Cuba

       
Du 11 au 18 février 2005,


Jany, Chantal, Christian et Jean-Jack sont partis à Cuba.

Voici le récit de leur voyage jour par jour :

 

Vendredi 11 février 2005

 

           Arrivée à l’aéroport de La Havane à 22 heures, heure locale. Passage en douane relativement rapide mais ce fut très, très long pour récupérer nos bagages. Nous en avons profité pour changer notre argent. La monnaie utilisée par les touristes est le « Pesos convertible » (appelé tout simplement dollars avec le sigle $) : 1 $ est environ égal à 0,80 € soit à peu près 5 F. Un taxi (20 $) nous dépose une demi-heure après devant la « Villa Babi » où nous avons réservé nos chambres. Bien sur, une seule chambre se trouve là, la deuxième est dans la rue voisine. Toutefois, nous prendrons les petits déjeuners ensemble chez Babi. Vers 1 heure, nous sommes enfin couchés.

Samedi 12 février 2005

site-havane-cimetire-colomb.jpg            Nous faisons connaissance avec le petit déjeuner cubain (« desayuno ») : jus de fruit, omelette émiettée, beurre, confiture, miel, fruits, pain grillé, lait et café. Notre chambre est dans le quartier Velado, près de quelques lieux touristiques que nous avions repérés. Nous ferons finalement plusieurs kilomètres à pied. Tout d’abord, promenade dans le cimetière Christophe Colomb aux tombeaux pompeux (certains guides le comparent à celui du Père Lachaise mais avec des avenues plus larges et droites). La végétation est intéressante : de grands arbres aux racines aériennes qui, parfois, ont rejoint la terre devenant de nouvelles branches.

           Puis, direction la « Plaza de la Revolucion« . L’accès à la Place même, où se trouve l’immense mémorial à José Marti (146 m de haut) est difficile. Nous avons droit à de nombreux coups de sifflet car il faut absolument prendre le bon chemin, ne pas passer près des bâtiments du Comté Central « del Partido Comunista de Cuba« , ne pas photographier les policiers ou les soldats et encore moins les bâtiments officiels, … Nous nous contenterons de photographier le mémorial et passerons un peu plus de temps à « contempler » le portrait géant du Ché, immense portrait en acier sur le mur du Ministère de l’intérieur.

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site-havane-velado02.jpg            Retour vers la « Calle 23 » où, paraît-il, se trouvent les restaurants et les magasins mais, apparemment, ça ne court pas les rues ! Dans ce quartier du Velado, les rues, rectilignes, sont faciles à retrouver : les rues aux numéros impairs croisent, dans l’ordre, les rues paires ou celles avec des lettres. Enfin, à 13 h 30, nous trouvons un restaurant à l’enseigne discrète et nous arrivons même à bien manger. Ensuite, promenade en direction de l’Océan, recherche victorieuse du marché artisanal que notre logeuse nous avait indiqué : ça nous rappelle un peu celui des allées de l’Oulle. Fatigués, nous décidons de prendre un taxi pour rejoindre le Centre Ville. Babi nous avait dit qu’il valait mieux prendre les vieilles voitures (« les belles américaines » des années 50) qui nous transporteraient sans problème pour 4 $. Nous nous mettons simplement sur le trottoir au bord de la rue et, 2 minutes après, une voiture s’arrête. Même pas un taxi officiel, un simple taxi pirate mais on finira par s’y habituer. Il s’agit effectivement d’une voiture des années 50 au grand maximum ! Le chauffeur préfère prendre les rues où il sait qu’il n’y a pas trop de policiers. Les vitesses passent en hurlant sinistrement, le klaxon fonctionne sans arrêt pour essayer d’écarter les malheureux piétons qui n’ont aucune priorité sauf dans les rares passages protégés, la voiture fume abondamment assurant une odeur permanente désagréable. Mais, finalement, on y arrive tout de même !

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           Visite du Capitolio, ancien siège du gouvernement, avec une guide parlant français. Bâtiment impressionnant avec ses immenses salles, construit en 3 ans et 50 jours entre 1926 et 1929 par 8 000 ouvriers. On s’installe même sur les bancs et à la tribune de la chambre des députés … Un petit tour à la terrasse du café du Capitolio nous permet de déguster notre premier apéritif à base de rhum : une « mojito« .

           Découverte de la Havana muy intéressante mais nos (mes) petites jambes sont heureuses de trouver de beaux taxis ! Il fait « frio » d’après les cubains qui ne sont pas habitués à cette température nous dit la guide (« seulement » 26° !). (Jany)

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           Petite promenade autour du Capitolio. Juste derrière, au côté de la rutilante façade de la manufacture de tabac, des maisons un peu délabrées, aux couleurs défraîchies depuis longtemps, paraissent abandonnées (photo ci-dessus). Le théâtre a sa façade en réfection, heureusement ! Recherche du restaurant « Los Nordas » indiqué par notre guide. Fermé ! Des rabatteurs sont là pour nous en proposer un autre. En se rappelant les conseils du guide, nous hésitons à les suivre. Finalement, nous lui emboîtons le pas. Quelques petites rues, 2 étages fort rudes à gravir mais, finalement, ça en vaut la peine ! Bon et très copieux : personne ne finit son assiette ! Du coup, Jany n’ose pas demander de dessert ! Nouvelle aventure en taxi pirate : moins vieux ou mieux entretenu, les vitesses ne craquent pas mais, quelle fumée et quelle conduite : waohh ! ça décoiffe ! Néanmoins nous arrivons à bon port à nos chambres. Nous allons visiter la maison de Jany et Christian. Le propriétaire, un ancien professeur d’histoire des relations États-Unis / Cuba de 1800 à nos jours nous offre un whisky … canadien !

Dimanche 13 février

site-havane-velado03.jpg            Je fais une petite promenade « matinale » (8 h 30) et, enfin, je trouve les fameux magasins de la Calle 23 : c’était dans la direction opposée à celle que nous avions pris ! Devantures peu garnies, peu d’enseignes. Dans la plupart des cas, les acheteurs font la queue à l’entrée du magasin, sans rentrer : on les sert à la porte même. Dans un magasin, il semble qu’on ne vende que des œufs. Il y en a des piles impressionnantes, tous très blancs. Après le petit déjeuner pris chez Babi, nous nous retrouvons tous dans la Calle 23. 5 minutes d’attente au bord du trottoir, une voiture s’arrête.
« –Plaza de la Catedral ?
– 5 $
– Non, 4 !
– OK ! » et c’est parti, presque confortablement : pas une belle américaine aujourd’hui, pas de bruit, ni de fumée, ni de klaxon mais un taxi pirate néanmoins.

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site-monument-bolivar.jpg            Petit tour de la Plaza de Armas bien vide en jour dominical, visite de la l’ancienne pharmacie avec ses dizaines (ses centaines ?) de pots anciens, promenade dans les vieilles rues d’un quartier rénové ou en voie de l’être, visite de « la Casa de Simon Bolivar » où ledit Bolivar n’a jamais habité. La guide ne parle qu’espagnol mais nous comprenons presque parfaitement ce qu’elle nous dit et puis, Jany commence ses fonctions d’interprète. La visite vaut plus par la guide, la façon dont elle parle, dont elle explique, que par le contenu même de la maison. Amusant toutefois, les saynètes en argile racontant la vie de Simon Bolivar. (ci-dessous, un des très nombreux monuments à la gloire de « El Libertador » Simon Bolivar, à la Havane)

           Nous nous arrêtons ensuite au restaurant la « Meson della flota » : apéritif « Cuba libre », Mojito, Piña Colada ou Orange Juce et nous attendons le repas au rythme d’un orchestre flamenco avec 2 danseuses qui tapent fort sur l’estrade en bois : pourvu qu’elle tienne !

           L’estrade tient et même, les danseuses sont venues inviter Jean-Jack à monter sur scène pour danser. Il a refusé l’invitation mais, ô surprise, Christian non seulement monte sur scène mais il se déchaîne … Piña Colada et vino tinto aidant : les photos sont là pour le prouver ! Il a même eu le besos de la récompense (de Nany, pas de la danseuse…). Nous commençons vraiment à être imprégné de Cuba … libre ! Je ne sais si ce sont les alcools ou l’ambiance mais nous commençons même à avoir chaud. Il faut dire que nous commençons à être de la langouste cuite ! Revenons à la pharmacie de ce matin : soit-disant pour me faire plaisir, « ils » ont acheté des caramels au chocolat ! (Jany)

site-havane-vieille-ville02.jpg            Et il semble que cela ait bien fait plaisir à Jany (et à tout le monde aussi). « Meson della flota » est un excellent resto et nous nous rendons compte qu’il est même référencé dans notre guide. Ouf ! Suite de la promenade par les petites rues jusqu’au Musée du Rhum (« ron »). Visite guidée en français au pas de charge, intéressante mais trop superficielle, heureusement qu’il y a la dégustation finale mais il ne s’agit que d’un seul petit verre ! Après la découverte de nouvelles ruelles, de nouvelles maisons au style colonial, petite halte très appréciée à la terrasse d’un bar pour une boisson bien fraîche et une grande glace pour Jany.

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           Petite promenade en bord de mer puis taxi pour rentrer chez Babi où nous attendent langoustes et « picadillos« . Cette fois, nous en prenons un vrai, un bien officiel (la seule différence avec les autres c’est qu’il y a un petit panonceau « taxi »). Ils ‘agit d’un vieux Dodge des années 50 bien sur, tout repeint en rose bonbon. Il matche bien. Il paraît que les passagers derrière sont presque sur la route vu que les sièges sont aussi d’époque. On essaie de prendre un peu de repos dans nos chambres avant le repas. Christian et Jany y arrivent un peu mais, pour nous, mission impossible vu le bruit qui règne dans la maison : infernal ! D’ailleurs la nuit, c’est pareil. Il y a juste une petite accalmie entre 4 h et 6 heures du matin. 20 heures : nous nous retrouvons donc chez Babi pour un repas à 10 $ comprenant :
– salade composée (salade verte, chou, tomate, carotte, concombre
– langoustes (ou picadillo : viande hachée avec olives, raisins secs, sauce tomate)
– riz
– dessert : compote de goyave fraîche.
Bien bon tout ça ! Ensuite, jusqu’à 4 heures, nous avons droit aux cris, aboiements de chien, radios, télés, …

Lundi 14 février

site-peugeot307.jpg            Dernier petit-déjeuner chez Babi. Petite discussion sur la « cuenta » (erreur d’opération de 60 $) mais cela nous permet au moins de comprendre comment se répartissent les sommes versées en acompte à l’Association Cuba chez l’habitant par qui nous sommes passés. Nouveau taxi pirate pas trop vieux pour aller chercher la voiture de location. Nous aurons une Peugeot 307. Impossible de voir la voiture avant de signer le contrat de location. Une fois les formalités accomplies, il ne reste plus qu’à … attendre ! Une demi-heure après, nous attendons toujours le véhicule !

           Une heure après, nous en sommes presque au même point. Ça y est ! c’est une superbe 307 blanche avec 4 982 km au compteur. (Chantal)

           Recherche d’une carte routière car il est très important d’en posséder une. Il faut dire que nous ne nous en sommes pas préoccupés avant car les 12 lillois qui habitaient Villa Babi nous ont dit qu’il y en aurait une dans la voiture de location. Tu parles ! Calle 27 pour rejoindre Villa Babi pour récupérer nos bagages, sans problème, on a bien compris le système. Mais, pour la suite : el coche + la mappa + le maletas = 12 heures ! On est à table à 14 h 40 et on est toujours à La Havane ou plus exactement à El Cano où nous avons enfin rencontré un gentil flic qui nous a fait un croquis pour atteindre l’autoroute A4 ! Pour les futurs touristes, il faut que vous sachiez que les panneaux indicateurs sont rares et peu lisibles. On nous a d’ailleurs recommandé de ne pas voyager de nuit car en plus les routes ne sont pas éclairées !! (Jany)

           et qu’il y a des vaches qui traversent n’importe où ! Curieux passages piétons d’ailleurs où il semble que les autos aient un stop… (Chantal)

           Idem pour les « ferro carril » (chemins de fer). (Jany)

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img/cuba/site-orchidees12.jpg            Quelle journée ! On avait, avec les détours des visites sur le chemin de La Havane à Viñales environ 200 km à faire. On en a fait plus de 300 ! Près de 3 heures pour sortir de La Havane avec passage à 23 reprises à l’aéroport José Marti mais on ne voulait pas encore partir (le retrouvera-t-on vendredi ?). On a finalement compris qu’il fallait demander son chemin sans cesse mais, même ainsi, on a fait des tours et des détours inutiles. Tout le monde le dit, il ne faut pas conduire de nuit, c’est trop dangereux : trous dans la chaussée, piétons ou simplement des gens discutant au milieu de la route, vélos et autres véhicules sans éclairage, camions à l’épaisse fumée suffocante obscurcissant la route, … Mais, comment faire lorsque la nuit vient ? S’arrêter et attendre le matin ? Tant pis, on a continué et nous sommes arrivés à Viñales vers 20 h 30. Bien sur, nous n’étions pas exactement à l’endroit prévu mais à proximité immédiate. Nous visitons et choisissons nos chambres puis nous voilà attablés devant un superbe et succulent repas que nous avait préparé notre hôtesse. Coucher vers 22 h 30 pour une nuit enfin calme ! Tout de même, au passage, nous allons visiter le jardin botanique « orquideario » (de magnifiques orchidées bien qu’on s’attendait peut-être à en voir davantage) qui se trouve près de Soroa. On aurait bien visité aussi la grotte du Ché mais on ne la trouve finalement qu’en fin d’après-midi et on y renonce (il s’ait de la grotte « cueva de los portales » dans le parc de la Güira).

Mardi 15 février

           Cocorico ! A 8 h 30, les enfants entrent en classe après avoir assisté au lever du drapeau et entonné l’hymne national (on nous a dit : inspiré de la Marseillaise). (Jany)

site-vinales-ecole03.jpg            Petit déjeuner tout aussi succulent que le repas d’hier soir. En face de notre logement se trouve l’école Adela Azcuy Sabrador, grande bâtisse aux murs roses. La cuisine est à l’arrière, en plein air, les fourneaux sont au feu de bois. Vers 10 heures, récréation : les enfants jouent sur le trottoir, dans le terrain de sport attenant à l’école, dans la cour. Certains sortent et reviennent quelques temps après : sont-ils allés chez eux ? Une 2° école se trouve dans la rue voisine. Des fresques révolutionnaires ornent les murs, à l’entrée.

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site-mur-prehistoire01.jpg           On a pu compter, dans ces écoles, une quinzaine d’élèves par classe. Est-ce partout ainsi ? Tous les enfants sont en uniforme, très propres : chemise blanche, cravate/foulard, short ou jupette de la même couleur Les écoles paraissent nombreuses dans cette ville. Dans de petits villages que nous avons traversés, on a vu des « écoles rurales ». Jany et Christian ont réussi à téléphoner à Titi. Ainsi, tout le monde aura un peu de nos nouvelles. Il y a bien Internet mais pas libre avant midi : on verra ça demain. Après le déjeuner, petit tour en ville et visite des nombreuses boutiques. A une expo de peinture, nous achetons 2 petits tableaux qui nous tapent à l’œil (aïe !). Départ vers le mur de la préhistoire. Certes, 80 mètres sur 120 mètres c’est impressionnant mais c’est tout de même un peu décevant. Comme l’indique notre guide, nous nous contentons de le regarder sans entrer dans le site car nous avons une belle vue d’ensemble.

           Puis, Cueva de San Tomas, une grotte. Hélas, la seule visite n’aura lieu que l’après-midi et encore in ne nous aurait peut-être pas accepté avec nos chaussures « glissantes ». Tant pis, on continue en s’arrêtant quelquefois pour photographier arbres et paysages en direction de la Cayo Jutias. Incroyable, aujourd’hui nous trouvons sans problème. Il est vrai qu’il y a quelques panneaux et que nous nous sommes bien fait expliquer la route à Viñales. D’autre part Jany et Christian ont enfin trouvé une carte particulièrement détaillée.

site-cayo-jutias-christian-bateau.jpg            Quelle merveille que ces plages de sable très clair à l’eau limpide bleu-vert ! On s’installe au restaurant de la plage. Thon et langouste sont au menu. Allons-y ! Au menu, il y avait « thon à l’huile » 500 g. En fait, c’était une boite de ton à l’huile (une petite : les 500 grammes, ce devait être avec l’assiette !). La langouste à la sauce tomate semble aussi être sortie de sa boîte de conserve. Tant pis, on boit et on mange avec plaisir : les mojitos sont bien bons ! Ce n’est pas un bateau pirate qui nous emmène ensuite sur la mer des Caraïbes vers une petite île déserte mais un simple canot à moteur avec 3 places assises. Christian joue à la tête de proue, la barbe baignée par les embruns. Arrêt sur cette île située à quelques encablures de la côte, baignade dans une eau limpide et fraîche. On embarque vers la mangrove. Arrêt du moteur : quel calme ! Pas un bruit, même pas un oiseau. On observe les étoiles de mer et les poissons, les huîtres sur les racines aériennes qui plongent dans l’eau. Retour vers la « haute » mer. Les étoiles de mer sont bien plus grosses, paraît-il à 6 branches mais on n’en voit qu’avec 5.

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site-cayo-jutias-etoile.jpgsite-cayo-jutias-mangrove01.jpg

           Sans se tromper, on retrouve Viñales. Douche encore froide pour nous puis repas « chez » Christian et Jany avec de la vraie langouste au menu. Absolument délicieux ! Elle est servie avec du riz, des haricots rouges et des frites de patates douces. On pourra tenir jusqu’au lendemain. Petit tour de ville pour essayer de trouver des glaces mais sans succès. On se couchera sans dessert : il y en a très peu à Cuba, sauf peut-être du flan.

Mercredi 16 février

           On avait décidé de partir de bonne heure vu les 500 km à faire mais finalement, ce ne sera que vers 10 heures que nous démarrerons. Avant, on a envoyé un mail à tout le monde, passé un coup de fil à la Socatech, pris un petit déjeuner délicieux (comme d’habitude), dit au revoir à tout le monde, payé les notes (légères), laissé à l’école les crayons et autres babioles que nous avions apportés et voilà ! On est repassé par La Havane pour aller à Trinidad mais, cette fois, pas une petite hésitation ! Il faut dire que, jusqu’à La Havane, Jany a eu 2 heures d’autoroute pour étudier attentivement la carte et le résultat est là. Le plus difficile fut de trouver un restaurant en sortant de la capitale. On en a, apparemment « gastronomique », « La Jamaïca » mais ce sont les prix qui nous paraissent astronomiques par rapport à tout ce qu’on a payé jusqu’à présent !

           Et ils n’ont pas voulu m’écouter : on aurait dû prévoir un sandwich aujourd’hui mais non ! Christian fait la pré-vaisselle des couverts, on attend le repas commandé il y a maintenant une demie heure ! On est aussi à la recherche d’une cabine téléphonique car, avec le décalage, nos calculs nous ont amenés à la conclusion que maman ne doit plus être à la belote, que le mot le plus long n’a pas dû commencer, … mais les heures passent et pas de cabine en vue ! (Jany)

           Ce matin, en me levant, je voulais mettre mes chaussettes et mes chaussures mais cherche que cherche sous le lit, dans les sacs, partout, il m’en manquait une ! Je suis allé à la salle de bains voir Jany et, bien sûr, ma chaussure était là ! Elle a servi à écraser un énorme cafard ! Bravo Jany, première « broma » de la journée ! (Christian)

           Et je l’ai même raté, le cafard a été plus rapide que moi ! (Jany)

           Repas abominable ou presque. Vite, on veut partir mais, surprise dans l’addition : les prix de la carte n’étaient pas en pesos convertibles mais en pesos cubains. Ça fait une sacrée différence ! Finalement, ce n’était pas cher du tout mais, néanmoins, pas bon du tout ! On repart pour Cienfuegos, petit halte avant Trinidad, avec Christian au volant. Bien sûr, on dépasse la bonne sortie qui n’était même pas indiquée ! Christian nous fait un joli demi-tour sur l’autoroute près d’un marchand de fromage et de nougat (on en achète même une plaque) puis, ensuite, un deuxième demi-tour pour prendre la sortie dans le bon sens (les cubains nous avaient montré, par l’exemple, le secret des demi-tours sur autoroute …).

site-cienfuegos.jpg            Cienfuegos : arrêt sur la place José Marti. Des monuments pompeux, hauts en couleur. Re-départ pour Trinidad. Ouf, on y arrive à 19 h 15 : on ne roulera pas de nuit ! En plus, à l’entrée de Trinidad, des jeunes en vélo se proposent de nous guider jusqu’à la « casas particulares » où l’on nous attend. On hésite puis, finalement, on les suit. Bien nous en prit vues les petites rues par lesquelles on passe ! Dans le vieux quartier, en plus, il y a une barrière et nos accompagnateurs connaissent visiblement le mot magique pour l’ouvrir. Enfin, nous voilà au lieu indiqué sur notre réservation. Hier soir, on avait pris soin de faire téléphoner pour confirmer notre réservation. Super la chambre que Jany baptise « la chambre de la princesse ». (Après coup, Jany nous fera remarquer que nous n’avons jamais vérifié si la rue dans laquelle on nous avait conduits était bien celle indiquée sur la réservation. Il est vrai que nous n’y avons même pas pensé !). Bien sur, comme d’habitude, la deuxième chambre n’est pas dans cette maison. « Juste derrière » nous dit le parent (?) de celui qui nous accueillait. « Laissez le coche là, je vous amène ». Et c’est parti ! Rues étroites pavées de grossières pierres. Et on marche, on marche … Il nous montre au passage le marché artisanal de 8 h à 17 h : on viendra le voir demain. Et on marche. Finalement, on apprend que la chambre prévue n’est pas libre, il y a déjà quelqu’un ! « No problemo ! On prend le coche et je vous conduis ailleurs ! » Grand tout en voiture à travers le vieux quartier pour arriver à une sortie en travaux. Demi tour ! 5, 10 minutes après, on s’arrête enfin devant une nouvelle habitation. Pas d place ! « No problemo, 5 minutes et je vous trouve quelque chose ». Nouveau tour en voiture avec le parent comme co-pilote et, devant nous, un guide cycliste. Arrêt à une maison magnifique. Pas de place, la propriétaire téléphone de partout pendant que le parent s’éclipse discrètement : on ne le reverra plus ! ça y est, une place ! Le convoi voiture – vélo repart dans les petites rues de Trinidad. Arrêt : pas de place. Téléphone : rien ! On en a marre, cela fait plus d’une heure qu’on nous promène dans Trinidad. Nous tournons en rond, en vain ! On en a vraiment marre, on veut une chambre. Plus de place dans les casas particulares ? Tant pis, vélo cycliste, conduis-nous à l’hôtel. Enfin, l’hôtel de la Rosa : pas de place non plus ! Ça suffit, on s’en va ! Quelle est la route de Santa Clara ? « Suivez-moi ». On a peur qu’il nous guide ainsi jusqu’à Santa Clara (à 80 km …). Mais non, il nous ramène à l’entrée de la ville, à notre point de départ. Il est 20 h 45 : cette petite plaisanterie a duré 1 h 30 ! Il fait nuit mais, tant pis, on prend la route de Santa Clara.

           A 20 km environ, perdu dans la forêt et la montagne, on découvre un complexe touristique immense. Ouf ! Les chambres sont spacieuses, avec des douches chaudes, le cadre est merveilleux ! Et seulement 52 $ ! La réceptionniste prévient le restaurant : ils nous attendent. Effectivement, nous serons seuls dans une immense salle. Repas agréable : les spaghettis froids à la mayonnaise de Chantal ne sont pas terribles. Tant pis : 22 h 45, extinction des feux. Nuit très calme, enfin ! 7 h 30 : le téléphone sonne : « good morning, breakfast !  » Et c’est reparti pour la bouffe ! Buffets salés, froids, fruits, gâteaux, … rien ne manque pour bien commencer la journée.

           Que vas rajoutas, as tout escribo, yo ne sé pas quas oblidas ! On essaie vainement d’appeler maman à 8 h (13 h), puis 13 h (18 h). On appelle alors Frédéric ce qui nous « bouffe » presque toute la tarjeta telephonico et quand, enfin, on arrive à avoir Courthézon, on a juste le temps de dire « coucou, c’est nous ! » (Jany)

Jeudi 17 février

site-monument-che-santa-clara03.jpg            Ah ! Santa Clara ! Ville fort agréable si ce n’est l’hôtel Santa Clara sur la place principale, hôtel moderne d’une douzaine d’étages qui cadre mal avec le reste de l’architecture (la mairie, le teatro caridad, …) On visite le mausolée consacré au Ché, héros de cette ville. Gigantesque monument un peu à l’extérieur de la ville. En dessous, se trouve le mausolée consacré au Ché et à ses compañeros avec une flamme permanente et une ambiance de cathédrale. Le musée, à côté, rassemble de nombreuses photos du héros guérilleros, quand il était petit, jeune avec son papa, sa maman, sa famille, ses camarades d’études, sur le terrain les armes à la main et la pipe ou le cigare à la bouche. Quelques instruments ou objets lui ayant appartenu ou ayant appartenu ses camarades sont également exposés. Rien sur les combats, rien non plus sur sa mort. Il est vrai qu’un dieu ne meurt jamais !

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           Nous voici maintenant au centre ville. Aussitôt, un bici-taxi nous propose de nous conduire vers une place de stationnement. Nous le suivons après avoir encore hésité et nous nous garons à 2 pas de la place principale, à l’ombre. Il se propose de nous garder le véhicule le temps de notre visite et nous indique une « casas particulares » pour manger. L’endroit est sympa mais nous voulons voir un peu ce qu’il y a en ville et nous disons à l’hôtesse « on revient dans 5 minutes ». Visite de la manufacture de tabac, salle de confection des cigares, de mise en boîte, d’étiquetage. Très intéressant. Un peu déçu par l’absence du lecteur légendaire bien que sa table te sa chaise soient bien là. En sortant, arrêt à la boutique pour acheter des cigares (oui, tout de même …). Ensuite, nous faisons le tour des restaurants. Pas terrible ! alors, nous finissons à la « casas particulares ». Bien nous en prit car l’endroit était agréable et la nourriture très bonne (langoustes et camerõn). Visite de quelques wagons du train blindé qui valut au Ché sa réputation, bien que ledit train fut, en fait, pris par un de ses lieutenants Espinosa avec seulement 22 hommes, le 28 décembre 1958. Là aussi, photos et objets pieux sont exposés. Amen !

           Pendant que Jany et Christian se reposent à l’ombre, nous allons visiter le musée des arts décoratifs. Beaucoup de mobiliers et d’objets exposés (lustres, vases, vaisselle, …) provenant de France, d’Espagne, d’Angleterre, … Apparemment, l’art cubain n’existait pas chez les classes aisées pré-révolutionnaires ! Déception car le célèbre glacier Coppellia est fermé : pas de glace pour aujourd’hui ! A la voiture, notre bici-taxi est toujours là, fidèle au poste. Il aura attendu plus de 5 heures. Nous lui donnons 3 $ : il est enchanté ! Nous lui demandons la route de l’aéroport puisque notre hôtel se trouve par là. Il commence des explications, en Espagnol, en Anglais, … Trop compliqué ! Alors, il nous dit : « suivez-moi ». Et nous voilà encore derrière un vélo ! Il nous fait passer par 50 ruelles et nous amène hors de la ville : ensuite, il ne restera plus qu’à aller tout droit. Nous lui donnons encore 1 $ qu’il commence par refuser puis finit par accepter. On aimerait bien savoir combien il gagne par jour avec son bici-taxi ! Il avait bien raison, c’était tout droit et, 5 minutes après, nous sommes à l’hôtel où nous attend un bon bain (chaud pour moi et froid pour Christian). Resto du soir à l’hôtel avec un buffet très sympa et un tas de dessert, une fois n’est pas coutume ! Nous avons même bu un excellent vin cubain. Nuit très calme dans cet hôtel « Villa La Granjita« .

Vendredi 18 février

site-santa-clara.jpg            Petit déjeuner à 9 heures avec un buffet très garni. Nous voilà prêts pour les 270 km d’autoroute qui nous séparent de la Havane. Au passage, nous laissons au service de santé de l’hôtel les médicaments que Jany avait préparés et nous partons rendre un dernier hommage au souvenir sacré du Ché. Un monument se dresse sur la colline « Loma del Capiro« . C’est là aussi où le pape est venu en 1988 : rencontre au sommet … Le monument est particulièrement décevant : quelques tubes inox à peine entretenus. Par contre, la vue sur Santa Clara est splendide. En plein centre ville, dépassant tous les autres monuments, se dressent les 12 ou 13 étages de l’hôtel Santa Clara et, à côté, les antennes de relais télé, dirait-on. Allons, direction « l’autopista » que nous trouvons facilement car les panneaux indicateurs sont nombreux à Santa Clara. C’est à noter !

site-canne-sucre03.jpg            L’autoroute est rectiligne ; elle traverse souvent de grands champs de canne à sucre. On croise et on dépasse surtout des piétons, des cyclistes, des charrettes tirées par des chevaux, des bœufs ou des tracteurs, des bus, des camions-bus, des taxis, des camions transportant des marchandises ou des passagers ou les 2 à la fois, … Il nous est même arrivé de croiser, sur notre chaussée, en sens contraire, un cycliste, un tracteur ou un camion !

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           Nous avons vu un accident qui venait de se produire sur l’autoroute. Pour le signaler, il y avait quelque chose qui dégageait un peu de fumée et une moto en travers de la route ! De même, des travaux avaient lieu : il s’agissait de boucher quelques trous avec un peu de goudron et de gravier. Aucune indication des travaux si ce n’est un panneau « attention travaux » au dernier moment. Il est vrai que la circulation, bien que variée n’est pas très importante. Le revêtement de la route n’est certes pas aussi beau que chez nous mais, dans l’ensemble, ça va ! Le plus embêtant, ce sont les stops en plein milieu de l’autoroute lorsqu’elle est traversée par une voie ferrée. Il vaut d’ailleurs mieux s’arrêter d’une part pour ne pas briser ses suspensions sur les rails ou par ne pas percuter un train qui risque d’arriver et, d’autre part, pour ne pas être interpellé par la police, présente à chacun de ces stops. Il y a aussi des croisements avec d’autres routes mais, là, l’autopista est prioritaire.

           Nous nous arrêtons à proximité de La Havane, au restaurant « Alto Rancho » en bordure de l’autoroute. Repas habituel avec, en plus des glaces et pour seulement 17 $. C’est la première fois que nous payons si peu ! On n’y comprend rien !

           A la Havane, nous nous garons près du musée du rhum que nous avions visité dimanche et faisons le plein de bouteilles. Voilà, cigares et rhum sont dans nos bagages, nous sommes parés ! Dernière promenade dans la vieille ville puis dans une galerie marchande et enfin au marché artisanal que nous avions découvert samedi pour les derniers achats de souvenirs et nous prenons la route de l’aéroport. Nous nous présentons au terminal 1. Bien sur, c’est au 3 qu’il faut aller ! ça y est ! Nous y voilà ! Nous rendons la voiture de location. Il ne reste plus que 10 $ à dépenser : au bar de l’aéroport, nous goûtons à notre premier pastis depuis une semaine, histoire de se réhabituer …

           Mes progrès en Espagnol de jour en jour ont permis de nombreux échanges avec les Cubains car il n’y a que rarement des indications et nous sommes obligés de baisser la vitre de la voiture (climatisée) pour dire « por favor, donde esta el « monument » ou el « route » « . Cela fait partie des échanges culturels …

           Aéropuerto de Cuba : José Marti évidemment ! Nous arrivons avec quelques heures d’avance, à 19 h 45 alors que l’avion ne part qu’à 00 h 20. Après avoir compté et recompté les pesos restants, nous mettons de côté les 100 $ de taxes de sortie (25 par personne), Jean-Jack et Christian changent et rechangent quelques euros pour les derniers achats de tee-shirts El Ché et autres babioles. Il fallait bien songer à manger un morceau. Bof ! Sandwichs cubains. Christian s’affole : vite, vite, il faut suivre la queue … Première attente pour embarquer les « maletas » puis ce furent des heures interminables pour contrôler les passeports puis pour contrôler les bagages à main, etc. Les heures que nous avions d’avance ont servi à attendre : cela fait partie du voyage ! Il faut savoir que les Cubains ne s’affolent pas et qu’il faut toujours prévoir une heure d’attente ! 8 h 30 de vol, arrivée à Madrid à 13 h 50, heure locale. Voyage peu agréable, comme toujours avec Ibéria : les hôtesses ne sont pas très souriantes ! On a dormi tant bien que mal, même plutôt mal et on a mangé très mal ! Vite, à l’aéroport de Madrid (10 h d’attente), on va visiter la ville : c’est ce qu’on croyait ! Mais nous voilà de nouveau dans une file pour contrôler les bagages à main et puis, pas de consignes, alors, où allons-nous mettre nos bagages lourds des bouteilles de rhum ? Nous changeons d’optique : on reste ici ! Pizzeria : cher, on retrouve la notion de l’euro. On téléphone à maman qui, bien sûr, s’était fait du souci pour nous car il y avait eu l’incendie d’une tour à Madrid le jour de notre départ,; ce n’était pas à l’aéroport mais ça ne fait rien ! Puis recherche d’un « lit » pour attendre tranquillement l’heure de l’embarquement. (Jany)

           Dernière surprise à Marseille : notre grand sac n’est pas au rendez-vous. Perdu, oublié ? Pendant que je vais chercher la voiture au « chèque parking », Chantal fait les déclarations d’usage. C’est tout de même la deuxième fois que cette petite plaisanterie m’arrive ! On finit par se lasser ! Dimanche, nous téléphonons à Ibéria. Notre sac était resté à Madrid mais on va nous le livrer, « no problemo » ! Effectivement, lundi vers 15 heures, une entreprise de transport est aux Meyniers avec notre sac intact : on va pouvoir faire tourner le lave-linge !

Voici le genre de bus que nous avons pu observer au centre de La Havane, devant le Capitolio :

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           Si Cuba n’affiche pas de publicités sur les murs ou sur les panneaux, ceux-ci sont consacrés aux slogans révolutionnaires. Ils sont très fréquents le long des routes, dans les villes et villages.

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           Nombreux dans les villes et très bien indiqués, on trouve les « Comités de Défense de la Révolution (CDR) » : pour certains ces comités auraient (ou auraient eu) un rôle de délation à l’encontre de ceux qui auraient perdu leur ardeur révolutionnaire …

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