Croatie

Du 22 mars au 1 avril 2010

 

Nous revoilà donc en route pour atteindre la Croatie mais ce sera aujourd’hui sous la pluie : depuis environ 3 heures ce matin, il pleut ! Une pluie fine, pas très abondante mais bien présente et qui nous accompagnera toute la journée. Du coup, les températures ne dépasseront guère 10 – 11 degrés. D’abord nous allons jusqu’à Trieste : toujours une campagne plate, de grands champs nus fraîchement labourés, très peu de verts. Quelques arbustes avec de timides fleurs vertes par-ci, par-là mais c’est tout. Des maisons aux crépis jaune, orangé, rouge, vert… Avant la frontière, on fait le plein de pâtes, fromages et mortadelle puis nous arrivons à la frontière avec la Slovénie.

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On ne parcourra que 20 km dans ce pays avant d’arriver en Croatie et de trouver une « vraie » frontière : contrôle des papiers (il faudra même aller dans un bureau où un policier aimable au demeurant prend en note sur son ordinateur tous les renseignements nous concernant ainsi que le véhicule), ouverture des portes du camion afin d’y jeter un très rapide coup d’œil, et, en 5 minutes, nous sommes enfin en Croatie. Heureusement que personne n’est monté dans le camion pour ouvrir le frigo car il est interdit (affiche au poste frontière) d’importer de la viande (aïe, aïe la mortadelle et les steaks hachés) et des produits laitiers (aïe, aïe le parmeggiano et le grano) ! Il y a un distributeur automatique de billets à la frontière et nous en profitons pour récupérer des kunas.

En haut du panneau, il y a bien écrit « République Croate » (d’ailleurs, les lettres sur les voitures sont « HR » ) !

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Passés la frontière, nous trouvons un paysage de collines avec des cultures en terrasse, notamment des oliviers et quasiment pas de circulation. Nous nous arrêtons sur un parking, au bord de la route, à l’entrée du village de Sv Lovrec. Nous n’avions pas fait attention que le parking se situait entre un bar et une école : ça commence à remuer un peu vers 6 h 30 du matin mais nous avons néanmoins passé une bonne nuit bien au calme. On commence la journée par une visite de ce village de Sv Lorech qui possède quelques vestiges importants de remparts et au moins une tour de son ancien château.

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Nous continuons notre visite de l’Istrie par la ville de Porec, en bordure de la mer Adriatique. Nous effectuons la visite de la basilique euphrasienne avec ses vitraux, faisons un tour dans la vieille ville aux maisons dites « gothiques ». Nous remarquons qu’il y a beaucoup de bijouteries dans cette ville et de nombreuses parfumeries. Comme les prix ne sont pas affichés en vitrine, nous ne saurons pas si le nombre important de magasins de ce type est lié à des tarifs intéressants… On tombe ensuite sur les halles : sur des étals de pierre, on peut acheter entre autres, du miel ou de la salade des champs.

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En route ensuite vers Rovinj, station touristique de l’Istrie. Tous les parkings près du centre ville sont limités à 2,50 mètres de hauteur. Les autres véhicules sont priés de se garer un peu avant où un parking leur est réservé. Nous y allons : le tarif pour les voitures est de 2 kunas (kuna veut dire « martre ») et de 25 Kn l’heure (soit 3,5 €) pour les fourgons, CC et cars ! On fait un effort et on glisse un billet de 10 Kn (1,5 €) dans l’horodateur et on attend en vain un ticket ! On a beau appuyer sur tous les boutons, il garde notre billet et ne nous donne rien en échange. Comme il est bien écrit (en croate, en italien et en anglais) que si on dépasse seulement d’un quart d’heure le temps de stationnement votre véhicule est immobilisé, nous décidons de …repartir !

On s’arrête un peu plus loin sur le bord de la route et on se prépare un bon repas : salade verte, vrai purée de pommes de terre, steak hachés et choux à la crème acheté aux halles de Porec. On ajoute à cela une bonne petite sieste et nous voilà tout ragaillardis pour aller jusqu’à la ville de Pula. Le parking le long du port de plaisance nous convient parfaitement : ce n’est que 4 Kn l’heure pour les fourgons et CC mais, en plus, à cet endroit, il n’y a plus d’horodateur ! Dommage que le brouillard se soit levé et limite nos possibilités de vue. En plus, il est bientôt 17 heures et la visite de l’amphithéâtre ferme à 17 heures ! On décide donc de visiter la ville ce soir et de rester pour la nuit sur le parking du port pour visiter l’amphithéâtre demain matin. Nous en faisons néanmoins le tour et sommes impressionnés par ces anciennes arènes romaines construites au 1° siècle et qui pouvaient contenir 20 000 places assises ! Nous montons jusqu’à la citadelle qui n’est pas particulièrement belle mais elle domine la ville et offre une belle vue sur les ports, le chantier naval, la vieille ville par beau temps ce qui n’est hélas pas le cas aujourd’hui ! En descendant, nous visitons le théâtre romain (juste derrière le musée archéologique) et les jardins du musée, l’arc de triomphe et le temple d’Auguste mitoyen de l’hôtel de ville construit en 1296 sur les restes du temple de Diane (ces 2 temples sont sur le forum).

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Au matin, plus de brouillard ce qui permet de voir les grues du port, fort nombreuses ! Nous allons visiter l’intérieur des arènes : c’est intéressant de voir les sous-sols où une petite exposition traite de l’occupation romaine en Istrie, en particulier par rapport à la culture de la vigne (vin) et de l’olivier (huile). Un très grand nombre d’amphores sont exposées. Dommage qu’il n’y ait pas eu une reconstitution (dessin, maquette, …) de l’amphithéâtre : pour une entrée à 40 Kn (environ 7 euros), ça aurait été bien.

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On reprend la route dans un paysage qui est « comme chez nous » : champs d’oliviers, murets, chênes rouvres tout maigres, cades. Il y a eu et il y a encore d’ailleurs des travaux de dépierrement des champs destinés à la culture. On trouve même quelques petites constructions en pierre sèche, souvent bâties dans l’épaisseur même des murets.

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Sur le guide (Lonely Planet), on a repéré Gracisce, petit village médiéval. Après avoir un peu tourné, on y arrive enfin : c’est vraiment un tout petit village qui ne compte pas moins de 4 églises (sans compter peut-être d’éventuelles chapelles en périphérie) ! Beaucoup de maisons sont fermées, abandonnées, certaines en ruine. On n’a pas trop trouvé le « médiéval ». Les inscriptions sur les vieilles pierres tombales du cimetière qui entoure l’église rappellent un peu les pirates…

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Nous allons ensuite jusqu’à Pazin pour voir son « kastel » (un peu trop restauré au ciment et au béton à notre goût) et son gouffre (trop profond, trop loin) qui inspira Jules Verne pour son roman Mathias Sandorf (en fait, ce sont les photos de ce gouffre qui l’inspirèrent car il n’est jamais venu jusqu’à Pazin).

Pour rejoindre ensuite Opatija, nous préférons prendre la petite route de montagne qui traverse Ucka et son Parc, route sinueuse qui monte, monte (à tel point que nous avons encore de la neige en bordure de route) puis qui descend, descend et qui recommence… Nous arrivons ainsi à la côte : on retrouve des mimosas, de belles maisons avec de grands jardins et, bien sûr, pas de place pour les CC ! On ressort de Opatija et on prend la route de Rijeka. Nous trouvons enfin un grand parking sur une aire d’autoroute à l’entrée de cette ville. On se gare le plus loin possible de la circulation…

Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de Rijeka. Comme d’habitude, dans ces villes très touristiques, nous avons quelques difficultés à trouver à nous garer. Nous faisons fi du panneau interdit aux CC (après tout, nous ne sommes qu’un fourgon) et nous garons sur le grand parking du centre ville. Sur le « Korso » (principale artère piétonne de la ville, nous trouvons, conformément à ce que disait notre guide, une connexion WiFi (apparemment, c’est la ville qui l’a mise en place). Nous récupérons ainsi nos courriers. La visite de la ville n’est pas particulièrement passionnante : la tour de la ville, jaune comme d’ailleurs beaucoup de bâtiments dans cette ville, la Porte Romaine (enfin, ce qu’il en reste), la cathédrale Saint Vito, promenade vers les musées et le parc, traversée de la zone piétonne,…

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Nous faisons route ensuite en direction de Zagreb en passant par une zone pavillonnaire avec beaucoup de jonquilles dans les petits jardins. Notre « Nana » nous dégotte une petite route sympa qui, comme d’habitude, monte, descend, tourne et recommence ainsi plusieurs fois, traversant des petits villages en enfilade. En montant, on retrouve d’ailleurs nos paysages enneigés (température extérieure à ces endroits de +5° seulement). Nous passons dans de magnifiques et grandes hêtraies avec, sur les talus plein de perce-neige et, un peu plus bas, des primevères. Certaines maisons ressemblent à des chalets et les villages se succèdent les uns avec les autres, souvent constitués d’une seule rangée d’habitations de part et d’autre de la route et ce sera souvent comme ça jusqu’à Zagreb.

Nous nous arrêtons à Karlovac où, d’après le guide, la ville est construite suivant un plan en étoile : nous avons bien cherché mais nous n’avons trouvé aucune lueur, aucune branche d’étoile ou d’étoile tout court. Par contre, beaucoup de bâtiments sont à l’abandon et, sur quelques façades, on distingue des traces de balles (enfin, nous semble-t-il). Sur la route vers Zagreb, nous cherchons un camping mais pas l’ombre d’un panneau indiquant un tel lieu. Et pourtant, le camping sauvage est formellement interdit, les parkings sont interdits aux CC, on ne trouve pas d’aires aménagées pour les CC alors comment faire ? Hier, près de Rijeka, les seuls campings que nous avons trouvés étaient fermés en cette saison ! Nous nous consolons en admirant, le long de la route, de vieilles maisons en bois dont certaines sont encore habitées : c’est comme un écomusée en continu…

Nous nous arrêtons finalement à une dizaine de kilomètres de Zagreb, sur un parking au bord d’un cimetière et d’une église. Dans le cimetière, il y a plein de petites lampes allumées sur les tombes : certaines clignotent.

On sait enfin comment dire « merci » en Croate : c’est « hvala » (enfin, pour l’instant, on sait l’écrire, le dire c’est autre chose. Nous avons d’ailleurs beaucoup de mal pour lire les noms des villes et villages : en moyenne il y a 3 ou 4 fois plus de consonnes que de voyelles dans les mots…)

On part finalement pour Zagreb dont nous ne sommes distants que d’une dizaine de kilomètres. Eternel problème du parking, mais, par chance, on finit par trouver une place dans une rue pavillonnaire, très tranquille et, qui plus est, gratuite ! De plus, nous sommes à moins de 500 mètres du centre de la ville. Zagreb est la capitale de la Croatie depuis son accession à l’indépendance en 1991 ; c’est une ville à « échelle humaine » où presque tout ce qui est intéressant à voir est concentré sur un espace restreint autour de sa place principale, Kaptol. On regarde, de loin, sa cathédrale aux tours jumelles et, dit le guide, « en éternelle rénovation ».

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Ensuite, nous nous dirigeons vers le marché aux fruits, légumes, fleurs, fromage entre le Kaptol et la place Jelacica. Superbe marché où les fruits et légumes sont bien arrangés sur les étals. En prévision de Pâques, de nombreux marchands proposent également des rameaux d’olivier. Nous parcourons également le sous-sol où se trouvent des halles (boulangeries, boucheries).

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Nous allons visiter la galerie Strossmayer du nom d’un évêque qui légua sa collection de peinture à la ville (mais il avait bon goût, le bougre : beaucoup de vierges à l’enfant aux visages charmants) : des maîtres anciens avec, évidemment, des sujets religieux pour la plupart. La galerie est au 2° étage d’un grand immeuble (entrée 10 KN soit environ 1,5 €). Ensuite, direction le musée d’art naïf croate en passant par les camelots de la place Jelacica. On se régale devant les tableaux de Generalic, Rabuzin, Croata,… Nous le recommandons vivement ! De plus, il est dans la partie haute de la ville avec une vue intéressante sur Zagreb et de beaux immeubles bien rénovés au sommet (on peut y aller à pied sans problème ou utiliser le funiculaire). Et, cerise sur le gâteau, il y a une plaquette explicative en Français ! (photo de gauche, galerie Strossmayer ; les 2 photos de droite, musée d’art naïf croate)

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Nous repassons par le marché pour faire nos courses (les tomates ont un goût de tomate, délicieux !). Nous récupérons notre camion et allons jusqu’au cimetière Mirogoj à une dizaine de kilomètres du centre ville où nous pique-niquons dans le parc devant les murailles qui entourent le cimetière : bizarre d’ailleurs ces hauts murs flanqués de coupoles, cette entrée majestueuse. Nous nous promenons dans les allées clames et certainement mieux entretenues que certaines rues des villes mais ne trouvons pas les tombes élégantes et remarquables dont parle notre guide (et oui, il faut toujours se méfier des propos dithyrambiques des guides…) !

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Nous quittons la capitale dans les embouteillages (ça faisait longtemps !) ; à la sortie, nous faisons le plein de gasoil et d’eau à une station service, nous vérifions la pression des pneus et prenons la route des lacs de Plitvice. Nous apercevons parfois quelques vieilles femmes habillées de noir avec un foulard également noir sur la tête. Nous nous arrêtons assez rapidement sur le parking d’un hôtel en construction, dans un petit hameau, à une vingtaine de kilomètres de Zagreb. Le soir, nous avons droit à un concert de grenouilles et, à partir de 5 heures du matin, à la pluie. Pour une fois qu’il n’y avait pratiquement pas de circulation sur la route, c’est la pluie qui joue les trouble-fête mais ça ne durera pas très longtemps !

Aujourd’hui, samedi 27 mars 2010, direction les lacs de Plitvice dans la région de Zadar. Une centaine de kilomètres nous en sépare et c’est tout ce que nous ferons dans la journée. Nous décidons en effet de nous octroyer un week-end de « repos ». Les 50 premiers kilomètres se font par de petites routes de campagne où les villages se succèdent (presque) les uns aux autres ; on a l’impression encore une fois que ce ne sont que 2 rangées de maison de part et d’autre de la route. On voit des maisons aux briques rouges non crépies, d’autres ont des crépis blancs visiblement récents, d’autres des couleurs plus « agressives » (rouge, mauve,…) ; de nombreuses maisons semblent abandonnées, certaines ont le toit défoncé, d’autres des trous dans la façade (trous de balle ?).

Nous arrivons à Plitvice (Plitvicka Jezera) en fin de matinée et nous installons sur le parking de l’entrée numéro 1. Pratiquement tout est fermé : seuls un bar et le guichet qui vend les tickets d’entrée au parc sont ouverts. Le syndicat d’initiative est également fermé. Fort heureusement, en ce moment, le parking est gratuit. Nous avons fait tous les campings sur la route (en fait, il n’y en avait que 3) mais ils n’ouvrent qu’en avril ou mai. La personne au guichet, très sympathique, nous fournit de nombreuses explications pour la visite du lac et nous indique qu’on peut passer la nuit sur le parking puisque tous les campings sont fermés. Super !

Dans l’après-midi, nous « bricolons » : rangements, encore un peu de silicone dans la salle de bain, branchement de la 2° batterie auxiliaire sur le panneau solaire, installation du support de l’écran de la caméra de recul,… Et, en plus, une nuit très calme avec pratiquement pas de voiture sur la route, réveil le matin en entendant le chant des oiseaux !

Dimanche 28 mars, on passe à l’heure d’été nous dit l’ordinateur ce matin : tiens, c’est vrai. Mais ici, en Croatie ? Il semblerait qu’il en soit de même et que, pour cela aussi, la Croatie baigne dans l’Europe. On constate également que nous sommes le dimanche des rameaux : mécréants que nous sommes, nous avons oublié d’acheter des rameaux d’olivier au marché de Zagreb et pourtant, il y en avait et nous avons bien été sollicités !

Nous allons donc promener un peu dans ce parc des lacs de Plitvice. Voici ce qu’en dit le guide : « Ce parc s’étend à mi-chemin entre Zagreb et Zadar, sur 19,5 hectares de collines boisées servant d’écrin à seize lacs turquoises reliés par une série de cascades. Des passerelles en bois enjambent les plans d’eau au cœur de chutes tumultueuses, dessinant un passionnant parcours de 18 km. Ce site soigneusement protégé a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. » Nous savons d’ores et déjà que, en raison de hautes eaux et de la neige, nous ne pourrons parcourir qu’une partie de ces 18 km de parcours. La promenade se fait tantôt à pied, tantôt à bateau ou en bus. Très jolie balade le long des lacs (« jezera »), des cascades,…

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Petit tour en bateau et en wagon de bus également. La promenade nous aura pris environ 4 heures dont un petit peu plus de 3 heures à pied par des sentiers bien marqués, des passerelles en bois, en traversant une grotte, en montant puis descendant un grand nombre d’escaliers. Ce qu’il y a de sympa en cette période, c’est qu’il n’y a pas trop de monde sur le circuit mais, par contre, il y a tellement d’eau qu’elle passe parfois au dessus des pontons ou des passerelles du site. L’eau est limpide, d’un vert profond et …fraîche ! Le long du chemin, nous rencontrons des perce-neige, des primevères et des fleurs bleues inconnues dans une forêt de hêtres.

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Nous regagnons notre « maison » en milieu d’après-midi pour finir la journée calmement, très « cool ». Petit à petit, on parfait notre vocabulaire croate avec de nouveaux mots comme « bonbonnière », « parfumerie », « poste restante », « toilette »… On révise aussi la prononciation :
       * c = ts
       * č ou ć = tch
       * š = ch
       * ž = j
       * mais comment prononce-on « hv » ou « hr » ou encore « grb » ?

Départ vers Zarda. On traverse une contrée légèrement montagneuse mais sans arbre, beaucoup de roches et de cailloux, peu de végétation. Depuis le sud de l’Istrie, Nous n’avons vu aucune culture mis à part quelques petits jardins particuliers, quelques champs de céréales ou de maïs. Nous n’avons pas vu également de troupeaux. Ce coin de la Croatie que nous traversons ce matin nous parait désert mis à part quelques maisons aux fenêtres souvent béantes.

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On rejoint enfin Zarda, grande ville de presque 70 000 habitants et, bien sûr, ses zones commerciales. Nous nous arrêtons vers midi à InterSpar pour faire quelques courses puis nous allons visiter la ville. C’est une ville tranquille en bord de mer, avec une zone piétonne aux rues dallées de marbre. Quelques vestiges romains, des restes (importants) de remparts moyenâgeux, un nombre impressionnant d’églises dans la surface restreinte de la vieille ville (dont une qui a des colonnes romaines dans ses fondations). On ne manque pas d’aller au bord de la mer écouter l’orgue marin dû à l’architecte croate Nicolas Basic : « ce système de tuyaux et de soufflets installé dans les marches en pierre ajourées qui descendent dans la mer émet des soupirs mélancoliques au gré des appels d’air créés par le ressac« . A part les trous dans les marches, on ne voit rien mais on entend et il est vrai que l’effet est saisissant, effectivement très « mélancolique ». A côté, du même architecte, se trouve la « salutation au soleil« , « cercle de 22 m de circonférence taillé dans le trottoir et garni de 300 plaques de verre à couches multiples« . En fait, ça ressemble à un champ de panneaux solaires à l’horizontale. Décevant, par rapport à ce qu’en annonçait le guide

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En repartant vers Split, nous sommes toujours à la recherche d’un camping. A une dizaine de kilomètres après Zadar, nous allons au village de Bibinje où se trouvent 2 campings. Le premier est fermé et le deuxième nous reçoit très agréablement : le camping Dido. C’est un monsieur âgé qui le tient , ne parlant que Croate et Allemand. Petit camping au bord de la mer d’une vingtaine de places où nous serons les seuls occupants avec un couple d’Allemands sous les oliviers et les pins, dans de l’herbe bien verte…

On goûte le Marasquin spécialité locale fait avec des cerises appelées Marasca : vraiment très décevant, heureusement qu’on n’avait acheté qu’une toute petite bouteille de 10 cl pour goûter !

Au matin, après les grandes chaleurs d’hier, le temps est très couvert et il vente fort. Toute la journée, nous aurons beaucoup de vent et la conduite en sera malaisée. Nous longeons plus ou moins, en direction de Split, le bord de mer et arrivons rapidement dans les montagnes avec un paysage encore désolé : très peu de végétation, juste quelques arbrisseaux qui nous paraissent être des genévriers et le vent qui continue à souffler fort avec rien pour l’arrêter ! Plus loin, encore une fois, nous retrouvons un beau paysage méditerranéen : petits murets en pierre, oliviers, amandiers, figuiers. Jusqu’à quand ces petits jardins au bord ou proches de la mer résisteront-ils aux promoteurs immobiliers ?

A Split, nous avions repéré sur notre guide une laverie : Nana nous y conduit et nous pouvons même nous garer à moins de 20 mètres du magasin et à proximité immédiate du Palais de Dioclétien. Pendant que les machines tournent et que l’employée s’occupe de faire sécher et plier notre linge, nous allons visiter ce fameux Palais édifié sous l’empereur Dioclétien entre 295 et 305. Au fil des âges, il est devenu une partie de la ville. C’est tout à la fois intéressant, étonnant et surprenant de voir comment, au fil des années et des siècles, à travers des genres architecturaux très différents, les hommes ont su transformer ce palais pour en faire des habitations à leur mesure et à leur image sans pour autant dénaturer totalement ce qui existait, en tirant parti des constructions précédentes. Il y a des petites fenêtres dans des arcades, des colonnes au coin d’une maison, … Les ruelle sont très étroites et doivent recevoir peu de lumière mais il y a, par-ci, par-là, quelques petites places bien éclairées avec quelques arbustes, quelques terrasses débordant de végétation. Une visite fort agréable au fil des ans…

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Après avoir récupéré notre linge tout sec et plié (2 grosses machines contre 150 Kn), nous quittons Split et, à la sortie, à Stobrec, nous trouvons un camping fort accueillant au bord de la mer. Le vent qui souffle encore en tempête nous impressionne. Le camion bouge sans arrêt et nous craignons à tout instant que notre lanterneau ne soit arraché par le vent. Ce temps durera une bonne partie de la nuit nous empêchant de fermer l’œil tant les mouvements du camion et le bruit du vent sont forts.

Au matin, tout est redevenu calme, le soleil même refait son apparition. Nous faisons route vers Dubrovnik en longeant la côte. Notre GPS nous indique qu’il faut prendre un ferry pour rejoindre cette ville. Nous sommes étonnés car nous voyons bien qu’il y a une route jusqu’au bout. En fait, nous comprenons quand, brusquement nous avons la surprise de voir une frontière au milieu de la route, celle de la Bosnie-Herzégovine ! Les informations du GPS datent certainement de l’époque où les relations entre ces pays ne permettaient peut-être pas de traverser la Bosnie. Tomtom devrait penser à mettre à jour ses cartes ! D’ailleurs nous ne ferons que 10 kilomètres en Bosnie avant de retrouver la Croatie.

Décidément, la Croatie est un pays très montagneux : nous sommes tantôt au niveau de la mer tantôt sur les hauteurs. Nous avons tout le loisir d’admirer la merveilleuse couleur de l’eau, vert turquoise ou vert clair selon les endroits. On retrouve également les champs d’oliviers puis on découvrira une plaine d’orangers et de mandariniers avec de nombreux marchands au bord de la route (nous nous arrêtons d’ailleurs pour acheter des oranges). C’est la première fois que, en Croatie, nous voyons ainsi des cultures de rapport de cette importance. Les campings sont nombreux le long de la côte mais très peu sont ouverts et en se rapprochant de Dubrovnik, nous n’en trouvons plus. Nous avons un peu de mal à trouver un endroit pour se poser pour la nuit et finalement, nous nous arrêtons sur un parking dans la banlieue de la ville.

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Nous sommes aujourd’hui le jeudi 1° avril mais personne ne nous a fait de blague! Pour la première fois, nous tournons la page de notre calendrier de voyage affiché dans le camion. Nous avons passé une nuit très tranquille sur ce parking. Nous allons à Dubrovnik avec, bien sûr, quelques difficultés pour se garer. Nous allons dans la vieille ville qui a été fortement pilonnée pendant la guerre de 1991/92. Tout a été rénové mais avec bon goût, sans que ça choque par rapport à ce qui restait encore debout. La vieille ville (entièrement piétonne) est enfermée dans ses remparts comme Avignon, Ségovie en Espagne ou Visby en Suède sur l‘île de Gotland. La rue principale pavée de marbre est, of course, la rue commerçante : très large, les maisons qui la bordent offrent des façades quasiment identiques. Nombreuses églises, quelques palais dont plusieurs sont transformés en musée,… C’est plus agréable de prendre les petites rues de traverse et de monter et descendre, remonter encore, longer les remparts de l’intérieur, regarder les maisons « normales » des habitants de Dubrovnik, les petits jardins, les plantes et arbustes,…

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La visite effectuée, nous prenons la direction de l’Albanie. De nouveau, nous prenons la route côtière avec des très jolis coups d’œil sur l’Adriatique verte en contrebas. On dépense nos derniers Kunas dans un magasin d’alimentation et on arrive à la frontière Croatie-Monténégro. Il faut payer une taxe « écologique » pour passer la frontière : vous ne payez pas, vous ne rentrez pas ! 30 euros ! Et encore, le receveur nous indique que, normalement pour notre fourgon, on devrait payer 80 euros ! Vrai ou faux, nous ne savons pas. Evidemment, il ne nous reste que 29 euros. Pas grave nous dit-il, il y a un « bankomat » juste après la frontière. Le douanier garde nos passeports et papiers du véhicule pendant que nous allons retirer des sous et ne nous les rendra que lorsque nous nous serons bien acquittés de la somme ! Nous sommes étonnés d’ailleurs de constater que tout se règle en euro dans ce pays : le Monténégro fait donc partie de la zone euro ?

Un peu après la frontière, nous prenons un ferry pour une traversée de quelques minutes afin d’éviter une grande boucle. Nous empruntons ensuite une route de montagne qui nous mène jusqu’à Podgorica puis à la frontière. Nous aurons parcouru finalement 148 km au Monténégro. Sur les 15 derniers kilomètres, la route est en très mauvais état mais lorsque nous avons enfin, et sans problème, passé la frontière albanaise, la route est dans un état catastrophique peut-être pour nous préparer à nos futures pistes ! A la frontière, le panneau indiquant les vitesses à respecter est dans un triste état.

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En plus, les bords de la route sont remplis de déchets de toutes sortes : bouteilles, canettes, sacs plastiques, des tas de sac poubelles. La première impression n’est pas très favorable. Si le pays est à l’exemple de ce que nous venons de voir, il y a fort à craindre que les services publics n’y soient pas trop développés, du moins en ce qui concerne la voirie et les ordures ménagères. Très rapidement, nous nous arrêtons à une station service apparemment désaffectée : ça y est, nous sommes en Albanie !

 

 

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