur. Nous arrivons à Tresa et, sur les conseils de notre vieux guide vert, nous décidons de faire un tour sur le lac en bateau pour visiter une des 3 îles Borromées, l’isola Bella. Nous constatons d’ailleurs, Mort, qu’il ne neige pas… Nous bénéficions d’une très belle vue sur le lac avec, au loin, des sommets enneigés. Les bois aux alentours restent très hivernaux.

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Evidemment, au bord de l’eau se multiplient les belles maisons, grands hôtels, restaurants,… mais également les interdictions de stationner pour les CC ! On se gare néanmoins à un endroit interdit (on espère qu’en hors-saison, les tolérances existent) et on va vers l’embarcadère où un monsieur d’un certain âge (pas trop tout de même) nous accoste et nous propose un tour des îles, la possibilité d’accoster et de visiter l’une ou l’autre. Malgré son baratin, nous ne prenons qu’un billet pour l’isola Bella à 21 euros par personne ! Il nous conduit à un bateau et nous prenons aussitôt le large ! En naviguant, il nous apprend qu’en ce moment le château et les jardins sont fermés durant l’hiver (avantage du tourisme en cette saison pour la tranquillité mais inconvénient car de nombreuses visites ne sont pas possibles). Nous faisons un tour sur l’île, forcément rapide (environ 20 minutes) car l’île est minuscule et que, à part le château et ses jardins, il n’y a rien à voir et nous revenons à terre. Là, nous allons voir les tarifs des lignes publiques : le même trajet était à 6,80 euros ! La seule différence (il s’agissait bien de 2 « services publics ») étant que l’un part à heures fixes et l’autre dès qu’il y a un pigeon (ou 2 ce jour là…) ! Les corbeaux, honteux et confus, jurèrent mais un peu tard, qu’on ne les y reprendrait plus… (A gauche isola Bella, à droite, isola de pescatori) 

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En route vers Como et son lac, nous longeons ce magnifique Lac Majeur sur une vingtaine de kilomètres. A Como, nous visitons la cathédrale immense, dorée, prétentieuse comme toutes et flânons un peu dans la vieille ville, pénétrant dans les cours des anciens hôtels particuliers. 

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Après Como, nous faisons halte au parking de Cernobbio où nous passons une nuit calme malgré la route voisine avec seulement, au matin, quelques pétarades de mobylettes et scooters, quelques bruits de voiture emplissant le parking. Nous partons vers les Dolomites mais d’abord nous longeons la côte ouest du lac de Como. La route est étroite et sinueuse, les tunnels sont nombreux et longs, les villages se succèdent : la circulation est le plus souvent limitée à 50 km/h, rarement à 70. Nous nous arrêtons à Tremozzo où nous visitons le parc municipal. Les plantes sortent juste de l’hiver et n’ont pas encore eu le temps de se gorger de soleil. Quelques arbres majestueux cependant tels des cyprès, des cèdres et une vue merveilleuse sur le lac.

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Plus loin, à Gravedona, nous faisons le tour du village jusqu’au port.

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Nous quittons les rives du lac pour rejoindre la route qui va vers Bolzano. Beaucoup de circulation. Quand nous quittons cette route, c’est pour retrouver les virages, la route qui monte et, rapidement, de la neige : on traverses des petites villes qui ne sont pas encore complètement déneigées (les routes, si, aucun problème). Nous nous arrêtons pour la nuit à l’aire de CC de Ponte di Legno : c’est une station de ski encore en activité actuellement : les télésièges, téléphériques fonctionnent, les skieurs sont sur les pistes. Bien sûr, les températures basses accompagnent la neige : à 20 heures, il faisait 0,5° et au petit matin, vers 5 heures, -5,2 ! Du coup, nous avions laissé le chauffage tourner au ralenti toute la nuit. Lorsqu’il marche, la pompe cliquette un peu et le ventilateur de l’air pulsé se met en marche mais ce n’est pas trop bruyant (c’est un chauffage Truma fonctionnant au gasoil).

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Après avoir fait le plein d’eau et vidé nos eaux grises et noires, nous partons pour Bolzano pour rejoindre ensuite Cortina d’Ampezzo par les Dolomites. Sur les pentes alpines, nous reconnaissons des bois de résineux (mélèzes et sapins), quelques bouleaux et des sorbiers des oiseleurs. Selon l’altitude, il y a des chatons à quelques arbres mais la neige reste encore très présente. On traverse d’ailleurs plusieurs stations de ski en activité. Par contre d’autres sont fermées et, alors, les villages semblent morts : maisons aux volets clos, commerces aux rideaux tirés, personne dans les rues.

Autour de Bolzano, les coteaux sont exploités au maximum : nombreux vignobles et vergers avec, principalement pour autant que nous puissions voir, des pommiers. Quel travail les hommes ont dû fournir pour installer tout ça ! Après Balzano, nous nous approchons de plus en plus de la frontière autrichienne : une partie de cette région du Tyrol du Sud est bilingue et la plupart des panneaux sont d’ailleurs dans les 2 langues. Le spectacle de part et d’autre de la route est grandiose. Les sommets sont bien sûr encore enneigés. Les routes sinueuses ou en pente ne nous permettent pas de grandes vitesses : nous avons donc très largement le temps de nous en mettre plein les yeux ! 

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En fin d’après-midi, nous nous arrêtons sur l’aire de CC de Cortina d’Ampezzo, gratuite en cette saison d’autant plus que les services ne sont pas encore en activité du fait de la neige et du froid. Vers 18 heures, le thermomètre indique seulement 2,5° : la nuit va être fraîche fraîche (-2,4 à 6 heures…) ! Au départ de Cortina, nous roulons dans un paysage de carte postale : des sommets escarpés, déchiquetés et encore enneigés, les pentes inférieures couvertes de sapins et de mélèzes qui n’ont pas encore retrouvés leurs aiguilles,… Petit à petit, nous descendons vers la mer et retrouvons des paysages plats, sans neige, de la circulation et des grandes zones artisano-industrialo-commerciales. Les chalets disparaissent le les tuiles romanes apparaissent sur les toits sans neige. Nous nous arrêtons juste avant Venise, au camping Rialto à Campalto. Tarifs élevés (31 euros la nuit), pas d’eau chaude ce soir, WiFi payant (5 euros l’heure),… nous sommes bien revenus dans la « civilisation » !

Après une bonne nuit et une bonne douche chaude sur le site du camping (enfin, ils avaient réglé leur problème d’eau chaude !) nous voilà à attendre le bus numéro 19 qui nous mènera à Venise (2,20 euros aller-retour par personne), Piazzale Roma.

Pour ce premier jour, nous avions décidé de rester dans le « sestier » Dorsoduro avec, en point d’orgue, la galerie de l’Accademia et l’église de la Saluta. Nous étions déjà venus à Venise mais c’est la première fois que nous y venions ensemble. Nous retrouvons ses fameuses ruelles, traversons des ponts, longeons des canaux, parcourons des places,… A droite, à gauche, nous regardons de belles constructions (il y en a beaucoup qui auraient besoin d’une sérieuse rénovation).

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Nous allons jusqu’aux « Zattere« , les quais avec, là aussi, de merveilleux bâtiments. Nous prenons notre repas sur une petite place et allons visiter la Galerie de l’Accademia : l’Academia est en travaux mais seules 2 salles ne se visitent pas. La peinture italienne que nous y voyons n’est quasiment que de la peinture d’inspiration religio-catho : c’est lassant. Nous admirons tout de même quelques beaux visages peints par Bellini. Nous reprenons ensuite les « zattere » pour arriver à l’église de la Salute : grande, froide, bof ! A côté, nous renonçons à visiter l’exposition de la fondation Pinault dont l’entrée est à 20 euros par personne et retraversons tout le quartier Dorsoduro pour reprendre le bus 19 : une première journée bien remplie !

Pour notre deuxième journée de visite de Venise, nous changeons de quartier ; nous allons dans San Polo et San Marco. Nous prenons tout d’abord la direction du célèbre Ponte Rialto. Le nombre de personnes et de boutiques augmente considérablement au fur et à mesure que nous en approchons mais c’est très « vivable » pour l’instant. On pense à ce que ce doit être en période de grandes vacances ou de carnaval ! On peut s’approcher facilement des marchandises et souvenirs pour touristes (T-shirts, bimbeloteries, masques, …). Nous essayons d’aller à gauche du pont puis à droite pour arriver à le voir dans son ensemble mais c’est difficile. Finalement, la meilleure vue que nous en aurons sera le soir, dans la Vaporetto, en descendant (ou en remontant ?) le Grand Canal. Sur le pont, il y a 3 allées séparées par des boutiques de souvenirs.

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Nous prenons un délicieux repas à « l’Anima Bella », quartier San Marco. Mais, évidemment, nous n’avions pas remarqué que les prix affichés étaient sans le service et sans le couvert… Ensuite, direction place San Marco. Autour de la place, les magasins sont beaucoup plus « chics » et les prix vont avec… Nous longeons la place sur ses côtés, regardons bien du côté du café Florian sans apercevoir d’écrivains d’antan et pénétrons dans la basilique. Le pavement est toujours autant fabuleux et ésotérique (éclectique ?) dans sa disposition, ses motifs. Nous avions oublié toutes les dorures qui tapissent les plafonds : 8 500 m² de mosaïques sur fond d’or. Heureusement que notre chère cousine Mireille a d’autres inspirations pour ses mosaïques (bien qu’on les verrait aussi très bien sur fond d’or)… Nous ne pouvons nous empêcher de penser à toutes ces personnes qui ont trimé et souffert pour élever un tel monument à la gloire des potentats de l’époque : richesses et magnificence d’un côté, pauvreté et misère de l’autre…

Le palais ducal, à côté, nous inspire les mêmes réflexions : autre facette d’un pouvoir qui avait besoin de s’exposer. Petit tour ensuite vers le fameux pont des Soupirs. Quelle horreur : il a été transformé en panneau publicitaire et il est entouré de placards gigantesques pour une marque !

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Quelques pas encore sur la « Riva del Schiavoni » puis retour dans le quartier San Marco pour atteindre l’escalier du Bovolo, étrange escalier aérien de briques et de pierres (photo ci-dessus) dans une cour aux immeubles plutôt miséreux. D’ailleurs de très nombreuses constructions et immeubles de Venise ne sont pas entretenus, ont besoin de rénovation, sont noirs. Les immeubles de la place San Marco également sont noirs et auraient pour le moins besoin d’un bon nettoyage ! Ensuite, petit tour jusqu’au théâtre de la Fenice mais il est malheureusement trop tard pour le visiter. Nous allons alors prendre le Vaporetto qui va nous faire remonter presque tout le « Canal Grande » jusqu’à la piazzale Roma où nous retrouvons notre brave bus numéro 19.

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Pour notre dernier jour de visite vénitienne, nous allons d’abord dans le quartier Cannaregio où se trouve le quartier juif. (le mot ghetto vient du vénitien « getto » (une forge) car c’est à Venise qu’a été institué le premier quartier séparé des autres pour la communauté juive). Dès que l’on s’éloigne de l’axe qui mène au Rialto ou à la place San Marco, on ne voit plus une boutique et presque plus personne également. Nous allons jusqu’au bout de ce quartier, au nord de Venise : des immeubles plus récents genre HLM, plus de boutiques, de restaurants, … Les touristes sont bien canalisés dans certaines rues de la ville et ne doivent guère s’en échapper. Pourtant, dans ces rues hors circuit, se trouve également la vie vénitienne… On fait le trajet jusqu’au Rialto en regardant tous ces objets attrape-touristes (gondoles, bijoux en verroterie, masques en plastique ou autre, …). Il y a tout de même quelques jolies boutiques, en particulier celles consacrées aux costumes et masques de carnaval (dont l’une que nous visitons avec une grande variété de masques) ou d’autres avec de beaux sacs en cuir. Nous nous promenons encore pendant une grande partie de l’après-midi dans les quartiers San Polo et Santa Croce : peu de monuments mais de nombreuses petites places, des rues étroites, des canaux et leurs gondoliers, …

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Demain, lundi 22 mars, en route pour la Croatie !

 

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