Brésil (1)

26 mars au 5 avril 2009

Jeudi 26 mars : le grand départ !

 

           Debout à 4 heures du matin pour l’aéroport de Marignane. Fred et Élisabeth nous y accompagnent. Très peu de monde sur l’autoroute si ce n’est des camions, des camions et encore des camions ! A l’aéroport, peu de monde également, à croire que notre vol est le seul à partir de si bonne heure (7 h 20 – heure locale). Un nouveau petit déjeuner après et nous voilà assis dans notre petit avion qui nous conduit à Madrid. Surprise : les hôtesses d’Air Iberia sont cette fois-ci, jeunes et agréables !

           A Madrid, nous avons 3 heures d’attente et largement le temps de rejoindre le terminal 4 pour Saõ Paulo. Il nous faut prendre le métro pour y arriver.

           11 longues heures de vol, 2 repas et un goûter après, nous voilà à l’aéroport GRU de Saõ Paulo à 19 h 30 – heure locale du Brésil soit 23 h 30 aux Meyniers. Formalités de douane vite réglées et, ô bonheur ! nous récupérons tous nos bagages en bon état et sans perdre de temps. Deuxième bonheur : Gilles est bien là avec Adrienne (la sœur d’Andrea) et son amoureux et, surtout, sa voiture ! Une petite heure plus tard, nous arrivons à leur sympathique appartement. Andrea nous y attend ainsi que leur petit chien Argos. Boissons, collation, papotage sont les ingrédients de cette première soirée brésilienne et ce n’est que vers 23 heures ( 3 heures du matin en France) que nous nous écroulons dans un bon lit !

Vendredi 27 mars : Saõ Paulo

 

           Délicieux petit déjeuner et, en route, avec Gilles qui s’est libéré pour la journée. Un peu de marche, bus, métro et nous arrivons au centre de Saõ Paulo. Nous rejoignons le marché municipal en parcourant les rues ou des centaines de camelots exposent leurs articles divers et varies. Dans un vieux bâtiment du début du XX° siècle, nous déambulons parmi des étals riches en couleurs. Nous sommes surpris par la variété des fruits que nous sommes loin de connaitre tous. Nous dégustons une spécialité de ce marché : le sandwich à la mortadelle.

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           Nouvelle promenade en métro pour rejoindre l’avenue Paulista et prendre un peu le frais dans le Parc Trianon. Au passage, nous avons gouté le jus de canne à sucre nature puis avec du citron. Excellent ! En fin d’apres-midi, nous allons au Parc Agua Branca pour le visiter et y chercher Andrea qui travaille là. Elle nous fait visiter le bâtiment de la DIEESE (structure intersyndicale qui établit des recherches et des statistiques sur la société brésilienne (chômage, coût de la vie, production, …) et assure la formation syndicale pour ses syndicats membres). Nous avons fait le trajet aller et retour en taxi. Quelle circulation et nos chauffeurs font preuve de beaucoup d’adresse pour se faufiler dnas le moindre espace entre les voitures, Les chaussés ne sont pas terribles et ça monte et ça descend énormément : c’est vraiment impressionnant. Cet après-midi la température était de 25º, ça change avec les Meyniers !!!

           Retour à la maison et nouveau départ pour le restaurant, à pied cette fois-ci. Cadre verdoyant agréable et boissons et mets délicieux. Nous avons bu du jus d’ananas à la menthe et une caipirinha au piment. Nous avons mangé des brochettes de viande, de pain avec une sorte de sauce à l’ail, de fromage, hachis parmentier à base de manioc et de « viande du soleil », de la « viande du soleil » et du manioc séché, une salade composé (salade, mache, bambou, rosbeef, tomates séchés et fraiches, et enfin des sortes de tourtons (au fromage, à la viande et au coeur de palmier). En rentrant, nous avons goûté de la cachaça (alcool de canne à sucre c’est à dire une sorte de rhum), Hum…Finalement, il était presque minuit lorsque nous avons rejoint notre lit : décidément, on continue à se préparer aux nuits de réveillon !

Samedi 28 mars : Saõ Paulo

 

           Un grand soleil ce matin aussi utilisons-nous notre crème solaire. Rebelote avec le bus et le métro pour se retrouver à la Pinacoteca (musé de peintures de l’Etat), Peintures, sculptures (dont quelques œuvres de Rodin et d’Antoine Bourdelle), …

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           En sortant de la Pinacoteca, quelques gouttes tombent et, rapidement, cela se transforme en forte averse. Nous nous abritons un temps sous un gigantesque caoutchouc puis nous dirigeons en courant vers le métro. Nous sommes trempés le temps d’y arriver. A la sortie, la pluie a fait pousser miraculeusement les vendeurs de parapluie, Gilles négocie et réussit à en acheter 2 pour 14 reals (environ 2,5 euros chaque). Nous regagnons le restaurant-samba où Andrea nous rejoint et dégustons, au rythme de la samba une délicieuse feijoada (riz, haricots noirs, abats de cochon, côtes de porc, chou, farine de manioc, …) arrosée d’une caipirinha (boisson à base de cachaça, citron, sucre glace).

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           Pour la soirée, Gilles et Andrea avaient invité quelques uns de leurs amis afin de nous aider à affiner notre itinéraire. Nous étions finalement 3 Brésiliens, 1 Canadien et 4 Français. Une excellente soirée avec, entre autres, une délicieuse salade de manioc et de nombreux caipirinha, sans oublier du vin rouge et un blanc moelleux brésiliens. Entre temps, nous avons bien sur mis au point notre itinéraire et échangé informations, impressions et souvenirs….

Dimanche 30 mars : Saõ Paulo

 

           Comme nous nous étions finalement couchés à plus de 2 heures du matin, nous ne prîmes notre petit déjeuner que vers 11 heures ! Un petit taxi nous conduisit au Memorial da America Latina. Création d’Oscar Niemeyer (l’architecte de la capitale Brailia), ce mémorial dispose de plusieurs bâtiments ordonnés autour d’un immense parvis entièrement bétonné et sans végétation, avec juste un petit plan d’eau dans un coin. Avec la chaleur, bonjour l’ambiance ! Cela est d’autant plus étonnant que les arbres et les plantes sont omniprésents dans les rues. La ‘Salão de Atos » mérite qu’on s’y arrête un instant. Une grande toile de Portinari raconte l’épopée de Tiradentes (‘l’arracheur de dents » qui conduisit, à la fin du XVIII° siècle une révolte). Remarquables aussi les immenses bas reliefs de Carybé et Poty qui représentent les peuples d’Amérique du sud et leur histoire.

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           A côté se trouve une grande gare routière et ferroviaire où nous avons pu louer notre véhicule pour la suite du voyage.

           Un petit tour en métro et nous voilà Praça de República, au marché. Une partie de celui-ci est consacrée à la restauration et nous avons pu goûter un acarajé (beignet pimenté à base de manioc, crevette) et un gâteau à la cacahuète. Dans l’autre partie, véritable marché artisanal, on trouve, entre autres de très nombreux stands de pierres (précieuses ou non), des objets en cuir, des sculptures sur bois, des dentelles faites main et des peintures. Nous passons un grand moment à déambuler et effectuons nos premiers achats de souvenirs…

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           Ensuite, nous voilà dans le quartier chinois et japonais reconnaissable bien sûr à ses habitants mais aussi aux réverbères en forme de lampions qui ornent toutes les rues. Les boutiques évidemment ont une très forte connotation asiatique ! Dans un restaurant, nous mangeons quelques raviolis chinois à la viande et une soupe aux vermicelles chinoise et une autre japonaise. Les vermicelles sont faits devant nous : le cuisinier manie sa pâte avec une dextérité remarquable !

           Après une grande promenade à pied, nous apprécions une soirée calme et un coucher avant 11 heures, une heure presque raisonnable pour nous ! En rentrant, nous nous sommes arrêt´s à un marchand de jus de noix de coco verte. Très bon, parfumé et pas trop sucré.

Lundi 31 mars : Saõ Paulo

 

           Ce matin, Gilles rappelle les compagnies de location de voitures pour les mettre un peu en concurrence. Finalement, il obtient 2 jours de location supplémentaire avec 180 reals de moins (60 euros), Super !

           Gilles a pu se libérer de quelques heures encore aujourd’hui, histoire de parfaire, si besoin était, son rôle de guide touristique-interprète dans lequel il excelle. Bus, métro et encore bus et nous voilà près du parlement de l’État de Saõ Paulo et du Parc Ibirapuera. Entre les 2 se trouve le « Monumento Bandeiras » de Victor Brecheret qui « rend hommage aux pionniers de la ville ». C’est tout de même curieux quand on sait que ces « Bandeirantes » (XVII° et XVIII° siècle) étaient certes des pionniers qui explorèrent l’intérieur des terres pour reconnaître de nouveaux territoires mais dont le but était aussi de soumettre ou massacrer la population indienne et de chercher de l’or. Ils écumaient le pays par bandes de quelques dizaines à quelques centaines d’hommes pendant plusieurs mois, voire plusieurs années d’affilée, exploitant les ressources des régions traversés et pillant les villages indiens.

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           Nous avons fait ensuite une grande promenade dans le Parc d’Ibirapuera aux eucalyptus et arbres de fer gigantesques. Chantal a ramassé quelques graines de Magnolia Amarela. Au restaurant du Parc, nous avons testé le repas « au kilo » : on se sert à un grand self-service et, au bout du buffet, on pèse son assiette. On paie en fonction du poids ; ici, on a payé environ 30 reals le kilogramme soit 10 euros. Sympa ! Les routes qui traversent le parc (interdites aux voitures) sont régulièrement balayées par des employés munis de balais avec des feuilles de cocotier.

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Mardi 31 mars : Iguape

 

           Aujourd’hui, nous reprenons nos « vieilles » habitudes du Cap Nord : Chantal rédige le compte-rendu sur le cahier puis Jean-Jack le retranscrit sur l’ordi. Il faut dire aussi qu’un peu d’écrit sure papier ne déplaira pas à Asus car si la chaleur monte encore, il va finir pas fondre ses petits processeurs !

           Le récit de cette première journée sans notre guide bien aimé est réalisé depuis une chambre surchauffée de la Pousada Solar Colonial d’Iguape. (Une Pousada, c’est un peu comme un hôtel sauf que ça ne s’appelle pas pareil… En principe, c’est le propriétaire qui gère lui même cette pousada).

           Revenons à ce matin, 10 h 20 : les sacs sont dans notre petite Chevrolet (une Celta Life sans direction assistée…), Gilles et Andrea sont, depuis longtemps partis travailler, Argos est dans la cuisine et le cadenas est mis au portail. Nous voilà en route, la température est de 29°… Notre GPS, loué lui aussi vient d recevoir le surnom de « Ieda » mais il nous fait des siennes et met beaucoup de temps à trouver son satellite favori. Nous prenons la direction que nous avait indiqué Gilles pour le départ, demandons à un passant qui nous explique au moins 3 fois en détail la route (« no entendo, so frances… »), faisons un peu route dans les rues en mauvais état de São Paulo et, ouf, le système de repérage se met enfin en route. Et donc, guidés par Ieda, nous sortons de cette mégapole de 18 millions d’habitants au bout de 17 kilomètres.

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           Voilà enfin la campagne : bois d’eucalyptus, champs de bananiers, bosquets de bambous et de nombreux autres arbres que nous ne connaissons pas. En guise de fleurs au bord de la route, il y a des buveuses d’eau… Le paysage est très vallonné, les stands de vente de bananes de bananes sont très nombreux en bordure de la route qui conduit à Iguape.

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           A 150 km environ de São Paulo, nous avons quitté l’autoroute 116 pour prendre la 222 beaucoup plus tranquille. La circulation sur l’autoroute était fluide avec seulement de nombreux camions. La vitesse autorisée varie en général de 60 à 110 km/h mais camions et voitures ne respectent pas trop les vitesses basses. Pourtant, les radars sont nombreux. Les restaurants aussi sont nombreux le long de la route. Vers midi, nous nous arrêtons à l’un d’eux et on nous sert : salades variées, riz, haricots, manioc en poudre, manioc frit, steak et frites ! Super ! Nous n’arrivons pas à bout de chacun des petits plats ! Encore une fois, nous constatons que les rations sont particulièrement copieuses. En général, on peut commander un seul plat et il y en a largement assez pour 2.

           Notre Pousada Solar Colonial se trouve place de la Basilique que nous visiterons. Celle-ci nous assourdit avec, toutes les demi-heures, ses coups d’horloge enregistrés : vers 19 heures, elle pousse même la chansonnette. Nous profitons de ce spectacle son car les fenêtres de notre chambre donnent sur la place de la Basilique.

           Iguape est un petit village avec « seulement » 28 000 habitants. Nous faisons un petit tour : cela nous évoque un mélange de ce que nous avons vu à Cuba et dans les pays baltes, des maisons basses, très colorées. Certaines sont en mauvais état ou abandonnées. Iguape conserve encore ses vieilles demeures ; contrairement à São Paulo, les immeubles n’on t pas encore pris leur place. Le soir, nous décidons de reposer un peu nos estomacs et nous contentons d’un ananas.

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Mercredi 1° avril : Iporanga

 

           Les poissons, eh bien, c’est nous aujourd’hui. Il fait tellement chaud et humide que nous transpirons tant à en être poisseux. Trajet de Iguape à Iporanga : 160 km. Routes tranquilles mais il faut faire attention aux trous dans la chaussée, aux « topes » (comme disent les Mexicains ; ici il semblerait qu’il s’agisse de »bombada ») dans les villages et aux caniveaux dans les croisements de rues. Pour les 40 dernières km, la route a été refaite depuis peu, un plaisir rare jusqu’à présent.

           Les camions sont un peu polonais, c’est à dire « pousse-au-cul » et voitures et camions ne semblent pas connaître les lignes jaunes mais la circulation est peu importante sur ces « petites » routes. Le fantastique, c’est bien la végétation que l’on voit. Le paysage est très vallonné et la forêt s’étend à l’infini avec, par ci, par là, quelques espaces déboisés où paissent tranquillement des troupeaux de ruminants (vaches et apparentés buffles) et où, parfois, poussent des champs de bananiers. Beaucoup d’insectes et d’oiseaux dont certains sont d’un vert magnifique (des perruches ?). Le dépaysement est total. Et encore, il nous semble que la végétation ici est « humanisée ». Vivement la Mata Atlantica ! Toutes ces plantes qui se gardent frileusement dans des pots dans nos maisons sont ici des arbres gigantesques (caoutchoucs, ficus), des arbustes (schleffera, crotons, calistemons). Il y a des bordures en sausevières, sans parler bien sûr de tous les végétaux dont Chantal ne connait pas le nom (et Jean-Jack encore moins).

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           Arrivés à Iporanga (le GPS ne connaissait même pas, nous avons ressorti la bonne vieille carte…), on a du mal à trouver comment aller au « nucleo de la casa de Pedra », départ d’une randonnée pour voir une grotte et un bout de la forêt atlantique vierge (d’après le guide). Après avoir demandé, une dame nous indique le chemin de la pousada de la casa de Pedra. Nous y installons nos sacs : quelques heures après, nous changerons de chambre car en s’asseyant sur le lit, Jean-Jack s’est retrouvé par terre… La dame qui nous accueille nous fait comprendre qu’il est trop tard pour aller visiter le site. Nous partons donc faire un tour dans le village (un vrai celui-là avec seulement 2 100 habitants). Nous voyons des colibris qui viennent se désaltérer dans un abreuvoir conçu pour eux. Le soleil brûle, nous dégoulinons. Chantal note : « je pense que c’est la première fois que j’ai eu aussi chaud. Je ne me plaindrai plus du soleil de Provence (enfin … presque pas).

           Toute la journée, il y a eu des cumulus et pendant notre balade dans le village, nous remarquons que ça devient peu à peu tout noir. Le temps d’arriver à la Pousada et voilà un bel orage qui met un tout petit peu de fraîcheur.

           Nous avons décidé de prendre notre repas du soir à la Pousada et, comme d’habitude, c’est particulièrement copieux (5 plats de crudités, 6 de légumes, riz, haricots, viande, des fruits au sirop, de la confiture de lait…). De plus, nous ne payons que 12 reals le repas soit 4 euros ! Grâce à un monsieur qui parle français, nous comprenons que la pousada propose un service de guide pour aller visiter forêt et grotte. Le coin que nous souhaitions visiter semble particulièrement difficile d’accès (le guide le notait d’ailleurs). Nous prenons finalement rendez-vous pour le lendemain matin avec un guide pour une promenade « facile » de 3 ou 4 heures.

Jeudi 2 avril : Iporanga

 

           Au « petit »matin, en se levant avant d’aller prendre notre petit déjeuner (il est tout de même 8 heures…), nous passons un petit coup de fil à Fred mais nous sommes incapables de lui chanter Bon Anniversaire en Brésilien. Tant pis, il devra se contenter de la version Rouvier en Français… Le petit déjeuner est à l’exemple du repas d’hier soir : environ 3 mètres de buffet à notre disposition et nous ne sommes que 4 clients dans la Pousada !

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           Une personne, que nous pensons être notre futur guide, vient nous dire qu’il nous faut de l’eau et une casquette. Il aurait finalement pu nous demander de prévoir un maillot et un imper ! Il revient plus tard avec des pique-nique, des casques et des lampes frontales pour nous. Nous partons avec lui dans notre voiture pour parcourir une piste de 20 km environ. Les flancs de colline sont évidemment couverts de forêts et il y a même des morceaux de nuage ou de brume qui s’accrochent encore à certains endroits.

           Nous abandonnons la voiture et nous voilà donc partis pour notre balade sans être trop fixés sur la durée. Nous avons négocié (financièrement) pour 3 heures mais Tiço, notre guide, parle parfois de 3, de 4 voire de 5 heures ! Allez savoir ! La forêt que nous traversons, c’est comme dans les films sauf que cette fois, on y est pour de vrai ! Le ciel est couvert, il ne fait pas trop chaud mais nous transpirons rapidement. Il n’y a presque pas d’insectes (pas de moustiques, ouf ! ). Nous verrons au retour un papillon aussi gros qu’un petit oiseau de chez nous.

           Le sentier est bien tracé mais difficile : montées avec des escaliers et des échelles au début du parcours, descentes, bien sûr, parcours sur des rochers glissants, entre des racines d’arbres, et, le plus inattendu, traversée à quatre reprises du Rio Betari que le sentier longe. Nous avons donc pris l’eau, parfois jusqu’en haut des cuisses, 4 fois : chaussettes, chaussures et pantalons sont rapidement trempés mais cela ne nous a pas arrêtés !

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           La végétation est particulièrement dense. Il paraît impossible de la pénétrer si ce n’est grâce à un chemin entretenu comme celui que nous utilisons. On rencontre des figuiers géants aux racines impressionnantes, beaucoup de bromélias souvent perchées sur les branches des arbres, quelques orchidées sans fleurs… Les fleurs blanches des liri do campo sentent très bon (on en sent l’odeur avant de les voir) et l’arbre guararema sent l’ail, bof ! De longues lianes pendouillent des branches. Nous arrivons jusqu’à une des nombreuses cavernes de cette montagne mais nous ne la visiterons pas : parcours trop difficile avec beaucoup d’eau. Après 2 bonnes heures de marche, nous atteignons enfin les cachoeiras (cascades) Andoriuleas et Beija Flor. Nous renoncerons à poursuivre vers la caverne Santanna et d’ajouter un peu plus d’une heure à ce parcours (casque et lampe frontale ne nous aura finalement servi à rien). Malgré l’absence de langue commune avec le guide, il n’a cessé de nous expliquer les noms des arbres, des plantes, des lieux que nous rencontrions, nous donnant à maintes reprises des explications que nous ne comprenions pas toujours ou pas complètement.

           Depuis quelques instants, il a commencé à pleuvoir et ça continue pendant le pique-nique au pied des cascades ainsi que pendant tout le temps du retour. Nous sommes finalement trempés de la tête aux pieds quand nous atteindrons la voiture et qu’il cessera enfin de pleuvoir…

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           Nous disons au revoir aux 3 chiens qui nous ont accompagnés pendant notre balade passant les gués à la nage ou sautant de rocher en rocher, crapahutant sans cesse devant nous ou derrière.

           Retour à Iporanga où nous faisons le plein d’alcool et où nous laissons notre guide à la porte de sa maison. Tiço nous a indiqué un raccourci pour aller à Curitiba : 32 km de piste et, après, l’asphalte. C’est donc parti sur la piste brésilienne, ça nous rappelle bien sûr celles des pays baltes mais en pire ! Il a plu, donc nous avons de la boue ! En plus, des trous, des cailloux mais ça va, on n’est pas allé dans les choux !

           1 h 15 après, on rejoint enfin le goudron mais il faut continuer à surveiller les trous et, dans les villages, les « bombadas » (ralentisseurs). On arrive enfin à l’autoroute où circulent des piétons, des cyclistes. Il y a même des croisements… Mais ce qui ne nous change pas par rapport à la France, c’est la noria des camions.

           Donc, route vers Curitiba sous un petit crachin (mais on a pris le temps de se changer et maintenant, on est à l’abri).

           19 heures : malgré les coups de folie de Ieda qui se met à tout bout de champ à recalculer l’itinéraire sans que nous ayons bougé, nous arrivons à l’hôtel O’hara situé près du centre ville. Nous avions un peu peur du prix pour un hôtel si bien situé au cœur de cette capitale de 1,8 million d’habitants mais non, c’est seulement 2 euros de plus que les pousadas où nous sommes allés jusqu’à présent (86 reals au lieu de 80). Nous allons faire un petit tour au centre ville mais toutes les boutiques sont fermées ou en train de fermer. Nous ne voyons pas de restaurant autour de l’hôtel et nous contentons d’acheter quelques paquets de chips à la … pharmacie ! Puis, nous installons nos affaires à sécher (vêtements, sacs à dos, papier, argent, tout est trempé) et DODO !

           P.S. Pour ceux qui ont remarqué, quand on parlait plus haut de faire le plein d’alcool, il s’agissait bien sur de la voiture, pas de nous. Elle roule à « l’alcooo », ce carburant écologique à base de canne à sucre.

Vendredi 3 avril : Curitiba

 

           Bizarre : nous sommes tout courbaturés ce matin ! Nous avons mal aux jambes et aux cuisses. Descendre les escaliers est terrible et le petit déjeuner est au sous-sol ! Mais nous ne regrettons pas les 3 étages descendus : nous avons droit à un très grand buffet sur lequel 5 ou 6 brocs de jus de fruits de multiples couleurs sont du plus bel effet. Un délice !

           Nos chaussures ne sont même pas égouttées : plus tard nous achèterons même un journal (le plus épais et le moins cher) pour mettre dedans afin qu’il absorbe un peu l’eau. Tant pis, nous mettons nos sandalettes et partons visiter le centre ville. D’abord la Rua dos Flores, première voie entièrement piétonne du Brésil où apparaît le premier Mac Do (nous en compterons 3 dans cette rue de 500 m de long). Après la place du Général Osorio et son marché spécial Pâques (ici ce sont les lapins qui apportent les œufs, ils sont donc bien présents dans tous les kiosques), nous atteignons la rua 24 horos, rue de verre et d’acier (voir photo) qui est censée être une importante galerie marchande ouverte 24 Heures sur 24. Mais en fait, toutes les boutiques sont vides, abandonnées… Nous retournons sur nos pas, jetons un rapide coup d’œil à la cathédrale et arrivons au Largo da Ordem, cœur de l’ancienne ville coloniale qui a su conserver nombre de bâtiments anciens pour la plupart bien entretenus. Nous visitons le sympathique petit museu Casa de Alfredo Andersen, célèbre portraitiste de Curitiba. Après quelques minutes de visite, une personne vient spécialement nous voir pour nous présenter, en Anglais, le musée et sa collection et nous donner un dépliant écrit aussi en Anglais (les autres gardiens ne parlaient que le Brésilien). Bravo l’accueil ! Nous parcourons ensuite le Passeio publico, petit parc avec un zoo et nous revenons vers la place Tiradentes.

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           Comme il se fait tard, nous décidons de nous arrêter aux petits kiosques de nourriture. Jean-Jack se lance dans la langue brésilienne et nous achète un on-ne-sait-plus-le-nom (mais c’est très bon) : c’est du maïs écrasé, cuit et sucré présenté dans ses feuilles. On achète aussi un pastel de carne et un pastel de banane (sorte de tourton ou de chausson).

           Retour à l’hôtel où nous faisons notre première sieste depuis notre départ des Meyniers ! La circulation engendre un bruit de fond permanent et d’intensité relative qui heureusement s’estompe la nuit. Il est vrai que nous sommes au centre ville. Après quelques heures à paresser (lire, écrire les compte-rendus de ces 2 jours, préparer les textes et les photos pour le site, rédiger des mails, …) nous sortons pour aller manger. Jean-Jack a repéré 2 « restos au kilo » dans le guide au bout de la rua dos flores. Nous trouvons bien Yu puis Qualité XV au retour mais tous les 2 sont fermés ! On en avait repéré un autre ce matin amis il est aussi « fechado ». Ça fait vraiment bizarre pour un vendredi soir. Tant pis, la petite épicerie près de l’hôtel nous fournit de quoi faire un bon pique-nique dans notre chambre. Hmm le caramel aux cacahuètes, un régal !

           Dans les rues, nous remarquons des personnes avec des chariots en train d’y entasser des cartons et des sacs d’ordure des magasins de la rue piétonne. La hauteur atteint est impressionnante ! Apparemment, ce ne sont pas des employés de la voirie : il y en a aussi et ils sont habillés en orange. Sont-ce des personnes qui récupèrent les cartons pour les vendre et les sacs pour en faire un tri avant revente ? Dans plusieurs villes, nous avions remarqué d’ailleurs des personnes occupées à faire les poubelle pour récupérer les canettes vides.

Samedi 4 avril : Curitiba

 

           Ce matin, les courbatures sont toujours bien présentes mais légèrement amoindries ! Il est 10 heures, nous sommes en route pour faire le tour de la ville avec Linea Turismo. Il s’agit de jolis bus verts avec impériale découverte. Ils sont surnommés « les jardinières » par les curitibains. Grâce à ces bus, on peut faire un circuit de 2 h 30 dans et autour de la ville (44 km au total) en 22 étapes correspondant aux 22 attractions principales de la ville. En achetant son billet (20 reals), on obtient 4 sous-billets permettant donc de s’arrêter à 4 endroits différents sur le circuit puis de prendre tranquillement un des bus suivants. Le point de départ est la place Tirradentes. Un bus part toutes les demi-heures. Pour notre part, nous ne nous arrêterons que 3 fois et nous mettrons 8 heures pour boucler ce circuit en voyageant le lus souvent à l’étage supérieur. On a eu ainsi une excellente vue de la ville et de sa banlieue, traversant des quartiers populaires et d’autres avec beaucoup de végétations et de très grandes maisons.

           Notre premier arrêt est au « jardim botanico ». Parmi les nombreuses espèces d’arbres présentes dans ce jardin, on trouve plusieurs araucarias. La grande serre offre une grande diversité de plantes et d’arbres tropicaux. La chaleur y est grande. La journée est très ensoleillée, contrairement à hier où le ciel était gris, avec quelques cumulus. Malgré les précautions prises (crème solaire, casquette ou chapeau), nous n’échapperons pas aux coups de soleil !

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           A côté de la grande serre, au musée botanique, belle surprise : il y a une expositions d’orchidées. On s’en met plein les yeux , vraiment super !

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           Le jardin semble toutefois un peu écrasé par les grands immeubles qui l’entourent de toute part !
 

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           Notre deuxième arrêt sera pour le le « Museu Oscar Niemeyer » (ni pire, niemeyer…). L’extérieur est vraiment à la Niemeyer : de très grands bâtiments en béton peints en blanc. Heureusement, cette fois, il y a un plan d’eau et des pelouses. L’intérieur est gigantesque et foisonne d’œuvres d’art, principalement peintures et photographies. Notre appréciation de la peinture dite moderne présentée ici reste, dans l’ensemble, toujours aussi négative…Les « œuvres » de Mme Xonan seraient de bonnes introductions à un atelier peinture avec des enfants handicapés ou non. Les tableaux de S. Fingerman nous paraissent beaucoup plus sympathiques.
          

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           Dans l’exposition « Paysagem », parmi environ 70 peintres exposés, on a découvert un Rubens (allégorique : Mercure et Argos), un Monet (lumineux), 2 Pissaro (colorés)un Joseph Vernet (pour les Avignonnais) , 2 Renoir et 2 dessins de Picasso. Nous avons trouvé le tableau de Van Gogh assez nul…

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           Au sous-sol, on découvre, au travers de nombreuses photos et maquettes, les œuvres d’Oscar Niemeyer. Nous faisons ensuite un petit tour dans l’œil de Niemeyer mais la fatigue est là et on n’en visite que le 3° étage.

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           Retour au bus, le soleil cogne fort ! Nous faisons une nouvelle et dernière halte au quartier italien « Santa Felicidad ». Nous pensions pouvoir manger un « poulet à la polenta » dont on nous avait vanté les mérites. Hélas, il n’est que 17 heuires et les rares restaurants que nous trouvons ne sont pas encore ouverts. Nous retrouvons donc le bus qui nous ramène à notre point de départ. Nous faisons un tour dans la Rua dois Flores mais les restos repérés sont toujours fermés ! Décidément, nous n’avons pas de chance avec les restaurants de Curitiba et nous devons nous rabattre vers notre supérette pour des sandwichs en chambre ce soir.

           Jean-Jack va à un cyber café (1 euro l’heure) pour mettre à jour le site et recevoir-envoyer des mails.

Dimanche 5 avril : Morretes – Antonina – Paranagua

 

           Petit tour au Mercado Largo Da Ordem réputé comme un marché artisanal et qui se déroule tous les dimanches matins. Décevant, c’est de l’artisanat vraiment très industrialisé et que l’on retrouve un peu sur tous les marchés du monde.

           Nous quittons l’hôtel pour Morreto où on doit manger un « Barreado ».Pas de problème pour la route même si Ieda boude longtemps avant de se brancher et, finalement ne connaît pas Morreto ! Nous prenons une autoroute à 2 voies puis une autre route, toutes deux en bon état. On trouve même assez rapidement un des 2 restos indiqués par notre guide, on s’y installe mais on ne veut pas nous servir une seule portion (qui est très conséquente) pour 2. Tant pis, on va à côté et on prend un Barreado classique et un autre au poisson. Le Barreado est un ragoût de viandes épicées (bœuf, petit salé, cumin, oignon) normalement mijoté pendant 24 heures dans un pot en terre hermétiquement fermé. C’est bon mais pas super. D’abord, il n’y a pas de haricots pour mélanger au riz et la viande, selon Chantal a un goût très fort.

           La chaleur aussi est très forte aujourd’hui, on cuit et on transpire de partout. Nous nous dirigeons vers Antonina que le guide décrit comme un « port qui a gardé une architecture intacte avec une belle vue sur la baie de Paranagua. Ben, ça ne vaut pas le détour !

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           D’ailleurs, comme détour, pour revenir sur Paranagua, notre GPS nous en fait faire une bonne : quelques kilomètres de piste pour se retrouver en pleine … décharge ! Du coup, nous lui clouons le bec et nous débrouillons pour rejoindre Paranagua comme des grands par la route asphaltée. On ne le remettra en marche qu’en arrivant pour nous aider à trouver la rue de l’hôtel que nous avons repéré sur le guide. Paranagua est en effet un « village » de 130 000 habitants très étendu. Arrêt donc à l’hôtel Ponderosa, aux grandes chambres un peu « craignos » mais très bien situé, à proximité de la mer et de l’embarcadère pour l’Ilha do mel où nous souhaitons nous rendre le lendemain.

           En ce dimanche soir, on ne trouve que des bars avec de la musique très forte. Les Brésilien semblent aussi se faire une spécialité des « voitures musicales » qui roulent avec un maximum de décibels ou sont simplement arrêtées en mettant leur musique à fond. Nous aurons d’ailleurs droit à cette musique jusque vers minuit ; ce sera ensuite plus calme et, vers 5 heures, les moteurs de voiture, motos et bateaux reprendront… La chaleur reste très forte jusqu’au moment où, vers 20 heures, éclate un violent orage. Un peu de fraîcheur dans la nuit, enfin !

Suite du récit, du 6 au 15 avril : cliquez ici !

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